‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 3)Chapitre 110 sur 133 · DÉMENCE. 5A · texte numérisé non relu

DÉMENCE. 5A

leur suite ces réactions automatiques qui metlenl en jeu raclivilé des cellules cérébrales; celles-ci à leur tour frappées îïinertie restent silencieuses et muettes, comme un membre paralysé qui n'obéit plus au stimulus de la volition. Entraînées déjà en pleine période d'involution et ayant plus ou moins subi le travail nécrobiosique^ ces cellules ont cessé par avance de participer aux phénomènes de la vie de r organisme, et sont mortes en quelque sorte par anticipation. A mesure que ce processus régressif s'accomplit dans le cerveau des déments, les dernières lueurs de leur intelligence tendent de plus en plus à disparaître. Ils perdent plus ou moins la mémoire des choses présentes et passées, oublient leurs proches, leurs affaires, les soins de leur fortune, savent a peine où on les conduit, s'égarent dans les rues, oublient leur propre nom, et se laissent mener avec une indifférence passive. La réflexion, le jugement, la spontanéité des opérations de Tenlendement cessent peu à peu de s'accomplir, ils répondent tantôt assez juste à quelques interrogations, puis bientôt divaguent, rient et pleurent sans motifs, et marchent sans but. Finalement, ils arrivent bientôt aux dernières périodes, dans lesquelles l'affaiblissement général ayant fait des progrès continus, ils ne peuvent plus se tenir debout, et ne prononcent qu'à peine quelques paroles inintelligibles, ce qui annonce à la fois, et le trouble profond apporté aux éléments de leur substance corticale, et l'atteinte non moins réelle subie par leurs facultés locomotrices. Les déments alors, devenus gâteux, incapables de s'habiller ou de manger tout seuls, tombent insensiblement dans un état complet de stupidité végétative, ils vont même jusqu'à perdre les instincts de conservation individuelle, et se laisseraient mourir de faim si Ton n'avait pas soin de leur servir les aliments (1).

Chez de pareils sujets, l'étude des circonvolutions cérébrales présente les particularités suivantes :

a. Elles offrent, la plupart du temps, des modifications d'aspect et de coloration qui permettent d'apprécier à la simple vue les chan-

(1) Voici quelques exemples de déments^ empruntes à V intéressant travail de Marcé, Sur la démence séniie {Gazette médicale, 1863) : Obs. II, llï, ÏV, XVIII. — Rires et pleurs sans motifs. Obs. Vil. -^ L..., soitanto-deui ans, se laisse aller h des divagations, n^ peut

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