‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 2)Chapitre 69 sur 141 · IMPRESSIONS OPTIQUES. 82S · texte numérisé non relu

IMPRESSIONS OPTIQUES. 82S

^t nous avons précédemment indiqué la direction et les rapports |piWe78).

. Les centres moyens sont bien, ainsi que nous Tavons noté déjà (page 20A), les points de concentration des impressions optiques. Outre la provenance spéciale des fibres directes qui viennent s'y distribuer, et qui attestent ainsi la destination qui leur est propre^ Sexiste un certain nombre de faits pathologiques (1) qui montrent qu'une altération de cette région limitée de la couche optique a été suivie de perte de la vision. Serres a signalé un cas de ce» gwire (2).

Ces centres moyens reçoivent, comme les précédents, une lérie de fibrilles afférentes, qui leur apportent des impressions optiques recueillies à des sources dissemblables.

En première ligne, ce sont les fibres sensorielles par excellence, inndiées directement de la substance grise des corps genooillés; pins viennent les fibrilles obliquement ascendantes, émergées des réseaux gélatineux des tubercules quadrijumeaux (pi. III, fig. 1 [15, 15']), lesquelles sont interposées commodes traits d'union, eotre la sphère de l'activité automatique et celle des impressions tonscienies; puis enfin viennent les fibrilles grises, qui aboutissent misemblablement dans les régions de substance grise qui sont en mtinuité de tissu avec la substance même du centre moyen.

Il résulte donc de cette convergence vers un point commun im diverses espèces d'impressions optiques, que ce centre moyen Otti^tique devient à son tour un foyer de diffusion d'impressions Mksorielles, irradiées incessamment, pendant l'état de veille, vers certaines régions de la périphérie corticale. Ce sont elles qui deviennent ultérieurement une des sources les plus fécondes auxfielles s'alimente Tactivité des cellules cérébrales; qui, par leur Mimulation incessante, les tiennent en quelque sorte, pendant toute ta durée du jour, continuellement en éveil (S), et qui, bien <ffiérentes des impressions sensitives qui rattachent l'homme à

(I) Yùjet plus loin le chapitre relatif aux lésions de la couche optique.

(3) t Lt masse^ dit-il, de la couche optique parait être le foyer de la vision chez

l^lMmie, encore n*y concourt*elie pas en entier... La vision n*est perdue que

t hrifae la désorganisation pénètre au niveau du point de départ de la commissure

^ ••Se. Cette commissure parait être la limite de ce sens, d'après les faits que f ai

linrvét. » (Serres^ Ânaiomiedu cerveau^ Paris, 4827, t. il, p. 707 et 708)

(3) U est à noter qoe les régions des centres optiques où sont les centres moyens,

32ft IMPRESSIONS SENSORIELLES CONSCIENTES.

la réalité des objets quMl touche, le transportent, aa contraire, en quelque sorte en dehors de lui, et étendent ainsi son domaine à l'infini.

Une fois qu'elles se sont disséminées au sein des réseaux des cellules corticales, les impressions optiques {:on5Cf>n/e5 y fournissent, de même que les impressions de la sensibilité générale, deux catégories de notions bien distinctes.

I. Les unes sont simples, spécifiques, et irréductibles; ce sont les notions que nous avons sur la coloration des corps.

II. Les autres sont complexes, perfectibles, et le résultat roédiit d'une certaine participation de Tentendement a leur élaboration: telles sont les notions que nous acquérons sur la distance, réloignement et la dimension des objets.

I. Les impressions optiques de la première espèce (comparables aux notions brutes que nous donnent les impressions tactiles relativement à Télat rugueux ou poli de la surface des corps) ne sont que le résultat de la manière d'être spéciale, dont les extrémités nerveuses périphériques sont impressionnées par les ageots extérieurs : les notions de couleur ^ qu^elles suscitent après elles, sont, en effet, des notions simples, et irréductibles en d*aatres impressions équivalentes. Elles ne peuvent éveiller dans l'esprit

sont précisément celles daus lesquelles les fibres commissurantes jouent le rékk plus important : les fibres grises transversales qui serrent ainsi à coigagner eei dm amas bilatéraux de substance grise sont incontestablement les agents priBetpiix et Tunité des impressions visuelles (pi. XIII, fig. 1 [8], et pi. XVII, fig. i).

II est encore bien intéressant de constater la richesse des moyens cornniMrants attribués aux impressions optiques. En eflet, outre les fibres arcifomes fo paraissent relier entre elles, au niveau du chiasma, la substance grise des àea. rétines (pi. XV, fig 6), il existe probablement un certain nombre de fibres hMs»logues, servant à commissurer celle des corps genouillés. Les réseaux gélstiieix des tubercules quadrgumcaux sont rendus solidaires d'un côté i Fautrr, à l'ai^ d'un système spécial de fibres arcifornics ; les centres optiques sont coigugiiéf ptrrdlement entre eux; enfin, les régions périphériques corticales, dans lesqneOei cfl mêmes impressions optiques, au dernier terme de leur parcours, sont disséminéei, 9tà pareillement commissurécs d'un coté à Tautre. II est bon de rappeler, enfli^qs^ ^ substance grise spinale, qui borde les parois de Taqueduc de Sylvius, et qni eft M connexion avec celle des tubercules quadrijumeaux, se trouve vraisemblableacst i reliée ù l'aide de fibrilles grises aux régions homologues du centre optique (pl- ^ ! fig. 3 12] j. !

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aucune idée similaire, lorsqu'elles n'y sont jamais enlrées, et y laissent une empreinte spécifique qui y resle gravée. Une fois qu*elies y ont été déposées elles demeurent stationnaires^ sans éveiller à leur suite aucune réaction des cellules de la substance corticale ambiante» qui ne sont appelées ni à les compléter, ni à les amplifier, ni à les multiplier, en les associant à d'autres impressions congénères. Elles sont, en un mot, pourvues de caractères qu'aucune autre impression sensorielle ne possède, mais en revanche, elles sont complètement réFractaires à tout travail de transformation. Quand nous disons, en effet, d'un corps, qu'il est bleu, rouge, jaune, nous en restons là, nous n'en tirons aucune induction secondaire : nous n^exprimons ainsi qu'une impression, une et simple^ qui frappe le cerveau d'autrui de la même manière que le nôtre est impressionné; et sans essayer de vouloir faire Panalyse d'une impression simple et indécomposable^ nous ne cherchons pas plus à y découvrir des impressions sousjacentes, que nous sommes tenté de rechercher des molécules dissemblables dans l'analyse d'un corps que nous repu tons simple (1).

II. Il n*en est plus de même lorsque nous nous prononçons sur la distance, la forme, Téloignement, les dimensions et les mouvements des corps extérieurs : il y a dans les jugements que nous portons dans ces circonstances, une intervention active et immédiate de l'esprit, qui, à propos d^une impression présente, associe des impressions anciennes confiées à la mémoire. Il les compare, les confronte et les combine, pour en former une notion unique, qui est la résultante d'une série de notions isolées, et devient ainsi renoncé d'un jugement définitif.

1* Lorsque nous nous prononçons sur la distance et l'éloignement des objets extérieurs, nous ne faisons que d'ajouter et de combiner entre elles deux séries d'impressions sensorielles qui

(1) Cette aptitude si caractéristique que nous possédons^ de pouToir apprécier les divenes 04>loration8 des corps, peut être isolément atteinte* ; Siokalski, qui t'est occupé de rassembler des faits de ce genre, établit plusieurs catégories d'individus ainsi affectés. Les uns ne distinguent que le blanc et le noir; d'autrrs^ le Uanc, le jaune et le noir ; tandis que d'autres n'ont pas la notion de la couleur roofe; il en a ^u encore qui ne distinguaient que les cinq couleurs primitives, et qui étaient incapables de reconnaître les couleurs composées {Archives âe médecine ^ iSâl, t. Xn, p. 407).

nous viennent de sources différentes, et qui, habituées dès Fen* fance à marcher de conserve^ se prêtent un mutuel appui.

Ce sont, dans ces cas» les impressions conscientes d'une part, et d^une autre part, cette autre série d'impressions indirectes qoii irradiées de la sphère automatique des réseaux gélatineux des tubercules quadrijumeaux, s'associent dans une action commuMi de la môme manière que nous avons précédemment vu les impressions purement tactiles, et celles qui résultent de Tactivilé de certains groupes musculaires, concourir par une action simultanée, à nous donner la notion précise de la résistance et de la grafité des objets extérieurs.

L'œil, ainsi que nous l'avons indiqué déjà, est un véritable appareil d'optique qui règle de lui-même les conditions de son jea : il s'accommode non-seulèment aux diverses situations d'un même objet dans l'espace, mais encore à une série d'objets, les on après les autres, dans les différents rapports d'emplacement quib affectent entre eux : si cette admirable aptitude, en vertu de laquelle il se met de lui-même dans les meilleures conditions pour que les impressions conscientes destinées à alimenter l'activité des cellules cérébrales, arrivent à leur destination avec le maximum possible d'éclat, d'intensité et de précision ; si cette aptitude, disons-nous, se développe automatiquement ^ et sans que nous en ayons une notion précise, il ne s'ensuit pas que les dims actes par lesquels elle se décèle, soient complètement tnconsa^yi^. Il arrive, en effet, au sensorium (au centre optique) une série d'impressions spéciales, qui traduisent les divers états de la sphère automatique, et transmettent ainsi indirectement la notion de rétat d'activité de nos muscles accommodateurs de l'œil et des efforts coordonnés qu'ils accomplissent, pour s^adapter successivement aux différentes situations occupées par les objets extérieurs. C*est ainsi qu'en interprétant cette notion vague et confuse, en la comparant aux données homologues anciennement coo6ées à la mémoire, nous arrivons a juger approximativement desdi« verses situations occupées par les objets dans Tespace.

Il est juste de dire que cette notion obscure de Tactivité de nos muscles accommodateurs de l'œil ne suffit pas à elle seule pour nous faire arriver à un pareil résultat : d'autres notions viennent encore se surajouter, et en multipliant nos sources de renseigne*

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