STRUCTURE INTIME I»F, LA MOELLI-, CHEZ LES POISSONS OSSEUX
de la totalité de cet organe; or, il semble assez difficile d'admettre dans un centre nerveux, et en proportion si considérable, l'existence d'une substance étrangère à l'élément nerveux. Cet argument n'est point sans réplique cependant. Un fait non moins bien établi est l'extrême vascularité de la substance grise; il suffit, pour s'en convaincre, de comprimer légèrement entre deux verres, un cerveau frais d'Épinoclie et de l'examiner sous un grossissement de 100 diamètres environ ; on apercevra dans l'intérieur de la substance du cervelet, mais surtout dans celle des lobes antérieurs, un réseau vasculaire d'une richesse extrême; les éléments de ce réseau doivent sans aucun doute être entourés d'une certaine quantité de substance connective. A dire vrai cependant, la multiplicité de ces vaisseaux ne me paraît point encore suffisante pour expliquer l'extrême abondance des corpuscules du cervelet. Un fait de plus de poids à mes yeux, sinon contre la nature nerveuse des corpuscules, du moins contre l'hypothèse de leur union avec les fibres nerveuses, est le volume relativement faible des faisceaux de substance blanche qui émanent du cervelet. Si, comme le prétend Owsjannikow, chaque corpuscule se trouvait en rapport par ses prolongements avec une fibre à moelle, le nombre incalculable de ces corpuscules devrait fournir une masse de substance blanche beaucoup plus considérable qu'elle ne l'est en réalité. La question, comme on le voit, attend encore une solution. Une étude plus complète du développement embryonnaire serait sans doute la meilleure voie à suivre pour apporter dans le débat quelque lumière (1).
Canal et cavité centrale du cervelet du Brochet. — Sur une coupe transversale faite dans le voisinage de la base du cervelet du Brochet, on aperçoit très bien à la loupe vers le centre de la coupe, un petit canal triangulaire d'une largeur de 0"™,2 environ ; plus près de la base, il atteint environ 1/2 millimètre. Il est entouré par du tissu cellulaire conjonctif. La couche de cellules superficielles qui représente la couche épithéliale ne se distingue pas par des caractères particuliers des cellules sous-jacentes : sur certains points, j'ai vu ces cellules porter des cils vibraliles très fins. Sur un Brochet dont le cervelet offrait à peu près .'3 millimètres dans son diamètre transversal, la cavité centrale occupait un millimètre au moins, c'est-à-dire un tiers de l'épaisseur de l'organe, et paraissait se rétrécir un peu vers sa base. Elle était limitée par des parois ayant aussi près d'unmillimètre, et se prolongeait jusqu'à un millimètre de l'extrémité, c'est-à-dire que l'épaisseur des parois restait à peu près partout la même.