OBSERVATION XII
Recueillie par M. Charrin, interne des hôpitaux. Double lésion aortique et mitrale ; Pouls capillaire du front.
C..., Antoine, cordonnier, âgé de 19 ans, entré à l’Hôtel- Dieu le 30 mai 1883, salle Saint-Charles, lit n° 20, service de M. le Dr Hérard.
Le père de ce jeune homme:est mort de tuberculose pul-
monnaire à l’âge de 35 ans. Sa mère jouit actuellement d’une bonne santé ainsi que le frère du malade. Lui-même paraît de faible constitution : il a déjà subi quatre attaques de rhumatisme polyarticulaire aigu ; à 6ans, 12ans, 17ans, et la dernière, il y a deux mois.
‘: I y a déjà dix-huit mois qu’il a commencé à ressentir les symptômes de l'affection cardiaque dont il est atteint. A cette époque il aurait eu une épistaxis très abondante qui amena une perte de connaissance et nécessita le tamponnement. Depuis ce moment, 1l souffre souvent de violentes palpitations; et il accuse quelquefois des étourdissements.
Au moment de son entrée, le malade présentait les symtômes d’embarras gastrique fébrile avec insomnie et agitation. Ces symptômes se sont rapidement amendés. Il y a une quinzaine dé jours, épistaxis.
Etat actuel (28 juin). — Le malade trouve que son état s’est beaucoup amélioré. Sommeil meilleur, quoiqu'il y ait encore beaucoup de rêves. Quelques douleurs de tête. Langue bonne, appétit, digestion facile. Pas d’œdème des extrémités inférieures.
Cœur : choc appréciable à la vue dans la sixième espace intercostal. A la palpation, choc précordial un peu fort. A la percussion, le cœur droit ne paraît pas augmenté de vo-lume. À l’auscultation, on trouve à la pointe, au premier temps, un souffle rude ayant les caractères du piaulement, diminuant d'intensité à mesure qu’on s’approche de la base, où il est encore perçu. A la base, au premier temps, souffle propagé, au deuxièm temps, souffle doux se propageant vers la pointe où il n'est cependant plus appréciable. — Palpitations fréquentes.
Rien à l’appareil respiratoire.
Le pouls est petit, régulier, fuyant sous le doigt. Le pouls capillaire du front est très net. [l disparaît pendant les palpitations.