OBSERVATION XIV
Recueillie par M. Duflocq, interne des hôpitaux.
Embarras gastrique. Rétrécissement et insuffisance aortiques. Rhumatisme et endocardite. Pouls capillaire du front et pouls sousunguéal.
R.... menuisier, âgé de 21 ans, entré à l’hôpital Necker, le 27 avril 1883; salle Saint-Luc, lit n° 10, service de M. le professeur Potain.
Cet homme a eu deux attaques de rhumatisme aigu ; la
Ste
première il y a cinq ans, la seconde il y a trois ans. Cette dernière fut accompagnée d'une complication cardiaque, et le médecin qui le soignait appliqua un vésicatoire sur la région précordiale. Toutefois il ne parut pas se ressentir de cette atteinte; il continua son métier, et put, comme par le passé, faire d’assez longues courses sans souffrir d'essouflement.
Il entre à l'hôpital avec les symptômes d’un embarras gastrique fébrile.
L'examen du cœur fait reconnaître une hypertrophie notable avec dilatation. — Le pouls est fort et bondissant. — Double souffle crural.
Au premier temps et à la base du cœur, on entend un léger souffle de rétrécissement aortique.
Au deuxième temps, souffle intense, à tonalité grave.
Choc diastolique. — M. le professeur Potain fait remarquer que le souffle diastolique se fait en deux temps ; le deuxième temps de ce souffle est marqué par un renforcement. La fin du souffle se fait avant la fin de la diastole, et est immédiatement suivie du choc diastolique.
Pouls caplllaire des ongles et, du front.
28 avril. — Le malade est repris de douleurs rhumatismales, surtout dans le membre inférieur gauche. Le pied est très douloureux mais ne présente pas de gonflement appréciable.
Le premier bruit du cœur, à la pointe, est sourd et diffus. — Vésicatoire sur la région précordiale.
Pression dans la radiale : 24 centimètres.
Pouls : 76.
2 mai. — Le premier bruit du cœur est notablement plus fort, surtout quand le malade est couché.
Les douleurs ont notablement diminué.
Pression dans la radiale : 20.
46 mai. — Quelques râles de bronchite.
25 mai. — Douleurs à l'épigastre, exagérées par la pression. (Probablement dues à l’aortite.).
4er juin. — Epistaxis. — Pression dans la radiale : 22:1/2.
3juin. — Pression 19.
8 juin. — Préssion 24.
9 juin. — Pression 23. — Depuis le commencement de juin, le malade se cachectise. Les jambes s’infiltrent. Peu à peu l’æœdème se généralise. Anhélation très grande et état général grave. Le malade tient à s’en aller et part le 16 juin.