STRUCTURE INTIME DE LA MOEM.E CHEZ LES HAIES ET LES SQUALES. I-2I
en une direction presque verticale dans la eorne Mi|irrii'ine. Quant au pai-couvs nlli''iii'nr des racines supérieures, comme on voit dans les coupes transversales que les faisceaux radiculaires s'arrêtent brusquement et ne s'élaleiil pas, il ('tail à prcsuincr (|ui' di'< ((lupi'^ iDiiLiituiliiiales fourniraient des indications sur ce parcours. Je ne connais, en ellct, aucun autre Vertébré dans la moelle duquel le trajet des racines supérieures se laisse suivre avec autant d'évidence que chez les Raies et les S([uales. Par l'exauicn de coupes lioriznnlales longitudinales qui coirespondent au point d'émergence des racines supérieures, un recunnait clairement que chacune de celles-ci se constitue par deux faisceaux dont l'un se dii'ige en arrière, l'autre en avant, pour se joindre aux fibres longitndinali's de la snbstanc(\ blaiielic An |)()iiil où les faisceaux antérieur et postérieur se réunissent l'ini à l'antre, il l'xisle un croisement des fibres, de telle sorte que le faisceau antérieur d'une racine et le faisceau postérieur d'une autre se rencdiiiivni. Ci's faisceaux radiculaires se croisent en outre, et après leur inflexion s'unissent immédiatement aux fibres longitudinales delà substance blanche aussi loin que celle-ci se trouve dans le voisinage immédiat des cornes supérieures ou qu'elle traverse la corne supérieure et la substance grise ((ui la compose. Alors les fibres d'origine des racines ne se distinguent plus du reste des fibres longitudinales; aussi n'est-il pas possible de suivre plus loin les faisceaux radiculaires. La question de savoir comment les fibres nerveuses des racines supérieures se mettent en rapport avec les cellules nerveuses se confond avec celle de savoir comment naissent les fibres longitudinales de la substance blanche. D'après mes recherches, les fibres longitudinales entrent eu connexion directe avec les cellides nerveuses de la substance grise.
.l'ai dit plus haut (pic la racine en remontant à partir de son point d'émergence peut être suivie dans un plan horizontal en avant et en arrière. Il faut ajouter que parfois, chez les Squales, quelques faisceaux se détachent de la racine, descendent verticalement dans l'épaisseur de la corne supérieure et disparaissent dans sa profondeur. Des coupes longitudinales verticales paraissent les plus convenables pour fournir la démonstration de ce fait. En résumé, chaque racine supérieure, après avoir traversé la substance blanche et gagné la corne supérieure, se partage en plusieurs faisceaux dont la plus grande partie se porte en avant et en arrière dans une direction horizontale et la plus petite partie verticalement dans la corne supérieure.
Relativement à la substance fondamentale conjonctive de la moelle des Raies et des Squales, je n'ai rien à ajouter de particulier. On y trouve aussi des fibres conjonctives et des fibres radiaires; la structure granuleuse est également visible. La substance grise contient des cellules nerveuses de plus ou moins grande dimension : les grandes, pai' ]ouy aspect, rappellent moins celles des Poissons osseux que celles de la Grenouille; elles sont triangulaires ou fiisiformes et se trouvent répandues partout dans les cornes inférieures. Chez les Squales, on constate en mitre de plus petites cellules dans la portion centrale de la substance grise. Chez les Raies, les cellules nerveuses paraissent être extrêmement délicates ; leur proloplasma est presque entièrement homogène et se colore très faiblement, de telle sorte (|iie sur un grand nonduc de cdiipes, un ne peut (pic difficilement en reconnaître les contours. Les prolongements des cellules sont aussi difficilement reconnaissables (in parfois incinc invisibles; M. Slieda en a cependant observé de deux à ciiH| sur une cellule. Oiiaiil à une ramificalioii ipielconipie des prolougemenls, il
ne se prononce pas sur ce poinl. Sur nin' coupe loiigiliidiiialc iioii/oiilaic, on voit le grand
Ui
axe des cellules dirigé verticalement par rapport au plan médian, par conséquent transversalement; chaque cellide offre un prolongement se portant vers le milieu et un autre vers la périphérie.
Moelle de la Lamproie. — La substance grise de la Lamproie consiste en une matière fondamentale granulée ou striée dans Ia(|uelle, abstraction faite de l'épithélium du canal central et des cylindres-axes, on distingue plusieurs espèces de cellules. Les plus petites se trouvent répandues partout et rappellent parfaitement par leurs caractères optiques les corpuscules du tissu conjonctif. Les cellules nerveuses, toujours de remarquable grosseur et le plus souvent pourvues de plusieurs forts prolongements, se distinguent par leur structure et leur disposition en trois sortes :
i° hua grosses cellules nerveuses internes situées près de la ligne médiane au bord supérieur de la masse grise ayant la forme de sphères aplaties; elles envoient le plus souvent en avant et en arrière des prolongements qui, dans la suite de leur parcours, se dirigent un peu en liant et en dehors. Parfois aussi, il existe un troisième prolongement qui se porte directement au dehors. Ces cellules se trouvent dans la plus grosse portion moyenne de la moelle avec les fibres de MïiUer, sans cependant contracter avec ces dernières aucune connexion.
2" Les grosses cellules externes ayant des formes très variées, le plus souvent allongées, sont situées dans la portion extérieure de la substance grise; elles émettent plusieurs prolongements, six au plus sur une cellule. Ces prolongements sont les cylindres-axes des fibres qui sortent de la moelle comme racines inférieures, forment la commissure inférieure, et se portent comme fibres radiaires vers l'extérieur.
3" Les petites cellules nerveuses ressemblent aux pi-écédentes par la forme, mais leur sont très inférieures en volume. Plus claires, moins colorées par le carmin, elles sont situées en partie entre les grosses cellules nerveuses, en partie sur la ligne moyenne. Leurs prolongements beaucoup plus grêles, se dirigeant vers le lieu de pénétration de la racine supérieure, forment les fibres radiaires de la commissure postérieure.
Outre ces cellules nerveuses de la substance grise, on trouve encore d'autres cellules interposées en divers endroits des fibres longitudinales. Les plus constantes se rencontrent tantôt près du bord externe de la moelle ou entre ce bord et l'extrémité externe de la substance grise; elles sont le plus souvent dirigées transversalement et envoient leurs prolongements vers l'intérieur et vers l'extérieur. Ni les fibres des commissures ni les fibres des racines ne gagnent les cellules nerveuses dans une direction exactement transversale.
Les fibres longitudinales présentent des différences de diamètre des plus frappantes. Les plus grosses, -à^^^dèt^ fibres de Millier , hnnaui deux groupes: de chaque cùté delà moelle un premier de six à huit fibres situé à côté du prolongement de substance grise qui s'étend du canal central vers la face inférieure du cordon médullaire, puis un second placé au-dessus et en dehors de l'extrémité externe de la substance grise. Relativement aux fibres de Millier internes, elles se continuent dans toute la longueur de la moelle, mais en perdant de leur diamètre en arrière; et, abstraction faite des extrémités initiale et terminale, elles ne contractent aucune connexion, soit avec les cellules nerveuses, soit avec les fibres nerveuses. Les cylindres-axes des fibres de Millier se montrent comme de fortes fibres à coupe transversale très irrégulière, fréquemment aplaties, semi-lunaires et ne remplissant que rarement la cavité des fibres.
DE L'AXK N'KRVEUX CKRKBRO-SPFNAL. hi:!