‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 2)Chapitre 70 sur 141 · IMPRESSIONS OPTIQUES · texte numérisé non relu

IMPRESSIONS OPTIQUES

ments, donner en même temps des gages de certitude et de précision à notre jugement. C'est ainsi que l'état de clarté plus ou moins vive des objets extérieurs sert pareillement à nous guider dans nos appréciations des distances; nous savons par expérience qu'un objet est d^autant plus éclairé qu'il est plus rapproché de nous, et que la netteté avec lequel nous le voyons diminue avec la dislance ; nous sommes, par conséquent, ame^ nés, par le fait même du degré de l'intensité des impressions visuelles auxquelles il donne naissance, à induire qu'il est éloigné ou rapproché de nous ; il y a encore là une action réfléchie d Tentendement, qui met à profit, à propos d'une impression présente, des notions antérieurement acquises.

Cette merveilleuse aptitude que nous possédons ainsi de pouvoir embrasser d'un seul coup d'oeil les divers objets qui frappent notre vue; de savoir en même temps que chacun d'eux est échei* lonné sur difierents plans, qu'ils occupent des situations dissemblables entre eux, nVst pas une faculté congénitale, comme celle qui nous permet d'apprécier les couleurs ; c'est une faculté acquise, qui résulte d^un patient apprentissage, et d'une longue habitude contractée dès Tenfance. L'enfant qui commence, en effet, à ouvrir les yeux, n'a devant lui qu'un spectacle confus; sa rétine, comme one glace polie, reçoit indistinctement les impressions lumineuses ambiantes, quelles qu'elles soient; et, comme à propos de chaque objet, son esprit n'a pas encore attaché la notion des distances, il en résulte que chacun d'eux l'impressionne d'une manière égale : il veut saisir tous ceux qui sont autour de lui, et porte les mains vers les plus éloignés.

L'homme adulte même, une fois quMl est sorti de son milieu habituel, et que les objets qui l'environnent ont changé, devient inhabile à Tappréciation exacte des distances. Qui ne sait combien les marins, les habitants des montagnes possèdent, sous ce rapport, des aptitudes spéciales, qui surprennent si souvent les habitants des villes !

2* Les jugements que nous portons sur les dimensions des eorps, sont encore le résultat de notions antérieurement acquises» conservées à l'état de souvenir, et évoquées à propos d'une impression visuelle présente.

328 i:ui'Ri!;ssio»s sbnsouiclles conscientes.

Deux objets de dimensions Irès-inégales peuvent impressionner une même portion de notre rétine, et être vus sous an même angle ; nous ne parvenons à les isoler et a les différencier, qu eo faisant préalablement intervenir la notion de distance, ou bieo en les comparant aux objets extérieurs dont les dimensions nous sont connues.

Il n^en est plus ainsi quand il s'agit d^études microscopiques : les mêmes objets s'amplifient, en effet, à mesure qu'on les examine avec des grossissements différents, de sorte qoMl vient un moment où un globule de sang, par exemple, occupe sur la rétine la même place qu'occuperait dans les conditions habituelles de la vision, un pois ou une lentille. Ici ce n*est plus la notion de distance qui intervient, c'est le micromètre dont les divisions ne sont pas amplifiées (alors que l'image se modifie), et qui suflSt à établir ainsi ses rapports avec les mesures usuellemeDt employées.

De même, lorsqu'à Taide d'un seul œil nous essayons, en regardant à travers un cylindre creux, d'apprécier les dimensiom des objets extérieurs, nous ne le faisons qu'avec une certaine lenteur et une certaine hésitation, parce que ces objets étant vus isolément, sans l'interposition des corps intermédiaires qui forment la chaîne entre eux et nous, nous nous trouvons ainsi privés de l'appréciation de leurs rapports réciproques.

&"" Les jugements que nous portons sur l'étal de mouveoient des corps extérieurs, sont pareillement le résultat de notions autrement acquises, ayant provoqué de la part de Tentendement un certain travail d'élaboration à leur suite. Ces jugements sont puisés à deux sources d'informations, ainsi :

Quand les objets se meuvent dans le sens transversal par rapport à Taxe optique, et que nos yeux suivent automatique^ ment le déplacement de leur image sur la rétine, les muscles rotateurs de nos globes oculaires entrent successivement en action. La. notion des mouvements coordonnés qu'ils effectuent, et des efforts qu'ils accomplissent, se trouve transmise au sensoriwn^^ entraîne à sa suite celle du mouvement du corps, et celle de h direction du mouvement.

Il n'en est plus ainsi lorsqu'il s'agit d'apprécier les déplace

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