RÉGIONS POSTÉRIEURES
rieures au chiasma forme donc une agglomération de conducteurs nerveux juxtaposés, dont les uns sont entrecroisés et dont les autres sont directs. Elles se groupent ainsi en formant un faisceau unique, cylindrolde d^abord, puis bientôt aplati ;sous forme d'une bandelette curviligne, embrassant étroitement par sa concavité la face externe du pédoncule cérébral correspondant. Arrivée au niveau de la limite postéro-inférieure de la couche optique correspondante, cette bandelette blanchâtre devient bifide et se divise en deux bandelettes secondaires (pL I, fig. 1; pi. II et pi. XV, fig. 1 et 3).
L'une d'elles, la supérieure, se perd en s'épanouissant dans un amas de substance grise interposé sur son passage, et qui répond au bord inférieur de la couche optiquCi dont cependant il est par<faitement distinct : c'est le corps genouillé externe-, Tinférieure suit une disposition analogue et gagne en s*y distribuant la substance ganglionnaire du corps genouillé interne, située en dedans du précédent (pL XV, fig. 3 [5, 6]).
D*après ce que nous avons indiqué jusqu'ici, les cellules nerveuses des corps genouillés étant les premiers amas de substance grise que les fibres convergentes optiques rencontrent sur leur parcours centripète, nous considérons ces intumescences grises comme leurs véritables ganglions, en vertu des mêmes principes d'analogie qui nous ont fait considérer comme ganglions le^ premiers amas de substance grise que les fibres de la sensibilité générale et spéciale (fibres acoustiques) ont trouvés interposés le long de leur continuité (pi. I, fig. 1). Nous interrompons donc ici provisoirement leur description qui sera reprise plus tard, parallèlement avec celle des autres fibres efiérentes des amas ganglionnaires.
4* Fibres afférentes aux ganglions olfactifs (pi. 1^ fig. 1 ; pi. II).
Les fibres convergentes olfactives représentent, comme celles que nous venons successivement déjà de passer en revue, une série de conducteurs nerveux reliant, soit d^une façon directe, soit d'une façon entrecroisée, les plexus nerveux périphériques épanouis a la surface de la pitui taire, avec les régions de substance grise centrale du système nerveux. Seulement la distribution des fibres
SO SYSTÈME DES PIBIlBl OOHVlROpiltM INFÉRIEURES.
périphériques présente pour cette pitre nerveuse une disposition spéciale, que nous devons relever en passant, afin de mettre plus de précision dans le langage anatomique, et par suite dans lei idées qu'il représente.
On désigne ordinairement sous le nom de bulbe du mrf olfactif cette intumescence grisâtre qui existe au-dessus de la lame criblée de l'éthmoïde, et d'où partent une série de radiattoni blanchâtres, qui vont s*épanouir dans les régions supérieures de la pituitaire(pl. II[A2]).
Cet amas de cellules nerveuses et les fibrilles branches anasto*mosées en plexus se trouvent, au point de vue de l'auatomie générale, dans les mêmes rapports que les cellules de la rétine vis-à^vis des fibrilles nerveuses qui en dérivent, de sorte qu'il résulte de cette disposition toute spéciale, que la substance grise du biilbe de Tolfactif et les plexus anastomosés qui en proviennent, repré* sentent, à proprement parler, une véritable expansion nerveuse périphérique, au même titre que là rétine elle-même^ au même titre que les plexus terminaux des nerfs acoustiques et des nerfs cutanés, qui sont, eux aussi, constitués par des combinaisons de fibrilles et de cellules nerveuses.
Voyons maintenant comment la périphérie olfactive, telle que nous venons de la définir, se trouve rattachée aux régions een* traies du système nerveux.
De même que précédemment, nous trouvons ici des fibres directes et des fibres entrecroisées.
Nées de l'intumescence de la substance grise, décrite improprement sous le nom de bulbe de l'olfactif, les fibres convergentes olfactives suivent toutes, d'avant en arrière, un trajet rectiligne, à la base du cerveau, dans une scissure propre qui leur est ménagée dans rinterslice de deux circonvolutions (pi. XV, fig. 1 [1, 1^ ).
Arrivées au niveau de la région inférieure du corps strié (espace perforé de Vicq d'Azyr), elles se dissocient brusquement et présentent trois directions principales :
!• Une portion d'entre elles, portion moyenne, suit un trajet bien remarquable, et, la plupart du temps, bien plus difficile à démêler chez l'homme que chez certaines espèces animales, telles que le mouton, le bœuf, le cheval, lesquelles présentent un grand développement de cette catégorie spéciale de fibres
RÉGIONS POStÉRtfttlHES. 27
olfactives (pi. I, fig. 1 [67]; pK XV, flg. 1 [8]; pi, XXV et pi. XXVI).
Elles s'élèvent verticalement en haut, en suivant une direction légèrement oblique sous forme d'un chevelu radiculaire très-délié, dans l'épaisseur de la substance grise du corps strié (pi. XXV, 15) : elles progressent ainsi sans s^ distribuer, en décrivant une courbe à concavité inférieure, parallèle aux fibres de la commissure blanche antérieure, au-dessous desquelles elles sont situées et avec lesquelles elles sont souvent confondues, et vont, après s'être entrecroisées sur la ligne médiane, se distribuer vraisemblablement dans la substance grise ganglionnaire, du côté opposé à celui d*où elles proviennent (pi. XXVI, 12 et 12').
Elles répondent ainsi, au point de vue des caractères homologues, aux fibres moyennes convergentes optiques qui s'entrecroisent au niveau du chiasma et qui passent du côté opposé à celui qui leur a donné naissance (pi. I, fig* 1 ; comparez [6A, 67]).
2"* Un deuxième groupe de fibres convergentes olfactives, ce sont les plus internes (pi. I, fig. 1 [5, 6] ; pi. XXV, 13, pi. XV [4, A*]), va, sous Taspectde fibrilles grisâtres, gagner la scissure inférieure médiane du cerveau et se perdre, après s'être entrecroisé, en avant du tuber cinereum dans un petit amas de substance cendrée dont la masse, dans la série des vertébrés, est proportionnelle à leur nombre (pi. XXXIX, fig. 5, 10, 13 et 16), et qui se trouve situé de chaque côté de la cloison transparente. Nous verrons plus loin ses connexions et ses rapports avec la région de substance grise centrale qui tapisse les cavités spinocérébrales.
Cet ordre de fibres représente ici les fibres grises des nerfs spinaux, les fibres grises acoustiques et les fibres grises convergentes optiques.
3* Le troisième groupe de fibres convergentes olfactives, qui sont des fibres directes non entrecroisées, et en même temps le plus externe (pi. I, fig. 1 [57] ; pi. XV, 8 ; pi. XXV [14, U*]). Elles se séparent des précédentes sous un angle plus ou moins aigu, s'appliquent dans une partie de leur parcours à la partie inférieure du corps strié, gagnent, en suivant une direction légèrement oblique, l'extrémité la plus antérieure du lobe sphé- Qoldal, plongent sans s*y distribuer au sein de la substance grise
corticale, qu'elles rencontrent devant elles (pi. XV), la traversent dans toute son épaisseur, et vont, sous Taspect d'un filament blanchâtre excessivement grêle, souvent difficile à suivre dans Tespëce humaine, se perdre, en définitive) dans un noyau de substance nerveuse, spécial, parfaitement délimité, qui joue vis-à-vis d'elles le rôle d'un véritable ganglion. Ce noyau de substance grise est, en efiet, le premier amas de cellules nerveuses interposé entre les régions olfactives périphériques et les régions centrales vers lesquelles ces fibres convergent (pi. I, fig. 1 [5, 9]; pi. XV, 6g. 1 [8] ; pi. Il, 12 ; pi. XXV [14, 14'J ; pi- XXVI [11. 11'] ; pi. XXXIV. [12, 12'] ; et pour Tanatomie comparée, pi. XXXIX, fig. 12 [1, 1'], fig.l5[6]etfig.l8).
5® Fibres de la sensibilité viscérale.
Les plexus nerveux périphériques disséminés, soit à la surface des muqueuses viscérales, soit au sein de la trame même qui constitue les viscères, se trouvent pareillement reliés par une série de conducteurs nerveux plus ou moins directs aux régions centrales du système nerveux ; et en cela les impressions viscérales afl*ec(ent un trajet, des rapports, un mode de distribution en tout comparables aux diverses modifications successives subies par les impressions parties, soit de la périphérie sensitive proprement dite, soit de la périphérie des organes des sens.
Ainsi, les divers plexus épanouis à la surface des muqueuses laryngienne, trachéale, bronchique, etc., forment une série de filaments, ténus d*abord, puis successivement plus volumineux, qui prennent part à la constitution du tronc pneumogastrique : les plexus terminaux qui émergent du tissu musculaire cardiaque arrivent aussi apporter leur contingent de fibrilles ; ceux qui appartiennent au tissu hépatique, au tissu splénique, ceux qui sont éparpillés en réseaux très-déliés, soit à la surface de la muqueuse œsophagienne ou de la muqueuse gastrique , obéissent pareillement aux mêmes tendances convergentes ; et il résulte bientôt de celte juxtaposition sous une même gaine nerveuse, de ces divers conducteurs nerveux, les uns à Tétat de tubes larges, les autres à rélat de tubes minces, la formation d'un gros tronc nerveux unique, qui les résume tous, le pneumogastrique, lequel, remon-
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tant comme les «autres rameaux nerveuiL a diroclion centripète) vers les régions supérieures de Taxe spinal, rencontre préalablement, ainsi que ses homologues, une agglomération de cellules ganglionnaires interposées sur sa continuité, et se comporte visà-vis d'elles comme les autres fibres nerveuses rachidiennes se comportent vis-à-vis des ganglions spinaux.
Les plexus terminaux qui se distribuent à la surface de la muqueuse intestinale (lans toute son étendue; ceux qui sont en rapport avec les tissus propres des reins, des uretères et de la vessie, sont reliés pareillement aux régions centrales de Taxe spino-cérébral par une série de conducteurs nerveux quMl est jusqu'à présent presque iitipossible de pouvoir suivre isolément dans leur trajet centripète, mais dont on peut cependant constater l'existence sous forme de conducteurs grisâtres, émanant de la chaîne ganglionaire prevertébrale, et allant apporter à chaque groupe de fibres nerveuses afférentes aux ganglions spinaux, leur contingent de fibrilles propres.
Quant aux plexus qui sont répandus à la surface ou dans l'épaisseur de la trame des voies génitales, leur relation avec l'axe spinal est un fait mis hors de doute par la physiologie normale et morbide ; mais Tanatomie nous semble avoir été jusqu'à ce jour impuissante pour décider quelle est la véritable route suivie par cet ordre d'impressions si spéciales. Il est très-probable qu'elles doivent avoir comme les autres, des conducteurs directs reliant la périphérie au centre, à travers les lacis inextricables de tous les plexus hypogastriques, et qu'elles doivent être pareillement pourvues d'un appareil ganglionnaire qui leur soit particulièrement affecté. Jusqu'à présent les recherches de la physiologie expérimentale, à laquelle seule il appartient de signaler la présence des amas ganglionnaires en rapport avec l'accomplissement de telle ou telle fonction, a été muette sur le rôle que tel ou tel ganglion de la région lombaire est apte à jouer dans la transmission des impressions venues de la périphérie des appareils génitaux.
Après avoir ainsi successivement accompagné chaque groupe de fibres nerveuses dans son trajet centripète, depuis les régions périphériques jusqu'à son point de rencontre avec la substance grise des ganglions qui lui sont spécialement affectés, nous sommes
80 SYSTÈME DES FIBRES CONTKRGKlfTES INFÉRIEURES.
naturellement amené à parler de la structure de ces divers amas gangUonnaires.
§ 2. — »M Bmmgiîwm» «e la MBSlIilUlé sénérale et «péelale.
i* GtngUont des racinei postérieures des nerCs spinaux.
Tous les amas ganglionnaires propres aux racines spinales se présentent sous l'aspect de petites intumescences pisiformes de substance grisâtre, situées sur le trajet des fibres convergentes inférieures, quMIs interrompent en partie dans leur continuités
Leur volume présente des variations suivant les régions où on les considère. Il m*a paru développé d'une manière inégale dans les deux sexes (1).
Ainsi, toutes choses égales d'ailleurs, ce sont ceux qui correspondent aux fibres convergentes des plexus sacrés et lombaires, pour les régions inférieures du tronc, ceux qui sont en connexion avec les plexus brachiaux et cervicaux, pour les régions supérieures, qui ont le développement le plus accentué ; ceux au contraire qui sont en rapport avec les fibres des nerfs intercostaux supérieurs et inférieurs, sont réduits au minimum de volume.
La coloration de ces ganglions est en général gris rosé, leur consistance est asses ferme; ce n'est que dans certains cas pathologiques qu'ils deviennent mous et pulpeux, et qu ils affectent une coloration rougeàtre, ou quelquefois jaune ambré.
Leur structure offre A considérer : 1* une membrane ou coque extérieure; 2^ des cellules nerveuses spéciales; 3* des tubes nerveux afférents venant de la périphérie ; A* des tubes nerveux efférents émergeant des ganglions pour aller se jeter dans les divers dépdts de substance grise de Taxe spinal.
l* La membrane des ganglions, de nature fibreuse^ est en continuité avec la gatne névrilématique des troncs nerveux afférents. Elle est ferme, résistante, et limite exactement la substance grise ganglionnaire qu^elle enveloppe de toutes parts (pi. XVII, fig. 9). Elle émet de sa face interne une série de fibrilles de tissu con-
(i) Une préparation simultanée d'une même portion de la moeUe épinière dans Tun et l'autre sexe, atec les principaux amas ganglionnaires qui en dépendent, permet de constater nettement cette remarquable disposition, qui rend compte, jusqu'à un certain point, de la prépondérance des phénomènes d^excitabilité et de sensibiKté, qui sont en quelque sorte U caractéristique du tystème nerfeoi féminin.
GANGLIONS. Si
joDClif entrecroisées en tous sens qui forment un lacis solide, dans les insterstices duquel reposent les cellules ganglionnaires. C'est au milieu de ces mêmes fibrilles conjonctives que les vaisseaux capillaires rampent pour se disséminer au sein de la substance ganglionnaire.
B* Les cellules ganglionnaires ont un volume considérable^ rela« tivement i celui des autres cellules nerveuses; elles sont de forme ovoïde, allongées, pisiformes, lorsque leur prolongement est encore adhérent ; elles sont généralement aplaties. Leur colo« ration est jaunâtre, elles mesurent de O'"'',0& à 0"""y09 de dia* mètre. Leur paroi est très-fréquemment recouverte de granula* lions pigmentaires qui donnent à leur contour up aspect crénelé tout spécial. Leur noyau, qui contient un ou deux nucléoles trèsbrillants, est pareillement ovoïde, il se distingue d'une façon trèsnette, et varie en général en volume de 0'""*,01 à O'^^yOlS. .
Une particularité des plus remarquables qui appartient à celte catégorie d*élémenls nerveux, et qu'elle partage avec les cellules ganglionnaires du grand sympathique, c'est de présenter à leur pourtour une série de fibres curvilignes pourvues de petits noyaux grisâtres, qui les enchâssent et leur constituent comme une série de bourrelets isolés (pi. XVII, fig. 11, 13, 1&, etc.).
Ces Obres spéciales, qui sont ainsi pelotonnées autour de la paroi des cellules, nous ont paru faire partie intégrante des éléments nerveux ganglionnaires; quand on racle en effet avec délicatesse un fragment de cette substance ganglionnaire, et qu'on l'examine avec précaution, on ne tarde pas â reconnaître que presque toutes les cellules sont pourvues de ce bourrelet surajouté, et d'une autre part, lorsque l'on essaye de les séparer et d'énucléer ainsi les cellules de leur coque, on s'aperçoit aisé* ment qu'il y a des adhérences intimes et une sorte de chevelu fibrillaire qu'il faut rompre pour opérer la dissociation.
Maintenant, ces fibrilles délicates enroulées en bourrelets circulaires sont- elles bien des fibrilles de tissu conjonctif, comme le pensent un certain nombre d'auteurs, et comme semble l'admettre Yulpian (1), ou bien une modalité spéciale des éléments nerveux?
(1) Journal de physiologie, janTier 1862. Sur la racine ganglionnaire des nerfs hypoglosses, p. 15.
Il est évident que si Ton veut rechercher dans ces tracUis curvilignes concentriques les différents éléments qui constituent les tui)es nerveux, on ne les rencontrera pas tous ensemble, et que Ton sera par conséquent amené à les exclure de la catégorie des appareils nerveux, pour les ranger parmi les dépendances du tissu eonjonctif; mais si l'on réfléchit d'autre part: que les conducteurs nerveux ne se présentent pas partout avec un ensemble de caractères invariables ; que les fibres propres des nerfs sympathiques se rencontrent avec ces apparences moniliformes; qu'ils ont pour caractères de présenter des fibrilles grisâtres contenant de distance en distance de petits noyaux allongés, comme Remak t'a surtout indiqué (1) ; que la structure des ganglions des racines postérieures spinales est identique avec celle des ganglions des plexus cœliaques, etc., et des ganglions sympathiques prévertébraux (pi. XVII, fig. 16); que cette apparence de fibres moniliformes représente en définitive, sous une forme permanente, les périodes transitoires du développement des éléments nerveux eux-mêmes;
On arrivera à considérer ces coques de fibres curvilignes grisâtres qui enchâssent les cellules ganglionnaires, comme des éléments nerveux parfaitement légitimes.
Les rapports intimes qui relient celte variété d'éléments nerveux aux cellules elles-mêmes, m'ont paru toujours jusqu'à présent très-difficiles à élucider ; je suis néanmoins porté à supposer que les portions centrales de ces fibres spéciales, qui représentent des cylinders plus ou moins efiilés, se mettent en rapport avec la substance même du noyau, comme cela se voit d'ailleurs pour d'autres agglomérations des cellules nerveuses ; tandis que, au <;ontraire, l'enveloppe délicate constituée par des noyaux allongés, entre seulement en combinaison avec la paroi même de ces cellules ganglionnaires.
Quant au nombre de pôles que présentent ces cellules, en général je n'ai constaté qu'un seul pôle sur la plupart de celles que j'ai examinées à ce point de vue ; ce pôle, qui est manifestement la substance même de la cellule prolongée, est souvent très-difficile à reconnaître, aussi faut-il, avant de se prononcer
(1) KôUikcr, Histologie, p. 371.