FIBRES EFFÉRENITES DU CERVELET
en X, avec la série des fibres homologues du côté opposé, et parait s^épuiser, après cet entrecroisement, en participant d'une part, (au milieu des interstices des fibres spinales antérieures) à la constitution des réseaux de substance grise cérébelleuse périphérique, et d'autre part, en se combinant avec le plexus nerveux du corps olivaire correspondant, pour lequel elles constituent un véritable système de fibres afférentes (pi. II, Ug. 2 [20, 20' et 19, W]).
Ces fibres pénètrent dans la cavité du corps olivaire, à travers l'ouverture spéciale qui en constitue le goulot, sous forme de fibrilles grisâtres, dirigées plus ou moins obliquement dans le sens transversal. Elles s'écartent rapidement les unes des autres, et s'éparpillent, pour se mettre toutes en rapport avec les saillies et les dépressions que présente la substance olivaire. Elles disparaissent bientôt, en se combinant avec les prolongements des cellules nerveuses avec lesquelles elles entrent en connexion.
Si maintenant nous essayons de concevoir dans toute l'étendue de leur parcours l'ensemble des fibres pédonculaires inférieures, nous voyons, en confrontant les uns avec les autres les aspects variés sous lesquels elles se sont successivement décelées (pi. III, fig. 2),que:
A partir de leur point d'implantation sur les parties latérales du quatrième ventricule, elles se dissocient en éventail et embrassent toutes, sous Taspect défibres curvilignes parallèles et superposées, les régions externes de l'olive correspondante, et la région antérieure des fibres ascendantes de la pyramide antérieure dont elles croisent la direction sous des incidences variées; qu'elles se réfléchissent bientôt sur elles-mêmes d'avant en arrière, en embrassant a la manière d^une spire élégante, la face interne de la pyramide correspondante, et qu'enfin, après s'êlre entrecroisées sur la ligne médiane, elles vont, au terme de leur long parcours, s^amortir dans la substance grise du corps olivaire, du côté opposé à celui d'où elles dérivent (1), dans l'hémisphère cérébelleux.
(i) La solidarité intime qui relie l'olive de la bulbe au corps rhoniboïdal et À l'hémisphère cérébelleux du côté opposé^ à l'aide des fibres pédonculaires inférieures^ est telle, que, dans les cas pathologiques où un hémisphère du cervelet est seul atrophié, l'atrophie porte non-seulement sur le corps rhoniboïdal et le pédoncule inférieur correspondant, mais encore sur l'olive, exclusivement du coté oppose (pi. I, fig. 4).
P&DOMCULKS CÉRÉBELLEUX IUPÉRIBURS. 188
Elles se présentent en général avec cette disposition qui est oonslante au point de vue du but final, mais qui est sujette à de nombreuses variétés au point de vue des rapports affectés avec les éléments nerveux ambiants. Ainsi, tantôt elles sont complètement en relief sur les parties latérales de la région bulbaire; elles se dessinent alors sous l'apparence de stries régulières, curvilignes et divergentes, croisant manifestement la direction ascendante des fibres spinales, et descendant plus ou moins bas, quelquefois môme jusqu'au-dessous de l'extrémité supérieure des olives; tantôt elles sont à moitié engagées^ et n'apparaissent que dans une portion limitée de leur parcours; tantôt elles sont très-nettement accusées d'un côté et douteuses de l'autre, tantôt enfin elles ne font pas saillie en dehors, et parcourent tout leur trajet sans se démasquer à l'extérieur. Ce sont ces aspects multiples qui expliquent les variétés d'interprétation auxquelles leur description a donné lieu dans la plupart des traités d'anatomie purement descriptive.
Des olives inférieures. — Les olives inférieures représentent un amas de cellules nerveuses spéciales, anastomosées en plexus, et servant de point d'amortissement aux fibres pédonculaires inférieures, lesquelles se trouvent ainsi être de véritables traits d'union interposés entre les cellules nerveuses du corps rhom** boldal du cervelet, et celles de l'olive du côté opposé.
Elles rappellent assez bien la configuration des corps rhomboldaux avec lesquels elles offrent de nombreuses analogies. Comme eux, elles sont constituées par une lame de substance nerveuse, de coloration jaunâtre, repliée un grand nombre de fois sur elle-même (disposition heureuse, en vertu de laquelle leur surface, si elle était étalée, occuperait un espace beaucoup plus étendu que celui dans lequel elles sont confinées); comme eux, elles ont la forme d'un sac ou d'une bourse, présentant en un pomt une solution de continuité ou goulot, à travers lequel passent les fibres nerveuses : comme eux enfin, elles ont leur goulot qui se regarde réciproquement de chaque côté, et qui est tourné vers la ligne médiane (pi. VII, fig, 3, 2, h\ pi. III, fig. 2). Les olives sont généralement de forme elliptique, leur grand axe étant vertical : elles font une saillie plus ou moins prononcée en dehors, sur les faces latérales de la région bulbaire^ là elles sont en rapport
ISi FIBRES BFPÉRENTBS DU CBRYELH.
avec les fibres curvilignes des pédoncules cérébelleux inférieurs du côté correspondant, qui les croisent sous des incidences va* riées : en dedans elles répondent au raphé médian et à la portion entrecroisée des fibres pédonculaires (pL VII, fig. 2, 8, h). En ayant elles sont limitées par les fibres de la pyramide antérieure correspondante. En dehors et en arrière elles sont avoisinées par la série dés fibres spinales ascendantes, qui se portent successivement en avant et en haut (pK XXXVII, fig. 2 et 8).
La substance grise des olives, contrairement à celle des corps rhomboïdaux, est constituée par une série de petites cellules ovoïdes, à coloration jaunâtre et quelquefois très-fortement pigmentées (pi. XXXVII, fig. 6). Elles mesurent en moyenne 0'',08 iO*,OA, et sont pourvues d'un noyau volumineux pareillement ovoïde, sur lequel la paroi de cellule semble souvent appliquée immédiatement. Leurs prolongements excessivement déliés se présentent sous l'aspect d'un chevelu très-fin. Ils forment, les uns avec les autres, par leur entrecroisement réciproque un tissu d'une nature toute spéciale, d*une densité, et d'une cohésion remarquables (pi. XVIII, fig. 6 et 6).
Les fibres afférentes des olives inférieures ne sont autres que celles des pédoncules inférieurs ; quant aux fibres efférentes, si Ton peut les reconnaître aisément à leur point d'émergence seulement, sur la lame de substance grise, à l'opposite du point d^implantation des fibres afférentes (pi. VII et VIII), il est la plupart du temps très-difficile de les accompagner dans une certaine partie de leur parcours. Elles paraissent en effet s^irradier de toutes les anfractuosités et les saillies, de la surface externe des olives, comme d'un centre, sous forme de filaments grisâtres anastomosés en réseaux plexiformes, et s'éparpiller dans les interstices des fibres spinales antérieures, qui sont dans leur voisinage.
Cette série de fibres secondaires, émanation indirecte de la substance même du cervelet, contribue à former les premiers linéaments de ces plexus de substance grise qui, apparaissant tout d'abord au niveau de la région bulbaire sous forme de stries curvilignes éparpillées, au milieu des fibrilles spinales antérieures (pi. IX, X et XVIII, fig. 5 et 6), vont successivement, en augmentant de masse, finir par constituer les dépôts de substance grise des régions antérieures de l'axe spinal (substance grise de
PÉDOUCULES CÉRÉBELLEUX MOYENS. 1S5
la prolubérance, du locus de Sœmmering), dépôts qui forment dans toutes ces régions un tout continu, et qui ont tous ce caractère commun» de représenter Tensembie des expansions terminales des pédoncules cérébelleux, et à proprement parler, l'épanouissement périphérique des fibres cérébelleuses (pL II [%h\ 85, 20, A3)].
2^ Pédoncules cérébelleux moyens.
La direction générale des fibres qui constituent les pédoncules cérébelleux moyens est représentée par une série de fibres courbes a concavité interne, entrecroisées sur la ligne médiane, et reliant la substance grise des corps rhomboïdaux à celle de la protubérance du côté opposé (pi. I, fig. h ; pi. II [36]; pi. III, fig. 2 [21 et 22]).
Cette catégorie de fibres eflerentes, nées ainsi que celles des pédoncules inférieurs, des réseaux de cellules des corps rhomboïdaux (diduses et mal limitées à leur point d'émergence), se groupent bientôt les unes à côté des autres, pour former par leur juxtaposition un gros faisceau de fibres blanches aplati de dehors en dedans, et dirigé directement d^arrîère en avant (pi. III, fig. 1 et 2). Les fascicules agglomérés qui constituent ce faisceau unique, ne tardent pas à se dissocier après un court trajet, pour prendre des directions légèrement dissemblables.
Les uns, ce sont les plus superficiels, se dirigent directement en avant sur les régions latérales droite et gauche de Taxe spinal, et après s'être entrecroisés en X sur la ligne médiane, se perdent dans les réseaux de substance grise du côté opposé (pi. XXXV, fig. 1; pi. III, fig. 2 [2 et 22]).
Les autres, qui sont sur un plan postérieur aux précédents, (et qui, par conséquent, constituent les fascicules profonds des pédoncules cérébelleux moyens), suivent une direction et un mode de terminaison analogues; leur parcours est seulement moins prolongé (pi. IX, fig. 1, et pi. XVIII, fig. 1).
Les fascicules occupant la situation la plus superficielle, et qui constituent les fibres blanches de l'écorce même de la protubérance se dissocient rapidement en fibrilles divergentes (pi. XXXVir;, lesquelles se disséminent en s'étageant successi- Ycment de bas en haut, les unes au-dessus des autres.
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1"* Ceux qui sont situés le plus inférieurement, se dirigent obliquement de haut en bas et d'arrière en avant : ils se portent tfMHiiiet sous l'aspect de fibrilles éparses (pi. VIII, fig. 1 [1], 4g. 2 [t| l']), sur les parties latérales des pyramides antérieures lirokAlpées» leur deviennent successivement antérieures et internes, s^enlrecroisent avec leurs homologues sur la ligne médiane, et se comportent comme les fibres les plus supérieures des pédoncules cérébelleux inférieurs, dont ils continuent la distribution périphérique.
2** Ceux qui sont placés immédiatement au-dessus, et qui représentent les fibres transversales moyennes de la protubérance, affectent une distribution analogue (pi. III, fig. 2 [21, 21^]), seulement leur parcours est beaucoup plus prolongé. Ils sont plus multipliés, et les dépôts de substance grise avec lesquels ils se trouvent en rapport, sont aussi beaucoup plus abondants que précédemment. Ils se dirigent tous directement en avant, sous (orme de lignes courbes concentriques» à concavité interne (pi. IX, fig. 1 et 2 [1 et l']; pi. XVIII, fig. 1). Une forte portion d'entre elles s*incurve au-devant de Tin tumescence formée par les prolongements cylindroldes des faisceaux antérieurs, s'entrecroise au niveau de la ligne médiane, avec les fibres homologues dirigées en sens inverse, et se termine, en passant à Tétai de fibres grises, au milieu des réseaux de cellules qui constituent la substance grise du côté opposé.
Toutes les fibres pédonculaires ne se comportent pas ainsi, il en est une certaine portion qui parait s'épuiser avant de s'entrecroiser : on voit en effet (pi. IX, fig. 1 et 2 [1, V]) que le long de la continuité des fascicules curvilignes, certaines fibrilles se détachent du faisceau commun, et se distribuent isolément en se faufilant au milieu des interstices des fibres ascendantes antérieures.
S*" Les fibres des pédoncules moyens qui occupent une situation supérieure par rapport anx précédentes (pi. IX, fig. 2 et 8), se portent, en suivant une direction légèrement ascendante, en haut et en avant. Elles décrivent un trajet curviligne, analogue à celui des fibres sous-jacenles, dont elles continuent le mode de distribution, mais seulement ce trajet est d'un plus court rayon (pi. III, fig. 2 [22, 22']). Elles contournent successivement de
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dehors en dedans, la série des fibres spinales antérieures, au moment où celles-ci (émergeant de la substance grise de Ift prêta» bérance) commencent à se rapprocher les unes des autres pour constituer la région la plus antérieure du pédoncule cérébral du côté correspondant (pi. XV, flg. 1 [lA]). Elles enserrent ces libres antérieures, en passant au-devant d'elles sous forme d*un collier de fibrilles contournées en spires, élégamment superposées et parallèles, et vont en définitive (après s'être entrecroisées avec leurs homologues du côté opposé) se perdre comme celles de toutes les autres fibres pédonculaires, au milieu des réseaux de cellules nerveuses de la région.
Quant aux fibres pédonculaires cérébelleuses qui sont, relativement aux précédentes, postérieures et profondes, leur distribution est à peu de chose près tout à fait analogue à celles de leurs congé* nères, seulement elles ont un trajet moins long à parcourir (pi. IX et X, fig. 1 et 2). Elles s'infléchissent en se coudant en dedans, d'une manière plus ou moins brusque, et afifeclent une disposition d'autant plus rapprochée d'une ligne transversale qu'elles sont plus postérieures (pi. III, fig. 2 [21, 22]).
Elles paraissent s'entrecroiser en partie sur la ligne médiane et se terminer, soit du même côté, soit dans le côlé opposé, sous forme de réseaux de substance grise (pi. IX, fig. 3 [A] et pi. X, fig. 1), parsemés des cellules nerveuses anastomosées fréquemment entre elles, à l'aide de prolongements Irès-raultipliés (pi. XVIH, fig. 2, 3, 4, 5 et 6).
Les fibres terminales des pédoncules cérébelleux moyens se comportent donc de la même manière que celles des pédoncules inférieurs. Elles passent (à mesure qu'elles progressent) successivement à l'état de fibrilles grises, s'amincissent peu à peu, et se oneltent, comme les précédentes, en rapport avec des aggloméra* lions multiples de cellules nerveuses de nature spéciale. Elles contribuent, pour leur part, pareillement à la formation de ces dépôts de substance grise, si abondamment répartie dans toute cette région de Taxe spinal, et qui lui donnent une apparence bombée et protubérante caractéristique. Elles continuent cette série de lacis plexiformes de fibrilles grises (interposées au milieu des interstices des fibres spinales antérieures), dont nous avons