‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 2)Chapitre 124 sur 141 · V. Rapidité des acci- f Mort rapide · texte numérisé non relu

V. Rapidité des acci- f Mort rapide

dents ultimes . . . ( Mort subite 14

I. Troubles des fonctions locomotrices. — 1* Les troubles des fonctions motrices qui accompagnent si fréquemment les lésions du cervelet, ainsi qu'il ressort de Texamen des faits ci-dessus énoncés, frappent soit sur Tensemble du système musculaire, soit sur un petit groupe de muscles, et amènent ainsi des paralysies asthéniques généralisées ou localisées. Tantôt, en effet, les fonctions locomotrices sont intéressées dans tout leur ensemble, tantôt elles ne sont troublées que partiellement, et la perversion fonctionnelle ne porte alors que sur les appareils moteurs de tout un côté du corps, ou bien sur ceux des extrémités inférieures exclusivement. Tantôt enfin, des systèmes isolés de muscles sont partiellement frappés A' asthénie paralytique : c'est ninsi que Ton

506 LÉSIONS DBS APPAREILS CÉRÉBELLEUX CENTRAUX.

voit les muscles qui concourent à Tarticulation des sons ou aux phénomènes de motricité intrinsèque ou extrinsèque des globes oculaires, être intéressés isolément dans leur mode d'activité synergique, et amener ainsi des troubles variés du côté des fonctions motrices qu'ils accomplissent physiologiquement. Nous allons passer en revue les particularités qui sont relatives à ces diverses perturbations des phénomènes moteurs.

Ce qui caractérise surtout les troubles des fonctions locoroo* trices observés chez les malades atteints de lésions du cervelet, c'est un état de faiblesse générale, et une sorte d'extinction progressive des puissances musculaires, qui peut présenter des degrés infinis, depuis la simple lassitude générale jusqu'à un accablement profond, l'apathie, et la résolution la plus complète.

Cet affaiblissement généralisé des fonctions locomotrices apparaît même quelquefois d'une façon plus ou moins rapide, quelquefois subitement, et s'accentue le plus souvent suivant une marche constamment progressive. Ainsi les malades ont conscience au début de leur débilitation, ils sentent que leurs forces musculaires perdent de jour en jour, que leurs mouvements sont de plus en plus lents; ils restent instinctivement couchés, ne se lèvent que lorsqu^on les incite, et dans ces circonstances, lorsqu^on examine ce qu'ils peuvent produire comme force motrice, on constate que leurs mouvements sont constamment faibles, quelquefois disharmoniques, mais presque jamais constamment abolis : en un mot, il y a de \ asthénie et pas àei paralysie.

Il est certains malades qui, avant d'arriver à cet état de débilitation extrême des forces qui les oblige à garder continuellement la situation horizontale, présentent préalablement une série de perturbations des fonctions locomotrices qui deviennent de plus en plus incohérentes et irrégulières. Ils offrent alors des modifications curieuses dans leur allure et leur démarche.

Ainsi, les uns sont mal assurés sur leurs jambes (obs. XII), d'autres trébuchent à chaque instant, ils ont une démarche sacca* dée (obs. XL), ils font des chutes fréquentes (obs. VIII), sont à rétat d'équilibre instable (obs. XVII), ne peuvent marcher sans l'aide d'un bâton, et au bout d*un certain temps de progression sont obligés de s'arrêter, sentant qu'il leur serait impossible de se

lenir debout (obs. XLIV), On en voit encore d'autre? qui offrent des symptômes de dissociation très-marqués des fonctions locomotrices (obs. XLI), el qui présenlenl, d^une manière frappante, l'ensemble des troubles moteurs que l'on^observe cbez les paraly-» tiques généraux (obs. II, III et XXVIII).

\\ est encore curieux de noter dans cet ordre défaits, la concordance frappante qui existe entre les données fournies par l'expérimentation physiologique, et celles qui résultent de Tobservation clinique.

Nous avons en effet décrit précédemment les attitudes bizarres et les (roubles de la locomotion que Ton observait chez les animaux dont on venait à léser le cervelet; nous avons parlé de cette tituba* tion, de cette hésitation dans la démarche, de ce défaut d'équilibration caractéristique que Ton observe d'une façon si accentuée chez les pigeons entre autres, et indiqué en mémo temps que ces troubles variés n'étaient, du reste, que le calque de ceux que l'on observe chez l'homme en état d'ivresse. Eh bien ! ces mêmes phénomènes qui apparaissent chez les animaux dont les fonctions cérébelleuses sont intéressées d'une façon directe, et qui se révèlent par des allures ébricuses, peuvent également, chez l'homme dont le cervelet est désorganisé, se déceler a l'aide du même ensemble symplomaliques, sous forme de troubles locomoteurs variés, de titubation, d'hésitation dans l'allure, d'oscillations alternatives, etc., donner ainsi le change aux observateurs superficiels, et faire croire en vain aux symptômes de l'ivresse (1).

Dans nos relevés, le nombre des malades atteints de lésions cérér belleuses qui ont présenté des troubles locomoteurs analogues à ceux déterminés par Tingestion de l'alcool à hautes doses, est noté sept fois sur vingl-quatre (obs. XXVIII, XLIV, LV et LVI).

^1} J'ai rencontré; pour ma part, un cas semblable : une femme de quarantedeux ans s'étant présentée a la consultation d'un des ff^ands hôpitaux de Paris, ne fut pas admise parce qu'on la croyait en état d'irresse. Reçue le même jour dans un autre hôpital, elle y fut observée pendant quelque temps, et succomba rapidement aux propp*cs d'une déhilitation rapide. On trouva, à l'autopsie, des tumeurs grommcuscs de la protubtTîlncc et du cervelet,

Lallemand a rapporté du reste un cas semblable {Rechercha anatomico^pathotogiqur^ mr l'encéphale, t. II, Paris, 1823, p. 820).

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