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DE LA MOTRICITÉ VOLONTAIRE

Dans Pexomen que nous avons fnit jusqu'ici des principales fonctions du cerveau, nous avons examiné successivement les diverses impressions sensorielles ((ui on constituent le fond com-

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mun, au point de vue de leurs qualités intrinsèques, de leurs rapports, et de leur influence réciproque; il nous reste actueU lement, a passer en revue cette seconde catégorie de manifesta* lions, en vertu desquelles le cerveau qui conçoit, révèle au dehors le produit de sa conception^ et projette extérieurement l'expression de son activité interne. Nous voulons parler des phénomènes de motricité dont la substance corticale est le siège exclusif» et en même temps le point de départ,

I. Il résulte de Tétude analytique que nous avons faite des divers éléments constitutifs de la substance grise corticale, que nous avons été amené à considérer la zone des grosses cellules qui occupent ses couches les plus profondes, comme étant la repré-* sentation de la substance grise des cornes antérieures de l'axe spinal, et le subsiratum organique particulièrement affecté à la manifestation des phénomènes de la motricité cérébrale (pi. XXv fig. 4).

Nous avons établi d*un autre côté, que les fibres des faisceaux spinaux antérieurs, qui représentent la série des conducteurs descendants, interposés entre la substance grise du corps strié et les divers noyaux d'origine de nerfs moteurs, allaient se distribuer d'une manière isolée et indépendante au milieu de cette même substance grise du corps strié, sous formo de trois cônes emboîtés, formant des arcades concentriques, etc. (pi. I, fig. 3 [2]; pi. lil, fig. 2); que si Tarcade la plus externe, représentait l'ensemble des fibres destinées à provoquer Tactivité des racines motrices appartenant au tiers inférieur du corps (aux membres inférieurs en particulier) (pi. I, fig. 3 [9] ; pi. III, fig. 2 [8]; et pi. XXIV et XXXII), l'arcade moyenne, Tensemble des fibres destinées aux racines motrices des régions intermédiaires (aux membres supérieurs en particulier) (pi. III, fig. 2 [6], et pi. I, fig. 1 [8]), nous nous trouvions amené à considérer Tarcade la plus interne comme étant le total de toute cette série de fibres spinales antérieures, conduisant l'incitation motrice volontaire aux noyaux des fibres radiculaircs antérieures, du tiers supérieur du corps (aux fibres qui font mouvoir la langue, la glotte, la lèvre, les joues, etc.) (pi. XXXII [8, 8']; pi. I. fig. 1 [2, 7], et pi. III, fig. 2(3, 4,5]).

S7I TOÉORIB DK8 FONCTIONS DU CSRVBill.

Nous avons indiqué enfin comme complément, que cette sub* stance grise du corps strié, dans laquelle viennent se répartir» dans un très-petit espace, les éléments nerveux destinées i provoquer des manifestations multiples et indépendantes à U périphérie, était pareillement reliée à la substance grise corticale» à Taide d'un système de fibrilles convergentes parfaitement déUmité (fibres cortico-striées, pi. I, fig. 2 et 8); que ces fibres spîroldes, à origines douteuses encore au sein de la substance corticale, étaient les seuls traits d^union entre elle et celle du corps strié; et qu^elles constituaient, en quelque sorte, les premiers anneaux de la cbalne d'éléments nerveux conjugués qui rattachent les œlluies de la périphérie cérébrale d*oii partent les volitions^ à la fibre musculaire qui les traduit et les exprime.

Tels sont les principaux appareils nerveux dont nous alloos successivement avoir à envisager le rôle physiologique, soitd*uDe manière isolée, soit au contraire d'une manière synthétique.

IL Nous avons déjà étudié les diverses manifestations motrices qui s'opèrent à Taide des éléments spinaux proprement dits; nous examinerons plus loin, à propos des phénomènes de Tinner vation cérébelleuse périphérique, 'les fonctions isolées des fibres spinales antérieures; nous devons examiner actuellement les quelques points qui touchent aux origines probables des fibres cortico-striées (pi. I, fig. 2 [1, 3, h]).

Nous avons signalé l'obscurité profonde qui règne encore dans notre esprit, au sujet du nK)de de groupement de cette catégorie si spéciale d'éléments nerveux; nous sommes seulement, au noo de Ifa seule analogie et i défaut de recherches expérimentales précises, disposé à admettre qu'elles proviennent prebablement des prolongements profonds des grosses cellules (pi. XX, fig. i [1], fig. 9), vis-àrvis desquels elles semblent être dans les mêmes rapports que les fibres des racines antérieures, vis-a-vis des grosses cellules d'où elles tirent leurs origines (pU XIX, fig. 1 et S); qu'elles émergent de la périphérie corticale par groupes isolés, qu'elles y ont une circonscription d'émergence limitée, qu'elles représentent d'une manière concordante, en formant trob groupes principaux, les trois divisiops des fibres spinales antérieures (pi. I, fig. 3 [2]); et qu'enfin, il existe h la périphérie

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corticale des localisatiens dislinetes, d'où ces fibres cortico-striéea soatirent isolément leur principe ineitateur.

Ceci posé, nous sommes donc porté a considérer comme trèsvraisemblable : que les fibres cortico-striées destinées à entrer médiatement en conflit avec les fibres de Tarcade interne du corp3 strié, proviennent des régions cérébrales antérieures (pi. I, flg. ^ [1, 6, 2, 7]), par cela même que les lésions qui intéressent ces régions du cerveau sont précisément celles qui tarissent le plus souvent les sources d'incitation motrice volontairfB, destinées à susciter Vactivité des muscles de la phonation et de Tarticulalion des sons ; que les fibres corlico-slriées, qui conduisent le principe ineitateur des mouvements volontaires destiné à susciter faclivité des musclas du tiers moyen du tronc, émergent (d'une manière ioeomplétement précisée jusqu'ici) , des régions moyennes et supé^ ricures du cerveau (pi. I, fig. 3 [3, 6, 8]); et qu'enfin, par une sorjLe 4'çxfilifsiQp, Ael)p§ qyj Uppnpnt §ou5 leur dépei^d^nce ).§ (Uamlatioi) vplontairid iles miuscles du tji0r$ inférieur du porp^, sont probablement réparties à leur origine, vers les régions postérieures delà périphérie corticale (pi. I, fig. 1 fâ, 9]) (1).

(I(. NpjLis vqyons donc ainçj, d*après félude analytique des princîfMiux appareils nerveux qpi sont en rapport avep les phépo*

<i) Nou5 dcTons faire remarquer à ce propos^ que le stimuhM de la volition detUné i sasciter mëdlatement T activité de» muscles du tiers moyen et du tiers inférieur an corps, au moment où il part des régions corticales qui Télaborent, est parfaitement indépendant pour chacune de ses régions d'émergence, dans chaque béoiisphère. Noua mouvons en effet, notre bras, notre jambe gauche, sans que noire bras droit et notre jambe droite, soient entraînés à la suite de ces mouvement^ volontaires. Dans ces cas Taction isélée du stimulus volontaire rencontre dans les memhres et les appareils musculaires périphériques, une indépendance complète, qui est la représentation de l'indépendance analogue des régions centraloe d'où il est projeté.

Ces conditions sont tout à fait différentes, lorsqu'il s'agit au contraire des ap« pareils musculaires du tiers supérieur du corps : les muscles glotttques, pharyngiens^ linguaux, labiaux, etc., sont tous, ceux du côté droit et ceux du oMé gauche^ associés ensemble dans une action commune ; leur indépendance unilatérale a cessé d'exister : aussi, le sHmuins volontaire qni les met en mouvement est-il pareillement double à son point de départ. C'est en vertu d'une action sÎBiultanée et concordante en effet, des régious homologues des lobei antérieufs^ que aoof pouvons ainsi produire des manifestations motrices bHatiralei à la périphérie «t»

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mènes de la motricité; que ces phénomènes, à mesure qu'ils se produisent, rencontrent un substratum organique qui les trans* forme et les renforce, et que, Tac te de la volition, depuis son point d^émergence au sein des réseaux de la substance corticale jusqu'à sa manifestation ultime, dans la contraction du muscle qui le traduit, parcourt en évoluant ^une série d'étapes successives qui le mettent de plus en plus en rapport avec des appareils organiques destinés à le transformer et a Tamplifier.

Lors de sa première manifestation, le stimulus de la volitioo n'est en quelque sorte qu'une propagation médiate de l'ébranlement subi par les petites cellules corticales» et une réflexion de leur activité propre sur la zone des grosses cellules profondes (pL XX, fig. A et 3) . Ce stimulus ainsi réparti est propagé i l'aide des fibres cortico-striées jusqu'au sein de la substance grise du

parfaitement équilibrées entre elles. Il faut que les commissures soient assurément bien multipliées et bien parfaites entre ces deux régions cérébrales^ pour qa*uBe incitation primitivement bilatérale se résume ainsi en une résultante oniquey et que les portions droite et gauche de cette série d'appareils musculaires coiûuguff ainsi sur la ligne médiane soient incitées d'une sonune d'influx également répartie à droite et à gauche !

C'est dans ces conditions qu'il faut rechercher, croyons-nous, Tcxplication de certains phénomènes de physiologie pathologique, relatifs à la succession des mon- Tements de la langue chez certains hémiplégiques.

Chez l'individu, dont une portion d'un lobe antérieur, eu effet, vient d'être désorganisée d'une manière subite, par une hémorrhagie, par exemple; il en résulte des troubles immédiats du côté de la musculation volontaire de la langue. On peut supposer, dans ce cas, que par suite de la lésion d'un hémisphère cérébral, la sonune d'influx que cet hémisphère envoyait aux muscles linguaux du côté opposé, venaat ^o facto à être tarie, l'hémisphère resté sain doit redoubler d'eflbrts, et agir comme deux, pour arriver à provoquer quelques sons articulés voulus.

Il faut encore, que cet influx supplémentaire qu'il répartit à la périphérie, soit assez puissant pour mettre en mouvement, non-seulement les muscles qu'il incite k l'état normal, mais encore que ceux-ci aient assez de force effective en eux-méroes, par entraîner les muscles congénères paralysés avec lesquels ils sont inditioiuhiement associés y et qui représentent un fardeau inerte qu'ils doivent inccssammett soulever dans leurs évolutions multiples. On pourrait encore se demander, s'il n'j aurait pas des aphasies (avec paralysie des mouvements de la langue) dues à os mécanisme analogue, c'est-à-dire à une sorte d'asthénie de rincitaUon cérébrak; et si dans d'autres circonstances, les muscles du côté paralysé, en proie à lUK contraction passagère, ne pourraient pas, par le fait même de cet étal morbide, oeo* fraliser les efforts de la portion du tissu musculaire lingual respectée, etc..

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