LÉSIONS DES APPAREILS CÉKÉBELLEUX PÉRIPHÉRIQUES
des réseaux nerveux périphériques, et suivanl qu*il est irradié des foyers centraux avec plus ou moins d'impétuosité : de là ces convulsions toniques et cloniques, do là ces phénomënts choréiformes, soit partiels, soit généralisés, qui n'attestent qu'une chose, c^est le trouble profond apporté au mode de répartition de Tinnervation du cervelet dans les régions périphériques, etc.
G*est en effet ce que montre l'observation clinique qui fait voir que les régions de Taxe spinal où se répartit Tinnervation du cervelet, sont précisément celles dont les lésions déterminent le plus souvent l'explosion de phénomènes convulsifs.
Il résulte en effet de nos relevés, que lorsque la substance grise de la région bulbaire, celle de la protubérance, et celle du locus niger sont intéressées, on rencontre particulièrement des symptômes convulsifs doués d'une intensité variée, et groupés diversement entre eux. Ainsi, dans des circonstances semblables (onze fois sur quinze) nous avons noté l'apparition de phénomènes choréiformes (1); dans deux cas où la substance grise du loais niger était seule en cause, par suite de la présence de petites masses indurées dans sa trame, nous avons noté des phénomènes épileptiformes, etc. (obs. LVI, LVII).
C'est encore dans des circonstances analogues, lorsque la sphère de Tactivité cérébelleuse périphérique se trouve plus ou moins profondément intéressée d'un côté, que l'on a noté chez Thomme ces curieux phénomènes d'entraînement latéral, sur lesquels Mesnet a attiré tout particulièrement l'attention (2). Chez le malade, en effet, dont il a rapporté la curieuse observation, le aiouvement d'expansion de l'influx cérébelleux étant entravé, par suite de la compression de la substance grise d'un seul corps strié, et réduit ainsi de moitié (pi. III, fig. 2 et pi. X), il en résultait une prédominance d'action dans les fonctions locomotrices du côté opposé, si bien que les conditions d'équilibration physiologique entre les deux forces bilatérales irradiées incessamment du cervelet venant à être interrompues, cet homme
(1) Voyez, à ce propos^ le mémoire de Vulpiun et Charcot sur \nparafi/m agitons, et entre autres le chapitre relatif à la physiologie pathologique du trenihlcment {Gaz. h^bd., 1862, p. 57).
(2) Mesnet, mémoire cité, >oy. page 546.
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était entraîné lorsquMl marchait, en dehors d'une ligne droite, et dévié fatalement de Talignement rectiligne qu on rinvitait à suivre.
Nous rapportons ci-dessous le résumé des principales observations qui nous ont servi à grouper les points les plus importants de la symptomatologie des lésions cérébelleuses. .
A. Observations relatives aux lésions des appareils cérébelleux centraux :
Om. L — Homme, dii-neof ans. Douleur occipitale aa début, intermittente d'abord et bientôt continue ; affaiblissement progressif des forces. Il cesse bientôt de se lever; lorsqu'on le met debout, il est pris d*un tremblement général ; les mouvements des bras et des Jambes se font avec toute leur régularité, mais avec une énergie moindre. Syncopes, affaiblissement de la vue, dilatation considérable et permanente des pupilles : il ne perçoit dans l« derniers temps lés objets qu'à la distance d'un mètre. Masse tobercaleeie dans rbémispbère droit. (Soc. anat., 4868, p. 7, observ. de Worma.)
Ois. 11. «^ Femme, trente-neuf ans. Ëpileptique, ayant eu dans aoo •§fance des accklents choréiques ; faiblesse croissante, lassitude dana les jambes telle, qu'on la croit atteinte de paralyêh générais. Pas de troubles dee isas. Atrophie et induration du cervelet. (Observ. de Duguet, Soc. anat.^ p, 9.)
Oss. III. — Femme, soixante-douze ans. Ëpileptique, force moscalaira très-faible ; ses lèvres et sa langue tremblent lorsqu'elle est pour parler, i peu près comme chez les paralytiques généraux ; les bras ont des mouvements mal coordonnés ; elle fléchit en avant, et ses jambes s'embarrassent Tune dass l'autre. Sclérose et atrophie du cervelet. (Observ. de Doguet, Gag. hebdom., 486Î, p. 724.)
Obs. IV. -^ Enfant, sept ans. Accidents tétaniformes, pas de paralysie, marche incertaine, mouvements conservés : début subit par des convolsioos généralisées à forme tonique, sans perte de connaissance. Mort dans m accès convulsif ; durée totale des accidents, quatre mois. Tumeurs tuberculeuses du cervelet. (Observ. d'Horteloup, Soc. anaL, 4S63, p. 383.)
Obs. V. — Garçon de quinze ans. A son entrée, vertiges étant deboat, défaut de coordination des mouvements, tendance à tourner de droite à gauche, réponses lentes, membres inférieurs chancelants; commissure labiale abaissée du côté droit, faiblesse des membres du côté droit, chutes subites, Tue altérée, amaurose de l'œil gauche d'abord, puis de l'œil droit ; les globes ocolaires sont entraînés en haut; iris contractiles, céphalalgie occipitale trèsintense avec exacerba tiens, convulsions épileptiformes. Mort par affaiblissement général. Tubercule dans le lobe droit du cervelet avec ramolliisemeot
iQUmr. Darée totale, vingt-quAtre mois. (Observ. de Legrand, Soc. anat,, 4864, p. 49.)
Om. VI. — Homme, vingt-trois ans. Céphalalgie diffuse avec exacerba- UoDS excessivement intenses : dans les paroxysmes il se lève, proférant des cris lamentables, court dans la salle, puis s'arrête soudain, en proie à une terreur indéfiniasable; c'est principalement la nuit que ces terreurs Timpres^ sionnent, 11 avoue le matin combien il a peur des ténèbres. Intelligence nette, sensibilité normale, aucun trouble de la motilité, si ce n'est une extrême lassitode; délire subit, cépbalalgie frontale; troubles de la vision qui en trois Joors arrivent à l'amaurose; un peu de strabisme à gauche, hémiplégie complète à droite de la face et des membres correspondants, avec diminution de la sensibilité ; coma, absence de vomissements. Tubercules multiples comprimant rhémisphère droit du cervelet, tuberculisations des membranes cérébrales, hydrocéphalie. (Observ. de Colin, Soc. anat.^ 4 864, p. S49.)
Ois. VII. — Homme, trente-six ans. Alité quinxe jours avant son arrivée à rbôpilal, par suite d'un état de faiblesse et d'apathie extrêmes. Lors de son entrée: décabiins dorsal, immobilité, regards vagues, dirigés au loin, profonde indifférence pour le monde extérieur. Il répond avec précision aux questions, les réponses sont monosyllabiques ou très-courtes, faites lentement et avec indifférence; sensibilité conservée partout, pupilles mobiles, pjs de strabîsroe; pas de déviation ni de la langue, ni des traits de la face. Il exécute tous les mouvements qu'on lut demande, surtout quand on insiste ; ces mouvements sont lents et réguliers. Au bout d'un mois environ, son affaiblissement est tel qu*il ne se lève plus pour se promener dans la salie. Il tombe insen- •Ibleraent dans un assoupissement continu, reste dans un état d'immobilité absolue, et lorsqu'on veut lui faire produire quelques mouvements, on constate qu'il s'agit chez lui d'une véritable parene d'agir et non d'un état û'imputêtanee. Il n'accusait aucune douleur lorsqu'on le tirait de son assouplssemeot continuel ; ses regards ie portaient au loin d'une manière vague, il y avait en même temps un strabisme passager ; on avait remarqué seulêmenl l'expression pénible que prenait sa tigure lorsqu'on mouvait brusquement sa tête. On le trouva mort sans agonie après environ quatre mois de maladie. Tubercules multiples dans les deux lobes du cervelet. (Observ. deCampan^i, 8oe. anat,y 4860, p. 482.)
Dis. VIIL ^ Homme, soixante ans. Céphalalgie depuis deux ou trois ans; pas de perte de connaissance ni de convulsions, ni de vomissements; ne peut marcher seul, chutes fréquentes; dysphagie des liquides; remue volontairement les membres, défaut de coordination des mouvements ; pupilles noroaales, sensibilité et intelligence conservées. Mort avec phénomènes aspbyxi*» quea. Durée de la maladie, seiie mois; durée des accidents ultimes, huit joors. Tumeur du volume d'une noix dans le lobe médian. (Observ. de Martiwmu, Soi. anal., IS59| p. $44.)