‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 2)Chapitre 80 sur 141 · DE LA LECTURE SILENCIEUSE ET DE LA LECTURE A HAUTE VOIX. S9S · texte numérisé non relu

DE LA LECTURE SILENCIEUSE ET DE LA LECTURE A HAUTE VOIX. S9S

et qu'elles entraînent à leur suite la participation de l'esprit qui les enregistre au fur et à mesure, il en résulte une agglomération d'acquisitions nouvelles incessamment importées qui, se multipliant les unes les autres une fois qu'elles ont été reçues dans Fentendement (comme par une sovie de proltfication endogène)^ deviennent ainsi les sources les plus fécondes qui enrichissent son domaine, et fertilisent en même temps le champ de son intarissable activité.

II. Dans l'action de lire à haute voix, il se passe une série d'opérations beaucoup plus complexes en elles-mêmes, dont les premiers actes s'accomplissent à propos d'une impression visuelle, la vue du signe graphique, tandis que les derniers sont représentés par un son articulé parfaitement concordant.

Ces rapports intimes entre ces divers actes liés entre eux ne peuvent s'accomplir d'une manière harmonique que par l'effet d*exercices prolongés, lesquels, pour arriver à produire d'heureux résultats, doivent être commencés et poursuivis dès les premières époques de la vie.

Il se passe, en effet, dans l'accomplissement de cette opération de l'entendement, quelque chose de comparable à ce que nous avons déjà signalé précédemment, lorsque Ton présente à un enfant un objet quelconque, et qu'il arrive de luimême à choisir pour une sorte d^action élective, au sein de son petit vocabulaire le mot qui lui convient, et à le traduire par des sons conventionnels coordonnés. Dans l'action de lire à haute voix l'opération est encore plus compliquée : la mémoire intervient en effet d'une façon plus active par une série d'évocations successives et méthodiquement graduées. Ce n'est plus, dans ce cas, la vue de Tobjet lui-même qui provoque sa traduction en sons articulés précis; c^est SQ\i\QmQii\.V assemblage tpédaldes signes graphiques qui en est la représentation, qui a le pouvoir de déterminer rémission de sons articulés destinés à renoncer.

Il y a donc là une série de phénomènes complexes, solidaires les uns des autres, qui se passent, sponte sua, dans notre cerireau par le fait d'une longue habitude, et presque à notre insu. 11$ exigent par conséquent, pour être accomplis avec précision,

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rétat d'intrégrité de tous les appareils à l'aide desquels ils s'exécutent.

Il faut que l'enfant apprenne à considérer chaque assemblage de signes graphiques tracés sur le papier, comme représentant d'abord les objets absents qu'ils servent à spécifier, et ensuite qu*il se souvienne que chacun de ces signes est traduisible vocalement par une série de sons articules spéciaux, el que par conséquent, chacun des sons qu'il émet est la traduction exacte du signe graphique qu'il perçoit,'et médiatement celle de Tobjet absent dont ce signe est la représentation graphique éloignée.

Il y a dans cette série d'opérations intellectuelles qui se succèdent automatiquement dans le cerveau de l'homme adulte arec une vélocité incomparable, par le fait même de la mise en présence d'nne feuille de papier écrite devant nos yeux, une sorte de commutation du stimulus incito-moteur d'où partent les manifestations motrices qui suscitent l'activité des appareils phonateurs (nous en avons du reste précédemment cité des exemples). L'impression auditive est ici suppléée par l'impression visuelle, car ce n*estplus l'impression auditive qui provoque seule^ d'une manière directe^ la réaction spéciale de la motricité phonatrice. II arrive en effet que dans l'action de lire à haute voix, l'impression visuelle consécutive à la vue du signe graphique, se propage jusqu'aux régions de la périphérie corticale, où l'aptitude à produire des sons articulés concordants repose à Y état latent (de b en k) ; Tinritation visuelle s'interpose, pousse la détente (si je puis m'exprimer ainsi), et met en jeu les zones diverses de la substance corticale (sensorio-molrices) qui représentent en quelque sorte des appareils toujours prêts à déceler leur activité dynamique.

Il faut encore, pour que toutes ces opérations se succèdent avec régularité lorsque l'homme lit à haute voix, ou bien qu'il parle d'abondance par un acte spontané de l'activité cérébrale, qu'il s'écoute parlant, qu'il suive pas à pas, à l'aide d'une attention soutenue, la progression régulière des mots et des membres de phrases qu'il prononce; que, par une faculté d'abstraction spéciale, il ait la notion exacte et instantanée de la valeur des termes qu'il emploie, et de leur adaptation précise aux choses qu'il veut désigner-, il faut en un mol que, sous peine d'écarts

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