‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 2)Chapitre 68 sur 141 · RÔLE DES FAISCEAUX POSTÉRIEURS · texte numérisé non relu

RÔLE DES FAISCEAUX POSTÉRIEURS

beaucoup plus intenses lorsque l'on irrite le bord externe, que quand on agit sur le bord interne des cordons postérieurs. Si, en effet, on gratte la moelle près du sillon médian postérieur, il arrive souvent que les signes de douleur sont nuls, ou peu apparents. Si, au contraire, on gratte le cordon postérieur avec la même légèreté, près de la ligne d'émergence des racines sensitives, on voit apparaître des mouvements spontanés et généraux, par lesquels Tanirna! manifeste la profonde douleur qu'il a ressentie » (pi. XXXVII, fig. 7 [5]).

En nous en tenant aux déductions intrinsèques qui découlent du récit de ces expériences, nous sommes naturellement porté à admettre :

1"* Que les faisceaux spinaux postérieurs, véritables émanations immédiates des cellules des cornes postérieures, participent aux mêmes propriétés excilo-motrices qui appartiennent à la substance grise d'oii ils dérivent;

2* Que les signes de douleur, qui apparaissent lorsque, la inoelle n'étant pas séparée de Tencéphale, on pratique des piqûres, au niveau des points d'implantation des racines postérieures, tiennent i ce que Ton intéresse précisément en ce point les fibres dolorifères spinales, qui sont particulièrement localisées en cette région, sous forme d'une bandelette ascendante (pi. XXXVII, fig. 7) ;

3* Qu'en définitive, au point de vue de leur rôle physiologique, les faisceaux postérieurs représentent en quelque sorte les fibres efférentes chargées de transmettre au sensorium les diverses modalités des cellules nerveuses dont ils proviennent^

4* Qu'ils sont, par cela môme, une série de traits d'union, interposés entre les diiïérents arcs diastaltiques d'où ils émergent, et les régions centrales ; les conducteurs indispensables, chargés de transmettre au sensorium (d'une manière confuse, il est vrai) la notion de l'état dynamique de tel ou tel arc diasialiique spinal, et comme conséquence médiate, celle de l'activité de tel ou tel département de notre système musculaire (1).

(I) Les individus qui succombent aux troubles de Fataxie locomotrice, et qui ont présenté pendant la vie, avec une lésion des racines postérieures, de la substance

LCT8. 20

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§ 8. — FMMll«M «• te resta» fcitral» «rtoe ■»■■■ lÉi'ftfcMH

Nous avons insisté déjà (page 69) sur la situation, les rapports et la structure de cette région de substance grise spéciale, qui occupe les parties les plus centrales du système nerveux, et qui semble être, par ses connexions multiples et la continuité de ses éléments, Vaxe commun véritable sur lequel sont alignées toutes les fibres nerveuses. Il nous reste à l'envisager maintenant ao point de vue de ses fonctions physiologiques :

I. Etudiée dans les phénomènes réactionnels qu'elle présente sous rinfluence des agents d'irritation, elle paraît être complètement insensible* Magendie a pu impunément passer un stylet (chez un animal vivant) le long de la continuité du canal de Sylvius (Il où elle est le plus abondamment répartie) (pi. IX et X), sans provoquer de signes de douleur; il a pu pareillement sectionner plusieurs groupes de fibres grises (les fibres convergentes optiques entre autres) au moment de leur implantation sur Taxe, sans amener de réactions douloureuses (1). Chauveau, de son cAté, a, ainsi que Magendie, embroché à Vaide d'aiguilles, de part en part, toute répaisseur de la substance grise spinale sur de grands mammifères, et n*a jamais constaté aucune manifestation indiquant un état de souffrance de la part des animaux en expérience, etc.

Ces faits nous autorisent par conséquent à admettre, que si les cellules de la substance grise centrale sont aptes, comme tous les éléments nerveux, à recevoir à la fois des impressions centripètes, et à les répercuter sous forme de réactions motrices, les conditions de leur activité fonctionnelle ne sont pas les mêmes que celles des cellules gélatineuses, et qu'elles sont probablement exciiabUs aussi, sous l'influence d'un ordre spécial d'incitations partiealières.

g^tatinense y attenante, et des foisccaux pMtériettn, la perte de la mUoii précité di but et de la portée de leurs moaremeiits, scmMent plaider en lueur de l'epiaiM que nous venons dV*mcttre. Ces faits portent à considérer les fibres des raiccetai postérieurs comme les régulateurs des mouTements d'ensemble, et comme deftioées à nous donner, d'une manière rapide et instantanée, la notion de la mise en activité sttcccssife de tel ou tel arc spinal excito-moteur. (1) Magendie, Système nerveux, t. II, p. 116, et 1. 1, p; fiAG et 248.

FORCTIOIVS DE LÀ HÉGIOK CENTRALE ORISS. 307

II. L'étade des rapports des divers dépôts de substance grise centrale avec les régions ambiantes, antérieures et postérieures ; les connexions intimes qu'ils affectent avec les unes et les autres, portent à induire qu'ils pourraient bien être, pour les cellules spinales antérieures, dans certaines circonstances, des sources nouvelles d'incitations motrices, tenues en quelque sorte en réserve, et destinées pareillement à mettre en jeu leurs aptitudes excit(Mnotrices latentes.

Pour peu que Ton examine, en effet, les rapports des noyaux d'origine des nerfs moteurs oculaires communs avec la substance grise centrale, et la substance gélatineuse des tubercules quadrijaraeaux (pi. X, fig. 2 et 8), on ne peut s'empêcher de remarquer, que ces noyaux sont beaucoup plus rapprochés de la première que de la seconde, et par conséquent beaucoup plus aptes à en éprouver les effets ; et qu^au moins, par ce cas particulier, l'action excito-motrice irradiée des tubercules quadrijumeaux est médiatement propagée. Ces relations réciproques sont-idies particulières à la région qui nous occupe? Sont-elles générales, et la règle est-elle que les actions excito-motriccs doivent subir l'influence métabolique des cellules de la régitm centrale j avant d'être répercutées vers les cellules antérieures?

Ce sont là autant de questions que nous ne faisons que poser actuellement, laissant aux recherches ultérieures de la physiologie expérimentale le soin de les élucider. Néanmoins, on peut dire qu'il est vraisemblable que, dans certaines circonstances, les choses se passent ainsi que nous venons de les indiquer, et que les réseaox de la substance grise centrale doivent être les seules voies naturelles à travers lesquelles se répercutent certaines manifestations motrices inconscientes, qui apparaissent sympa^ tkiqnement, dans un point éloigné de l'impression primordiale qni leur a donné naissance.

C'est ainsi, en effet, que les impressions olfactives, par exemple, qui paraissent dépourvues, au moment où elles sont réparties dani la substance grise de Taxe spinal, de cellules gélatineuses mant* festement démontrables (pi. XV, fig. 1 [4, ^j) (page 49) et de fibres motrices directement annexées, sont cependant rendues aptes (ainsi que toutes les autres impressions sensorielles) i susciter te mise en actirité de noyaux d'origine de fibre» motrices»

plus OU moins éloignés, ceux des muscles inspirateurs, par exemple.

C*est peut-être aussi par le même mécanisme que les impressions optiques excito-motrices, après s*étre disséminées tout d*abord au milieu des réseaux gélatineux des tubercules quadrijumeaux, se propagent ensuite de haut en bas, dans toute la hauteur de Taxe spinal, et commandent médiatement la mise en activité des noyaux d*origine des nerfs antérieurs, qui tiennent sous leur dépendance nos mouvements combinés de la progression et de la station, etc. • que les impressions acoustiques se transmettent pareillement au loin, et deviennent ainsi indirectement les agents provocateurs de cette série de manifestations motrices qui, dans l'action de jouer des instruments de musique, et dans les exercices chorégraphiques, se succèdent avec un si surprenant ensemble et une si merveilleuse soudaineté, etc.

IH. Les vues que nous venons d'émettre jusqu^ci, au sujet delà substance grise centrale de l'axe spinal, sont acceptables dans une certaine mesure, puisqu'elles s'appuient sur des données ana« tomiques, et qu'elles ne sont, à proprement parler, que des inductions physiologiques empruntées à Tanatomie. Si maintenant nous essayons de l'envisager dans ses propriétés purement dynamiques, nous nous trouvons en face de phénomènes spéciaux que la physiologie expérimentale a révélés, et que seule elle a qualité pour trancher.

Nous avons indiqué déjà (pa§e 76) que la série de Bbrilles grises qui allaient directement, de l'intérieur même du tissu propre du corps pituitaire aux régions les plus inférieures du troisième ventricule, étaient les témoins irrécusables de la participation des cellules de cette même région aux phénomènes de la vie végétative; nous savons, d'une autre part, qu'il existe tout un système de Qbres grises centripètes accolées aux racines spinales, provenant des ganglions sympathiques prévertébraux, et remontant avec elles pour se distribuer dans les diverses régions de la substance grise centrale de l'axe : nous sommes donc ainsi amené à dire : qu'il existe une région spéciale du système nerveux, qui parait présider aux phénomènes trophiques des tissus; que cette région est en relation avec les éléments des tissus périphériques à l'aide d'un

FONCTIONS DE LA RÉGION CENTRALE GRISE. 30d

système spécial de fibres grises centripètes (dont les fibrilles émanées du corps pituitaire ne sont qu'un minime spécimen) et qu'elle n'est autre que la substance grise centrale de Taxe, laquelle (par cela même qu'elle est le point d'aboutissement général de toutes les fibres grises trophiques) parait être \e foyer générateur de toutes les incitations vaso-motrices qui s'exercent le long de la continuité des parois du système artériel périphérique, et par conséquent le pouvoir central qui régit et dirige à distance les actes purement trophiques de la nutrition des divers tissus.

Les expériences des physiologistes ont d'ailleurs démontré : celles de Cl. Bernard (1), d'une part, qu'il existait, au milieu des gros troncs nerveux périphériques, une catégorie spéciale de fibres nerveuses indépendantes des fibres motrices et des fibres sensilives, et que ces fibres, véritables nerfs calorifiques^ étaient répandues partout^ celles de Schiiï(2), d'une autre pari, que la section unilatérale de la moelle épinière, influençait d'une manière très-notable les phénomènes de calorificalion et de vascularisation dans les tissus, a la périphérie. Nous sommes par consé« quent autorisé à penser :

Que la région grise centrale est un véritable trait d'union sympathique entre les diverses régions du système spino-cérébral qu'elle associe solidairement les unes avec les autres ^qu'elle constitue un système nerveux à part, fonctionnant d'une manière indépendante au milieu des éléments homologues ambiants; qu'elle est le point de convergence des incitations réflexes vaso-motrices, et le foyer central, d'où ces incitations sont réfléchies vers la périphérie, pour provoquer médiatement des modifications alternatives dans les phénomènes de la circulation capillaire ; et qu'enfin, elle se trouve être en quelque sorte Varbitre des phénomènes de nutrition des éléments histologiques, dont elle dirige et gradue ainsi médiatement l'activité dynamique.

IV. La solidarité intime des réseaux de cellules de la substance centrale grise, dans le sens vertical, rend assez bien compte d'une ^rie de phénomènes, dits sympathiques, dont on rencontre de si

(1) Comptes rendus des séances de l* Académie des sciences, 4862 ; GazeUe hebdomadaire de médecine^ 1862, p. 520.

(2) Académie des sciences, GazeUe hebdomadaire, 4862, p. 616.

810 1IIPRES610II8 BCNSORIBLLES IHCONiCIWnW.

nombreux exemples, soit à l'état normal, soit à Tétai pathelo* gique.

C'est ainsi que Todeur d'une substance savoureuse provoque l'activité sécrétoire des glandes salivaires; que ia vue d* un ol^t erotique détermine l'apparition de piiénoménes d'éréthisme du côté des appareils génitaux, etc. L'état de gravidité de t'utémi suscite, par un mécanisme analogue, des actions en retour, soit sur les glandes mammaires qui sont ainsi amenées sympathique^ ment à dévoiler leur activité latente; soit du côté de l'esioiDic, dont rintolérance incoercible est si souvent la caractéristique des premiers temps de la conception.

Dans les conditions pathologiques, l'étude des réactions spéciale! de la région de substance grise centrale permet de jeter aussi od certain jour sur une série de phénomènes obscurs jusqu'ici, aa point de vue du mécanisme de leur production et de leur subordination réciproque.

C'est ainsi qu'elle nous permet de nous rendre compte, nonseulement de la route parcourue par les impressions dites sympO' thiques qui, irradiées d'un organe malade, vont secondairemeat intéresser un autre organe éloigné; mais encore de certaines perversions locales de la circulation périphérique, qui sont primitivement déterminées par un trouble primordial survenu dans les foyers de l'innervation centrale.

Ainsi, les manifestations rhumatismales des jointures, qui ne sont souvent que des modifications bilatérales et passagères, de l'innervation vaso-motrice des séreuses articulaires; certaines lésions du tissu cutané (psoriasis, eczéma, etc.), qui apparaissent pandlèlemont dans les régions homologues de chaque membre, impliquent (par cela môme qu'elles sont bilatérales et simultanées) que les troubles divers de circulation qui les constituent localement, sonlrégis par des influences centrales vaso-motrices, qui graduent Tinlensité des courants sanguins périphériques. C'est encore à ces mômes régions centrales, régulatrices des diverses circulations périphériques, qu'il faut s'adresser pour comprendre le mécanisme en vertu duquel, lorsque de deux organes doubles, l'un est lésé, son congénère se prend sympathiquement à son tour; pourquoi, par exemple, les troubles circulatoires d'un œil atteint de con» jonctivite, se reproduisent bientôt sur Tœil du côté opposé, avec

FONCnONS MS LA RÉGKMf GBNTEAtB GRISB. 811

tes mêmes caractères ; pourquoi les néphrites sont si souvent, et les orcbiles, quelquefois doubles; pourquoif en un mot, les appareils similaires, au point de vue du fonctionnement physiologique, iODt si fréquement associés dans leurs manifestations morbides.

V. C^est en s'appuyant sur l'étude des rapports de solidarité intime qui relient Tinnervation vaso-molrice périphérique à celle des régions centrales, que Ton pourrait établir une théorie ration* Dolle de la médication révulsive.

On sait, en effet, qu'il est possible en déterminant, par des applications irritantes à la surface de la peau, des foyers d'irritation passagère, de ralentir jusque sur les régions centrales (par action centripète) d'où partent les nerfs vaso-moteurs du point irrité; et que ces mômes régions, réagissant par une sorte d'action en retour, amènent, soit par une influence paralysante exercée sur les parois des capillaires, soit par une exagération dans leur oontractilité, des hypérémies locales, précisément dans le point circonscrit d'où l'appel leur a été fait.

Il arrive donc ceci : que l'on peut, à l'aide d'une incitation arbitraire portée sur un point quelconque du tégument cutané, produire localement^ par action réflexe, des afflux rapides d'une masse notable de sang, qui débarrassent d'autant les voies capillaires J*an organe voisin engorgé ; et du même coup, a l'aide de ces irritations locales méthodiquement instituées, attirant à elles des Boxions consécutives, éteindre en quelque sorte, dans le centre nerveux lui-même (par l'arrivée d'une irritation artificielle plus rive) rintensitc des appels à la fluxion, irradiés incessamment le l'organe malade; on dérive ainsi au profit de Taction médi- 2atrice une certaine quantité d'influx vaso-moteur des sources Tinnervation centrales.

VI. Il est encore une série de phénomènes dynamiques des plus ntéressants, auxquels les fibres grises de la région sympathique paraissent devoir prêter leur concours.

On sait, en effet, qu'il existe certains poisons qui, en raison de 'instantanéité de leurs réactions, ne permettent guère de songer à eur transport au sein des centres nerveux par les voies habituelles le la circulation. En voyant, en effet, un chien, par exemple, sous

la conjonctive duquel on vient d*instiller quelques gouttes d*acide cyanhydrique, tomber presque immédiatement sidéré, on est porté immédiatement à rattacher cette mort soudaine à une inQuence perturbatrice vive et rapide, exercée par la substance toxique, agissant directement sur les expansions terminales des nerfs sensitifs, et à n*y voir qu^un ébranlement périphérique d*abord, et répercuté immédiatement vers les régions centrales, avec une soudaineté qui rappelle celle des phénomènes électriques (1).

Quelle est la part que les Gbres grises des nerfs spinaux preanent isolément â la production de ce phénomène? C'est assurément là une de ces questions qu*il nous parait téméraire de vouloir trancher d'une manière absolue, et qui nous parait attendre encore de nouvelles recherches; quMI nous suffise de rappeler: qu'il est des circonstances dans lesquelles les régions centrales du système nerveux subissent directement la répercussion des perturbations fonctionnelles périphériques. Quand la lésion d'un nerf périphérique, par exemple, amène en peu de temps Pexplosion de phénomènes tétaniques, n'y a-t-il pas là quelque chose de comparable, au point de vue de l'appareil symptomatique, avec le mode d'action de certains poisons, de la strychnine , entre autres? Est-ce que dans ces deux cas, une perturbation profonde dans II sphère de l'activité nerveuse à la périphérie, n'amène pas uo retentissement immédiat et direct sur les sphères de Tactivilé centrale? Dans ces circonstances, la contusion d'un tronc nerveux suivie de phénomènes tétaniques n'équivaut-elle pas, en (juelque sorte, à l'action de l'agent toxique importé directement au sein du centre nerveux lui-même ?

(1) Il est vraisemblable que la soudaineté des phénumèncs observés doit ètie imputée, dans ces cas, aux conditions locales mêmes de rexpérience. En agissait en effet sur \t» conjonctive, on trouve directement les expansions terminales dcsDerb de la cinquième paire qui sont en quelque sorte à nu; et d'une autre part, TacUoD de l'agent toxique doit être d'autant plus rapide, qu'au moment où elle est importée dans le centre ncneux lui-même, avec les fibres (irrises de lacinquièBe paire, eUe rencontre, au niveau des points d'amortissement de ces mêmes fÛtnt, des amas de substance grise, qui sont les rr.yers principaux de rinnenration à» grands appareils les plus indispensables à la vie (pi. IX, %. 1, et pi. VIII et Vil).

IMPRESSIQNS SENSORIELLES CONSOENTES. 318

DEUXIÈME SECTION

Nous désignons sous la dénomination d'impressions sensorielles conscientes^ toute cette catégorie d'impressions centripètes qui sont conduites directement au sensorium commune (c'est-à-dire i la couche optique) à l'aide d'un système particulier de fibres convergentes (fibres ganglio-cérébrales), dont nous nous sommes précédemment occupe d'isoler les éléments.

Ce sont, à proprement parler, des impressions sensorielles d*ane nature toute spéciale, et plus épurées que les précédentes, avec lesquelles cependant elles émergent des différents plexus périphériques. Elles s'en distinguent en ce qu'elles sont exclusivement destinées à devenir les matériaux élémentaires, indispensables aux opérations de l'entendement. Les premières, au point de vue de leur distribution et des réactions qu'elles provoquent, sont des impressions purement spinales^ les autres sont des impressions uniquement cérébrales.

Nous allons ainsi passer successivement en revue chaque série d'impressions sensorielles conscientes ; puis nous examinerons chacune d'elles, au point de vue des notions brutes qu'elles fournissent immédiatement à l'entendement, et des réactions secondaires auxquelles elles servent de point de départ. Nous aborderons donc, comme précédemment, l'étude des impressions sensitivesy optiques, acoustiques, gustatives» etc.

§ 1*^. — linpre0«loB0 «eiisItlTes.

Les recherches analytiques de la physiologie moderne ont démontré que cette catégorie spéciale d'impressions, désignées communément en bloc sous la dénomination d'impressions sensitives, n'était que la résultante d'impressions multiples; qu'il y avait parmi les fibres centripètes, ramenant au sensorium les diverses impressions recueillies à la périphérie des plexus sensitifs, un certain nombre d'entre elles, qui nous révélaient exclusive'

Sli IMPREMlOlfS SENSORIELLES GONSCnnrRS.

ment, par une sensibilité d*une nature spécifique^ la présence des différents agents extérieurs capables de nous nuire, ou le cri de nos organes plus ou moins endoloris ; et que d'autres avaient particulièrement pour but de nous mettre en rapport avec les objets du monde extérieur, de nous faire apprécier leurs formes, leur volume, leur poids, etc.; que parmi ces fibres sensitives, eo un mot, à attributions si dissemblables, les unes étaient véritablement les conducteurs dolorifères des impressions datUaureuses, et les autres les agents de transmission des impressions puremeot tactiles.

Ces diverses modalités des impressions sensitives, qui retentissent chacune d'une façon si caractéristique sur le centre perceptif, qui s'ajoutent et s'associent si merveilleusement dans l'exercice de nos sensations journalières, peuvent cependant se dédoubler dans certains cas, et persister isolément, à l'exclusion les unes des autres. II n'est pas rare de voir en effet, dans certaines circonstances morbides, les nerfs dolorifères de la peau, aussi bieo du reste que ceux dés autres appareils viscéraux, être isolémeot frappés d'une sorte de paralysie, et cesser de remplir leurs fon^ tions habituelles, les impressions tactiles congénères étant intactes ; il y a, dans ce cas, une véritable analgésie^ ainsi que Beau Ta très-judicieusement établi (1). Il est curieux devoir, en effet, la peau des individus dont les diverses fibres sensitives ont été aiosi dissociées, pouvoir être impunément pincée, irritée, transpercée avec des aiguilles, sans que les fibres dolorifères cutanées, frappées d'inertie, donnent le moindre signe de réaction fonctionnelle (2).

I. Les impressions dolorifères, recueillies au sein de l'intimilé de tous nos tissus, tant à la surface des expansions nerveuses

(1) Beau, Archives de médecine, t. XVII, 1848, p. 5.

(2) L'action du cliloroformc parait apte h opérer la dissociation artificielle de ce5 deux ordres d'impressions sensorielles : j'ai appris d'un malade, très-intclliçent, opéré d'une fistule anale, et habitué à se rendre exactement compte de ses impressioBf. que pendant son sommeil anestliésique, il eut la notion exacte du point incise, qu'il sentit l'action de l'instrument tranchant sur ses tissus, et qu'il fut simultaiément surpris (n'ayant pas perdu complètement connaissance au moment du délindement] de ne pas ressentir une douleur proportionnelle à l'étendue de l'incisioi qui lui était pratiquée.

IMPRESSIOlfS SENSmVES. 81&

cutanées, qu'au milieu delà trame de nos viscères, sont les réactifs les plus fidèles qui nous avertissent des diverses modifications morbides ou traumatiques dont ils peuvent être le siège. Elles Lraduisent ainsi, par les manières diflërentes dont elles aflectentle îensortuTHy les états successifs des diverses régions périphériques i'où elles sont irradiées. Fugaces ou continues, fulgurantes ou contusives, térébrantes ou mobiles, les impressions dolorifères, avec leurs formes différentes, constituent dans leur ensemble un phénomène perceptif d*un ordre à part, qui a ses modalités suceessiveby ses caractères généraux, et je dirai même son utilité spécifique : elles ont en effet leur raison d'êlre dans le sentiment de la conservation individuelle; aussi leur étude nous paraitelle devoir être ultérieurement reprise par les physiologistes, et mériter un chapitre à part, sous la dénomination paradoxale à^ physiologie des impressions douloureuses. Peut-être en résulterai t*il une connaissance plus approfondie des conditions premières qui président à leur apparition; de la valeur sémiologique qu'elles peuvent avoir, suivant les formes sous lesquelles elles se décèlent; et enfin comme conséquence, Tadoplion de moyens plus actifs, pour en modérer l'expression et en enrayer la violence.

IL Les impressions tactiles sont particulièrement recueillies par le tégument cutané, qui représente, en quelque sorte, une vaste surface de réception, pour les impressions du dehors. Cette catégorie spéciale d^impressions sensilives se trouve collectée d'une manière très-inégale, ainsi que les recherches de Weber nous l'ont appris (1). Elles ont pour siège de prédilection les extrémités digitales, qui sont, à proprement parler, les véritables appareils sensoriels des sens du tact.

La pulpe des extrémités digitales, en effet, n'est pas seulement une surface sensorielle ébranlée passivement par les impressions extérieures; elle représente des appareils mobiles, actifs et in* telligents, dont l'initiative est incessante. Lorsque nos doigts, par une série de mouvements réguliers et coordonnés, comme tous les mouvements automatiques, vont aux divers objets ambiants, qu'ils les cherchent et les explorent, qu'ils s'appliquent

(1) Landry, Traité des paralysies.

a reconnaître leur poli et leurs contours, à multiplier leurs points de contact avec eux, et à s*accommoder à leurs diverses surfaces, ils accomplissent des mouvements d'adaptation fonctionnelle, analogues à ceux qu'accomplissent nos globes oculaires, etc., pour suivre a la piste les objets extérieurs, à mesure qu'ils se déplacent, et ne pas les abandonner dans leurs diverses situatioa<i successives.

IIL Les impressions tactiles recueillies à la surface des expansions nerveuses cutanées sont juxtaposées avec les impressions dolorifèreSj el conduites, en définitive, avec les fibrilles radiculaires postérieures, au niveau des régions postéro-latérales de Taxe spinal. C'est là qu'il faut les rechercher pour les retrouver au milieu de l'ensemble des fibres ascendantes de Taxe spinal.

Les fibres dolorifères paraissent, en effet , être spécialement groupées au niveau des points d'implantation des racines postérieures (ainsi qu'il résulte des recherches de Chauveau) (1), là où nous avons indiqué que se détachaient de leur masse commune UDe certaine catégorie de fibrilles radiculaires ascendantes. Quand oo applique, en effet, sur des animaux vivants, des irritations mécaniques exactement limitées, sur cette bandelette de fibres verticalement dirigées, des manifestations de douleur non équivoque apparaissent instantanément (pi. XIII, fig. A [5]-, pi. XXXVII. fig. 7 [5]). Les mêmes irritations appliquées au niveau des fibres des faisceaux latéraux, lesquelles sont situées en avant des précédentes, paraissent impuissantes à déterminer des réactions douloureuses analogues (2).

(1) Expérience VII, faite sur un mulet vigoureux : quand on pique la moelle prf? de la ligne d'émergence des racines sensitives, l'animal manifeste la plus fioleolc douleur. Expérience X, faite sur un petit âne : on pique la moelle au niveau de la Upid'émergence des racines postérieures; douleur intense. — Rien quand TaipiiHf agit dans les parties externes des faisceaux latéraux (pages 40 et Al). Expérience \y^ • faite sur une vieille jument, dont la moelle avait été disposée pour subir l'inflww* des excitations électriques : T animal ne manifeste aucune émotion tant que \^ rhéopborcs restent sur le cordon latéral ; mais à peine arrivent-ils sur le bord eilerce du cordon postérieur que l'animal se livre aux mouvements les plus désordoBOi^ pousse des plaintes et manifeste ainsi la violente douleur qu'il a ressentie. fChauTeju. Mémoire cité. Journal de physiologie ^ p. 57.)

(2) 11 est à noter que, si les fibres latérales, conductrices des impressions tactile»sont insensibles aux excitations, dans les régions inférieures de l'axe spinal, cftte

IMPRESSIONS SBNSITIVE8. 317

Nous sommes donc amené à penser, au point de vue de la répartition des impressions sensilives conscientes, au milieu des éléments si complexes dont se compose l'axe spinal : qu'elles sont groupées en bloc, le long de la continuité des fibres qui constituent les faisceaux latéraux; que les fibres les plus postérieures de ces mêmes faisceaux (celles qui sont accolées au niveau des points d'implantation des fibrilles radiculaires postérieures) représentent l'ensemble des fibres dolorifères, irradiées de tous les points de la périphérie sensitive ; et que les fibres les plus antérieures de ces mêmes faisceaux (dont l'insensibilité sous Taction des irritations mécaniques est si caractéristique) représentent vraisemblablement l'ensemble des fibres tactiles irradiées de tous les points de la périphérie cutanée.

Nous sommes arrivé, d'un autre côté, à reconnaître l'entrecroisement (au niveau de la région bulbaire) de l'ensemble des fibres latérales de Taxe (voy. pages 87 et 207) ; à admettre leur prolongation au delà, et leur immersion dans les régions médianes de la couche optique ; nous nous trouvons donc conduit à supposer : que les impressions sensorielles spéciales, ramenées ainsi vers les régions centrales, suivent un trajet identique (i), et que les impressions dolorifères en particulier, disséminées au sein de la masse même de la couche optique, sont celles qui communiquent à cet amas de substance grise la sensibilité si exquise qui la caractérise (2).

même insensibililé des conducteurs homolog^ues se retrouve dans les régions sape* Heures. C'est ainsi que les fibres des rubans de Reil, étudiées particulièrement i ce point de Toe par Chauveau^ lui ont paru complètement insensibles sous l'action de l'électricité {Journal de physiologie, 1862^ p. 275). Nouvelle preuve en faveur de l'opinion que nous avons précédemment éraisc^ et qui nous porte à voir dans les fibres des faisceaux de Rcil, la répétition (dans les régions supérieures de Taxe opinai) des fibres des faisceaux latéraux des régions inférieures (voy. pages 79 et suiv.). Notons encore qu'il est d'autres fibres conductrices d'impressions sensorielles qui sont aussi insensibles aux irritations, les fibres optiques entre autres.

(1) Nous rappeUerons, à ce propos, que les fibres dolorifères suivent bien une direction ascendante au milieu des autres éléments • spinaux. On les retrouve à découvert au niveau du plancher du quatrième ventricule. Une simple irritation de cette région à l'aide d'une pointe d'épingle suffit pour provoquer, chez des chiens, des signes de violentes douleurs. (Vulpian, Mémoires de la Société de biologie, 3« série, t. III, année 1861. Paris, 1862, p. 315.)

(2) Eageodk, Leçmusur le système nerveux, 1. 1, p. 183 et 185.

3ftS IMPRESSIONS SBMSOaiBLLKft COMtGIElITBS*

Du reste, il existe un certain nombre de faits paihologiqaes bien constatés aujourd^bui, qui montrent que^ lorsque les impressions sensitives et tactiles sont conservées, les fibres des faiseeiui sont également respectées ^ et que, inversement, la destructkmdes fibres latérales de l'axe entraine ipso fado la perte de la transmission dans le sensorium des impressions tactiles et sensitives (1). Ces faits viennent donner par conséquent Tappui de leur autorité aux assertions précédentes, et indiquer que telle parait bien être la roule suivie par les impressions tactiles et dolorifères dans leur propagation centripète.

Ces données étant admises, nous sommes par oofiséqueiit amené à considérer les centres médians de la ooocbe opliqoe comme étant les points centraux, dans lesquels les impressiooi sensitives en général, irradiées des plexus périphériques les fius dissemblables, viennent successivement s'amortir, après s'être entrecroisées. Pour peu que Ton se reporte à la description que nous avons donnée de ces mêmes centres (pages 206 et suiv.), on verra qu'en effet : leurs fibres afférentes ont des provenances différentes; qu'ils sont vraisemblablement privés de commissures, et par conséquent indépendants de chaque côté dans leur foiMtionnement; et qu'enfin leurs fibres efférentes, disséminées vers tons les points de la périphérie corticale, établissent leurs tonnexions avec les régions les plus opposées de la substance grise des circonvolulions.

C'est donc à partir de leur concenlralisalion au milieu des réseaux de cellules des centres médians, que les impressions sensitives, après avoir subi leur action métabolique, sont irradiées sous une forme nouvelle, vers le plexus de la périphérie eorlicaie, dont elles déterminent ainsi la stimulation incessante.

IV. a. Les impressions dolorifères propagées vers les régions de la périphérique cérébrable, éveillent dans Tentendemeot l'idée de nocuité, en rapport avec les causes qui les ont suscitées. Elles se généralisent trèS'Hrapidement, et agissent en quelque sorte d'osé façon spécifique, en retentissant principalement dans les régions

(i) Dans un cas de ce genre^ dont robserralion a été recneilBe par iioitS4iéflK, la sensibilité était tellement altérée, qoe la malade n'arait noRemeat coinihMnff d'énormes escliares qui «raient détroit one portion de la peaa de la r^ioii SKrée.

mpRESsiOKs srasiTiim. 819

qfri sont le siège de l'activité affective. Elles ne paraissent pas oltérieurement appelées à jouer un rôle considérable dans les diverses opérations de Tentendement : leur intermittence, dans leur moment d'apparition, pourrait assez bien rendre compte de celte espèce d'infériorité qui leur est propre, sous ce rapport.

h. Ltô impressions tactiles^ au contraire, envisagées en ellesmêmes, fournissent à l'esprit un certain nombre de notions peu abondantes, il est vrai, mais très-précises, sur les diverses qualités des corps extérieurs. Les idées secondaires auxquelles elles donnent naissance, ne sont le plus souvent que des réactions consécutives de l'entendement; la mémoire y joue le plus souvent un rôle prépondérant. Elles sont, en effet, les seuls maté* riaux à Taide desquels nous établissons nos jugements sur les dimensions et l'état de la surface des corps extérieurs, sur leur mouvement, leur degré de sécheresse et d'humidité^ et leur température, etc.

Ainsi, lorsqu'on objet est en contact avec une région queleonque de notre t^ment cutané, et que la pulpe de nos doigts s'y promène sans discontinuité, pendant un certain temps, nous jugeons par la durée de ce contact, des dimensions de Tobjet en surface.

Lorsque la surface d'un objet est recouverte d'une multitude d'aspérités, et que nos doigts, appliqués^ nous transmettent une série de sensations tactiles multiples, même sans avoir vu Fobjet, nous jugeons que cette surface est rugueuse et irrégo- Kère. Inversement, lorsque leur pulpe ne rencontre aucune aspérité, nous induisons, par cela même, que cette surface est plane ou polie. C^est ainsi, qu'en Tabsence de la coopération des sens de la vue, nous arrivons, bornés aux seuls renseignements de DOS impressions tactiles, à reconnaître une étoffe de velours, de soie, de satin, etc.

Lorsqu'un objet touche successivement différents points de notre surface cutanée, nous jugeons que cet objet est en mouvement; lorsque ces changements de position se font dans un sens ou dans l'autre, nous en concluons la direction suivant laquelle cet objet se meut; c'est ainsi, comme le fait observer Landry (1)*

(i) Landry, Paralyiiet^ p. 100.

qu'un chatouillement qui change de place, donne Tidée de moimment; et que, s'il se présente avec certains caractères familiers à tout le monde, on peut Tattribuer i un insecte, ou i une mouche marchant sur la peau.

Les impressions tactiles ne fournissent pas à elles seules i l'entendement tous les matériaux qu'elles semblent lui apporter tout d'abord. Leur rôle intrinsèque, assez borné d'ailleurs, est multiplié par l'intervention d'une autre source d'impressions périphériques : ces impressions nouvelles et supplémentaires sont celles qui dérivent de la notion, vague il est vrai, de l'activité de tel ou tel département de notre système musculaire. Ce sont elles qui, transmises au sensorium a l'aide des fibrilles ascendantes des faisceaux postérieurs, associent leur témoignage aux notions foivnies par les impressions tactiles, enrichissent leur apport, et font que l'entendement, dans les jugements ultérieurs qu'il porte sur le poids, la résistance des objets extérieurs, etc., associe auto* maliquement, et confond dans une résultante unique, deux sources d'informations dissemblables, et primitivement séparées, dans les régions périphériques du système nerveux.

Lorsqu'en efTel nous disons d'un corps qu'il est lourd, noos traduisons à notre insu, la quantité d'efTort musculaire nécessaire pour le soupeser ou le déplacer ; et lorsqu'en voyant un objet connu, nous hésitons à nous en charger, c'est que la notion d'eiïort musculaire, employé précédemment dans une circonstance semblable, survivant dans la mémoire, nods donne l'idée actuelle de Tetfort qu'il faudrait de nouveau accomplir (1). De même, lorsque nous disons d'un corps qu^il est mou, qu'il est résistant, nous n'exprimons pas seulement une simple impression de contact, mais Tiinpression complexe, qui résulte pour nous de ce que l'objet s'est laissé déprimer sous l'influence de notre pression, ou bien quil a résisté.

Enfin, dans l'appréciation du volume et de la solidité des

(1) U est un certain nombre de personnes, comme le Tait observer BécUrd, qVf au point de vue de la précision qu'éveille dans leur esprit la notion de force mi»culaire employée pour soulever un poids donné, acquièrent une telle babitndeyqv* 5 grammes près, elles peuvent, sans se tromper, apprécier le poids d'un corps ten dans une main^ et par conséquent la quantité d'elTort musculaire mise en réqui^tîM pour cet objet. (Béclard; Manuel de physiologie,)

IMFESSSIOIfS SENSORIELLES GOMSUENTES. 321

"pE, la vue et le toucher combinés ne nous fournissent parèinent que des renseignements insuffisants. C'est encore Tintervenn de nos muscles qui joue ici un rôle principal, et nous permet irriver ainsi a une appréciation exacte. Nos doigts, nos mains, s bras, transformés en appareils actifs de palpation et de prében- «1, vont automatiquement explorer, presser, tâteren tous sens, ; faces et les arêtes des objets à connaître ; ils les soulèvent, > ébranlent, ou les font simplement osciller; et de cette série de >Qvements combinés et successifs, transmettent à l'entende* mt des notions nouvelles, qui enrichissent en les multipliant les lions de la sensibilité tactile.

Les impressions spéciales, propres à l'appréciation de la temraturai paraissent probablement aussi être transmises au senrium par une série de conducteurs centripètes spéciaux. Elles mblent devoir être, dans certaines circonstances, isolément abo« s ou isolément respectées. Elles constituent, du reste, une série I phénomènes encore trop peu connus, dans leur mode de maniitation physiologique et dans leur mode de propagation cenipète, pour que nous y insistions. Peut-être ces conducteurs léciaux des impressions calorifiques interviennent-ils dans les Mions d'humidité et de sécheresse, que nous transmettent les IKrents corps extérieurs? Peut-être ont-ils des connexions itimes avec les libres dolorifères ? Ce sont là des questions li nous paraissent, dans l'état actuel de nos connaissances bysiologiques, complètement insolubles-, nous renvoyons, du 9rte, aux excellentes pages que Landry a consignées sur ce point los son Traité des paralysies.

G^est ainsi qu'en réduisant à leur juste valeur les données iverses fournies à l'entendement par chaque catégorie d'impresions sensitives en particulier, nous arrivons à reconnaître com* lien la sensibilité en général est une faculté complexe, et de Mibien d'éléments multiples elle se compose.

Ainsi, tandis que nous voyons les fibres les plus postérieures to faisceaux latéraux transmettre au sensorium les impressions doaloureuses, et éveiller à leur suite dans Tentendement, la notion

^ nocuité des corps extérieurs qui les ont provoquées ; nous

voyons, d^un autre côté, les libres latérales, placées en avant des

LUTH. 2i

822 IMPRESSIONS SBNSORIBLLKS CORSCIBITIS.

précédentes (destinées vraisemblablement à la transmission des impressions tactiles), susciter, une fois arrivées dans Tentendemeat, des modifications spéciales, en rapport avec les corps extérieurs qui les ont ébranlées, et fournir ainsi les éléments des jugements que nous portons sur l'étendue et Tétat de la surface des diBérenti corps, etc. D'un autre côlé, les fibres des faisceaux poslérieun de l'axe spinal viennent encore apporter à cette série de rensdgnemenls des données supplémentaires : celle de ractivité de nos muscles, de la résistance qu'ils surmontent, et des efforts qu'ib supportent, tandis que les fibres conductrices des impressions calorifiques nous mettent en rapport avec l'état de la tempéra* ture des corps ambiants.

Ces impressions variées, empruntées isolément à des soorees bien dissemblables, arrivent donc toutes, en définitive, dans les régions supérieures du système nerveux. Elles se superposeat en quelque sorte dans l'entendement, se combinent entre ellesiet se prêtent un mutuel appui, en se renforçant et en se multipUaot les unes par les autres.

§ 2. — loipreMrtôWi opttf— .

Les impressions optiques conscientes sont recueillies avec leurs congénères excito-motrices, à la surface de la périphérie rétinienne. Elles sont conduites, après s'être enlrecroiséijs en partie avec les fibres centripètes optiqueSf au sein des réseaux de cellules ganglioimaires, des corps genouillés internes et externes. A partir de ce point, elles sont directement irradiées vers les centres moyens de la couche optique du côté correspondant (1), i l'aide d'un système spécial de fibrilles blanches étalées en éventail, et

(1) U est à noter 1* que les fibres optiques^ comme toutes les fibrei i qui sont en relation plus ou moins directe a? ec les phénomènes cérébrinx, siat insensibles aux irritations mécaniques : peut-être cela tient-il à Ce qu'U n'y a pis a milieu de téritables fibres dolorifères; 2^ que si la substance grise des cocpi genouillés parait recevoir simultanément des impressions optiques directes fl entrecroisées^ néanmoins le contingent d'impressions optiques, irradiées ultérieutment vers les lobes cérébraux, est uniquement direct, s'il faut en juger par lu expériences du physiologiste. On sait en effet que l'ablation d'un lobe céréM entraine la perte de la vision, dans l'œil du côté opposé : ce qui impUqne qit toutes les fibres optiques conscientes exclusivement céréales sont entrecroisées (expériences de Flonrens)| voyes plus loin.

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