‹ Recherches sur le sommet de l'axe dans la fleur des GamopétalesChapitre 44 sur 49 · I. MorPuoLocir · texte numérisé non relu

I. MorPuoLocir

a) L'axe chez les Gamopétales contribue presque constamment à la formation du pistil.

Les pistils qui font exception (Asclépiadacées et Apocynacées : syncarpie incomplète; — Plombaginacées, Genlianacées, Labiées, Borraginacées : axe rudimentaire et ovaire supère) se relient, d’ailleurs, par des transitions insensibles à ceux qui sont formés avec participation de l'axe.

b) L'axe peut prendre part à la constitution du pistil de deux façons :

1° En se prolongeant au centre de la fleur, formant une partie dénommée tantôt cloisons, tantôt placentas, et que nous avons appelée axé intraovarien.

La valeur partiellement caulinaire de cet organe est attestée par : 1° son mode de développement qui a lieu, au moins à un moment donné, au moyen d'initiales profondes, mais qui est peut-être variable selon les différents stades ; 2° son système vasculaire qui, fréquem-

ment, demeure caulinaire jusqu'à une certaine hauteur, formant un axe transitoire; les axes transitoires se rencontrent surtout chez les espèces à système vasculaire peu développé ; 3° par la nature caulinaire de son sommet, nature, nous semble-t-il, mise en évidence par l'allongement extraordinaire qu'il subit dans certains cas, soit d'une: façon normale (appendice intrastylaire des Primulacées), soit d’une façon anormale (fleurs à prolifération centrale). | ;

Si l’on admet la nature partiellement caulinaire de l'axe intraovarien, on peut le considérer comme formé dans sa partie inférieure par un nœud ou région d'insertion carpellaire plus ou moins long, dans sa partie supérieure libre par un sommet de tige dépourvu de tout faisceau.

Tout se passe comme si l'axe floral se prolongeait au centre du pistil, soit purement et simplement (lorsqu'il ÿ a un axe vasculaire transitoire), — soit extérieurement tapissé par les bords des carpelles. Mais dans les deux cas l'extrémité de l’axe reste libre et est susceptible d'acquérir parfois (chez les Primulacées, par exemple) une grande longueur.

Cette interprétation, qui se rapproche beaucoup de celle de MM. Celakovsky et Warming, suppose qu'on puisse admettre des axes dépourvus de faisceaux, conception qui n’est point inadmissible dans l’état actuel de la science.

Dans presque tous les groupes se rencontrent des espèces à axe nul ou très peu développé. Ce faible développement de l'axe est souvent accompagné d’un raccourcissement de l'ovaire et de la réduction du nombre des ovules (Empetrum, Armeria, Convolvulacées, Labiées, Borraginacées, etc.). Mais il y a trop d’autres cas où il n’en est pas de même pour quon puisse conclure d’un rapport de cause à effet.

Quand l'axe intraovarien est rudimentaire, il y a dislocation brusque du cylindre central. Les faisceaux les plus centraux (les carpellaires médians et marginaux) se font remarquer chez les Borraginacées et les Labiées par une sortie anticipée.

2° En se creusant en une coupe réceptaculaire ou ovaire infère.

La course des faisceaux seule est un argument en faveur d'une nature non caulinaire des ovaires infères. Or, nous avons insisté sur le fait que cet argument n'est pas valable dans bien des cas (Campanulacées, Valérianacées, Dipsacées, Composées), parce que les faisceaux ne sont point individualisés dans la coupe réceptaculaire.

Aussi nous pensons que tous les ovaires infères doivent être envisagés comme des productions mixtes : la ligne de séparation des faisceaux carpellaires marquant, selon nous, la délimitation de ce qui est axile et de ce qui est appendiculaire. Si cette ligne séparatrice est reportée tout au haut de l'ovaire infère, c’est que cet ovaire est tout entier axile. Une pareille définition fait rentrer dans le cas général la coupe réceptaculaire de la Rose, pour laquelle M. Van Tieghem avait proposé une explication toute spéciale.

IT. Pnysrorocre.

Diverses fonctions physiologiques peuvent être remplies par le sommet de l’axe :

1° Il peut servir de conducteur aux tubes polliniques. Son extrémité supérieure en contact avec l’orifice inférieur du style peut, en eflet, se transformer en un {ampon de tissu conducteur qui établit la continuité entre le style et l'ovaire. Chez les Labiées, Borraginacées et Convolvulacées, où le sommet de l'axe est bas, c’est la base du style qui descend au fond de l'ovaire pour venir s'appliquer sur le sommet de l'axe. Chez les plantes à placenta central libre (Primulacées, Lentibulariacées), nous avons décrit avec détail une disposition opposée : c'est le sommet qui est allongé d’une façon extraordinaire en un long appendice intrastylaire, lequel vraisemblablement sert à conduire les tubes polliniques jusqu'aux ovules ;

2° L'’axe est assez souvent hypertrophié en un tissu de mise en réserve des matériaux nécessaires au développement des ovules (Primulacées, Plantaginacées, Solanacées, etc.) ;

3° Il n’y a qu'un rôle passif et peu important dans la formation du fruit. Il demeure presque toujours mou ou se dessèche sans sclérose. Il forme assez souvent les pulpes (Solanées, Vacciniées). Dans les fruits drupacés et capsulaires, 1l forme une partie centrale non épaissie qui permet la facile séparation des noyaux ou des coques. Les faisceaux placentaires en se sclérifiant peuvent former un squelette rigide à cette partie molle (Oléacées, Acanthe, etc.).

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