CHAPITRE III
LÉSIONS DES APPAREILS CÉRÉBELLEUX GENTRAUK ET PÉRIPHÉRIQUBS. TROUBLES FONCTIONNELS QUI LES ACCOMPAGNENT.
Si l'on se reporte aux détails anatomiques que nous avons signalés à propos des appareils cérébelleux centraux et périphériques, on doit se rappeler que nous avons considéré le cervelet comme un appareil tout à fait à part, doué d'une autonomie propre au milieu des éléments multiples dont se compose le système nerveux, et comme n'étant exclusivement en rapport par ses fibres eflerenles qu'avec les régions de Taxe spinal qui servent aux manifestations de la motricité. Nous avons encore décrit le
(i) Je dois cette observation à robligcancc de M. le docteur J. B. Laborde, qui Ta recueillie dans le service de M. Moreau (de Tours) dont il était alors l'interne (1860).
56& LÉSIONS DKS APPAREILS CÉRÉBELLEUX CENTRAUI.
mode d*entrecroisemehl el de terminaison périphérique des Gbres qui en émergent, el monlré ainsi que la sphère de raclivitc cérébelleuse ne devait pas être exclusivement circonscrite à l'appareil central qui en est en quelque sorte le foyer, au cervelet lui-même, mais qu'elle devait être considérablement élargie, et considérée comme comprenant tous ces réseaux de substance grise intraspinale antérieure qui, commençant à la région bulbaire, se prolongent comme une chaîne continue à travers la protubéraoce jusqu'au noyau jaune du corps strié.
Nous avons vu, d^une autre part, qu'au point de vue physiologique les résultats expérimentaux plaidaient en faveur des données précédentes, puisqu'ils nous montraient que les destructions du cervelet entraînaient la disparition successive de la force et de l'harmonie des actes purement moteurs : que rinnervation cérébelleuse jouait d'une façon latente qn rôle de premier ordre, dans la plupart des phénomènes de motricité soit de la vie animale, soit de la vie organique, et que c'était elle qui, surajoutée au stimulus des incitations volontaires, donnait à nos mouvements locomoteurs \a force, la continnité et, comme conséquence, Y harmonie.
Il nous reste à contrôler, comme nous Tavons fait pour les autres départements du système nerveux, ces données physiologiques par le témoignage des faits pathologiques. Nous allons donc passer successivement en revue les principaux troubles fonctionnels qui surviennent :
i"* Lorsque les appareils centraux de l'innervation cérébelleuse sont intéressés (lésions des lobes cérébelleux proprement dits);
2*" Lorsque ce sont, au contraire, les expansions terminales pédonculaires et, par conséquent, les régions où se dissémine l'innervation cérébelleuse périphérique qui se trouvent désorganisées (lésions de la substance grise de la région bulbaire, de li région de la protubérance et du corps strié), etc.
ARTICLE PREMIER
LÉSIONS DES APPAREILS CélliBELLEUX CBNTBAUX.
Les troubles fonctionnels consécutifs aux lésions des lobes cérébelleux, d'après un relevé de cent observations recueillies
par nous, et dont nous avons analysé les principaux détails, se groupent dans Tordre suivant, au point de vue de la fréquence :
jV L'iiffaiblisseracnt progressif des muscles en
général, sans paralysie, a été noté A5 fois.
2« L'incertitude et l'imposslbilitc des mouvements de la marche 28
I 3« L'embarras de la parole 20
I. Troubles des îonc-r ^^ **'°"*^*^* *'*^ ** motricité intrinsèque et
lions motrices . . A extrinsèque dos globes oculaires 59
* I S'* L'hémiplégie 16
1 6** I^ paraplégie incomplète 7
7° Le tremblement 7
8** Les convulsions 12
O** Laprédominance d'action d'un côté du corps
(entraînement) 5
/Elle a été notée 58
Elle était localisée à la rég^ion occipitale 25
i — — — frontale 3