I.IYS
A&O DB l'Atat db sommeil des centres nbrvbox.
On sait maintenant quelles sont les variations alternatives que présentent les phénomènes circulatoires dans ces circonstaocei; on sait, de plus, quelles sont les modifications chimiques que subit la constitution du liquide sanguin, suivant qu'il sort d'une glande qui élabore ses produits spécifiques, ou d'une glande qui les excrète (1). Nous sommes donc naturellement porté, en faisant Tapplicalion des faits connus à ceux qui ne le sont pas encore, i dire que le tissu nerveux et le tissu glandulaire présentent entre eux, au point de vue des phénomènes circulatoires, et de la double alternance de leurs périodes d*activité et de repos, les plu grandes analogies ; et que, si le moment pendant lequel la glande reconstitue ses principes immédiats correspond à une activité moindre des phénomènes circulatoires, à un état d'anémie relatif; et celui pendant lequel elle fonctionne et s'éveille^ à un état de turgescence de tous ses réseaux capillaire, il est très- admissible que les mêmes conditions circulatoires doivent se répéter pour le tissu nerveux lui-même, et que la période d'inactivité ou de sommeil doit être caractérisée par un état anémique ; et inversement la période d'activité ou de veille, par une accélération des courants sanguins dans sa trame, et une sorte d'éréthisme de l'élément vasculaire.
§ 4. — »a — ■■■munllwie et 4e rhyf etteie.
Les divers phénomènes de somnabulisme et d'hypnotisme nous paraissent pouvoir s'accorder assez bien encore avec les idées
(1) Les expériences de Claude Bernard ont en effet prouvé que si la période d'inactivité de certains tissus glandulaires était celle pendant laquelle ils recevaient le moins de sang^ c'était aussi celle pendant laqueUe le conflit de leurs cléments irec le liquide sanguin était le plus intime ; puisque c'est exclusivement pendant c«tte période de repos que le sang sort des glandes à l'état de sang noir. U est donc probable que, pendant sa période de repos, le tissu nerveux reçoit une quantité de sang relativement minime, mais que, par contre, ses éléments en extraient tous 1^ principes nécessaires à leur reconstitution.
n est encore admissible que la période d'activité, pendant laquelle toutes les cellules nerveuses sont en travail diurne, est caractérisée, comme partout aillewv par un plus grand afflux du liquide sanguin destiné à produire tot^ours. là oà il se porte, une superactivité fonctionnelle concomitante, et que, par contre, c'ett à ce moment que les phénomènes de la vetnosité des C4>urants sanguins reienaot de rcncépbale, doivent être le moins accentu(*s. (Lneon/t ^r ha pmpriH^ji de* ii^wk* de Vorganivfne^ t. I, p. 323 et suiv.)
DU SOMMAIIBULlSlfB ET DE L'flTPKOtlSlIB. âbl
que nous avons émises au sujet de la physiologie des éléments nerveux, tant dans la période d'activité que dans la période de collapstis,
I. On sait qu'il existe un certain nombre de personnes dites somnambules, qui tout en sommeillant, se lèvent, se promènent, accomplissent souvent les actions les plus bizarres, et que ces diverses manifestations locomotrices présentent une série infinie de variations suivant les individus el les habitudes de la vie (1).
Il est probable que chez les somnambules, l'activité cérébrale n'est que partiellement endormie ; que certaines régions du cerveau sont encore en émoi, alors que celles destinées a recevoir et i élaborer les impressions du dehors (les couches optiques entre autres et les fibres radiées qui en émergent), sont déjà en période de collapsuSy et que ce sont elles qui provoquent alors comme des idées d'imagination, par une sorte de stimulation autoçénique, les manifestations ambulatrices consécutives. Ces réactions mo* trices sont régulières, synergiques et coordonnées, parce qu'elles s'exécutent à l'aide de la substance grise spinale, sphère de l'activité automatique, dont les divers segments sont ainsi mis illégitimement en réquisition.
L'état d'un somnambule, dont les divers départements céré* braux dorment isolément, et dont les couches optiques, fermées aux impressions du dehors, sont partiellement en période de collapstiSy est assez comparable à celui de ces oiseaux qui, dans les expériences de Flourens, privés de leurs lobes cérébraux, et plongés dans un sommeil perpétuel, étaient aptes encore à se mouvoir quand on les y provoquait, et à accomplir une série de mouvements coordonnés, régis entièrement par l'influence de la moelle (2).
II. Quant au mécanisme du mode de production du sommeil hypnotique, quoique cet ordre de phénomènes soit encore très* imparfaitement connu, nous sommes pareillement porté à nous demander, en songeant a la part énorme que prennent les impressions optiques lorsqu'elles viennent à disparaître, dans la produc-
[\) Cîratiolet^ Anntomic comparée du système nerveux* Paris, 1857, t. II, p. 488. (2) Flourens, Système nerveux y p. 33.
i&2 UE L*ÉTÀT DE SO)IMEIL DES CBNTBES NERVEUX.
[ioïiiïii collapsus cérébral, si la présence d'un objcl krillanU [ilaci pendant un certain temps devant une même région de la périphé< rie rétinienne et la stimulation continue qui en résulte, n'étaicni pas aptes, par suite de la fatigue consécutive et de res|ièr< de stupéfaction qui sVnsuit^ a amener Tépuisemcnt loeal d( la sensibilité spéciGque des conducteurs optiques, et i produin ainsi, par une sorte d'artifice, Timitation des conditions pbysi(^ logiques de la production du sommeil normal. On est donc porte à dire que Ton arrive ainsi à déterminer dans la région de II périphérie optique une variété d'anesthésie locale somnifère, qui entraîne après elle, comme si elle étart légitime, la période de collapsus des régions cérébrales.