‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 2)Chapitre 77 sur 141 · DE LA VOLITION · texte numérisé non relu

DE LA VOLITION

corps strié (pi. I, lig. 3 [1, 3, A, 6], et pi. IV, ûg. 5 [ft, g]). Les cellules du corps strié réagissent à leur tour, et de leur réaction secondaire, part une incitation motrice descendante d^une nature nouvelle qui, par Tintermédiaire des fibres spinales antérieures (pi. III, fig. 3 [6, 7, 8, 9], et pi. IV, Qg. 6 [/]) commande immédiatement la mise en activité des divers groupes échelonnés verticalement, des cellules motrices de Taxe spinal (pi. IV, fig. 5 [4], et pK III, fig. 2 [9,10]).

C'est ainsi, que par une série de phénomènes successivement enchaînés, le stimulus de la volilion, loin de s'épurer comme les impressions sensorielles, et de se spiritualiser en quelque sorte eomme elles à mesure qu'il se rapproche des régions centrales du système nerveux, passe au contraire dans son évolution centrifuge, par une série de phases inverses; au début, il n'est représenté que par une modalité spéciale de la sphère de Tactivite psychique; peu à peu il se transforme, se matérialise^ entre en conflit avec des cellules douées de propriétés dynamiques dissemblables (cellules du corps strié, cellules de Tinnervation cérébelleuse, pi. IV, fig. 5 [g, k]); et arrive dans sa période de décours, multiplié et transformé par Tadjonction d'éléments adventices, à n'être plus qu'un des excitants multiples qui suscite la mise en activité des cellules antérieures de Taxe spinal.

§ l*'. — Se to ▼oUltoB.

Étudié en lui-môme à son moment d'émergence, le stimulus delà volition ne représente en définitive qu'une impression sensorielle antérieure transformée, qu'elle soit juste, qu'elle soit fausse, qu'elle soit passée ou actuelle. C'est donc un phénomène seconr daire de l'activité cérébrale, doué d'un caractère subordonné^ et lié plus ou moins intimement, à l'arrivée préalable des impressions sensorielles, et aux opérations de jugement qu'elles entraînent à leur suite.

Ainsi élaboré et réparti, dans les zones les plus profondes de la substance corticale, il ne se présente jamais, à partir du moment où il est projeté vers la substance grise du corps strié, sous la forme d'un influx à courant continu; c'est une réaction

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fagilive^ passagèfcf, qui {irocède par saccades, et qifi ne dépense que successivement la quantité nécetoalre d*influx onlértèifreinent accumulé. Lorsqu*en effet je meus thoA bras, il y à là iiii act^ ToloDtaire qui, tout spontané qa*il paraisse^ n'en è^' pas iholM uh phénomèiie seeondAlre, côniéfcuiif à là ncHlônf hiohêtienté tffctitité musculaire, qui m'indic|ue ejùé je puis àecortitilif ce ftiouvemènt; l^inflùt de la volitioh plart dorie de la péKphériede mon cerveau, et va, comme une sorte de ëotH'àn^ (nslfcntané, ébranler certaines cellules du corps strié, lesquelles, à leur suite, mettent médiatement en action le» appareils spinaux (|tri président aux mouveihenls d'élévatioti du bras, etc. ; fiHiis Teffel étant produit, Finflux cesse d'être transmis^ el mon brM retombe, â Bioins que je ne veuille le maintenir dana cette position ; cas dans kquel c'est Fatteiition seule qui joue^ le premier r^, k défadt de l'acliom slimulatrice de la voliiion qui s'effiice (I).

Si le jugement èsl l'opération ta ^lus pifrfecliorrMée de raeiN Tité cérébrale, et le critérium te pliis fidèle qui fiotiîi permette d'apprécief l'harmonfe dti fonctie^nefriènt des difRSt^ts appareils qui entrent soccedsîtcment en aetiori, l'aete dd iamifiéUi qiii aiiit une opération du jugentén/t, ei ofui eh é^st eh qticflque sorte là consécration effectif (ftfduité en t>hétomène setftsDblë, implique par cela méfnë le sijgtie le phi^ certain d^ l'éïabo^ ration régulière el judicieuse des impressions sensorielles Wtérieures, cl comme conséquence le parfait état de 5^m/^du cerveau d^où il part. P.euser d'une manière concordante avec les choses de la réalité, juger comme la majorité des autres hommes, rtègîr â l'aidé èé toanlfestatlôtià môtHées l'^^HérëmeHt céordomtées tfvec les icrtt>ressloffis sertsorièlleÈi qui les prdvoquetit; pe*ser sagehneWt, dgîr d'une manière concordante^ rié S(rtit-(?ê jwtt là les deul termes, dans lèsquefls eh tout temps et èri tout lieux, a été cofW^hë et formulée Feftpr'eisioYï de lèl èuptéitré sagesse!

Troubles fonctiofmehi -— Les a<:ites de la volition fr*élMt ifÊ/é la nianireslation extérieure de nos pensées et de nos jugMnent#, il

(1) Nous vfirroos ultérieurement que c'est ridnervatioto cércbelleuie périphé^ifie seule, quij répartie le long de la continuité des fibres spinales antérieures, donne b tohtinuité aux mouvements. commences sous l'influence passagère du stimulus deU

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eti fésciUeque les désordre des actes delà tolitiori impliquent né«cèssalfement )è dés6rdfe dans les idées qui les piroroqoenty comme des conséquence^ èfrrônéèfs ifripliqdent des pi-émisses entachées d'erl-eurs. La déraison de l'espfrit ne prend corps que lorsqu'elM se révèle au dehors par des actes déraisonnables^ et c'est à ce moment que \ aliéné, sorti de la sphère de la réalité, et entraîné par son imagination maladive dans un monde de fictions^ est exposé à traduire en dciés, déclarésf Coupables par la société en dehors de laquelle il vit j l'e^Kpresslôd de ses conceptions délirinles^ La société, quoique le déclarant irresponsable, lance sur lui l'interdiction eh le tneltaril daihs Timpossibilité d'agir, parce qn'ëlle redoute pour elle-mènife les violences tumultueuses suscitées pm son esprit en délire.

Ces malheureux monomaiiidquesa idées de suicide^ qui arrivent à mettre à exécution leurs projets insensés, tfè sont^^ils pas Aes exemples frapparits qui nons montrent comme qvdi les phéncM mènes délai meitrid té volontaire, véritables réactrcfn^ su botdofinééli et automatiques, ^oni doués d'une inhabileté itbeolue à interpréter et à contredire les incitations qâi tes provoquent, puisqu'ils permettent aux individus qui sont ainsi déviés du bon sens, d'ao» complir des actes de suicide, si formellement en opposition airee ces instvhcts dé conservation individuelle, si naturels à tonte créa* tore vivante !

Et d'tine autrie part, combien ne voit-on pas de types d'aliénée qui, se crmant ^iiAgés to rang des potentats dont ils portent avec affectation les insignes, vaquent IranquiHemeiit aux modestes fonctions de balayeurs des cours et des préavx dans lestpjets ils sont renfermés ! Lèêr entendement, incapable de se rendre compte dés impressions de la réalité présente, de les élaborer pc^ la réflexion et de réagir d'une façon toneordantBi reste absctrbè dans le domaine des idées d'imagination, et cesse de révéler att dehors son activité d'une manière régulièrement coordonnée. L'harmonie préétablie ^m associe entre eUet les zdMS cérébrales dans lesquelles les impressions sensorielles véi^tres dtl fffoffde eiF lérieur se résolvent en jugements, et celles d'où |)artéh{ îés îrfcf-f tations volontaires, n'existe plus; si bien que l'aliéné ainsi atteint dans rîBtégrité de ses foivctions intellectueibs, agit «.utremeot qu'il ne pense, par une sorte d'ataxie des opératÎMa e^brolM^

comme le paraplégique ataxique accomplit des aclioos locomotrices en désaccord avec les incitatioDS qui les proroqueni (1), comme dans un autre ordre d'idées, Faiguille affolée d*UDe horloge dont le mécanisme est dérangé, marque d'autres heures que celles qui sont indiquées par la sonnerie. Tant il est vrai que dans Tapprécialion pralique d*un acte volontaire quelconque» au point de vue de la part à faire a la responsabilité morale, c'est toujours au jugement qu'il faut remonter, comme fait initial, et non à 1 acte lui-même pour en apprécier le but et la portée !

Nous avons vu, dans Tétude physiologique des phénomènes propres à Taxe spinal, que les régions antérieures motrices étaient tributaires de sources d'incitation multiples et dissemblables; que certains noyaux d'origine des fibres radiculaires antérieures recevaient leur inilux excito-moteur, indifféremment, de la splièrc de réception desimpressionsoptiques^ moustiques, sensitives, etc., et que ces diverses provocations stimulatrices pouvaient, en certaines cironstances, concourir à la production d'une action synergique (voy. pages 288 et 290). Des phénomènes de même ordre se passent à propos des réactions de la motricité cérébrale : les régions antérieures moyennes et postérieures de la périphérie corticale, d'où émanent des manifestations motrices isolées et indépendantes, sont tour à tour sollicitées par une série différente d'impressions sensorielles qui, parties de points opposés, viennent séparément ou simultanément se concentrer vei-s telle ou telle de ces régions, et provoquer ainsi Tapparition des phénomènes moteurs.

Les opérations si variées et si délicates, que Tintellect accomplit dans Faction de transmettre extérieurement la pensée, soit à l'aide de sons articulés voulus, soil à l'aide de signes écrits, celles en vertu desquelles, dans l'action de lire à haute voix par exemple,

(i) Le paraplégique ataxique, en eflet^ qui, à l'aide de la vue, peut redresaer encore les écarts de ses actes locomoteurs, n'a plus conscience des mouvcmcoU qu'il accomplit lorsqu'il Tient à être plonge dans un endroit obscur. Dans ces circonstances il a perdu en partie la notion exacte du sol qu'il presse sous ses pê$, comme Valiénc a perdu celle des choses qui Tenvironnent : dans l'un et l'autre cas, il 7 a une sorte de paralysie de la faculté d'alw^)rption et d'élaboration des inpressions extérieurts.

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