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DE LA STRUCTURE INTIME DE LA MOELLE CHEZ LES RAIES ET LES SQUALES

Dans la répartition des fibres nerveuses de différents calibres, il est à noter qu'immédiatement au-dessus de la portion centrale de la substance grise, des deux côtés des prolongements moyen et supérieur, il existe un gros faisceau assez fort de fibres nerveuses longitudinales. Ce faisceau est très visible chez les Raies, particulièrement chez la Raja clavata. Relativement aux fibres nerveuses, on constate de remarquables différences entre les Raies et les Squales d'une part et les Poissons osseux de l'autre. Tout d'abord, la moelle des Raies et des Squales paraît manquer de ces deux fibres nerveuses colossales (les fibres de MaïUhner), si caractéristiques chez les Poissons osseux. En cela, ce groupe s'éloigne des Poissons osseux et se rapproche des autres Vertébrés. Il y a également une remarque à faire au sujet de la commissure transverse. Chez les Poissons osseux, un très petit nombre des fibres nerveuses passe d'un côté à l'autre immédiatement audessous du canal central ; la plus grande partie des fibres se porte d'une corne inférieure à l'autre. Chez les Squales, pareille commissure manque : les fibres qui passent d'une moitié de la moelle dans la moitié opposée forment immédiatement un croisement au-dessous du canal central. Chez quelques Raies, la Torpille par exemple, il existe une commissure transverse comme chez les Poissons osseux. Chez d'autres Raies {Raja clavata) il y a dans la position et dans la direction de la commissure une transition entre la disposition observée chez les Raies et chez les Squales.

Au sujet des racines inférieures, il n'y a rien de particulier à ajouter à ce qui a été dit des Poissons osseux. Les racines supérieures seules montrent certaines particularités. Les fibres des racines ont un calibre d'un volume considérable, O^'^OIS de diamètre; le cylindre de l'axe a 0™'",006. Ces fibres sont aussi grosses que celles des racines inférieures. Chez tous les autres Vertébrés que j'ai étudiés (peut-être à l'exception seule de l'Amphioxus), il y a un contraste remarquable entre les fibres fines des racines supérieures et les fibres volumineuses des racines inférieures. Les Raies et les Squales ne présentent nullement ce contraste. En ce qui concerne le point d'émergence des racines de la moelle, il est à remarquer qu'il existe ici quelques différences dans les Poissons que j'ai étudiés. Dans le genre Torpédo, le faisceau bien développé de la racine supérieure émerge à une distance assez considérable du sillon longitudinal supérieur, en sorte que l'écartement des deux racines supérieures est plus grand que celui des deux racines inférieures. La racine dans le tissu de la moelle suit un trajet horizontal à travers la substance blanche jusqu'à la partie supérieure de la corne supérieure où elle semble naître. Chez la Raja clavata, au contraire, le faisceau radiculaire qui traverse la substance blanche, abandonne aussitôt son trajet dans un plan horizontal et se courbe pour descendre obliquement, presque verticalement, dans la corne supérieure où le faisceau paraît prendre origine. Chez les Squales, le trajet de la racine supérieure rappelle celui des Poissons osseux; cependant, je n'ai jamais vu un rayonnement en pinceau des fibres radicules dans l'intérieur de la substance grise, mais j'ai remarqué parfois quelques petits fascicules qui s'enfoncent

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