‹ Recherches sur le sommet de l'axe dans la fleur des GamopétalesChapitre 22 sur 49 · LENTIBULARIAGÉES · texte numérisé non relu

LENTIBULARIAGÉES

J'ai étudié Pinguicula vulgaris et P. alpina. Le pistil en est très remarquable par son placenta central libre. Ce

! On trouve facilement dans les cultures des fleurs de Tomate dont le pistil est monstrueux avec un ovaire difforme ct plusieurs styles plus ou moins complètement réunis en une masse fasciée. Il semble que plusieurs pistils soient concrescents. Le système vasculaire ne fournit rien de démonstratif.

2 Dickson, On the development of flower of Pinguicula vulgaris, etc. Trans. of the royal Soc. of Edinburgh, 1869.

Kamienski, in Engler et Prantl, Pflanzenfamilien, Theil IV, Abth. 3.

enr

placenta est comme celui des Primevères volumineux et porte de nombreux ovules.

Naturellement j'ai cherché s'il n’y aurait pas ici un appendice intra-stylaire du placenta comme chez les Primulacées. 11 y a quelque chose de bien analogue. C’est un cône stérile qui termine le placenta et qui vient finir juste à la base du style, mais sans s’y engager (Pl 0):

Je n'ai vu figuré nulle part cet appendice terminal du placenta ; partout le placenta est représenté sphérique à sa partie supérieure et chargé d'ovules sur toute sa surface.

Il n'y a pas de tissu conducteur dans l'ovaire.

Au point de vue vasculaire, rien d'intéressant : les deux groupes de faisceaux placentaires se réunissent dans le pied du placenta en un système direct formé par un simple faisceau concentrique. Ce faisceau se dissocie bientôt en un grand nombre de branches.

h. Laprées !.

Chez les Labiées, l’axe est extrêmement bas ; son sommet est situé au fond d’un enfoncement qui a la forme d'une fente médiane. Une coupe longitudinale perpendiculaire au plan médian (PI. IL, fig. 11, Lamium maculatum) rencontre cette fente perpendiculairement et elle a alors l'aspect d'un puits très étroit. Une coupe longitudinale médiane (PI. TL, fig. 13-14, Phlomis frulicosa) la montre de face sous l'aspect d’une cavité demi-circulaire. Cette cavité est tapissée par un

! Payer, Organog., pl. CXIV.

Joh. Chatin, op. cit.

Briquet, in Engler et Prantl, Nat. Pflanzenfamilien, Theil IV, Abth. 3 ;

Henslow, op. cit.

Grélot, op. cit. et Sur l’indépendance de cerlains Jaisceaux dans la fleur, Comptes rendus, août 1897.

Gillot et Parmentier, Un cas tératologique de Lamium album, Bull. Soc. bot. Fr.,

Vidal, La course des faisceaux dans le réceplacle, floral des. Labiées, Journal de

Botanique, XII, 1898.

EMI

épiderme qui offre les caractères du tissu conducteur (prolifération, gélfication des membranes ; il n’y a pas formation de poils).

Le style étant gynobasique, l'orifice inférieur de son canal est précisément en contact avec le haut de la fente médiane qui surmonte le sommet de l'axe, et que nous venons de décrire; d'autre part, le micropyle est situé dans le voisinage immédiat de cette fente conductrice. Et c'est ainsi que, sans interruption du tissu conducteur, le boyau pollinique arrive aux ovules.

Ilest des Labiées, dites Verbénoïdes (Ajugoïdées et Prostanthéroïdées), dont la gynobasie n’est qu'imparfaite ou nulle ; il était intéressant de voir si la disposition du tissu conducteur dans l'ovaire était de ce fait modifiée.

J'ai étudié à ce point de vue l’Ajuga reptans (PI. IT, fig. 12). Il existe une véritable cloison ; le sommet de l’axe ici n’est point enfoncé comme chez les autres Labiées au-dessous du niveau inférieur des loges ovariennes. Chez l'Ajuga, l'orifice inférieur du canal stylaire est situé bien au-dessus du sommet de l'axe. Le boyau pollinique est transmis par des cordons conducteurs placentaires. Les ovules sont insérés très haut sur des placentas pariétaux.

On peut remarquer combien ces dispositions s’éloignent de celles des Labiées ordinaires pour se rapprocher de celles des Bicarpellées à placentation pariétale et en particulier des Verbénacées.

Le pistil des Labiées est encore intéressant au point de vue de Ja course des faisceaux dans le réceptacle.

Je vais rappeler ce que nous en savons, grâce aux travaux récents de M. Henslow, de M. Grélot et de MM. Gillot et Parmentier.

M. Henslow, le premier, a émis l'opinion que l’étamine postérieure disparue est vasculairement représentée. 11 dit du Zamium album : « Après avoir fourni les faisceaux de la corolle, le cylindre central devient pentagonal : le lobe postérieur représentant l'étamine disparue. » Que devient ce lobe postérieur ? M. Henslow ne s’en inquiète pas, mais ses figures donnent à penser qu'il devient le faisceau carpellaire médian postérieur, dont l’origine ainsi se trouverait tout autre que celle de son congénère, le faisceau médian antérieur. EL cette singulière idée a été, en effet, développée par MM. Gillot et Parmentier. Ces auteurs étudiant également la fleur du Lamium album normal (à titre de comparaison avec un cas tératologique), après avoir décrit deux cercles de faisceaux, les sépalaires et les pétalaires,

er

s'expriment ainsi : « Vient ensuite le troisième cercle qui comprend également cinq faisceaux alternant avec ceux des pétales et conséquemment opposés aux faisceaux médians des sépales. Mais on sait qu’une étamine, la postérieure, ne se développe pas et voici pourquoi. Le faisceau qui lui était destiné, et qui est bien situé sur le même cercle que ses congénères, va devenir le faisceau médian de l’une des feuilles carpellaires. Peu à peu, il tendra à se rapprocher de l'axe floral et finalement se trouvera à la même distance de cet axe que l’autre faisceau carpellaire qui lui est diamétralement opposé et qui alterne avec les faisceaux staminaux les plus rapprochés. »

M. Grélot, dont les observations ont porté sur une douzaine d’espèces, n’a observé aucun rudiment vasculaire de la cinquième étamine. C'est à cet anatomiste que nous devons la description la plus détaillée de la course des faisceaux carpellaires. Il a découvert que les médians carpellaires sont indépendants et vers le bas se terminent librement dans le parenchyme. Parfois pourtant ils sont insérés normalement (Salvia Horminum, Teucriunm Chamaædrys). S'ils ont une partie descendante libre, ils sont ordinairement en relation avec les placentaires par un pont de liber (Lavandula vera, Nepeta grandiflora, Ajuga reptans) ; cette communicalion peut aussi manquer et alors ils sont complètement indépendants des placentaires (Salvia pratensis, Stachys recta, Calamintha alpina, Mentha silvestris) ; s'il y a une extrémité libre, il est rare qu'elle soit entourée de liber {Salvia pratensis), plus ordinairement elle consiste en un massif de grosses trachées. Bref, il y a là toute une série de curieuses variations.

On est surpris que M. Henslow ait laissé tout cela de côté, d'autant qu'on lui doit la découverte des massifs de grosses trachées, terminaisons libres des carpellaires dans la famille des Borraginées. Il les comparait à des mâcles.

Voici maintenant mes propres observations. Elles ont porté sur deux espèces : un Zamium et un Phlomis.

Considérons les coupes transversales successives suivantes de la fleur du Zamium maculatum (Fig. 9, I à VI).

À la base de la fleur, le cylindre central forme un anneau fermé pentagonal ; puis les sommets du pentagone proéminent et commencent à se détacher pour former les faisceaux sépalaires (Fig. 9, I et IT). à :

Les sépalaires se détachent et se divisent de façon à doubler ou

Fig. 9. — I à VI. Lamium maculatum; — VI à XII. Phlomis fruticosa. Coupes

transversales successives dans le réceptacle floral; Ca faisceau carpellaire médian antérieur ; Gp faisceau ‘carpellaire médian postérieur ; € trace de l’étamine pos-

térnieure —lG@r, 19:

ET

tripler leur nombre primitif. En même temps les cinq faisceaux pétalaires commencent à se séparer. Le penlagone vasculaire restant présente des vaisseaux sur lout son pourtour, sauf sur la ligne médiane (Fig. 9, HE et IV).

Les vaisseaux du pentagone se groupent symétriquement de part et d'autre du plan médian, et de chaque côté on distingue :

1° Un groupe antérieur C’a et un groupe postérieur Cp ;

2° Un groupe latéral pl’ dont les deux extrémités renflées e occupent les sommets latéraux du pentagone (Fig. 9, V).

Le pentagone vasculaire se dissocie ; les deux groupes antérieurs C’a confluent en Ca faisceau médian carpellaire antérieur ; les deux groupes postérieurs confluent de même en un faisceau médian carpellaire postérieur Cp. Les groupes latéraux Æ + pl + E se lobent plus profondément (Fig. 9, VI).

Un peu au-dessus enfin les groupes latéraux se dissocient chacun en deux faisceaux staminaux Æ et une portion centrale pl? qui aura encore à se diviser en deux pour constituer les deux faisceaux placentaires de chaque côté.

Tous les faisceaux dont il vient d’être question sont collatéraux.

D'après cela, s'il y avait une étamine postérieure chez les Labiées, elle serait au niveau V représentée par un faisceau occupant le sommet postérieur du pentagone vasculaire. Ce sommet est occupé par un parenchyme à petits éléments, à contenu protoplasmique dense qui est le tissu de remplissage de l'anneau vasculaire tout entier.

Le Phlomis fruticosa offre une marche des faisceaux assez différente.

Considérons encore les coupes transversales successives.

Dans le pédicelle floral, le système libéro-ligneux forme un anneau fermé losangique (Fig. 9, VIT).

Le cylindre central se dilate ensuite fortement et forme une série de festons, les uns sortants surtout ligneux, les autres rentrants surtout hbériens ; les festons sortants émettent les faisceaux sépalaires S. On voit apparaitre dans la moelle quatre faisceaux C’a, C'a, Cp, C’p, indépendants du système primitif et dont l'extrémité inférieure, que rencontre la coupe, consiste encore uniquement en liber (Fig. 9, MILLE

Les faisceaux du calice sont séparés. L’anneau vasculaire restant forme un pentagone dont les sommets sont occupés par les faisceaux pétalaires P. Les côtés de ce pentagone présentent cinq saillies dont

Page 1