SYSTÈME DES FIBRES COMMISSCRAMTBS
voisine de Thorizontale (pi. XXIII, XXIV et XXV). Confondues, comme toutes les précédentes, pendant un assez long trajet avec les fibres convergentes, elles s*en séparent bientôt, une fois qu'elles sont arrivées au niveau de la limite supérieure de la substance grise du corps strié, passent transversalement sur la ligne médiane, et se comportent dans cette seconde portion de leur trajet curviligne, d*une manière identique avec celle qu'elles ont affectée dans la première partie.
Que la substance grise des circonvolutions de Tinsula possède un système de fibres commissurantes analogues; seulement ces fibres présentent dans leur direction quelques caractères spéciaux. Ainsi, confondues à leur point d'émergence avec les fibres conver* gentes (pi. XXV (4, 4*], et pi. XXIV, fig. 1 [5]), elles se redressent obliquement de bas eu haut et de dehors en dedans, en formant avec elles un plan vertical continu de fibrilles blanches juxtaposées; au bout d*un certain temps, les fibrilles convergentes se recourbent directement sur elles-mêmes en arrière et en dedans, tandis que les commissurantes (qui demeurent ainsi tout à fait libres) paraissent se porter directement en avant et en haut; se réfléchir sur elles-mêmes pour passer sur la ligne médiane, et se comporter probablement de la même manière avec la substance grise des circonvolutions de Tinsula du côté opposé. La direction générale de ces fibres pourrait être figurée par une série d*arcs à concavité inférieure, dont les deux extrémités plongeraient au sein de la substance grise de l'insula dans chaque hémisphère (pi. IV, fig. 1 [17, 18]).
3« Région cérébrale antérieure et supérieure (pi. IV, fig. 1 et 3 [7, 8, 9, 10]). — Les fibres commissurantes de la région cérébrale antérieure font suite aux fibres les plus antérieures de la région précédente. Elles sont régulièrement juxtaposées les unes au-devant des autres, et sont inclinées entre elles de telle sorte (d'avant en arrière et de haut en bas) qu'elles sWfrontent par leur portion moyenne, et s'écartent par leurs branches latérales, comme les rayons divergents d^un éventail, en constituant par leur juxtaposition régulière (en avont de la région la plus antérieure du corps strié) un plan continu de fibres transversales, qui limite ainsi en avant le vide des ca-
FIBUES COmnSSUllANTES CÉRÉBRALES ANTÉRIEURES. !$S7
vités ventriculaircs encéphaliques (pi. XXVIII; pi. IV, fig. 3 [18 et 18]).
Les Obres commissiirantes appartenant aux circonvolutions internes de cette région centrale antérieure et supérieure, se comportent conome celles des circonvolutions homologues de la région précédente. Il en est de même des Gbres commissurantes appartenant aux circonvolutions des régions externes; ce sont en général des fibres arciforraes, qui se portent de haut en bas et dmnt en arrière, et qui sont d'autant plus rapprochées d*un plan horizontal, qu'elles proviennent de circonvolutions occupant une situation plus antérieure (pi. XXVIII, XXIX, XXX, XXXI, XXXnetXXXIII).
â* Région cérébrale antérieure et inférieure. — Les fibres commissurantes des régions cérébrales antérieures et inférieures représentent une série de lignes curvilignes, disposées en sens inverse des précédentes, auxquelles elles font cependant suite, et qu'elles regardent par leur convexité.
La ligne antéro-postérieure suivant laquelle ces fibres sont ali« gnées dans leur portion médiane subit d'avant en arrière un mouvement d'abaissement progressif, en vertu duquel l'écartément qui existe entre les portions médianes des fibres commissu-< rantes supérieures et inférieures (qui est réduit au minimum dans les régions les plus antérieures du cerveau, puisqu'elles s^adossent parleur convexité) (pi. XXVIII, fig. 1), s'agrandit successivement par suite de l'abaissement successif des dernières, et atteint son maximum au niveau de la commissure blanche antérieure (pi. XXVII, fig. 1 et 2, et pi. XXVI). C*est en eflet à ce moment que la distance qui sépare les fibres commissurantes propres aux i^ons cérébrales supérieures d'avec les fibres commissurantes propres aux régions cérébrales inférieures, se trouve le plus .•ccusée(pl. XXVIetXXV).
Les fibres commissurantes des régions cérébrales antérieures ^t inférieures, qui offrent les mêmes caractères généraux de fibres informes que les fibres des autres régions, ont cependant quel« <|ue8 particularités intrinsèques dignes d'être notées. Ainsi, leurs l^ncbes latérales, loin d'être simplement incurvées, sont deux fois infléchies sur elles-mêmes en forme d'^, et cette double
388 SYSTÈME DES FIBRES COMHISStJRANTBS.
inflexion a pour but de créer, dans chaque lobe cérébral, une sorte de capsule destinée à recevoir dans sa concavité la substance grise du corps strié. Elles sont de plus, eu égard à leur modeda groupement réciproque, souvent disposées d*une façon trèsélégamment spiroïde (pi. XXVII, fig. 2 [7, 7'], et pi. XXXIV
Les fibres commissurantes appartenant aux circonvolutions internes des régions inférieures présentent les mêmes dispositions générales que celles qui sont propres aux régions homologues précédemment étudiées; elles sont seulement dirigées en sens inverse, et représentent des fibres arciformes à concavité antérieure et inférieure. Confondues au début avec les fibres convergentes, elles s*élèvent directement en haut et en dedans (pi. XXXIV [7]) , s'inclinent légèrement en arrière, et se comportent d'une manière analogue dans l'hémisphère du côté opposé (pL XXVII, fig. 2 [7]). Les fibres commissurantes qui proviennent des circonvolutions inférieures et externes, décrivent un parcours plus -prolongé qui est, sauf la longueur, la répétition de celui des fibres [frécédentes.
Les fibres arciformes de la commissure blanche représentent le dernier vestige du système des fibres commissurantes propres aux régions antérieures et inférieures du cerveau.
Confondues avec les fibres convergentes de la région d*o& elles émergent, les fibres commissurantes propres au lobe sphénoldal se relèvent avec elles, et marchent parallèlement pendant une partie de leur parcours. Abandonnées bientôt par celles-ci, qui se portent verticalement eu haut et en avant (pi. XXV), elles s'infléchissent transversalement en dedans (pi. XXV [6, 6^, pi. XXVI [7]), et forment un fascicule unique aggloméré, au niveau de la région inférieure de la substance grise du corps strié. Les fibrilles qui constituent ce fascicule cylindroïde viennent de diverses origines : les unes émergent des circonvolutions les plus antérieures du lobe sphénoldal (pi. XXXIII [8, 8']), elles se dirigent obliquement d'avant en arrière ; d'autres proviennent des circon* volutions les] plus externes, elles se dirigent en sens inverse; d'autres enfin appartiennent aux circonvolutions les plusînférieurcs de ce lobe sphénoldal (pi. XXV) ; elles se portent sous des inei«
FIBRES COlfMISSURAMTBS CÉRÉBRALES AlfTÉlifEURES. âSÀ
dences variées» en suivant un trajet ascendant, en haut et en dedans. Ces fibres ainsi successivement accolées les unes à cdté des autres, affectant même parfois entre elles une disposition Mégamment spirolde (pK XXXIII), se portent toutes transversa-^ lement en dedans, passent sur la ligne nriédiane, et se dissocient dans rhémisphère du côté opposé, d'une manière identique avec eelle qui a présidé à leur ag^omération fasciculée.
La substance grise de la circonvolution de Thippocampe est comroissnrée à celle du côté opposé, par une série de fibres spirales, à trajet curviligne, dont la direction générale rappelle assez bien celle des fibres commissurantes propres aux circonvolutions des lobes cérébraux postérieurs (pi. IV, fig. 1 et 8 [10]).
Cette catégorie spéciale de fibres* a ses origines communes avec celtes des fibres du système convergent, au sein de la substance grise de Thippocampe. Arrivés au niveau du bord postérieur et df) lifiee inférieure du corps calleux, ces deux systèmes de fibres tterveuses 86 dissocient; les fibres convergentes se dirigent directement en avant vers les régions centrales de substance grise qui leur appartiennent, tandis que les fibres commissurantes se portent en dedans et en haut, sous Fapparence de fibrilles trans* versales, passent sur la ligne médiane^ s^accolent à la surface iorérieure du corps calleux qu'elles contribuent à renforcer, se dessinent en ce point, sous une apparence spéciale désignée par le nom de psalterium^ et se recourbent enfin de haut en bas, pour s'accoler au fascicule des fibres convergentes propres à Thipponmpe du côté opposé, et s^épuiser au sein de la substance grise de cette circonvolution (pi. }ÔUL et XXXI).
On trouve en même temps, dans la même région où les fibres
<^missQrantes des hippocaibpes se dessinent en stries transver^
^es, une autre série de fibres grisâtres, parallèles aux précédentes,
ftii paraissent être les fibres commissurantes propres à la substance
^se des corps godronnés.
n ressort donc des principaux détails que nous avons énumérés ^ |»ropos de l'ensemble des fibres du système commissnrant dans ^^kaque région du cerveau :
Que Tensemble des fibres commissurantes forme un système
2&0 sYST^B DES Fibres commissubaktgs.
bien complet de flbres blanches qui, juxtaposées régalièrement entre elles; commence au niveau de la région la plus postérienra du corps calleux, s*élève régulièrement d'arrière en avant, s*in* curve en se réfléchissant au niveau de la région antérieure en forme de voûte, pour fermer en avant Tespace libre de la cavité desventriculesi cérébraux, et se continuer insensiblement jusqu'au niveau de la commissure blanche antérieure (pi. XXVIII, fig. 2), qui peut en être considérée comme le dernier vestige ;
Que ce système de fibres constitue par son ensemble un plan curviligne, qui enveloppe dans sa concavité les noyaux centraux de substance grise autour desquels il forme une sorte de coque protectrice ;
Que les cavités cérébrales résultent exclusivement de l'espace libre intercepté par la direction différente que prennent les fibres cérébrales convergentes et commissurantes, en s'écartant les ua« des autres ;
Que cet espace ainsi laissé libre par Técartement des fibres blanches cérébrales, est exclusivement occupé par la présence des noyaux centraux de substance gri3e, qui sont en quelque sorte les régulateurs de la direction générale des fibres nerveuses, et les centres autour desquels gravitent les divers systèmes qu'elles constituent par leur juxtaposition ;
Que les cavités cérébrales, envisagées exclusivement i partir du moment pu la dissociation entre les éléments convergents et les éléments commissurants s'effectue, ont beaucoup plus d'aoH pleur que Ton est généralement porté à leur en accorder; qu'il faut noter qu'une portion de cet espace libre est partiellement comblée par l'interposition de la substance grise du corps strié; et que pour avoir une idée complète de leur ensemble, il con« vient de faire abstraction de la présence de ce dépôt de substance grise ; on voit alors, après avoir énucléé la substance grise du corps strié de su loge (pi. XXVII, fig. 1 [7]) (chose qui se fait du reste d'une manière très-facile, et qui, par cela môme, indique que ses connexions avec les fibres cérébrales ne sont pas excessivement intimes), que cette substance grise est reçue comme un véritable dépôt de substance molle, au milieu des espaces laissés libres par les fibres cérébrales dirigées en différents sens; que les fibres commissurantes lui forment une double loge, dans laquelle elle est
FIBBBS COMMISSURÀNTES CÉRÉBRALES. 2A1
ie3drée, tandis que les fibres convergentes antérieures la trasrsent obliquement de part en part, d'avant en arrière, pour se ^^dreaux régions antéro-exlerne de la couche optique (pi. XXVII,
ig. i[2]);
Que les libres propres de l'hippocampe jouent pareillement un rôle dans la constitution des cavités cérébrales; que tandis que les fibres commissurantes de la région antérieure interceptent par leur portion convexe un espace d'autant plus ample que Ton se rapproche davantage de la commissure antérieure (pi. XXVII et XXVIII), elles participent a limiter cette grande cavité, en sinterposant sous forme de cloison antéro-postérieure, entre ces deux systèmes de fibres superposées, et en divisant ainsi, par un cloisonnement vertical, les cavités cérébrales en deux loges bilatérales égales et symétriques (pi. XXVI, XXVII et XXVIII ; pi, XXI, fig.7;pl.IV,fig,l);
Que le cerveau est intrinsèquement constitué par Tensemblc des circonvolutions reliées entre elles, d'un côté à l'autre, parle système des fibres commissurantes, et reliées à la couche optique par le système des fibres convergentes; que la substance grise du corps strié joue un rôle secondaire, par rapport à celui de la couche optique, dans la contexture générale des fibres cérébrales; qu^elleest un élément primitivement isolé, et rattaché secondairement à la masse commune, par suite du progrès du développement, à l'aide d'un système spécial de fibres convergentes (fibres cortico-siriées);
Qu'enfin, le cerveau de l'homme et des vertébrés, au point de vue de la disposition générale et des rapports de ses éléments constitutifs, les uns par rapport aux autres, peut être défini, comme étant :
Vensemble des circonvolutions reliées entre elles d'un côté à tautre^ et reliées toutes à la couche optique et au corps strié (pl.lV,fig.8).
ARTICLE II
VIBKES COmiISSUBAlITKS CEKTBÀLBS.
l<cs fibres commissurantes qui servent de moyen d'union entre ^cs régions centrales de la substance grise de la couche optique,