‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 2)Chapitre 127 sur 141 · LÉSIONS DES APPAREILS CÉRÉBELLEUX CENTRAUX · texte numérisé non relu

LÉSIONS DES APPAREILS CÉRÉBELLEUX CENTRAUX

persistante au niveau de la région occipitale a été le seul symptôme apparent d'une désorganisation cérébelleuse.

La manière dont elle se révèle mérite encore de fixer Tattention. En général elle commence à apparaître sous une forme intermittente : les malades accusent en effet le retour habituel^ tous les soirs, d'un point douloureux siégeant à la région occipitale. Quelquefois ce retour est régulier, et revient soit avec le type quotidien (obs. I, XXX, XXXVl), soit avec le type tierce (obs. XLVI), soit avec le type quarte (obs. XLVII), et il est môme des exemples assez fréquents dans lesquels l'intermittence a paru si franchement établie, que croyant avoir affaire à des accidents d'intoxication palustre, on a été porté à administrer, sans succès du reste, les préparations de quinquina. Au bout d'un certain temps, cette céphalalgie intermittente, dontlesexacerbations douloureuses sont souvent d'une intensité telle qu'elles arrachent des cris aux malades et les poussent à se rouler convulsivement dans leur lit avec les signes de la plus atroce douleur, devient peu à peu continue; elle les oblige à garder presque constamment la position horizontale, sous peine de réapparaître, lorsqu'ils selèyent, avec son ancienne intensité, ou de donner lieu à des sensations vertigineuses intolérables. C'est en général au moment où les malades restent incessamment alités qu'elle s*atténue peu à peu ; il est aussi juste de dire que c*est aussi à ce moment que l'épuisement des forces faisant des progrès incessants, les malades deviennent de plus en plus inertes et incapables de ressentir les effets de la douleur.

UI. Vomissejnents. — Les vomissements fréquents sont encore un des symptômes qui accompagnent les lésions cérébelleuses, avec cette reslriclion cependant qu'ils n'ont pas, comme les troubles de la locomotion et la céphalalgie, une valeur absolue, attendu qu'ils apparaissent indifféremment lorsque d'autres régions de la masse encéphalique sont intéressées.

En général, ils se montrent à peu près dans le tiers des cas observés : ils s'accompagnent de troubles gastriques qui varient depuis une simple irritabilité de l'estomac, jusqu'à une intolérance absolue : quelquefois ils sont incessants et continus, d'autres fois ils sont intermittents, et coïncident avec les moments d'exacerba-

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lion de la céphalalgie. On a noté encore dans les intervalles, soit une voracité extrême, comme dans certaines formes de paralysie générale, soit une anorexie complète.

IV. Troubles sensoriels, —a. Les troubles de la vue sont notés fréquemment dans les observations de lésions du cervelet : outre Tamaurose double que nous avons constatée 17 fois sur 100, il exisle encore un grand nombre de cas dans lesquels les facultés accommodatrices deTœil et la puissance visuelle ont été simultanément intéressées, et cela d'une façon très-rapide. C'est ainsi que chez un grand nombre de malades qui ne sont pas encore amaurotiques, on note que leur regard devient fixe, hébété, inexpressif, tandis qu'ils accusent un aflaiblissement rapide de la vision en vertu duquel ils ne peuvent plus voir les objets qu'à une distance excessivement rapprochée, etc.

Par quel mécanisme l'amblyopie et l'amaurose accompagnentelles si fréquemment les lésions du cervelet? Y a-t-il entre ces deux phénomènes des rapports de simple coïncidence ou de cause à effet? Faut-il penser que par le fait d'une destruction partielle de la substance cérébelleuse, les appareils musculaires qui mettent en jeu les différentes pièces de l'appareil optique, venant a être aussi frappés d'asthénie, entraînent par cela môme la paralysie de la rétine? Faul-il, au contraire, ne voir dans ce phénomène morbide que le résultat plus ou moins immédiat d'une compression portant sur les tubercules quadrijumeaux, ou les noyaux d'origine des nerfs moteurs de l'œil?

Ce sont encore là des questions trop récentes, et depuis trop peu de temps mises en lumière, pour qu^on puisse tenter de leur donner actuellement une solution satisfaisante. Il est néanmoins curieux de rappeler qu'Auguste Ollivier et Leven, dans leurs expériences, en pratiquant à Iravers les parois du crâne de simples piqûres d'un lobe cérébelleux, ont constaté Tapparition instantanée de troubles du côté des muscles oculaires; ce qui porte par conséquent à admettre une influence directe de l'innervation cérébelleuse sur les phénomènes de la motricité intrinsèque des appareils optiques.

b. On a encore noté un certain nombre de fois la surdité simultanément avec les troubles visuels (9 foiS sur 100). Y a-t-il

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encore là une simple coïncidence? FauUil admettre une destruction par compression des nerfs acoustiques, ou bien une asthénie paralytique des appareils musculaires qui tendent ou qui relâchent la membrane tyrapanique, et qui serait comparable a l'extinction de la faculté d'accommodation pour l'appareil oculaire? Ce sont encore là des questions à l'étude, et jusqu'ici sans solution rationnelle.

c. Rappelons encore que dans toutes les observations que nous avons dépouillées, jamais, disms les cas simples où le cervelet seul était en cause, nous n'avons eu à noter de troubles du côté de la sensibilité. Quant aux fonctions intellectuelles, jamais non plus elles ne nous ont paru atteintes d'une façon caractéristique.

d. Les renseignements fournis par les diflérents observateurs, relativement aux troubles fonctionnels survenus du côté des appareils de la vie organique, font presque généralement défaut. Aussi, ne ferons-nous que de rappeler qu'on a noté quelquefois, soit des diarrhées incoercibles, soit des constipations opiniâtres, soit même une paralysie isolée d'un des réservoirs pelviens, quelquefois des syncopes, des défaillances subites, des symptômes d*asphyxie, etc., et souvent môme une extinction rapide de Tinnervation sthénique (\\\\ met un jeu soit les muscles inspirateurs, soit les contractions cardiaques, et, comme conséquence, la mort subite.

V. Rapidité des accidents ultimes. — La susceptibilité extrême du tissu cérébelleux déjà signalée par Rolando, au point de vue de Textinction rapide de la vie, lorsqu'il vient à être intéressé d'une façon quelconque (1), et d'une autre part, le rôle considérable qu*il joue dans la succession des divers actes de la motricité de la vie organique, permettent de se rendre assez bien compte, non-seulement de la rapidité des phénomènes ultimes survenus chez les malades dont le cervelet est désorganisé, mais encore des cas de mort subite dont on constate dans ces circonstances de si frappants exemples.

Sur nos cent observations, en eiïet, nous avons note que onze

(1) «t II est en eiïct très-difficile, dit Rolando, de pénétrer dans le ccrrelet do5 quadrupèdes^ sous pei^^e de les priver tout à coup de la vie.» {Archives, 1823, t. II, p. 372.)

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fois les malades atteints depuis loiigtemps d'ailleurs des symptômes propres d'une lésion cérébelleuse, ont été enlevés d'une façon 'rapide, Jans l'espace de huit à dix jours par exemple, soit par des accidents convulsifs répétés, soit par des phénomènes de congestion encéphalique survenus à bref délai; et, d'une autre part, qu'il existe une catégorie d'entre eux (14 sur 100) qui ont succombé d'une façon subite. Ainsi, un d'eux a été trouvé mort dans son lit (obs.VII), sans ngonie; un autre, qui marchait encore régulièrement la veille, s'est affaissé subitement en se mettante table (obs. XLIII); un autre a éié pris de syncope mortelle en s'asseyant dans son lit, etc.

En somme, ces accidents ultimes nous paraissent être assez fréquents, puisqu'on ajoutant ces deux chiffres, nous arrivons au total de 25 sur 100- ce qui semble impliquer que dans le quart des cas où Ton a diagnostiqué une lésion du cervelet, on doit s'attendre à un dénoûment rapide (obs. X, XIV, XXI, XXII).

VI. Quant aux désordres anatomo-pathologiqués considérés en eux-mêmes, d'après les cas que nous avons analysés, ils peuvent se grouper de la façon suivante :

Au point de vue du siège, les lésions occupaient le lobe droit trente-six fois, le lobe gauche trente fois; six fois seulement elles étaient localisées dans les régions niédianes.

Au point de vue de leur nature, elles nous ont paru devoir être aiitsi réparties : vingt-deux fois nous avons rencontré des dépôts tuberculeux de volume varié ; vingt fois des tumeurs solides; neuf fois des tumeurs kystiques ^ et quatorze fois seulement des foyers hémorrhagiques.

ARTICLE II

LÉBIONS DES APPAREILS CÉRÉBBLLBDX PÉRIPHÉRIQUES.

L'innervation cérébelleuse incessamment engendrée par l'activité des cellules cérébelleuses, et incessamment exportée à l'aide des fibres pédonculaires, soit dans les réseaux de substance grise de la région bulbaire, de la protubérance, du locus niger, ou du noyau jaune du corps strié, rencontre dans cette sphère spéciale

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