‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 2)Chapitre 78 sur 141 · DE LA FACULTÉ DU LANGAGE ARTICULÉ · texte numérisé non relu

DE LA FACULTÉ DU LANGAGE ARTICULÉ

nous traduisons à Taide de sons conventionnels des signes graphiques conventionnels concordants, sont autant de preuves accumulées à l'appui des assertions que nous venons d'émettre; elles nous démontrent la difTusibilité des impressions sensorielles au sein de la substance corticale, et leur concentration méthodique possible vers telle ou telle région de cette périphérie corticale, d'où émergent les réactions motrices volon* tairas appropriées.

Nous allons passer successivement en revue les principaux actes fonctionnels qui se succèdent dans les opérations de Tentendement, et qui sont relatifs : l"* au langage articulé; 2*" au langage écrit, et 3** à la traduction vocale du langage écrit.

§ 2. — De la ffacvllé du lancMPe artlealé.

La possibilité d'émettre des sons articulés et voulus, suppose une série de phénomènes enchaînés, s'appelant les uns les autres^ et s*accomplissant à travers les appareils centraux du système nerveux. Elle implique la perception d'une impression acoustique comme fait initial, sa dissémination régulière au sein des réseaux de la substance corticale comme fait secondaire ; une réaction coordonnée de la part du substratum au sein duquel elle est déposée, et, comme phénomène ultime, sa répercussion médiate^ dans une direction centrifuge^ sur les noyaux d'incitation des racines motrices qui tiennent sous leur dépendance Tensemble de muscles spéciaux, destinés à produire une série de sons vocaux articulés et régulièrement coordonnés.

Nous connaissons déjà les premiers actes du processus physiologique, c'est-à-dire la route parcourue par l'impression acoustique depuis sa naissance à la périphérie, jusqu'à sa répartition dans les centres de la couche optique d'abord, puis dans les régions antérieures et postérieures de la couche corticale ^ nous avons même déduit les raisons qui nous portaient à supposer que le contingent d'impressions acoustiques, disséminées dans les régions cérébrales antérieures (précisément dans ce département, d'où un certain nombre de fibres cortico-striées semblent soutirer leur principe d'action), paraissait être celui qui étailplus particulière-

ment en rapport avec les provocations des sons articulés (1) (pi. I,fig. 2et3[l]).

Nous avons d*un autre côlé, indiqué déjà les appareils nenreux (Gbres spinales antérieures de Tarcade interne du corps strié, noyaux d'origine des racines antérieures du facial, du spinal, des hypoglosses) (pi. III, fig- 2 [13, r, 3], et pi. I, fig. 3 [2, 7]), qui tiennent sous leur dépendance l'innervation des appareils musculaires destinés à traduire les impressions acoustiques en signes sensibles (page 291).

Nous connaissons donc, d^une part Timpression auditive dans son trajet centripète, et les transformations successives qu'elle parcourt dans sa période ascendante ; nous la connaissons d'une autre part dans sa période de décours, c'est-à-dire dans ses métamorphoses en réactions centrifuges; il nous reste à l'envisager dans ses phases intermédiaires, lorsqu'elle est en quelque sorte au sommet de la courbe qu^elle décrit à travers les réseaux de la substance corticale, et à la suivre dans les diverses évolutions qu'elle accomplit en chemin.

Pour se former une idée môme approximative de cet ensemble de phénomènes complexes qui constituent la faculté du langage articulé, il convient encore de remonter la série des âges, jusqu'au moment oii les opérations de l'entendement, réduites à un état de simplicité extrême, permettent de surprendre leur mécanisme intime, et d'étudier ainsi la fonction en elie-méoie, en quelque sorte à Tétat embryonnaire (2).

Les cellules de la substance corticale du jeune enfant sont, à

(1) Puisque chez Thommc^ la destruction d'une région limitée d'un des lob« antérieurs paraît anéantir le plus souvent la faculté d'émettre des sons articulo, (Voyei le mémoire d'Auburtin, Sur les localimtions cérébrales^ In Gaz. hebdom., 1863.)

(2) Toutes les questions qui se rattachent k l'évolution des facultés intcUedodlr, ont été déjà traitées par Gerdy avec une supériorité et une iincsse d'obsenatioo véritablement remarquables. Ce judicieux observateur, aux œuvres duquel noussomnirt heureux d'apporter notre contingent d'admiration posthume, s'est en effet appUquf à donner à l'étude des phénomènes psychiques une exactitude et une prért<ioa jusqu'ici inconnues. Aussi, nous empressons-nous de renvoyer ceux qui aiant avant tout Texprcssiou réelle des faits, à ses remarquables pages sur le développeneot de rintelligencc. (Gerdy, Physiologie philosophique des sensafionSy p. 205 el «uit.'

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