‹ Recherches sur le polymorphisme naturel des Jaera marina (Fabr.) (Isopodes Asellotes): Essai de systématique évolutiveChapitre 44 sur 70 · TABLEAU B · texte numérisé non relu

TABLEAU B

Descendances de 10 croisements entre 99 de F;, (? nigrum-bifasciatum X dé rubrum-uniforme) et & rubrum-uniforme.

nig-bif. rub-unif. rub-bif. nig-uni].

croisement 1 49 50 1 0 » 2 26 24 0 0 » 3 18 14 0 0 » 4 46 45 ls 0 » 5 16 30 0 1!

Les quelques rubrum-bifasciatum et nigrum-uniforme obtenus témoignent en effet de rares crossing-over se produisant, tout au moins chez les femelles hétérozygotes de F,, entre les loci des gènes B et r, le taux de recombinaison étant de l’ordre de 1,1 %. Les chiffres correspondant aux descendances issues des croisements © rubrum-uniforme X & de F, sont trop faibles pour qu’on puisse en déduire, s’opposant au linkage partiel observé chez les femelles de F;,, un linkage absolu chez les mâles de F;, comme c’est le cas pour les Drosophila melanogaster.

Les rubrum-bifasciatum ont les yeux rouges, et la pigmentation de leurs chromatophores, limités aux deux bandes transversales qui caractérisent le phénotype de structure bifasciatum, est rouge orangé.

Les premiers rubrum-bifasciatum, par croisement avec des rubrum-uniforme. ont produit pour moitié des rubrum-bifasciatum et des rubrum-uniforme (respectivement 53 et 49 pour 3 croisements). Un croisement entre rubrum-bifasciatum a fourni 27 rubrum-bifasciatum pour 10 rubrum-uniforme. Croisés avec des nigrum-

uniforme, les rubrum-bifasciatum donnent, soit des nigrum-bijasciatum exclusifs, soit, pour moitié, des nigrum-bifasciatum et des nigrum-unijorme.

b) Le gène sepia.

Des croisements, d’ailleurs peu nombreux, suffisent pourtant à établir la dominance du gène sepia, responsable de la réalisation de cette couleur, et la liaison de ce facteur et du gène B.

Parmi les exemplaires reçus de Kiel (forme syei) figurait une femelle sepiabifasciatum, qui, en F,, donna 23 sepia-bifasciatum et 18 nigrum-uniforme.

Trois couples de ces sepia-bifasciatum ont produit 55 bifasciatum, tous de couleur sepia, pour 20 uniforme, tous nigrum.

La répartition des descendants entre 3 individus sepia pour 1 nigrum montre la dominance d’un gène sepia $S sur la coloration normale ; le fait que ces descendants appartiennent uniquement aux sepia-bijasciatum et aux nigrum-uniforme, à l'exclusion de nigrum-bifasciatum et de sepia-uniforme, peut s’interpréter, comme dans le cas précédemment: étudié des gènes B et r, par la liaison des facteurs B et S, plutôt que par une série d’allèles multiples, encore qu'aucune évidence expérimentale ne puisse être fournie à l'appui de cette assertion.

La coloration sepia des J. m. dépend done de la présence dans le génome de certains individus, à l’état homozygote ou hétérozygote, d'un gène sepia S, autosomique, dominant le caractère de coloration nigrum. Le gène S est sans action sur les pigments oculaires. L’allèle + S

de S permet, à l’état homozygote, la pigmentation normale, noire, du corps. Les gènes S et + S sont portés par les mêmes chromosomes que B et +8,

Divers croisements entre les formes syei et albifrons confirment les déductions précédentes.

Une femelle nigrum-uniforme, de forme albifrons, fécondée par un mâle syei offrant le phénotype sepia-bifasciatum, a produit 18 sepia-bifasciatum pour 16 nigrum-uniforme.

D'un croisement 9 nigrum-bifasciatum de forme albifrons X & sepia-bifasciatum de forme syei sont nés :

21 sepia-bifasciatum, 9 nigrum-bifasciatum et 11 nigrum-uniforme ; ces résultats concordent admirablement avec les prévisions théoriques, qui ressortent de l'équation génétique :

A SES HET De D: B S HMS eh EN DRM TM ET BIRT LE LS LB LS ALES

c) Le gène wiolaceum.

Dominance du gène violaceum sur nigrum. — L’analyse du conditionnement génétique du caractère de nature des pigments violaceum est assez simple, en raison de l’apparition peu tardive de cette coloration. Son étude a surtout porté sur des Jaera marina forsmani.

Plusieurs 99 wiolaceum, de type structural uniforme, récoltées dans la nature, ont donné moitié de violaceum-uniforme et moitié de nigrum-uniforme (283 violaceum et 299 nigrum, pour 10 descendances).

Ces violaceum de F,, isolés, ont été utilisés dans des croisements de deux types :

x) © violaceum X 4 violaceum, qui ont donné des violaceum et des nigrum en proportion 3 : 1 (144 wiolaceum pour 53 nigrum, nés de 5 croisements).

B) © violaceum X & nigrum (et croisements réciproques), qui ont donné des violaceum et des nigrum en proportion 1 : 1 (132 violaceum pour 145 nigrum, nés de 7 croisements).

De leur côté, les individus nigrum de F,, croisés entre eux, n’ont produit que des nigrum (152 jeunes dénombrés pour 4 croisements).

Le phénotype violaceum apparaît donc comine déterminé par un gène V, dominant le caractère nigrum. À l’état hétérozygote ou homozygote, le gène V est responsable de la couleur violacée du pigment des chromatophores, mais reste sans action sur les pigments oculaires. L’allèle + Y de V permet, à l’état homozygote, la pigmentation normale, noire, du corps.

Liaison des gènes violaceum et bifasciatum. — Deux femelles /orsmani,

appartenant toutes deux au phénotype violaceum-bifasciatum, et provenant d’une même récolte, ont produit, en F, :

— pour la $ À, en cinq portées :

38 nigrum-uniforme + 44 violaceum-bifasciatum + 1 nigrum-bifasciatum. — pour la © B, en deux portées :

14 violaceum-uniforme + 18 nigrum-bifasciatum.

Les nigrum-uniforme nés en F, de la © A, isolés des autres descendants, puis croisés entre eux n’ont donné que des nigrum-uniforme. De même, deux croisements entre nigrum-bifasciatum, provenant de la & B, ont donné 33 bijasciatum pour 10 uniforme, tous nigrum.

5 croisements entre violaceum-bifasciatum, issus de la © À, ont fourni au total :

95 violaceum-bifasciatum + 2 nigrum-bifasciatum + 31 nigrum-uniforme.

Abstraction faite des nigrum-bifasciatum apparus dans les descendances de la © À, les équations suivantes rendent compte des données génétiques, en supposant, ce qui est vraisemblable en raison de la fréquence du phénotype fondamental dans les populations naturelles, que les femelles À et B avaient été fécondées, avant leur capture, par des mâles nigrum-uniforme :

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