A8 DR L^ÉTAT DE SOMMEIL DES CENTRES NRRVSUX
une inspiration involontaire, indiquant par elle-même que Tinnervation de la sphère de Tactivité automatique acquiert a la région bulbaire une influence prépondérante, par suite de la rétrocession de l'influx cérébral, et qu'il se passe en ce point limité de l'axe spinal, une sorte d'interrègne et de perturbation du stimulus incitateur? D'une autre part, le rbylhme si particulier que prennent les mouvements inspiratoires pendant la période de collapsus du cerveau, leur succession si mesurée, leurs caractères si franchement automatiques, nous portent pareillement à penser qu'ils ont cessé d'être régis par les mêmes foyers d'innervation que ceux qui les suscitent pendant l'état de veille (1).
Ces simples remarques nous autorisent donc à supposer que si les divers départements dont se compose le système nerveux central s'associent mutuellement dans les manifestations dynamiques de leur activité diurne, ils sont de même associés dans leur période d'inaction alternative, puisqu'ils paraissent tous cesser de fonctionner, et dormir en même temps.
g 3. — »A réittt «e la elrevIaMoM é»m eeatrefi aerrevs veMUuii l'éM «• Teille et l'éiat «e «onneil.
Jusqu*ici nous avons considéré Tétat de sommeil des centres nerveux comme un phénomène d'ordre vital de la cellule nerveuse, indépendamment des conditions organiques spéciales qui peuvent provoquer son apparition. Nous avons laissé sur le second plan la question de savoir quelle était l'influence du mouvement circulatoire sur le mécanisme de la production du collapsus céTtbral, dans la conviction que si les phénomènes vasculaires varient dans les centres nerveux pendant l'étal de sommeil et pendant l'état de veille, ces variations ne sont au plus que des phénomènes conconiilants, n'ayant qu'une influence secondaire sur les états alternatifs de la substance nerveuse.
il) La comparaison des phénomènes alternatifs qui se succèdent pour certain» muscles de l'œil, l'action intermittente de rélévateur de la paupière et de l'orbiculaire, portent à supposer qu'il y a en effet dans la répion centrale du sTstèaïf nerveux certains foyers d'innervation dont l'activité est successivement mi» ^ réquisition, et que les uns fonctionnent alors que leurs antagonistes sont à la pérw* de repos.
BI0DIF1CATI071S DtS IMIKN0>1KNKS CIRCULATOIBES. àà9
On sait en effet que certains auteurs, frappés des analogies
crantes que présente Télat d*un individu plongé dans un profond sommeil physiologique, et celui d*un autre dont rencéphale estenvahi par une violente congestion, ont été portés à admettre que ces deux manifestations symptomatiques similaires devaient être uniquement rapportées à une liypérémie cérébrale plus ou moins prononcée, à une dilatation congestive des capillaires cérébraux : on sait que d'autres, au contraire, avec Durhani (1), s'appuyant sur certaines expériences physiologiques et quelques faits recueillis sur l'homme (2)^ sont disposés à considérer les centres nerveux pendant l'état de sommeil comme étant le siège de phénomènes circulatoires inverses, et à dire qu*à ce moment, ce sont plutôt les phénomènes de l'anémie qui prédominent, par suite du resserrement des parois vasculaires.
S'il est presque complètement impossible, en présence de ces deux opinions opposées, de résoudre cette question d'une manière satisfaisante, il est au moins permis d'émettre quelques inductions reposant d'ailleurs sur une série de faits très-légitimement consacrés.
Les cellules nerveuses, avons-nous dit déjà, participent aux propriétés générales qui sont communes à toutes les autres cellules de l'organisme; i^oumises aux mêmes lois de nutrition, elles vivent comme leurs congénères aux dépens du milieu qui les environne, et lui empruntent les matériaux indispensables à leur activité propre : or, le tibsu nerveu.x, au point de vue des actes purement trophiques, peut être incontcstablemcnl assimilé à un véritable tissu glandulaire, lequcU tantôt pendant sa période de repos, récupère ses matériaux épuisés, cl tantôt, pendant sa période d'activité, déverse au dehors ces mêmes niutériaux préalablement récupérés.
(1) Archives de médecine^ 1861, 1. 1, p. 637.
(2) Caldwell^ dans un cas de plaie de tétc avec perle de substance des os du crâne, a constaté que lorsque le malade était plongé dans un sommeil calme et paisible, le cerveau restait presque immobile dans fon enveloppe; que lorsqu'il ré^ait^ gttil amentait de volume, et qu'il venait faire saillie au niveau de la perfo.ation lorsque les rêves avaient quelque vivacité.
Blumenbacb; dans une circonstance analogue, a égHlemcnt remarque que le cerveau s'affaissait pendant le sommeil, et que le réveil s'accompagnait d'un afflux plus considérable de sang, et d'une augmentation de Tolume {Archives, loc. cit.),