‹ Recherches sur le sommet de l'axe dans la fleur des GamopétalesChapitre 21 sur 49 · SOLANACÉES · texte numérisé non relu

SOLANACÉES

J'ai étudié: Atropa Belladona, Nicandra physaloides, Capsicum annuum, Physalis Alkekengi, Solanum Dulcamara, S. tuberosum, Lycopersicum cerasiforme, L. esculentum, Nicotiana Tabacum, Petunia violacea, Datura Stramonium.

Chez toutes ces espèces l’axe formant cloison s'élève jusqu'au sommet de l'ovaire de façon à appliquer son sommet contre l’orifice du canal stylaire : les loges sont en conséquence entièrement séparées.

La cloison est ordinairement épaisse ; dans beaucoup d'espèces et au plus haut degré chez les Lycopersicum, Capsicum et Nicandra elle forme une énorme masse centrale couverte de graines sur toute sa surface ; lors de la maturité cette masse placentaire s'accroît beaucoup, devient fréquemment charnue et même pulpeuse ; les graines y sont parfois immergées par la prolifération des tissus avoisinants. La paroi ovarienne, au contraire, demeure assez mince et ne prend qu'une part faible ou même nulle à la carnosité du fruit. Par exemple, chez le Nicandra physaloides, où le péricarpe a une consistance parcheminée, la paroi ovarienne est formée par un épiderme externe à cellules palissadiques épaissies de façon à n’avoir qu'une étroite lumière cylindrique (comme celles du tégument séminal des Légumineuses), par un exoderme sclérifié et par cinq ou six assises de cellules parenchymateuses non épaissies qui se dessèchent à maturité. Dans d’autres cas cependant la paroi ovarienne contribue à la formation de la pulpe (Caruel, Strasburger, Garcin, etc.).

Chez le Dalura les ovules ne sont pas portés par la cloison : ils sont situés sur des placentas pariétaux formant des cloisons incomplètes qui de l’angle que forme la paroi avec la vraie cloison (celle qui est perpendiculaire au plan antéro-postérieur), s’avancent vers le centre.

Chez beaucoup de Solanées le nombre des loges est supérieur à

1 Payer, Organog., pl. CXXXII (Nicotiana).

Strasburger, Bot. Prakticum, p. 559. S Engler et Prantl, Pflanzenfamilien, Theïl IV, Abth. 3

Ru

deux. D'après certains auteurs (et en particulier M. Van Tieghem) il y aurait alors autant de loges que de carpelles, de sorte que le nombre en pourrait atteindre une dizaine et au delà dans la Tomate comestible. Pour d'autres ce sont là de fausses cloisons. (Eichler.) Il est assez difficile d'en décider. Le cas du Datura est favorable à la seconde opinion : en effet, il n’est point douteux que les placentas pariétaux correspondent aux marges de deux carpelles seulement et cependant il ÿ a quatre loges. D'ailleurs quand il y a plusieurs cloisons, chez Capsicum et Lycopersicum, parexemple, elles n'atteignent pas toute la partie supérieure de l'ovaire : la plupart s'arrêtent à mihauteur, de telle sorte qu'une coupe transversale pratiquée dans la région toute supérieure montre -bien souvent trois et même seulement deux loges. Le développement ne prouve rien : les fausses cloisons n'ont pas une origine plus tardive, du moins à ce que j'ai pu constater chez le Lycopersicum esculentum !.

Le système vasculaire n'offre rien de particulier. Chez aucune des espèces étudiées je n'ai trouvé d’axe transitoire bien caractérisé. M. Grélot en décrit un chez le Zochroma tubulosum. Chez le Datura, où les cloisons sont minces et stériles, elles ne sont cependant point dépourvues de tout système vasculaire : quatre ou cinq faisceaux parcourent l'axe, au point de croisement des deux cloisons.

En résumé, les Solanacées sont caractérisées par un axe parenchymateux très développé s'élevant jusqu'au sommet de l'ovaire, rarement parcouru par un système vasculaire caulinaire (/ochroma,).

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