CH —CH=CH=S SCENIC CH2-S
Cette expérience fut entreprise à la suite de celle qui est rapportée plus bas relativement à l’action de l’acide chlorhydrique sur le disulfocyanate d’éthylène. Comme cette expérience n’avait fourni que bien difficilement la dithiouréthane, et que cette difficulté pouvait provenir de la faible solubilité du disulfocyanate d’éthylène dans l'alcool, jai pensé qu’en m’adressant au disulfocyanate de butylène beaucoup plus soluble, j’obtiendrais un rendemnt supérieur à celui que j'avais eu précédemment et qu’ainsi il me serait plus facile de voir si les deux fonctions sulfocyanates étaient transformées en dithiouréthane.
La réaction à été toute autre. Il s’est formé un imido éther du thiobutylène. Voici l’expérience :
J'ai fait passer jusqu'à refus un courant d’acide chlorhydrique gazeux et desséché sur de l’acide sulfurique dans 180 centimètres cubes d’une solution alcoolique renfermant 15 centimètres cubes de disulfocyanate de butylène 1.2. Le liquide s’est
échauffé peu à peu jusqu’à 70°. Au bout de 24 heures, il n'y avait aucun précipité, aucune cristallisation.
Une partie du liquide à été mise en tube scellé et portée au bain-marie bouillant pendant deux heures : il s'est produit un précipité cristallin:, le tube ouvert, il y à eu projection violente de la matière avec formation d’une mousse abondante. Il s'était formé du gaz carbonique.
Le précipité cristallin recueilli était insoluble dans l'alcool, très soluble dans l’eau; chauffé avec de la lessive de soude il dégageait de l’ammoniaque; traité par l’azotate d'argent en milieu azotique, il donnait un précipité blanc cailleboté de chlorure d'argent ; il s'était bien formé du chlorhydrate d’ammoniaque.
Ce qu'il m'était resté du liquide alcoolique a été évaporé au bain-marie et m’a donné un résidu huileux brun se prenant en masse cristalline par refroidissement.
J'ai cru prudent de ne pas répéter la réaction à chaud avec le reste de mon liquide; je me suis contenté de le conserver pendant quelques jours dans un flacon bouché à l’émeri. Il s’est produit au bout de trois ou quatre jours un précinité cristallin de chlorhvdrate d’ammoniaque. Le liquide filtré a été évaporé au bain-marie et m’a donné comme précédemment un liquide huileux brun se prenant en masse cristalline par refroidissement.
Cette masse cristalline était loin d’avoir les ca: ‘-actères de la thiouréthane attendue; elle était très soluble dans l’eau: présentait les caractères d’un chlorure ionisé, mais pas seulement ceux du chlorhydrate d'ammoniaque. En réalité elle contient du chlorhydrate d’ammoniaque, du disulfocyanate de butylène non transformé et le chlorhydrate d’une base
que j'ai reconnu être l’iminodithiocarbonate de butylène. La masse fut traitée par de l'alcool bouillant pour séparer le chlorhydrate d’ammoniaque. La salution alcoolique évaporée m’a donné des cristaux colorés mélangés à des gouttelettes de disulfocyanate. Essorés ces cristaux ont été dissous dans l'eau; par filtration les gouttelettes de disulfocyanate ont été séparées et finalement j’ai obtenu une belle rosace de cristaux blancs. La formation de ce chlorhydrate à lieu en vertu de l’équation :
C2H5 —CH —CH? SON + 2H20 + 2CIH = CO2 + CINH*
SCN - CH =CHES | SACSENEE CIE CHE
D'après M. Delépine on peut se l’expliquer de la façon suivante. [1 se produit un éther sulfoeyvanique sulfhydrilé, par une demi-destruction des groupes sulfocyanés.