PLAN GÉNÉRAL DE LA DESCRIPTION ANATOMIOUB
duquel s opèrent tous les actes purement automatiques de l'organisme; c'est à travers les éléments qui le constituent que passent les impressions centripètes inconscientes pour se transformer en réactions excilo-motrices à direction centrifuge; c'est lui qui est Tagent essentiel de cette série de phénomènes involontaires, inconscients et régulièrement coordonnés entre eux, phénomènes qui persistent avec leur intensité et leur rhythme habituel chez les animaux décapités» et dont te but final est Tentretien du jeu régulier des appareils les plus indispensables au fonctionnement de la machine vivante (mouvements respiratoires, mouvements du cœur). Supprimez l'axe spinal avec ses conducteurs afférents et ses conducteurs efTérents, vous tarissez du même coup les sources d^innervation qui tiennent sous leur dépendance immédiate le jeu régulier des appareils organiques les plus indispensables à la vie. b. Le second est au contraire un appareil daperfectionnemont* surajouté au précédent dont il amplifie les manifestations fonctionnelles. Tributaire du premier au point de l'arrivée des impressions du dehors qu'il reçoit à l'état d'impressions brutes, le système convergent supérieur élabore et amplifie ces mômes impressions par l'activité propre des éléments qui le constituent. C'est lui qui est le siège exclusif des passions afTectives et des phénomènes purement intellectuels. C'est au milieu de sa trame que les impressions du dehors sont nettement perçues, qu^elles sont conservées à l'état de souvenir, converties en idées, associées en jugement et réfléchies sous forme de manifestations motrices volontaires. Aussi son développement dans la série des vertébrés est-il proportionnel aux manifestations extérieures à l'aide desquelles son activité propre se révèle. Il affecte une ampiiation régulièrement progressive, à mesure que Ton en poursuit rétude comparée, depuis les poissons les plus dégradés, chez lesquels il est réduit à deux petits amas rudimentaires de sub stance grise, conjugués entre eux d'uti côté à Pautrc, et reliés aux régions centrales, et qu'on s'élèvo graduellement jusqu'à l'homme, chez lequel il se présente avec ces luxuriantes proportions qui sont en quelque sorte la caractéristique de Fencéphalc humain (pi. XXXIX et XL).
6* Les systèmes convergent inférieur et convergent supérieur
0 ANATOMIB DU SYSTÈME NERVfiUX CÉRÉBRO-SPINAL.
sonl encore entre eux dans des rapports de balancement réciproque. Tandis que, en effet, chez les vertébrés inférieurs le système convergent supérieur est réduit au minimum, et que le système convergent inférieur est au contraire développé au maximum, chez les vertébrés supérieurs et chez Tbomme des rapports inversa s^éiablissent.
Voyez, en effet, le développement en quelque sorte colossal que présentent certains amas de substance grise ganglionnaire qui sont particulièrement en connexion avec les fibres convergentes inférieures, et comparez-les au volume des lobes céré^ braux; ils les égalent ou môme les dépassent en volume; rapprochez le volume des ganglions olfactifs et optiques chez les poissons et certains reptiles de celui des lobes cérébraux (pi. XL).
N'esl-il pas curieux da suivre ainsi, à mesure que l'on s*élève dans rétude de Toncéphale des vertébrés, le développement progressif de la sphère de Tactivité cérébrale, et l'atténuation proportionnelle de la sphère de Tactivité automatique, et, compa<rant les rapports réciproques du volume des différents appareils sensoriels qui sont plus particulièrement annexés au système convergent avec celui des lobes cérébraux, de suivre pas à pas les phases de perfectionnement successives des appareils cérébraux proprement dits, à mesure que les appareils purement spinaux semblent sinon s'atrophier, rester du moins dans un état stationnaire. Quand, en effet, les lobes cérébraux se développent, le volume des ganglions olfactifs et optiques s*atténue; a mesure que les lobes cérébraux s'avancent dans leur évolution progressive vers les régions postérieures de Tencéphale, les tubercules quadrijumeaux sont de moins en moins accentués (pi. XXXIX et XL).
Il y a donc dans la série des vertébrés un accroissement con* tinu en volume des appareils cérébraux proprement dits, en vertu duquel ils arrivent chez Thommeà avoir sur tous les autres appareils nerveux une prépondérance exclusive.
6« L'étude du développement chez l'homme des divers appareils nerveux nous fait voir encore, entre le système des fibres convergentes supérieures et celui des fibres convergentes inférieures, des rapports de môme ordre.
Chez l'embryon humain, ce sont les fibres afférentes à Taxe
PLAII GÉNÉRAL DB LA DUSGRIPtlM AMATOIUQUB» 7
f pinal et les éléments nerveux du système convergent inférieur qui ont une précocité d^apparition bien remarquable par rapport à ceux du système convergent supérieur (1).
A mesure que le développement ultérieur s'effeolue, des rap« ports inverses s'établissent, et ce n'est pas une des vérités ana« lomiqoes les moins fécondes, qu'ont révélée les travaux des savants modernes, que de pouvoir constata que les phases diverses par lesquelles passe successivement l'encéphale de l'embryon humain pour arriver à son entier développementi sont précisément celles que présente l'encéphale des vertébrés d'une manière perma« nente, et que dans ces transformations successives qu'il subît, depuis le moment où c'est le système convergent inférieur qui prédomine en lui, jusqu'à celui où c'est le convergent supérieur qui finit par l'emporter, il présente, véritable Prêtée, successive^* ment les différentes apparences qu^offre d'une manière stable, celui des poissons tout d'abord, puis celui des reptiles, puis celui des vertébrés inférieurs, pour arriver enfin, par un dernier effort d'évolution, à prendre la configuration qu'il doit avoir dorénai vant, et avec laquelle il doit ultérieurement parcourir la séri*^ naturelle de ses âges.
Chez Thomme adulte, c'est le système convergent supérieur qui joue le pi'emier rôle parmi les manifestations du système nerveux centra), puisque ce moment de la vie est précisément celui dans lequel les facultés intellectuelles et les passions affectives sont dans tout leur épanouissement; mais aux extrémités delà vie l'équilibre semble se rétablir au profit des appareils du système convergent inférieur, par suite de la prépondérance exclusive que temblent prendre à ce moment, parmi les fonctions générales du système nerveux, les phénomènes propres à l'activité automatique^ phénomènes qui sont d'autant plus accusés que la sphère de l'activité intellectuelle est de plus en plus diminuée (2).
(i) Verf le second mois de la vie extra-ntértne chec rbomtne^ tandis que lc« fibres èi nerf sciatique sont déjà parfaitement constituées dans tous leurs cléments (gaine, tyttndery tubes médullaires)^ que les fibres des racines postérieures et celles de U noclk mnd presque acbefces^ les fibres cérébrales proprement dites ne sont encore npiéiciitéM qve par des cellules embryonnaires en voie de tran^rorniolion.
(t) U est à noter à ce n^ct que les phénomènes de la vie automatique peuvent persister presque seuls chez rhoninie un irès-grand nombre d'années^ indëpendam-
8 AI4AT0MIB PU SYSTÈMiâ NERVEUX CÉRÉBRO-SPINAL*
7^ Dans les conditions de la vie physiologique» ces deux grands départements du système nerveux se font réciproquement éqni* libre, dans les manifestations dynamiques dont le système nerveux est le siège. Us fonctionnent alors, quoique indépendants, d'une manière rhythmée et parfaitement concordante; mais dans certains cas pathologiques, ces conditions de balancement réci-< proque se trouvent interverties: tantôt ce sont] les appareils de l'activité automatique, les appareils spinaux proprement dits, qui arrivent tout d'un coup à un état d'exaltation maladif tel, que les manifestations du système cérébral se trouvent subitement enrayées dans leur cours : tels sont les phénomènes convulsifs en général, qu'ils se présentent sous la forme épileptique, hysté* rique, tétanique, etc. ; tantôt, au contraire, ce sont les appareib cérébraux proprement dits, qui jouent le principal rôle dans ces déviations fonctionnelles pathologiques, et qui sous forme de manifestations délirantes entraînent dans leur activité morbide les appareils de l'axe spinal, et provoquent ainsi de ce côte des réactions désordonnées, comme effets secondaires.
Après avoir retracé d'une manière succincte les principaux détails qui ont rapport a l'anatomie générale des nerfs envisagés isolément, nous aborderons l'étude du système de^ fibres conver* gentes inférieures.
Nous trouvons, pour agir ainsi, des motifs suflSsants dans les faits que nous avons précédemment rapportés. Le système des fibres convergentes inférieures est en effet fixe et stable ; dans la série des vertébrés il constitue l'élément fondamental de tout système nerveux ; Tautre est au contraire l'élément mobile et susceptible de variations incessantes. De plus, le premier précède par la précocité du développement de ses éléments constitutifs, l'apparition du second.
ment de Tactivita cérébrale qui peut uniquement faire défaut. Galmeil parie en eflèt d'un IndiTidu qui a vécu près d'un derai-siècle dans un état de démence ftfancé^ ne donnant çà et là que quelques lueurs de fonctionnement cérébral. H
marchait et se mouTait facilement Ce fait nous semble en effet doiuer la
démonstration expérimentale de l'isolement possible et de l'indépendance fènetionneUe des deux grands départements du système nenreux central. (Galmeil^ t. 1^ observ. 9^ Maladies inflammatoires du cerveau.)