DE LA DÉTERMINATION DES PARTIES QUI COMPOSENT LENCKP II ALE
ment du cervelet! ne voit-on pas quelque chose de tout ù fait cumparablc se manifester chez les Squales et les Raies, mais en sens opposé : la lame transversale qui existe au-dessous du cervelet de ces Poissons, les replis qui bordent leur quatrième ventricule et qui pourtant sont des dépendances de la lame cérébelleuse, sont-ils moins surprenants que ce prolongement antérieur qui forme l'éniinence lobée des Poissons osseux?
Pour terminer ces considérations relatives à la détermination de réminencc lobée, je dirai que l'embryologie m'a aussi montré une sorte de parallélisme entre le développement de cet organe et celui du cervelet. Le cervelet, nous le savons, ne se développe que très tardivement et lorsque les lobes optiques sont déjà fermés par en haut; j'ai constaté sur le Saumon le même fait pour réminencc lobée : cet organe n'apparaît (ju'à une époque avancée de l'incubation et lorsque la voûte des lobes optiques est déjà fermée supérieurement. Son développement tardif prouve bien qu'il n'est pas l'homologue des tubercules quadrijumeaux dont l'apparition a toujours lieu dès le début de la vie embryonnaire.
La détermination des lobes qui précèdent le lobe optique découle naturellement de celle que nous avons adoptée à l'égard de celui-ci. 11 est clair, en effet, que si les lobes optiques des Poissons représentent les tubercules bijumeaux des Reptiles, ceux qui les précèdent corres pondent aux hémisphères et ceux qui sont au devant de ces derniers, aux tubercules olfactifs. Les circonvolutions qui, chez certaines espèces, recouvrent les lobes antérieurs, sont une preuve de plus à l'appui de cette opinion.
Nous avons démontré précédemment que l'état solide des lobes antérieurs chez les Poissons osseux ne peut donner lieu à aucune objection sérieuse. Quant aux tubercules pédonculaires, je les considère comme des rudiments de la couche optique. Leur situation sur les côtés du troisième ventricule, entre les tubercules bijumeaux d'une part et les hémisphères de l'autre, leurs rapports avec la commissure grêle et la glande pinéale me paraissent autoriser cette détermination. La probabilité devient plus grande encore lorsqu'on voit chez la Lamproie fluviatile, les tubercules pédonculaires prendre l'aspect de deux renflements allongés réunis sur la ligne médiane par fa glande pinéale. Enfin, ces tubercules se développent de très bonne heure et ils occupent une place importante dans le cerveau des jeunes embryons; ce n'est que plus tard et lorsque les parties voisines acquièrent une grande prédominance que leur volume relatif paraît beaucoup moindre.
Si les lobes qui existent à la face supérieure de l'encéphale ont été l'objet de nombreuses contestations, les renflements qui constituent les lobes intérieurs ont été interprétés également de manières très différentes par les anatomistes. Nous avons vu que Camper, Arsakyi, Desmoulins ont comparé ces lobes aux éminences mamillaires, Cuvier aux couches optiques et aux tubercules bijumeaux des Oiseaux, que Carus les a regardés comme des lobes de l'hypophyse, Serres comme un accroissement de la matière grise située en arrière des nerfs optiques, et Ilollard comme des corps striés. Il me serait difficile aujourd'hui de me prononcer sur la valeur définitive de ces dilTércntes opinions; pour cela, il faudrait avoir une connaissance approfondie des parties qui forment la Itase du cerveau dans toute la série des Vertébrés, et ce point d'anatomie laisse encore beaucoup à désirer. Voici donc provisoirement quelques considérations qui me paraissent ressortir avec assez de certitude de l'examen des faits.
Il me semble impossible d'admettre que les lobes inférieurs puissent être des corps striés comme
Hollard l'a avancé. Chez aucun Vertébré, les corps striés n'occupent la face inférieure du cerveau ; jamais non plus ces corps ne sont creux et ne communiquent avec Vinfundibulum. J'ai pu me convaincre en outre par l'étude directe des faits, qu'à aucune époque du développement, les lobes inférieurs des Poissons ne se trouvent dirigés vers la face supérieure du cerveau comme les corps striés; on ne saurait donc admettre qu'ils sont venus se placer plus tard au-dessous de lui, comme cela a lieu pour les tubercules bijumeaux des Oiseaux. Sur des embryons de Saumons, j'ai toujours vu les lobes inférieurs constituer primitivement à la face inférieure du cerveau une saillie médiane, impaire, qui n'est même pas bilobée comme chez les Poissons adultes. La même objection subsisterait à l'égard de cette opinion d'après laquelle les lobes inférieurs devraient être assimilés aux couches optiques. Par ce fait, enfin, que les lobes optiques sont les représentants des tubercules quadrijumeaux, il se trouve démontré que les lobes inférieurs ne sont point les représentants de ces mêmes organes. L'état solide des tubercules mamillaires chez les Vertébrés supérieurs (1), la non-communication de ces tubercules avec YinfHiidiliidnm, leur absence chez les Oiseaux et chez les Reptiles, ne permettent guère de leur assimiler les lobes inférieurs. Pour ma part, je m'arrêterais volontiers à l'opinion de Carus et jo regarderais les lobes inférieurs comme une expansion de la matière grise de Yinfimdibdum. Cette opinion a pour elle les faits suivants : chez l'Ange {Squaliis sqmtina), les lobes inférieurs se trouvent réduits à une coque nerveuse très mince dont la cavité très spacieuse et unique communique largement en haut avec le troisième ventricule et en bas avec la tige pituitaire. Sur les embryons de Saumons, les lobes inférieurs se trouvent représentés au début par un simple appendice médian, au sommet duquel adhère la glande pituitaire (2).