A28 RÉGIONS MOTRICES DU SYSTÈME NERVEUX
relation observés dans les muscles de tout un côté du corps, chez des animaux dont une grande portion du cervelet a été inléressée: dans l'un et Fautre cas, c'est le défaut d'équilibration entre deux forces égales qui produit la disharmonie des mouvements. Dans la succession des mouvements des globes oculaires, les muscles droits internes et externes, supérieurs et inférieurs, reçoivent normalement une quantité égale d'influx cérébelleux, et se trouvent parfaitement équilibrés au point de vue de leurs manifestations fonctionnelles; mais aussitôt qu* une lésion quelconque vient à intéresser la source d'incitation d'où ils soutirent leur pouvoir sthénique, l'équilibre est immédiatement rompu, et des troubles variés apparaissent : tels sont le strabisme et l'inégale dilatation des pupilles. Il y alors une véritable hémiplégie des facultés locomotrices de certains muscles de Tœil, et une prédominance simultanée de Taction de ceux dont les sources d'innervation cérébelleuse ont été respectées.
Quant aux phénomènes amaurotiques observés chez Thomme et rattachés par Leven et Ollivier à un trouble asthénique des appareils moteurs intrinsèques du globe oculaire, privés de l'influx cérébelleux destiné à les stimuler à Tétat physiologique, quoique ces judicieux expérimentateurs ne s'expliquent sur ce point qu'avec une sage réserve, leurs conclusions sont trop concordantes avec nos propres observations pour que nous n'y donnions pas notre acquiescement complet (1).
VI. Ainsi, en résumé, le rôle physiologique du cervelet peut être formulé pour nous dans les conclusions suivantes :
(1) L'innerraUon cérébeUeuse joue donc^ ainsi que nous venons de le toît, an rôle considérable dans la plupart des phénomènes moteurs de rorgaoisme; aussi n'hésitons-nous pas à admettre qu'elle doit avoir une influence considcrtblf dans l'accomplissement physiologique des mouvements combinés des muscles linguaux. On conçoit en effet que lorsqu'elle vient à être inégalement répartie dcchwjof côté, il en résulte une série d'oscillations et de trémulations désordonnées qui se décèlent par une hésitation tout à fait spéciale des actes moteurs propres à rtrtiri* lation des sons. Nous sommes donc conduit à attribuer le tremblement de Uiifu^* si caractéristique, que l'on observe chei les paralytiques généraux, à un troubk profond apporté primitivement dans les fonctions cérébelleuses qui (dans les cas exempts de manifestations délirantes] sont, à notre avis, seules intéressées.
(Voyex plus loin le chapitre relatif aux phénomènes qui suivent les lésions (^ belleiues.)