‹ Recherches sur le polymorphisme naturel des Jaera marina (Fabr.) (Isopodes Asellotes): Essai de systématique évolutiveChapitre 13 sur 70 · ORIGINE DES POPULATIONS ÉTUDIÉES · texte numérisé non relu

ORIGINE DES POPULATIONS ÉTUDIÉES

Les femelles dont dérivent les souches d'élevage peuvent être immédiatement rapportées à l’une ou l’autre des espèces, lorsqu'elles appartiennent à une population monotypique, cette détermination préalable se vérifiant aisément sur leurs descendances. Lorsque deux formes cohabitent, les femelles mères sont mises en élevage, isolément, et déterminées ultérieurement en fonction du type de mâles auxquels elles donnent naissance.

I ne suffit pas, cependant, d’avoir la certitude, évidemment nécessaire, d'étudier et de mesurer des animaux de même espèce. Étant donné

1. Je dois à l'amitié de M. et B. SwWEDMARK les exemplaires suédois {provenant de Fiskebäckskil) que j'ai pu examiner et à l'obligeance du Dr Scxuz8, de l'Université de Kiel. les échantillons baltiques qui m'ont permis de définir ln forme syei,

que toutes les populations, géographiquement proches ou éloignées, constituant une espèce, pour peu qu'elles soient isolées les unes des autres depuis un temps suffisant, et parce qu’elles subissent alors une évolution propre, présentent nécessairement entre elles des différences biométriques d'amplitude plus ou moins grande, variations que G. TEtssreR considère justement comme une manifestation évolutive première et presque universelle, il importe formellement que tous les individus utilisés pour définir les caractères biométriques d’une population proviennent de cette population et de celle-là seulement. Cette précaution irait de soi s’il s'agissait, dans un travail idéal, de préciser la variabilité ‘biométrique intra-spécifique, en comparant les populations d’une espèce dans l’ensemble de son aire de répartition. Je n’ai pas abordé cette étape d’analyse, pour élémentaire qu’elle paraisse en théorie ; il n’est d’ailleurs pas certain que les différences biométriques intra-spécifiques (les espèces étant définies qualitativement par les caractères sexuels secondaires des mâles), si réelles soit-elles, atteignent à un niveau suffisamment marqué pour être décelables, à la précision près de la méthode utilisée. Mais l'importance de la règle qui vient d’être énoncée n’est pas moins grande, dans les comparaisons inter-spécifiques, ne serait-ce que parce qu'elle souligne les limites de validité taxinomique des résultats obtenus. Ces « comparaisons inter-spécifiques », dont j’exposerai plus loin les résultats, ne sont en fait que des comparaisons entre des populations représentatives chacune d’une espèce déterminée. Quant à l'étude la plus intéressante du point de vue taxinomique, celle des comparaisons biométriques inter-spécifiques, compte tenu de la variabilité biométrique intra-spécifique, elle se situe pratiquement au delà des possibilités d’un chercheur isolé.

Les Jaera à partir desquelles fut élevée la population représentative de la forme albifrons ont été récoltées près du Laboratoire de Roscoff, « sous les Hôtels », plus précisément, à une dizaine de mètres, vers la droite, en descendant la ruelle qui longe l’annexe de l’ « Hôtel des Bains », et à 4-5 mètres du pied des maisons qui dominent la grève.

Les Jaera à partir desquelles fut élevée la population représentative de la forme isrhiosetosa ont été prélevées sur les ulves qui, jusqu’à ces dernières années, abondaïent dans une partie large et peu profonde du ruisseau bordant le polder de l’Aber de Roscoff, en arrière de la digue, à une trentaine de mètres, vers la droite, de la vanne qui, à marée haute, met en communication le polder avec la mer. Cette population est disparue, dans le courant de l’année 1950, à la suite de réparations effectuées à la vanne.

Les Jaera à partir desquelles fut élevée la population représentative de la forme forsmani ont été recueillies dans la petite crique qui se trouve au pied de

la « Maison Rouge », à Roc’h Ilièvec, au delà de ce lieu-dit par rapport à Roscoff, sous des pierres baignées, à marée basse, par un petit filet d’eau débouchant d’un cordon de gros galets roulés.

Les Jaera à partir desquelles fut élevée la population représentative de la forme prachirsuta vivaient sur des Fucus recueillis près du débouché de la Penzé, sur une balise nommée « Les Cheminées ».

Enfin, la population représentative de la forme syei provient d'élevages effectués à partir d'exemplaires récoltés à Kiel. I1 m’a été impossible jusqu'ici d’obtenir, de Woods Hole, où l’a trouvée le Professeur Dr G. JAGERSTEN, la forme posthirsuta.

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