OBSERVATION X
Communiquée par M. Déjerine, médecin des hôpitaux.
Insuflisances aortique et mitrale, Pouls capillaire du front.
M, X..., âgé de 33 ans, artiste peintre. Père mort d'un carcinôme laryngé, mère morte d'une affection cardiaque d'origine rhumatismale. À toujours joui d’une bonne santé jusqu'à l'Age de 25 ans.
A cette époque, il eut une attaque de rhumatisme articulaire aigu qui dura trois semaines, et pendant laquelle se développa une endocardite mitrale avec insuffisance produisant de temps en temps un peu d'angoisse précorcordiale et des palpitations.
Lorsque je vis le malade en 1877, je constatai l'existence d'une lésion mitrale, avec souffle systolique doux, empiétant sur la majeure partie du petit silence, Pas d'hypertrophie du ventricule gauche, ni dilatation du ventricule droit notables; pas de lésions appréciables à la base.
En 1879, nouvelle attaque de rhumatisme articulaire aigu, puis subaigu, qui dura deux mois. Nouvelle poussée du côté de l'endocarde. Le souffle mitral augmenta beaucoup d'intensité, et prit le caractère dit en jet de vapeur. Le malade se remit cependant bien de cette attaque, et il reprit ses occupations.
En 1881, il vint me consulter pour quelques palpitations. Le souffle mitral avait notablement diminué d'intensité, mais était encore très nettement appréciable. Les bruits de la base paraissaient présenter leur netteté normale, et à un premier examen, je ne constatai aucun souffle aortique. Je recherchaï alors le pouls capillaire du front : il était extrêmement net. Réauscultant de nouveau la base du cœur avec la plus grande attention, je finis par percevoir
un très léger souffle diastolique, très doux, voilé, s’enten-
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dant surtout au niveau de la partie inférieure du sternum, et commençant immédiatement après le claquement du deuxième temps qui avait sa tonalité normale.
J'ai revu ce malade dans le courant du mois de mai 1883. Le souffle de l’insuffisance mitrale a beaucoup diminué, et je n’ai pu retrouver le souffle de l'insuffisance aortique. Je crois, cependant, que cette dernière lésion subsiste encore, quoique notablement diminuée, car le pouls capillaire du front existe toujours, et est même facilement constatable sur la ligne empreinte qu’y laisse le chapeau, lorsque le malade est resté couvert quelque temps.