CHAPITRE II
FIBKBS GOmiISSURANTES CÉRÉBRALES.
Les fibres commissurantes qui appartiennent au système des fibres convergentes supérieures se divisent en deux groupes :
1* Les unes servent de commissures entre les régions périphériques droite et gauche de la substance grise propre à chaque hémisphère cérébral. Ce sont elles qui constituent en grande partie, par leur portion moyenne, le corps calleux et la commissure blanche antérieure.
2* Les autres, au contraire, sont interposées comme moyen d^union entre les amas de substance grise qui occupent les régions centrales de la couche optique, quelles servent ainsi à conjuguer. Elles constituent en partie les fibrilles de la commissure grise^
ARTICLE PREMIER
ruiiis GOXxisauaiNTEs dis tieiONs Pi&aipaiaK^uu,
(PI. IV, n^. 1.)
. Les fibres du premier groupe se présentent toutes sous l'asport de fibres arciformes, juxtaposées les unes au-devant des autrt»^ ei plongeant, par chacune de leurs extrémités, au sein des régions de substance grise de chaque hémisphère, qu'elles servent aiwi à conjuguer. Ces fibres ont, en général, une direction commune qui est transversale. Elles sont confondues par leurs deux bran* cbes, au milieu de la masse même des fibres blanches cérébralea; par leur portion médiane, au contraire, elles sont libres et indé* pendantes; elles constituent alors la portion médiane du corps calleux.
Juxtaposées à leur point d'émergence, avec les fibres du système convergent (dont elles partagent vraisemblablement les origines, aux dépens des prolongements des cellules de la substance corti-
FIBRES G0M]II88URANTB8 CiEÉBHAUU. 9^
icale), elle» marchent pendant un assez long parcours, côle à côte avec elles (pL IV, fig. 3). Au bout d*uii temps variable (suivant les régions où on les examine) elles s'en séparent. Elles abandonnent brusquement leurs fibres satellites, se portent en se recourbant transversalement en dedans, pour se perdre (en passant dans rbémisphère du côté opposé, et en s*accoIant aux fibres convergentes qui en émergent) dans les régions de substance grise corticale de même nom que celles d'où elles proviennent.
C*est ainsi que ces deux systèmes indépendants de fibres ner* veuses, en se séparant les uns des autres, interceptent un angle d'une ouverture variable, ou un espace vide, qui n*est autre que la cavité des ventricules latéraux (pi. IV, fig. 3).
Envisagé d*une manière générale dans ses dispositions principales, ce système particulier de fibres nerveuses commissurantes présente les dispositions suivantes. Si Ton commence a Tétudier •n partant des régions les plus postérieures du cerveau, et en allant successivement en avant, on note (pi. IV, fig. 1) :
Que ces fibres curvilignes sont d*abord toutes inclinées d'arrière en avant et de bas en haut; que leur ouverture regarde en arrière et en bas ; qu'elles sont disposées de telle sorte que, distantes les unes des autres par leurs extrémités libres qui sont écartées mutuellement, elles sont, au contraire, rapprochées par leurs portions médianes , qui se trouvent alignées méthodique* ment, suivant une direction unique antéro-postérieure;
Que ces fibres obliques au début, par rapport à Taxe antéro^ postérieur, se relèvent insensiblement pour devenir horizontales : i ce moment, leur ouverture, qui représente la scissure inter« iobaire postérieure, regarde directement en arrière (pi. III, fig. 1 [l,2]5fig.8[iaem]);
Que ce mouvement général de redressement sur l'axe s'effectue pour la généralité d'entre elles; qu'il arrive un moment où leurs deux branches et leur portion médiane se trouvent inscrites dans un plan vertical : leur ouverture, qui regarde directement en haut, représente alors la scissure médiane interlobaire (pU IV, fig. 1 [8, 4, 5, 6, 7] et fig. 8 [idem] ) ;
Qu*à partir de la région centrale du cerveau, où elles sont verticales (et où elles sont en quelque sorte à la portion culminante de la courbe antéro-antérieure du corps calleux qu'elles
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contribuent à former), elles subissent un mouvement d'abaissement, dirigé en sens inverse du mouvement de redressement qu^elles ont opéré précédemment ; elles s'inclinent peu à peu, les unes par rapport aux autres, en devenant plus ou moins obliques par rapport àladireclioix anléro-posléricure de Taxe commun, et il arrive un moment (au niveau des lobes antérieurs) où elles sont tout à fait horizontales : elles sont alors en quel(|ue sorte a un autre pôle que les fibres homologues des lobes postérieurs, dont elles peuvent être considérées comme les antipodes : leur ouverture regarde alors directement eh avant, et constitue la scissure antérieure inlerlobaire (pi. IV, fig. 1 [8, 9, 10] et fig. S [idem}) ;
Que ce mouvement de révolution autour de la ligne axile ne s'arrête pas là; que les fibres arciformes continuent à s'Incliner successivement en s'abaissant; qu^elles s'adossent ainsi aux précédentes par leur portion moyenne, tandis que leur ouverture, qui est tournée d'abord directement en avant, s^incline insensiblement pour regarder d'abord en avant et en bas, puis tout à fait en bas; et qu'enfin, dans les régions les plus inférieures du cerveau, elles regardent par leur convexité tournée en haut, la convexité des fibres commissurantes supérieures, dont elles peuvent être considérées pareillement comme les antipodes : l'ouverture qu'elles interceptent représente la scissure cérébrale antéro-inférieure (pi. IV, fig. 1 [11, 12, 18, 14, 15]);
Qu'ainsi cette série de fibres recourbées en arcs transversaux, juxtaposés régulièrement les uns au-devant des autres, forme un tout continu, un système complet bien nettement isolé de conducteurs nerveux transversaux. Il commence a apparaître au niveau du bourrelet du corps calleux en arrière, et présente (dans les régions les plus inférieures des régions cérébrales antérieures) comme derniers vestiges, les fibres blanches de la commissure antérieure (pi. IV, fig. 1 [15]).
Nous allons successivement passer en revue cette série de fibres spéciales, dans les régions postérieures, médianes, antérieures et inférieures du cerveau, et indiquer les princiiiales particularités qu'elles présentent dans leur direction , leurs rapports et leur parcours.
1* Région cérébrale postérieure (pi. IV, fig. 1 [1 , 2, S, 4], Bjg. 8).
FIBBB8 G01I1II88URANTE8 CÉRÉBRALES POSTÉRIEURES. 283
i^ Les fibres commissurantes delà région cérébrale postérieure ont leurs origines communes au sein de la substance grise corticale, vrec celles des fibres convergentes, aussi n^est-il guère possible de ks différencier les unes des autres pendant la première partie de leur parcours (pi. XX, fig. 1 et 2). Ce n'est qu'au bout d'un certain temps, lorsque chaque système de fibres blanches, obéissant en quelque sorte chacun à son centre d'attraction, se dispose d'une manière spéciale, que l'on peut les étudier séparément; on voit alors que : tandis que les fibres du système convergent, groupées méthodiquement les unes au-dessus des autres suivant une direction commune (qui est celle de la paroi externe do la cavité r«Dlriculaire elle-même), se portent simultanément vers les régions postérieures de la couche optique ; les fibres du système commissuront affectent une disposition inverse, et coupent, sous des angles variés, la direction centripète des fibres précédentes (pi. XXIX, XXX, XXXI, XXXII, XXXIII),
Les fibres qui émergent des circonvolutions supérieures appartenant à la région cérébrale externe (pi. XXII, fig. h [1]) se portent directement de haut en bas, sous Tapparence de fibres arciformesplusou moins obliquement dirigées; celles qui émergent des circonvolutions les plus inférieures se relèvent directement en baat et en avant; celles qui proviennent des circonvolutions intermédiaires suivent une direction antérieure et interne. Toutes ces fibres, émanées de départements de la périphérie, inégalement éloignées les unes des autres, se groupent et se concentrent vers les régions centrales de la corne postérieure. A ce moment, les fibres commissurantes sont abandonnées par les fibres convergentes qui s'avancent directement en avant; elles se portent alors, sous des incidences variées, transversalement en avant et en dedans (pK XXIX [8, 8']) et passent en se recourbant sur la ligne médiane. Elles sont alors libres et juxtaposées les unes à côté des autres, et forment par leur agglomération, à ce moment de leur purcours, le bourrelet postérieur du corps calleux. Une fois qu'elles ont passé sur la ligne médiane antéro-postérieure , elles S^nent l'hémisphère opposé, et s^y continuent sous l'aspect d'une série de fibrilles curvilignes emboîtées, et perdues dans les régions de la substance grise corticale de mùme nom que celles d'où elles ttYcnl(pl. IV, Bg,l[l]).
SM SYSTEME DES FIBRES COMlIlSftUaANTES.
Leg fibres qui servent à relier entre elles les circonvolutions des régions postérieure et interne, ont à parcourir un trajet beau« coup moins compliqué que celui des précédentes; aussi estril pos* sibie de pouvoir les accompagner d'un point à Tautre dans leur direction curviligne (pi. XXXI [11) , pL XXXII [7]). Elles se présentent sous Taspect de fibrilles curvilignes dont l'ouverture regarde en arrière ; elles sont emboîtées régulièrement dans la concavité les unes des autres, et interceptent par leur écartemeol un diamètre d'autant moins accentué qu^elles proviennent de circonvolutions plus voisines les unes des autres, dans chaque hémisphère. En général, les fibres commissurantes qui émanent de cette région postéro-interne présentent des variétés très«mulli« pliées, qui sont dues principalement aux nombreuses irrégularités de situation et de forme qu'affectent entre elles un certain oombrq de circonvolutions.
Ces fibres commissurantes postérieures se juxtaposent, à mesura qu'elles émergent delà substance grise ambiante, régulièrement les unes au-dessus des autres, sous l'apparence de fibrilles eorouléei sur elles-mêmes, et contribuent a former ainsi, par leur groupement successif, la cavité même de la corne ventriculaire postérieure^ Cette cavité ventriculaire est en effet proportionnelle à la multih Incité des éléments nerveux qui la délimitent. Etroite et rétrécia au niveau de la région la plus postérieure du lobe posiériear, là où les fibrilles commissurantes sont rares et disséminées (pK XXII, fig. 1, 2, 3), elle augmente successivement d'ainsitude, à mesure que celles-ci augmentent en nombre ; elle se trouve, de plus, affecter la forme d'un cône a sommet postérieur, par suite de la disposition des fibrilles nerveuses qui, contour* nées en spirale i leur origine, interceptent entre elles un espaee libre, infundibnliforme, qui va successivement en s'ék^rgissanl d'arrière en avant, à mesure que leur apport devient de plus en plus considérable.
2" Région cérébrale médiane. — Les fibres commissuranlii qui appartiennent à cette région du cerveau (délimitée ainsi que nous l'avons indiqué déjà, à propos de la description des fibres convergentes cérébrales) se présentent touteS| sous l'apparence de fibrilles curvilignes transversales, régulièrement emboUés