THÉORIE PHYSIOLOGIQUE DBS HALLUCINATIONS
alors de ces conditions insolites dans lesquelles les éléments propres du sensorium sont placés? C^est que ces modalités nouvelles de leur activité fictive venant à être irradiées vers les cellules de la périphérie corticale, celles-ci, à leur tour, absorbent ces matériaux sensoriels avec indifférence, opèrent automatiquement avec eux, comme sMIs étaient une émanation légitime des choses de la réalité, et propageant à distance les ébranlements qui leur sont ainsi artificiellement communiqués, arrivent de la sorte i créer des conceptions imaginaires qui frappent par leur enchaînement et leur ténacité.
En un mot, — Y activité spontanée des cellules de la couche optique (provoquée par des causes variées), — Tirradiation de cette activité fictive vers les cellules de la substance corticale, — V entrai' nement consécutif de ces mêmes cellules, qui mettent en œuvre c«s matériaux erronés avec la même logique que s'ils étaient réels, ce sont là les trois données fondamentales dont Tenchalneroent réciproque nous permet de nous rendre rationnellement compte des diverses phases du processus physiologique qui mène à la production de certaines formes d'hallucinations.
Cette théorie toute naturelle nous parait en effet rendre assez bien compte des faits observés, elle permet d'expliquer :
a, La persistance des hallucinations, même après la destruction des nerfs sensoriels.
Esquirol parle en effet d*un jeune homme aveugle tourmenté par des hallucinations de la vue, et chez lequel on constata une atrophie des nerfs optiques depuis le chiasma jusqu'aux globes oculaires. Il parle encore de deux femmes sourdes qui n'avaient d'autres manifestations délirantes que d'entendre diverses personnes avec lesquelles elles se disputaient nuit et jour (1).
La persistance de Tétat d'intégrité de certains départements de la masse des couches optiques permet en effet de se rendre compte de ces singuliers phénomènes.
b* La manifestation unilatérale de l'hallucination.
Moreau (de Tours) parle d'une jeune aliénée qui disait entendre de l'oreille droite seulement le bruit de voix imaginaires. Il rapporte encore le cas d'un malade qui entendait des sons fan-
(1) tsqmroï, Maladies mentales 1 1. I, p. 195.