IMPRESSIONS GÉNITALES
rhomme, par action en retour, l'apparition des phénomènes de rérection tout d'abord, et ensuite ceux de l'éjaculation (1). Ce sont elles, en effet, qui en se propageant aux divers noyaux d'origine des nerfs moteurs des muscles du périnée, provoquent la mise en activité de ces différents muscles; qui font que ceux-ci àccompMssetïi automatiquement leur rôle, que le bulbo-caverneux en particulier, entrant immédiatement en action, se contracte d'une manière intermittente; et amène ainsi, par une propulsion saccadée d'ondées sanguines, au milieu des mailles érectiles du tissu du gland et des corps caverneux, la turgescence générale, et le complet épanouissement des appareils érectiles du pénis. Ce sont elles enfin qui font que le centre génito-spinal réagissant à son tour, opère, par intermédiaire des ganglions sympathiques, sur les parois contractiles des voies spermatiques, une sorte de décharge de IMnflux dont il est saturé, el produise ainsi le phénomène ultime de l'éjaculation du liquide spermatique, etc.
II. b. Les noyaux d'origine des racines motrices qui concourent à la production de l'érection, sont (aussi bien que ceux des autres racines antérieures annexés aux appareils sensoriels) susceptibles d'être mis en activité par d'autres sources d'incitation que celles qui leur sont habituelles. Ils sont par conséquent tributaires d'incitations excito-motrices multipliées.
Ainsi, les impressions collectées à la surface des plexus de la
périphérie cutanée, celles qui émergent des expansions tormi-
Malesde la pulpe des doigts, de la surface des lèvres, etc., les
impressions visuelles consécutives à la présence d'objets erotiques,
'es incitations même, émanées des régions ou siège l'imagination,
peuvent pareillement provoquer leurs réactions, et amener, par
Une sorte d^action substitutive^ la mise en activité des muscles
^u*ils tiennent sous leur dépendance, comme si l'incitation excito-
"motrice qui provoque cette activité était irradiée des plexus péri-
(i) Le fait rapporté par Kobelt^ et duquel il résulte que la section des nerfs dorsanx de la verge chei Tétalon le plus ardent et le plus erotique semble, de facto, ^ rendre plus étranger à tout phénomène de virilité qu'après la castration, parait ^iea indiquer la direction centripète suivie par le^ impressions recueillies à la sur' tice d'expansions terminales des nerfs du gland (Robelt^ De t appareil du sent génital, Strasbourg, 1851, p. 12).
2tt8 IMPRESSIONS «fi^^ORIEUj;» WOCWSCIENTES.
phériques naturels^ comme di elle obéissait à un iégitime appel.
c. Chez la femme, les réactions motrices de nature réflexe, par lesquelles cette catégorie d'impressions génitales se décèle, sonl bien moins accusées extérieuremenl que diey Thoiaine. GUei détedrminent seulement cbei elle, des effets secondaires dont les résultats sont la turgescence du Ussu spongieux cUkoridieo, et celle du bulbe du vagin. Les contractions rhyibcniques du constricteur du vagin ont encore pour résultats, non^seulemeot de mettre en jeu les appareils érectiles des organes géniUux externes» mais encore d'associer à leur activité passagère k tissu propre des parois du vagin» et peut**ôtre mâme (ainsi que le suppose Kobelt) de susciter secondairement la coopération des trompes (1).
Le caractère le plus remarquable qui appartient i cette cslé^ gorie d'impressions sensorielles (caractère qu'elles partageât du reste avec les précédentes), c'est la facilité avec laquelle, cbei la femme surtout, elles se disséminent et se propagent à distance, en suscitant la mise en activité successive d*un grand nombre de racines motrices* Ellles deviennent ainsi les causes incitatrices d'une suite de réactions musculaires automatiques» qui» localiiées d'abord dans les muscles du bassin» dont les mouvements alte^ natifs de projection ne sont, en définitive, que dea mouvemenU d'accommodation fonctionnelle, se généralisent bientôt, grice tu développement, si accentué chei la femme (page 30) » des fibres des racines postérieures, et par suite des dépôts de subsUnee gélatineuse qui leur sont afférents. De là ces spasmes laryngés, ces accès d'étouffements, ces convulsions générales et partielte, et tout cet enchaînement de réactions motrices désordonnées et inconscientes» a travers lesquelles l'orgasme vénérien se décèle, et dont la femme en proie a un accès d'hystérie» présente, pv exemple» si souvent la représentation factice*
§ 6. — impreiMiloiis ▼toeérales ezelto-motrlee*.
Un certain nombre d'impressions émanées des plexus périphériques étalés à la surface des appareils viscéraux, convergenl pa-
(1) Kobelt, ioc. cit.
IMPRESSIONS VISCÉRALES. MO
reiUeinent d'une manière plus ou moins directe» vers les régions centrales du système nerveux, et deviennent ainsi la cause provocatrice d'une série de phénomènes moteurs de nature réflexe.
I. a. Les impressions centripètes recueillies à la surface des ex* [lansions terminales des nerfs pulmonaires, sont conduites par une aériede fibres, agglomérées au milieu des pneumogastriques, jus* qu'au niveau des régions spinales supérieures (pi. VI et VII), oà elles se répartissent, en se transformant en incitations motrices réflexes, qui mettent en action, soit les nerfs élévateurs de la cage Iboracique, soit les nerfs diaphragmatiques eux-mêmes (page 98).
Elles constituent, par leur passage à travers la moelle, des réactions motrices du môme ordre que celles que nous avons examinées jusqu'ici : elles sont complètement inconscientes; elles sont coordonnées et régtUières; elles sont limitées exactement, tout d'abord, au point de Taxe spinal primitivement intéressé, et sont susceptibles, comme toutes leurs homologues, d'ôtre provoquées par des influences parties d'une autre surface nerveuse périphérique.
C'est principalement aux expériences des physiologistes, et surtout i celles de Plourens et de Marshall-Hall, que Ton doit la délimitation précise de la région spinale qui intervient dans la mise en action des muscles inspirateurs.
On sait maintenant, en effet, que sur un animal vivant, on peut impunément enlever tous les appareils de la masse encéphalique, et voir les mouvements inspiratoires persister; que Ton peut pareillement, à l'aide d'une section transversale sous-bulbaire, interrompre la continuité de l'axe spinal, et voir les mouvements respiratoires persister comme auparavant ; et qu'en un mot la sphère d'activité excito-motrice des fibres centripètes du pneumogastrique, destinée à provoquer des réactions du côté des appareils moteurs du thorax, est limitée à une région bien circonscrite de l'axe spinal (à une rondelle de moelle qui n'a guère plus d'un centimètre chez le lapin), et qui serait comprise entre une ligne qui couperait le bulbe immédiatement au-dessus des origines du pneumogastrique, et une autre qui couperait le bulbe à 6 ou 6 millimètres au-dessous (1) .
(1) Flourens^ Recherches expénmentaks sur le système nerveux, p. 21 1> S* ëdit.
MO raPBISSiOlfS SKKSOMELLES IXGORSaBEim.
n y a donc pour cette catégorie spéciale cTîmpressioiis centripètes, qui sont destinées i provoquer le jeo des masdes, i propre* ment parier, accommodateurs des fonctions respiratoires, une région bien limitée de Taxe spinal, au sein de laquelle dies » répartissent; pour de là, comme les autres impressions sensorielles homologues, comme les impressions optiques, aooai> tiques, génitales, etc., Atre réfléchies vers les ccmducteurs centrifuges, destinés à les traduire en manifestations motrices, incamcienies et coordonnées.
b. Les noyaux d'origine des racines motrices, qui jouent on à grand rôle dans le mécanisme des mouvements respiratoires, sont également aptes à réagir sous l'influence d'incitations centripètes parties des régions périphériques variées. C'est ainsi que, si les stimulations incessantes, irradiées des muqueuses laryngée, trachéale et bronchique, leur constituent comme une espèce d'appel quotidien, les modifications accidentelles dont le tégument cutané devient journellement le siège, peuvent pareillement devenir aptes à provoquer leur apparition : le saisissement que l'on éprouve, en effet, à la surface de la peau, lorsque le milieu ambiant vient à se refroidir subitement; le chatouillement exercé sur la membrane pituitaire, celui de certaines régions des téguments, etc., sont autant d'incitations provocatrices de mouvements d'inspirations. Toutes ces incitations, parties de im les points de la périphérie cutanée, viennent donc se concentrer en une seule région du système nerveux qui est la région bulbaire, laquelle réagit indifféremment sous l'action de chacune d'elles, quelle que soit leur provenance.
n. Relativement à Faction spéciale exercée par les plexus périphériques des nerfs du cœur, sur la moelle épinière, et à celle que la moelle exerce en retour sur ces mêmes plexus, les expériences des physiologistes ne nous paraissent pas donner des résultats aussi concordants que précédemment.
Si, d'un cdté, il est un certain nombre d'entre eux, qui semblent portés i attribuer le rôle principal au grand sympbatique dans la mise en activité des mouvements du cœur, il en est d'autres qui pensent, que si les ganglions symphatiques oo^ une part considérable dans l'accomplissement de ces pbéoo-
IMPRESSIONS VISCÉRALES. SOI
mènes, le système nerveux central, source unique et primordiale de toute action nerveuse, doit aussi y avoir une notable [âurticipation.
Les expériences de Legallois, de Flourens, de Wilson Philip, te Longet, tendent à prouver en effet que les irritations directes le la moelle épinière ne sont pas sans action sur le cœur; que sa portion cervicale est celle qui exerce le plus d'influence sur ces phénomènes, et que sa destruction partielle entraine une Eùblesse progressive dans les mouvements de cet organe (1). D'une autre part, les remarquables recherches de CI. Bernard, Faites à Taide du cardiomètre sur des chiens, ont fait voir que le cœur réagissait avec une exquise sensibilité, lorsque des irritations étaient appliquées au niveau des racines spinales postérieures, qai seules ont le privilège d'être les voies de dissémination des impressions sensitives excito-motrices ; et que, sous Tin- Buence de leur action le cœur pouvait même cesser de battre pendant un certain temps. C'est donc ainsi, dit-il (2), que peut se produire la syncope, par suite d'une douleur vive, et peut-être d'une émotion morale, et que les sensations extérieures exercent une action réflexe sur les organes intérieurs, et notamment sur le cœur.
Ces faits, ajoutés a ceux desquels il résulte que la section des pneumogastriques modifie le rhythme des battements du cœur, tandis que leur galvanisation en arrête les mouvements (3), semblent encore prouver, que si Taxe spinal est apte i retentir d^ane certaine façon sur le rhythme et Tintensité des mouvements du cœur, c'est une portion des fibres du pneumogastrique en particulier, qui sont destinées à servir de conducteurs à cette série de phénomènes réactionnels ; et qu'il existe peut-être un certain nombre d'entre elles, qui jouent le même rôle vis-à-vis des dépôts de substance gélatineuse où elles s'éparpillent, que les fibres centripètes qui émergent de la périphérie du plexus pulmonaire. Peut-être sont-elles, en cette région, en rapport avec on point central que la physiologie expérimentale n'a pas encore
(i) Longet, Ànatomie et physiologie du système nerveux, t. I, p. 289 et soiT.
(2) a. Bernard^ Cours de médecine du Coliége de France : Système nerveux, 1. 1, p. 269.
(3) Id., ilnd., t. II, p. 377 et 381.
lOt IMPRESSIONS MimOlilBLLtS tROOIlSCIENTES.
sttflfoaoïment précisé, et qui serait le centre prtmi» motem des oftOUYemenU cardiaques (pi. VI et VII).
in. Les phénomènes réaclionnels de mature réflexe, détemÛDés par les incitations émanées de plexus périphériques appartenant aux voies digestives, sont encore plus obscurs à préciser, et manquent pour la plupart de résultats expérimentaux (page M). Cependant, nous devons signaler, à ce sujet, les intéressantes expériences de Châuveau (1), qui ont eu principalement pour but de prouver que la contraction de la membrane musculaire de foesophage était sous l'influence d'incitations réflexes, conduites par des fibres centripètes (Faisant partie du pneumogastrique) jusque dans les régions centrales de l'axe spinal, et réfléchies de là sur les fibres motrices ou centrifuges du nerf œsophagien supérieur.
La galvanisation des libres du pneumogastrique, lui a encore permis de constater que certains mouvements de contraction de l'estomac devaient être rangés dans la môme catégorie de phénomènes nerveux, et qu'ils n'étaient que le résultat d^incitatiooi excito-motrices transportées dans une direction centripète, par certaines fibres du pneumogastrique (2),
Ce sont là des phénomènes qui, par cela même que les éléments nerveux à l'aide desquels ils se manifestent se trouvent apparents, présentent un caractère de netteté remarquable; mais, à mesort que l'on descend dans l'étude des actions réflexes propres anx viscères abdominaux, la présence des fibres et des ganglions dn grand sympathique vient ajouter à toute cette série de réactions, une complication nouvelle qui masque tes résultats, et jette da troubles dans leur mode d'apparition.
Il est cependant encore vraisemblable que si les actions motrices qui se passent dans la plupart des viscères abdominaux sont influencées d'une manière notable par la présence des ganglimis sp^ipalhiques interposés, celle influence propre des ganglions n^cst pas la seule à laquelle doivent être attribués la plupart de» phénomènes moteurs dont les plans musculaires de Tintestin, A\x rectum, des sphincters, sont le sié^e.^ et que Taxe spinal doit iDier'
(1) Chau\eau, Journal fie physioloyie de Brown-Séquard, 1862, p. SH. (2} Id., ibid., p. 3ÛC.
lAW MM PàMCKAl^i M%Tftl^tRmft. Mit
vettif èiK^te là dans tiM (^rtaitie mt^sûre (1). H est, en effi^t, d'observation vulgaire, que les aller âlk)hs centrales de la moelle lômbaife se ivtduisent par des phénomènes d'incontinence du Côté des réservoirs pelviens ; mais A ITvftore qu'il est, la voie partonme par ct^tte série d'impressions viscérales centripètes, le point central où elles se réfléchissent, et les conducteurs centrifuges A l'aide desquels elles sont irradiées vers la périphérie, sont encore trop peu précisés, pour que nous tâchions de hasarder qnelqutfts conjectures vraisemblables (2).
§ ^. — maie éeé tmîmcemmx «plMMx p—iéHmmrm,
Les détails dans lesquels nous Sommes entré (pages 60 et 6&), à propos du mode d'origine et des rapports généraux des fibres des faisceau! postérieurs avec la substance gélatineuse de l'axe spinal, nous ont porté A admettre, qu'ils étaient une émanation directe de cette même substance gélatineuse, qu'ils en représentaient les Bbres efférentes destinées A relier chacun de ses dépôts isolés aux régions tîentrales et supérieures du système nerveux, et qu'ils n'étaient en un mot que la prolongation médiate des fibres propres Aes racines (pi. XII, fig. 7 et 8; pi. III, %. 1 [«]).
Ces données unatomiqnes sont pleinement confirmées par les recherches de la physiologie expérimentale, et d'autre part, par TMode anatomo-pathologique des lésions spinales, qui montrent que certaines dégénérescences des fibres des racines postérieures entratnent A leur suite celle des divers éléments nerveux avec lesquels elles se trouvent en connexion, c'est-A-dire celle de la sub-
(1) Hedterckei pkf/tiohffiques sur les nef*ft moteurs 4e h vessie^ {>ar J^ttcj^h Giaumsi {Joumai de physiologie de Brown-Séqaard, 1863, p. 23).
(2) Une expérience de Claude Bernard semble prouver l'action directe de la moelle épinière sur le mouvement des intestins : sur un jeune chien sacrifié par la fection du bulbe, H constata : que la galvanisation du granglion cervical supérieut, pt</rtfqaâit déi m<mwMMi«i ^flnns IMntoMi gtélé; que cette crdtànMi ^éUit de nature réflexe, et qu'elle passait du iranj^lion à la moelle, po«t être répetcntée du cMé des nerfs centripètes destinés aux intestins, comme on pouvait s'en assurer, après avoir opéré la section du cordon sympathique allant du (ganglion à la moelle, et en galvanisant le bout central. La gahanisation de ce cordon ner\eux produit rfèrs les «laiel «M^ ^e <ee4le An f^affigtioa IM^méme. {Otmrs 4e médecine du Collège de France : Leçons sur le système nerveut',\. l, p. ^9. ^iHs^ tSM.)
80a IMPRESSIONS SENSORIELLES INCONSCIENTES.
stance gélatineuse» où elles se distribuent, et consécutivemeDt, celle des fascicules postérieurs qui en dérivent.
Les expériences de Cbauveau, faites sur des grands mammifères, dans le but de recbercber quelles étaient les régions de It moelle qui étaient douées à' excitabilité (c^est-à-dire capables d'être impressionnées par des irritations, de manière i réagir eo produisant des phénomènes de mouvements automatiques), soot en quelque sorte la contre-épreuve de nos recherches, dont elles confirment ainsi les principaux détails. Elles tendent toutes a prouver que les faisceaux postérieurs de la moelle (fibres efférentes de la substance grise des cornes postérieures) sont les seuls faisceaux excitables parmi les fascicules spinaux, et que, de plus, ils participent aux mômes propriétés excito-motrices que la substance gélatineuse d'où ils tirent leur origine.
c Les cordons postérieurs, sur des animaux dont la moelle est séparée de l'encéphale, dit Cbauveau (1), sont éminemment exd* tables^ surtout dans les parties externes, près de la ligne d'émergence des racines sensitives ; ils le sont moins en dedans, à mesure que l'on se rapproche du sillon médian postérieur (pi. XIII, fig. i). Leur excitabilité se manifeste, au moment où on les irrite avec li pointe d'une aiguille, par des mouvements réflexes, tout i Dut semblables à ceux que provoque l'excitation des racines sensilites. Ces mouvements se montrent en général du côté excité, mais ils peuvent, quand l'excitation est forte, se propager du côté opposé, où ils sont toujours plus faibles que du côté excité.
Lorsque la moelle épinière n'est pas séparée de l'encéphale, les phénomènes que l'on observe en irritant les faisceaux postérieurs sont toujours identiques : ainsi, d'après ce même physiologiste (2), c la piqûre superficielle, ou le grattage des cordons postérieurs provoquent à la fin, des convulsions ou des contractions involontaires, et des signes de douleur. Les convulsions produites parcelle excitation des cordons postérieurs se manifestent avec tous les caractères de celles qui ont lieu quand la moelle est séparée lie l'encéphale.
» Les signes de douleur qui accompagnent ces convulsions sont
(1) ChauTeau^ Journal de physiologie àt Brown-Séqoard^ 1851^ p. 3S.
(2) Id. ibid., 1861, p. 365.