INFLUENCES MÉDIATES DES COUCHES OPTIQUES
tasliques tantôt par rorcillc gauche, tantôt par l'oreiiïe droite et jamais par les deux à la fois (1). Certaines hallucinations visuelles offrent des phénomènes analogues ; il est tels malades qui n*ont des visions que lorsque, fermant un œil, Tautre reste ouvert.
Mareé a rapporté des exemples de ce genre (2).
Les faits de cette catégorie trouvent évidemment leur explication physiologique dans la perturbation fonctionnelle isolée de certains centres de la couche optique d'un seul côté.
c. L'enchaînement successif et la combinaison des hallucina* tions de divers sens les unes avec les autres.
On comprend en effet comment Tébranlement morbide, localisé d'abord dans certaines régions des couches optiques, se propageant insensiblement de proche en proche, aux réseaux de cellules des différents centres ambiants, puisse finalement mettre en émoi tous les centres du sensorium par effet de continuité de tissu, même ceux qui occupent dans la hiérarchie une place tout a fait secondaire, tels que les centres affectés à la réception des impressions génitales et gustatives.
rf. Comment enfin^ lorsque ces incitations fictives rencontrent dans les réseaux de la substance corticale vers lesquels elles sont irradiées des éléments doués d'une excitabilité anormale et d'une aptitude réaclionnelle très-développée, ceux-ci, réagissant en raison de leur multiplicité et de leurs qualités intrinsèques, font éclore alors par la combinaison directe de l'élément psychique à rélcment sensoriel, des séries de conceptions imaginaires qui sont d'autant plus brillantes et d'autant mieux systématisées, que les facultés créatrices de l'imagination et de la mémoire auront conservé toute leur verdeur et toute leur énergie.
Quoique les phénomènes propres des hallucinations, par cela même qu'ils sont transitoires et fugitifs, ne doivent laisser après eux dans le cerveau aucune trace apparente de leur passage, et bien qu'il semble hors de propos de vouloir apporter des preuves matérielles d'un phénomène éphémère à l'appui d'une théorie
(1) Citations cinpininti'os h roUM*a}rc dr Mnrcé, Tmité pratique dct mafadies mcntalc.% Paris, 1862, p. 235.
'2; Lor. cit., \). 236.
THÉORIE PHYSIOLOGIQUE DES HALLUCINATIONS. Ôôl
physiologique des hallucinations, nous ne pouvons nous empêcher de rassembler quelques Taits épars, qui semblent s'accorder avec ce que nous venons de dire.
On nous accordera néanmoins à ce sujet, que dans le domaine de Tcinatomie pathologique, la contemplation intrinsèque des objets présents n'est qu'une œuvre stérile, et qu'il est légitimement permis, remontant du présent au passé, de conclure, en voyant un fragment de subslancegrise, friable, humide, teinté de colorations hémaliques plus ou moins accentuées, que ce tissu a été à diiTé* rentes époques, le siège de fluxions réitérées, et par conséquent aussi, d'un certain degré d*exaltation fonctionnelle passagère.
C'est de la sorte, en effet, que nous interprétons la valeur sémiologique de certains petits noyaux d'hypérémie partielle que nous avons rencontrés dans l'épaisseur des couches optiques de plusieurs aliénés, lesquels avaient présenté, à une période plus ou moins éloignée, des symptômes d'hallucinations, et que nous apprécions CCS taches et ces divers foyers de ramollissement que Calmeil a rencontrés, avec des nuances et des colorations si variées soit dans Tintérieur, soit au pourtour des couches optiques chez des sujets ancieimement hallucinés.
Nous sommes néanmoins porté à dire que, dans des questions de ce genre, les faits anatomiques malgré ce qu'ils peuvent avoir de péremptoire en eux-mêmes, ne sont que des arguments imparfaits, et que l'étude des lésions ancieuses des couches optiques, quoique pouvant avoir une importance parfois réelle, ne doit être interprétée qu'avec une très-grande réserve.
Nous allons citer néanmoins quelques exemples, a6n de montrer que la théorie que nous venons de développer sur le mécanisme physiologique de la production des hallucinations n'est pas une conception purement spéculative, et qu'elle peut à la rigueur s*appuyer sur des faits pathologiques, qui prouvent qu'au moins la couche optique n*est pas étrangère à Tapparition de ces manifestations morbides de l'activité cérébrale.
Ces faits sont empruntés à l'ouvrage déjà cité de Calmeil :
Obs. I. — M...,lrenle-lroisan8. Défaut de sommeil, hallucioalionsderoaTe, vision d'objets fantastiques, accès de terreur, craintes incessantes, conceptioDi erronées et sensations qui lui font dire qu'on le torture, qu*on le perce avec UYi>. 36
&B2 im^LUËNCES MÉDIATES DES COUCHÉS OPTIQUES.
la pointe d'un couteau, il se croit mort. Il succombe après dix-neuf jours de séquestration. La coloration de la substance corticale varie da rooge aa vioiel, elle est excoriée par places ; la substance grise des couches optiques est cokm en violet foncé. (Tome. I, p. 347.)
Obs. II. — L... Mélancolie, hallucinations terriûantes, paralysie générale. Teintes framboisées et nombreuses ponctuations vasculaires au sein de la substance corticale; les couches optiques sont rouges et injectées, (Id., p. 3i9.;
Obs. III. — Homme, trente-huit ans. Hallucinations de la vue et de Touïe, paralysie générale et démence. Les circonvolutions seml)lent atrophiées, elles sont d'une coloration de jaune rouille ; les couches optiques sont pareillement rabougries et d'une coloration bistrée. (Id., p. 358.)
Obs. IV. -— M..., homme, trente-neuf ans. Hallucinations de tous les sens, paralysie générale, démence. Substance corticale jaunâtre; les couches optiques Sont de coloration rosée. (Id., p. 383.)
Obs. y. — E..., homme, soixante-sept ans. Hallucinations de la vue, aliénation, démence. Substance grise de couleur vovàWe; celle des couches optiques offre les mêmes teîn tes. (Id . , p . 465.)
Obs. VI. — H.. ., homme, soixante-cinq ans. Hallucinations variées, paralysie générale. Substance corticale de coloration ûeur de mauve; ces teinte» sont encore plus prononcées dans Tépaisseur des couches optiques. (Id., p. 584.)
Obs. VII. — Homme, quarante-deux ans. Aliénation, anciennes hallucinations, mélancolie. Excoriations et injection de la substance corticale, couchrt optiques de coloration rosée. (Id., p. 649.)
Obs. VIII. — Homme, trente-six ans. Manie aiguë et démence avec hallacinations de Toute. Ramollissement de la substance corticale, la couche optiqve du côté droit est ramollie et violacée, celle du côté gauche est presque à 1 eut normal. (Tome II, p. 4 9.;
Obs. IX. — Homme, cinquante-cinq ans. Hallucinations très-actives, idée; fixes, deux attaques d'apoplexie à deux années de distance. Deux foyen hémorrhagiques, l'un récent, l'autre ancien, dans le sillon de séparatioo de c^gtie couche optique et de chaque corps strié. (Id., p. 490.)
A ces observations, nous adjoindrons 1* celle que nous avons déjà citée (lésions de la couche optique, obs. XXXI, p. 540), et qui est relative à une malade hémiplégique et hallucinée, dans l'encéphale cle laquelle on a trouvé une tumeur comprimant la couche optique ; 2° une autre que nous avons extraite des Archives de médecine, et 3* une dernière enfin qui nous est personnelle, et dont nous avons pu nous-méme vérifier les détails nécroscopiques :