LÉSIONS DES APPAREILS CÉRÉBELLEUX CENTRAUX
^ Les troubles du côté des appareils musculaires qui servent à l'articulation des sons se rencontrent dans une proportion assez fréquente chez les individus dont le cervelet est intéressé d'une façon quelconque : environ dans le cinquième des cas.
Ces troubles des fonctions motrices apparaissent d'une façon plus ou moins caractérisée; ils varient depuis le simple embarras de la parole et l'affaiblissement de la^voix (obs. Ilf, XIX), jusqu'à une impossibilité complète d'articuler les sons (obs. XLII), Entre ces deux limites extrêmes, on voit des malades qui ont les uns une parole lente, traînante, monotone (obs. XXXVI), gutturale (obs. XI), tandis que d'autres ne répondent que par monosyllabes (obs. XXV), ou ne donnent leurs réponses qu'à de longs inter* valles (obs. XLI). Ils ne tirent la langue en dehors de la boache qu'avec une grande lenteur, et après une série d'oscrilalions suc* cessives (obs. II); leurs lèvres sont quelquefois, quand ils vont parler, agitées de tremblements passagers (obs. XXXVIII et III). En généra], ce n'est que la partie instrumentale qui sert à l'émission de la pensée qui est atteinte dans ces cas, car leurs réponses sont précises et justes, ce qui implique l'intégrité des régions cérébrales où elles sont élaborées.
S*" Les troubles du côté des muscles moteurs des globes oculaires apparaissent un certain nombre de fois; ainsi, dans le résumé de nos observations, nous avons noté le strabisme neuf fois, et la rotation convulsive des yeux deux fois seulement.
Relativement aux phénomènes de motricité intrinsèque des globes oculaires qui touchent à la faculté d'accommodation de l'œil, il ressort de nos relevés les faits significatifs suivants, qui prouvent combien les symptômes de Yasthénie qui caractérisent si bien les troubles de l'innervation cérébelleuse, sont susceptibles de se généraliser, et même de se propager aux actions motrices de la sphère automatique.
Ainsi nous avons noté, chez un grand nombre de malades, un affaiblissement progressif des facultés visuelles , dans près d'un cinquième des cas ; et chez d'autres, une fixité et une hébétude du regard tout à fait caractéristiques (9 fois sur 100) (obs. Vil).
L'état des pupilles qui est susceptible de présenter de si
grandes variations, non-seulement chez des individus diflérents, mais encore chez le même malade à différentes heures du jour, ne peut avoir jusqu'ici une valeur sémiologique précise , vu l'insuffisance et la rareté des observations dans lesquelles sont consignés ces détails; nous ne faisons que rappeler seulement : que sur vingt-deux cas dans lesquels on a songé à examiner les pupilles, elles ont été trouvées soit dilatées, soit immobiles onze fois.
En somme, sur un relevé de cent observations, les troubles des appareils musculaires qui concourent, soit directement, soit indirectement, à la perfection des fonctions visuelles (abstraction faite des phénomènes amauroliques qui n'en sont peut-être que la plus haute expression), ont été noté cinquante-neuf fois, c'est-â-dire dans plus de la moitié des cas.
à* Les hémiplégies consécutives aux lésions cérébelleuses sont en général rares; elles sont plus ou moins complètes, et jamais, quand elles sont simples, accompagnées de perte delà sensibilité. Elles sont caractérisées tantôt par une simple paralysie faciale, tantôt par une paralysie isolée d'un membre, et tantôt par une faiblesse plus ou moins marquée dans tout un côté du corps. Elles siègent à peu près en égale proportion du côté droit ou du côté gauche.
Dans quels rapports se trouvent-elles avec les lésions des lobes cérébelleux que l'on rencontre d'une manière concomitante? Ya-l-il en elles, comme pour le cerveau, des rapports de cause à eflet? Et dans le cas où il en serait ainsi, ces hémiplégies sont-elles croisées comme pour le cerveau, ou sont-elles directes?
Ce sont encore là autant de questions insolubles, qui exigent, pour être résolues, un grand nombre de recherches suivies et sagement interprétées.
Il ne faudrait pas en effet se presser trop de conclure, quand on trouve une lésion unilatôrale du cervelet chez un individu qui a été hémiplégique, que cette lésion a été la cause des troubles locomoteurs observés-, car il résulte de nos relevés que dans plus du quart des cas (28 fois sur 100) des lésions localisées à un seul hémisphère cérébelleux n'ont pas été suivies de symptômes hémiplépriques, et que, d'une autre part, dans deux cas, une lésion
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d*un seul lobe a été accompagnée do troubles fonctionnels simultanés dans les deux côtés du corps.
On voit donc, d'après ceci, la réserve extrême qu*il faut apporter dans Tappréciation des faits de cette nature, surtout lorsqu'il s*agit de décider si l'hémiplégie consécutive aux lésions cérébelleuses est directe ou croisée. Nous avons rencontré en effet ces variétés d'hémiplégies à peu près en égale proportion ; huit fois elles étaient directes et six fois seulement croisées.
5» Quant aux troubles paraplégiques qui paraissent se ratla* cher aux lésions cérébelleuses, ce ne sont jamais de véritables paraplégies avec altérations de la sensibilité que l'on observe dans ces circonstances. C'est plutôt une faiblesse progressive et une sorte d'extinction des facultés locomotrices des membres inférieurs que les malades accusent; les uns disent en effet qu'ils ont les jambes embarrassées, d'autres que leurs jambes fléchissent sous eux et se dérobent à la marche; mais, en général» il n'y a jamais de troubles anesthésiques, et la faiblesse qui se décèle parfois dans les extrémités inférieures n(5 tarde pas à suivre une marche ascendante, et à se généraliser aux différents départements du système locomoteur (obs. III, XIV et XVIII).
6* Les mouvements convulsifs avecleurs modalités variées accompagnent encore certaines lésions du cervelet.
Tantôt ils sont limités à un seul côté du corps, tantôt ils occupent soit les muscles de la face, soir, ceux du col, d'une manière passagère ou permanente; d'autres fois ils sont ou simultanés ou alternatifs ; ou bien ils se décèlent sous forme de contractions toniques occupant les extrémités, ou bien sous celle de violentes secousses tétaniques; dans d'autres circonstances encore ils apparaissent comme de petites secousses saccadées et successives, désignées sous le nom de mouvements choréiformes (obs. IV, V, XXXIX).
7° Les mouvements dVntraînement latéral ont été pareillement signalés (obs. XII, XIV, XLVIl).
Dans ces cas, les malades sont entraînés dans leur progression par suite de la prépondérance d'action do Thémisphère cérébelleux demeuré sain, suivant une direction latérale, quelquefois même