‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 3)Chapitre 25 sur 133 · FIBRES EFFÉRERTEB DU CERVELET · texte numérisé non relu

FIBRES EFFÉRERTEB DU CERVELET

signalé les premières apparitions au niveau de la région bulbaire, et qui atteignent ici un développement maximum (pi. II [29, A3]).

3® Pédoncules cérébelleux supérieurs.

La direction générale des pédoncules cérébelleux supérieurs est représentée par deux séries de fibrilles entrecroisées presque immédiatement après leur moment d'émergence, et dirigées simultanément, en haut et en avant, vers deux noyaux de substance grise, agglomérés en sphéroïdes, au milieu desquels elles s^amortissent. Ces deux noyaux bilatéraux, de substance grise, sont dans les mêmes rapports vis-à-vis des expansions terminales des fibres des pédoncules cérébelleux supérieurs, que se trouvent les corps olivaires vis-à-vis des fibres terminales des pédoncules cérébelleux inférieurs : aussi croyons-nous que pour ce motif on peut légitimement les désigner sous le nom Solives supérieures. Nous verrons du reste plus loin que l'étude de leur structure justifie pleinement cette manière de voir (pi. I, fig. h ; pi. II [37, SB]; pi. III, fig. 2 [23, 24]).

Les fibres pédonculaires cérébelleuses supérieures, au moment de leur émergence dans la cavité même des corps rhomboldaux, sont nettement accusées, et parfaitement distinctes des fibres pédonculaires moyennes et inférieures.

Étalées tout d abord sous forme de filaments, elles se rapprochent insensiblement les unes des autres, et arrivent bientôt, par leur juxtaposition régulière, à constituer un fascicule unique qui, émergeant obliquement de la masse même de chaque hémisphère cérébelleux, se porte directement en haut, en avant et en dedans (pi. III, fig. 2 [23 , 23']). Ainsi dirigées, les fibres pédonculaires supérieures, disposées sous forme de deux bandelettes aplaties, au niveau des régions supérieures du quatrième ventricule, ne tardent pas à se rencontrer : c'est, en effet, ce qui arrive après un très-court trajet. Elles s'entrecroisent successivement, une à une, au niveau de la ligne médiane, sur le prolongement du raphé médian (pi. IX, fig. 3 [10, 10']-, pi. XXXV, fig. 1 [5, 9]), et passent ainsi successivement, en poursuivant leur direction ascendante, dans le côté opposé à celui d'où elles proviennent primitivement, et vont,

PÉDOHCULBS CÉRÉBBLLEUX 8IJPÉR1BIJE8. 180

après un parcours variable suivant chacune d'elles, s'amortir dans les deux noyaux de substance grise qui sont placés sur leur direction immédiate (1) (pi. III, fig. 2 [24], et pi. II [38]).

A. Des olives supérieures (2). — Les olives supérieures se présentent sous Faspect de deux noyaux de substance nerveuse, à coloration plus ou moins rosée, situés directement sur le prolongement des fibres pédonculaires supérieures entrecroisées.

Leur forme est celle d'un sphéroïde régulier, comme on peut s'en assurer en comparant simultanément les aspects sous lesquels ils apparaissent sur des coupes verticales et horizontales de la base de l'encéphale (8); leur volume peut être évalué approximative* ment, en disant qu'ils présentent en général (suivant leur grand diamètre, vertical et horizontal), chez l'homme adulte, 7 à 8 millimètres en longueur : leur coloration rosée est due en partie à l'abondance des réseaux de capillaires qui se distribuent dans leur intérieur, et en partie à la coloration spéciale des petites cellules qu'ils renferment. La substance grise des olives supérieures n'est pas, comme celle des olives inférieures, représentée par une lame ondulée, repliée sur elle-même un grand nombre de fois ; elle est disposée, au contraire , sous forme de lignes courbes emboîtées et enroulées sur elles-mêmes ; elle offre pareillement une solution de continuité comparable, dans de bien plus petites proportions, au goulot des olives supérieures ; cette espèce de bile regarde

[1} Au moment où Itê fascicules pédonculaires arriTent à la rencontre l'un de Tnitre, Us interceptent entre eux un espace triangulaire^ dont le^vide est occupé en pirtle par quelques follioles isolées de la masse commune des circonvolutions cérébeUeuses, et qui^ groupées sous forme de lame mince transparente, ont été très-improprement décrites sons le nom de valvule de Vieussens (pi. IX, fig. 2 [8]). Les ttaments blanchâtres, obliquement dirigés, que l'on rencontre dans cette région, et que l'on désigne comme freins de la valYule, ne sont autre chose que des fibres entrecroisées plus ou moins aberrantes et qui font partie du ruban de Reil. ;Pl.XIlI,fig.3[l].)

(2) Ces noyaux de substance grise sont figurés dans l'ouvrage d'anatomie de Roicher. Us ont aussi été représentés par Stilling qui les considère comme les racines <ies pédoncules cérébraux. l\ les désigne sous le nom de noyaux rouges.

{%) Us se montrent toujours, soit sur un plan horizontal, soit sur un plan vertical, sons l'appArencc de deux amas de substance grise ayant une forme circulaire; leurs grands diamètres sont réciproquement perpendiculaires; on peut donc en Induire légitimement que ce sont deux sphéroïdes. (Comparer, fig. 1, pi. XIII, «Ht.l,*,pl.X.)

ihO FIBRES EFPÉRBNTBS DU CERTBLBT.

ainsi en dedans (pi. XIII, fig. 1; pi. X, Qg. 2 et 8). C'est par cette solution de continuité que Tensemble des fibres afférentes, après avoir, décrit un trajet spirolde plus ou moins allongé, pénètre dans son intérieur pour s'y éparpiller, et se mettre en connexion avec les cellules qu'elles y renferment.

Les cellules spéciales des olives supérieures (pi. XIX, fig. 5} sont toutes de petit diamètre; elles sont, ainsi que leurs noyaux, de forme ovoïde; leur coloration est d'un jaune plus accentué que celui qui appartient aux cellules des olives inférieures. Leurs prolongements, qui sont en général très*multipliés et très-courts, s'anastomosent les uns avec les autres, et forment avec les prolongements effilés des fibres nerveuses ambiantes, un tissu spécial, dense et cohérent, dont les caractères physiques et histologiques sont ceux que Ton retrouve dans la lame de substance grise onduleuse qui constitue les olives inférieures.

Quant aux rapports généraux que les olives supérieures affectent avec les éléments nerveux ambiants, ils se résument a ceci :

En dedans, elles avoisinent la substance grise du troisième ventricule, et ne sont séparées de la cavité de ce ventricule que par une mince épaisseur de substance nerveuse interposée (pi. XIII).

En haut et en dedans, elles répondent médiatement à la couche optique, dont elles sont cependant isolées par un plan continu de fibrilles minces qui gagnent la substance grise du troisième ventricule (fibres convergentes ccrébretles les plus inférieures).

En dehors et en avant, elles se trouvent entourées immédiatement de toutes parts, par une série de fibres grises anastomosées en plexus, qui ne sont autres que Tensemble de leurs fibres efférentes (pi. X, fig. 3, A; pi. II, fig. 2). Elles répondent ainsi médiatement à la série des fibres spinales antérieures, étalées en éventail, et[ disséminées dans la substance grise du corps strié.

En arrière, elles sont en rapport avec les fibres des nerfs moteurs oculaires communs, qui les avoisinent dans une partie de leur parcours, et avec les fibres des pédoncules cérébelleux euxmêmes, qui les abordent précisément par leur hémisphère postérieur.

B. Fibres afférentes des olives supérieures. — Le système des fibres afférentes propre aux olives supérieures est représenté par

PÉDONCULES CÉRÉBELLEUX SUPÉRUEimS. l&l

Teosemble des fibres des pédoncules cérébelleux supérieurs enlrecroisés. Celles-ci, au moment où elles se rapprochent des noyaux de substance grise, dans lesquels elles doivent s'amortir, se dissocient en filaments divergents, comme pour les recevoir dans leur écartemcnt (pi. XIII, fig, 1 et 2). Elles se partagent bientôt en deux groupes, Tun affeclant une direction transversale ascendante, Tautreune direction [verticale pareillement ascendante.

1* Les fibres de la première catégorie s'appliquent en suivant un trajet spiroîde, le long de leur région externe de l'olive correspondante , au pourtour de laquelle elles s^enroulent en formant une série défibres engainantes concentriques. Comme les fibrilles pédonculaires ne se stratifient que par apports successifs (a mesure que chaque série d'entre elles passe sur la ligne médiane}, il en résulte que les fibres spiroldes engainantes externes se présentent sous l'apparence de feuillets emboîtés (pi. X, flg.«2 et 3 : pi. XIII, fig. 2).

L'ensemble des fibres pédonculaires les plus externes, après avoir ainsi embrassé la surface correspondante des noyaux olivaires supérieurs (sous l'aspect de fibrilles spiroldes ascendantes), puis la région antérieure, se trouvent bientôt en rapport avec la région la plus interne de ces mômes noyaux (pi. X, fig. 2 [8, 8'] et fig. 3 ; pi. XIII, fig. 2 [4]).

Arrivées au niveau de leur grand diamètre transversal, elles subissent brusquement un mouvement de réflexion sur elles-mêmes, se recourbent de dedans en dehors, en prenant Faspect de filaments verticellés (pi. XIII, fig. 2 [6]), et se perdent alors au milieu des réseaux de cellules des régions centrales, après avoir parcouru dans le sens transversal un trajet récurrent plus ou moins prolongé, qui se décèle sous l'apparence d'une saillie médiane, simulant parfois une sorte décrète (pi. X, fig. 3).

2* Les fibres afiérentes du deuxième groupe, confondues avec les précédentes au début, s'en séparent bientôt sous l'aspect de filaments divergents, dirigés et enroulés dans le sens vertical mtéro-postérieur. Ils abordent la substance grise de l'olive par son segment le plus postérieur, la pénètrent directement, en s'éle- Tant de bas en haut (pi. XIII, fig. 1 et fig. 2), et s'appliquent les DOS à côté des autres, dans une direction verticale ascendante. Ds gagnent ainsi les régions supérieures des olives correspon-

4i2 nmiES BPFÉRKNTCS DU CERVELET.

dantes, s'enroulent autour d'elles dans le sens anléro-postérieur (comme les précédentes se sonl enroulées dans le sens transversal), et s'éparpillent sous forme de filaments épars, réfléchis sur euxmêmes, au milieu des réseaux de cellules de la masse centrale olivaire.

Ces deux systèmes de fibres afférentes, confondus et reliés entre eux par une série de fibrilles intermédiaires, qui n'appartiennent ni i l'un ni à Tautre, sont donc dans leurs éléments, réciproquement perpendiculaires : aussi peuvent-ils être idéalement conçus, sous Fapparence de deux cercles emboîtés, dont les grands diamètres seraient perpendiculaires l'un à l'autre.

Il est à noter : que les fibres afférentes des olives supérieures, après avoir décrit leur parcours spiroïde, pénètrent en partie dans leur masse, par cette solution de continuité spéciale, renfoncée en forme de dépression ombiliquée, qu'elles présentent au niveau de leur région interne (pi. X, fig. 3), et que les apparences sous lesquelles se montrent les corps olivaires supérieurs sont Irèsyariées. Ainsi, quant à l'aide de coupes verticales, on a intéressé des portions de la substance grise situées sur des plans différents, celle-ci se présente alors, tantôt sous la forme d'un sphéroïde régulier (pi. XIII, fig. 1), tantôt sous celui d'une corolle campanulée (pi. XHI, fig. 2), divisée transversalement en deux segments inégaux et superposés, par la série des fibres réfléchies.

Les fibres récurrentes terminales des pédoncules cérébelleux supérieurs, disséminées au sein de la substance grise des noyaux olivaires supérieurs, forment par leur intrication intime et leur combinaison avec les cellules nerveuses, un amas central gangliforme, d'une certaine densité, qui devient à son tour (comme les plexus des olives inférieures) l'origine d'une nouvelle génération de fibres secondaires qui sont, à proprement parler, les fibres efférentes propres des olives supérieures.

Ces fibres efférentes émergent des régions externes et antérieu* res des noyaux olivaires, sous l'aspect de filaments grisâtres excessivement multipliés; elles se dirigent comme des rayons curvilignes, irradiés en tous sens, vers les régions auxquelles elles sont particulièrement destinées.

C. Fibres efférentes des olives supérieures. — Les fibres effé*

PiDONCULES CÉRÉBELLEUX SUPÉRIEURS* lâS

rentes des olives supérieures, dans leur mode de distribution terminale, sont ainsi réparties :

l"" Une première portion se dirige en dehors directement;

2» Une deuxième en dehors, en avant, et en haut obliquement ;

3* Une troisième exclusivement en avant et en haut. Ces deux derniers groupes de fibres sont particulièrement destinés à se disséminer dans la substance grise du corps strié, en se combinant avec les fibres des fascicules spinaux antérieurs.

1^ La première portion des fibres efiërentes des corps olivaires supérieurs gagne, sous l'apparence de fibrilles grisitres, dirigées obliquement en dehors, les fibres des fascicules spinaux antérieurs dont elles croisent la direction sous des angles plus ou moins aigus (pi. XXII, fig. 1 et 2). Cette catégorie de fibres secondaires, dont la proportion, relativement à celle des deux autres, est minime, ne se voit bien qu'au niveau de la circonférence externe des noyaux olivaires. Elles apparaissent sous l'aspect de filaments irradiés en diverses directions, faufilés dans les interstices des fibrilles spinales antérieures, formant une série de lacis plexiformes, et continuant, dans cette région de Taxe, la substance grise du ioctis niger deSœmmering, dont elles ne semblent être qu'une prolongation.

2* Les fibres du deuxième groupe, beaucoup plus abondantes (|ue les précédentes, se dirigent toutes immédiatement en dehors et en haut. Elles émergent de la masse même des noyaux olivaires, sous Taspect de filaments grisâtres excessivement multipliés, à direction plus ou moins incurvée, semblables à des rayons irradiés de la surface d'une région limitée d'une sphère (pi. XVIII, fig. 8 [5, 6]).] Ces fibres eiïérentes, loin de se constituer en plexus réticulés comme les précédentes, arrivent toutes, dans des directions variées, à la rencontre les unes des autres, s'anasto* mosent réciproquement, et constituent bientôt^ par leur agglomé* ration et leur intrication intime, un nouvel amas de substance grise spécial) disposé sous forme de bandelette semi-lunaire, qui devient i son tour un foyer de dissémination d'une nouvelle génération d'éléments nerveux (pi. X, fig. 3 [h, b!] ; pK XIII, fig. 2 [4.5]; pi. II [39]; pi. m, fig. 2[2â, 25]).

Cette bandelette accessoire de l'olive supérieure» formée ainsi par le groupement d'une portion de ses fibres eflëretiles, se pré-

Ihà PIBRKS EFFÉREKTES l>tJ CERVttAlU

sente sous Taspeet d*un amas de substance grisâtre, disposé sous forme linéaire, renflé dans sa portion médiane, et atténué a chacune de ses extrémités : elle répond en arrière et en dedans, à rirradialion des fibrilles venues de l'olive supérieure correslK)ndante (pi. X, fig. â, et pi. XVIII, fig. 8), et en dehors, à la concavité des libres spinales ascendantes, disposées (ainsi que nous Tavons indiqué déjà, au moment où elles plongent dans la substance grise du corps strié) sous l'aspect de trois cônes emboîtés (pi. II, Og. SO, et pi. III, flg. 2 [2i, 26]). Sa situation est telle, par rapport à l'ensemble des fibres spinales ascendantes, qu^elie coupe leur direction suivant un plan transversal, et que sa portion renflée, qui est un foyer d'irradiations d'un nombre infini de fibrilles jaunâtres, regarde directement celles des fibres spinales qui forment l'arcade la plus interne, et qui se trouvent étalées, à ce moment de leur parcours, suivant une ligne courbe continue.

La composition élémentaire du tissu de la bandelette accessoire présente de grandes analogies avec celle des olives supérieures. Il est dense et cohérent, et d'une coloration blanc jaunâtre en général. Los fibrilles nerveuses, ainsi que les cellules, sont toutes très-difficiles a isoler. Ces dernières, dont le volume et l'aspecl rappellent assez bien les caractères propres des cellules des corps olivaires, sont aussi quelquefois très-fortement pigmentées. Leurs prolongements, qui sont en général très-courts, constituent, avec ceux des cellules du voisinage, un lacis la plupart du temps inextricable.

Les fibres irradiées de la bandelette accessoire des olives supérieures présentent les dispositions générales suivantes :

Tandis que, de toute l'étendue de la surface antéro-exlenie, natt une multitude de fibrilles grisâtres irradiées dans le sens de l'épanouissement des fibres pédonculaires (pi. XIII, fig. 2), chacune des deux extrémités effilées de la bandelette accessoire, l'antérieure et la postérieure (dirigées d'abord directement en dehors), se recourbent bientôt sur elles-mêmes, la première, d'avant en arrière, la seconde, d'arrière en avant, pour venir réciproquement à la rencontre Tune de l'autre, et former par la juxtaposition de leurs éléments propres, une ligne courbe transversale (pL XVIII, fig. 8 [8]), qui embrasse, dans sa concavité, la série des fibres spinales ascendantes, destinées à constituer le cône le

PtpQIICULES CÉRÉBELLEOS: SUPÉRIEURS. liS

plus interne (£i^ O}»/.). Cette première ligne de fibres curvilignes, qui reçoit pareillement par sa concavité, l'appoint- des fibres directes irradiées, de la surface antérp-externe de la bandelette accessoire ( [6, 5, id]), devient à son tour, pour ces mêmes fibres spinales, une nouvelle source d'irradiation d'éléments nerveux d'origine cérébelleuse. Elle constitue ainsi la première série de ces fibres curvilignes, à direction transversale (pi. XIII, fig. ô [à]), qui, étant perpendiculaires aux fibres spinales ascendanteSy se présentent au sein de la substance grise du corps strié, sous l'aspect de lignes curvilignes concentriques, ou d'arcades emboîtées (pi. XVIII, fig^ 8) ; leur ensemble contribue a former ces noyaux de substance jaunâtre, dont la teinte claire tranche d'une façon si caractéristique sur la teinte rouge sombre, propre à la substance du corps strié ambiante, et qui représentent ainsi un des modes de distribution périphérique, des fibrilles effércntes du cervelet.

S* Les fibres efférentes du troisième groupe, appartenant aux corps olivaires supérieurs, se dirigent toutes en avant et en haut (pi. X, fig. 2 [9, 9] ; fig. 3 [7, 7] ^ pi. III, fig, 2 [26, 26], et [7, 7'] Bg.2, pi. XIII).

Nées du segment le plus antérieur de l'olive correspondante, sous Taspect de fibrilles éparses tout d'abord, elles s'agglomèrent bientôt, en convergeant les unes vers les autres, pour constituer un fascicule unique, cylindrolde, qui rappelle assez bien l'aspect d'une longue chevelure. Ce fascicule s'élève ainsi directement, en haut et en avant, dans le sens antéro-postérieur, parallèlement aux traînées longitudinales de substance grise qui tapissent les parois du troisième ventricule (pi. X, fig. 3).

Arrivées un peu en arrière de la région qui correspond aux tubercules mamillaires (pi. X, fig. 2 [18]), les fibrilles ascendantes qui le constituent y se réfléchissent sur elles-mêmes, en arrière et en dehors, parallèlement aux fibrilles de l'extrémité antérieure de la bandelette accessoire. Elles s'éparpillent ensuite, dans la substance grise du corps strié, sous Taspect de filaments curvilignes divergents, qui croisent transversalement la direction verticale ascendante des fibres spinales antérieures, appartenant aux régions bulbaire et sous-bulbaire.

Ces fibres réfléchies, auxquelles viennent successivement s'ad-

liO FIBRBS EFFÉRKNTBS DU CERYKLBT.

joindre une série de filaments irradiés en tous sens de laband^ lette accessoire, constituent pour les fibres spinales des deux derniers groupes, un véritable contingent de fibres cérébelleuses propres, destinées à compléter pour elles le système des fibres transversales arciformes, dont nous venons de voir la première apparition, à propos de la description des fibres efférentes de la bandelette accessoire (pL XVIII, fig. 8 [8]).

Il résulte donc de ces dispositions remarquables, que présentent les pédoncules cérébelleux supérieurs à leur terminaison :

Qu'après s*élre entrecroisées (probablement dans la totalité de leurs éléments), les fibrilles qui les constituent, vont s*amortir en se pelotonnant, dans deux noyaux de substance grise qui jouent, vis-à-vis d'elles, le même rôle d'appareil récepteur commun, que jouent les olives de la région bulbaire, vis à vis des fibres des pédoncules inférieurs;

Que ces noyaux de substance grise deviennent bientôt des centres d'irradiation de fibrilles secondaires, lesquelles, éparpillées au milieu des fibres spinales ascendantes, ou condensées de nouveau en agglomérations supplémentaires, deviennent bientôt, a leur tour, les origines d'une multitude inGnie de fibrilles nerveuses eflerentes, éparpillées en toutes les directions, et exclusivement rattachées aux fibres spinales antérieures avec lesquelles elles secombinent;

Que ces générations successives d'éléments nerveux fibrillaires, au moment où ils plongent dans la substance grise du corps strié, représentent dans leur ensemble une série de lignes divergentes, à direction transversale, et croisent perpendiculairement celle des fibres spinales antérieures qui sont verticales et obliquement ascendantes (pi. XIII, fig. 6 [â]);

Qu'elles constituent au sein de la substance grise du corps strié, par leur agglomération, un foyer d'irradiation des fibres jaunes à direction horizontale qui se portent toutes en avant et en dehors, en croisant la direction des fibres spinales antérieures;

Que ce foyer d'irradiation jaunâtre représente la totalité des expansions terminales des fibrilles pédonculaires cérébelleuses supérieures, épanouies ainsi jusque dans les régions les plus centraies du cerveau ;

Que la substance de chaque hémisphère cérébelleux se trouve

SUMTAIIGB 6BISB GÉRÉBKLLBU6B PiRIPHÉRIQUK. 1A7

aÎDsi solidairement assooice a la substance grise de chaque corps strié du côté opposé, par une série de fibrilles interposées et entrecroisées (pi. I, fig. à);

Que ce noyau de fibrilles cérébelleuses jaunâtres représente un amas de substance nerveuse pyramidal, ayant son sommet tourné en dedans et en bas, et sa base étalée en haut et en dehors, au sein de la substance grise du noyau extraventriculaire du corps strié (pi. XXXI, XXXII, XXIV, fig. 1 et 2) ;

Que les fibrilles qui le constituent (pi. XVIII, fig. 8 [9, 9']) s^amincissent progressivement, et s'accolent sur les fibres pareillement effilées des faisceaux spinaux antérieurs, et vont ainsi, sous forme de filaments serpentins, d'une coloration blanc jaunâtre, se distribuer dans les divers départements de la substance grise du corps strié, en passant à travers les interstices des faisceaux des fibres convergentes antérieures (pi. XXV [8, SQ) ;

Enfin, que l'intensité de la coloration jaune de cet amas de fibrilles nerveuses est proportionnelle à l'intensité de la coloralion même des corps rhomboldaux du cervelet. Chez les animaux dont les corps rhomboldaux ont une teinte grisâtre, à peine marquée (bœuf, mouton), la coloration des amas jaunes du corps strié est aussi très-peu accentuée (1).

DE LA SUBSTANCE GEI8E CÉEÉBELLEDSB PÉRIPHÉRIQUE.

Nous avons vu jusqu'ici que les fibres efférentesdu cervelet, au moment où elles arrivaient aux dernières phases de leur parcours, allaient former dans la région cérébrale, du côté opposé à celui d'où elles tiraient leur origine, une série de lacis plexiformes, éparpillés au milieu des interstices des fascicules spinaux

(1) Nous verrons plus loin que ces rapports intimes que l'anatomie normale révèle entre la substance du cerTclet et la substance grise du corps strié^ se troovent complètement vérifiés par Tanatomic pathologique : dans certaines lésions chroniques do cerveau d'un côté, ruéniisphèrc cérébelleux du côté opposé se trouve souvent frappé d'atrophie^ et réciproquement, Tatrophie d'un lobe cérébelleux entrAinc celle des appareils cérébelleux périphériques du côté opposé, celle des olives iatérieures, aussi bien que celle des olives supérieures^ et des noyaux jaunes du corps «trié.

1A8 SOBSTANCE GRISE GÉRâBtiLLfiUSfi PÉAlPfiÉRiQOE.

antérieurs, ci continus de bas en haut. Il nous reste à examiner maintenant la manière dont ces plexus sont successivement constitués, hs éléments anatomiques que l*on y rencontre, et les rapports intimes qu'ils affectent avec les fibrilles spinales antérieures (pi. XXXVll, «g. 2, 3, â et 5),

l"" A. Les premiers linéaments de la substance grise périphérique du cervelet apparaissent au niveau de la région bulbaire antérieure, à 2 ou 3 centimètres au-dessous du bord inférieur de la protubérance, sur le prolongement des fibres terminales des pédoncules cérébelleux inférieurs. Ils se présentent sous l'aspect de lignes sinueuses, ramifiées, spécialement au milieu des interstices des fascicules des pyramides antérieures* dont elles amènent ainsi, par leur interposition, la dissociation progressive (pi. VII, fig. 2 [1 , 1']) ; ces lignes sinueuses augmentent peu à peu d'abondance et d'épaisseur (pi. VH, fig. 2, 3 et 4 ; pi. VIII, fig. 1 et 2). Ils arrivent ainsi à constituer au milieu môme de la série fasciculée des pyramides, un lacis plexiforme des fibres grises, dont tous les éléments sont réciproquement anastomosés, a Taide de branches secondaires, qui les rendent ainsi solidaires les uns des autres (pi. XVIII, fig. 6 et 6).

Au niveau des régions de l'axe spinal qui reçoivent les expansions terminales des fibres pêdonculaires moyennes, celte disposition acquiert des proportions progressivement plus considérables, l'épaisseur des dépôts de substance grise va successivement en croissant; ils se présentent alors sous l'aspect de traînées grisâtres, reliées intimement par des prolongements multipliés, les unes avec les autres. L'accumulation de substance nerveuse grise est telle, à un moment donné, qu'il en résulte bientôt une intumescence notable, qui a fait donner le nom de protubérance à la région dans laquelle celle-ci se trouve le plus abondamment répartie (pi. XXXVII).

B. La plupart des fibres pédonculaires moyennes, avant même de s'entrecroiser, passent insensiblement à l'état de fibrilles grises, et après leur entrecroisement apparaissent sous l'aspect de lignes sinueuses, embrassant, par leurs contours, les agglomération des fibres spinales antérieures qui représentent les pyramides antérieures prolongées (pi. VIII, fig. 3). Elles enserrent chaque faisceau pyramidal ainsi prolongé, d'une sorte de collier circulaire,

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