DES CENTRES DE LA COUCHE OPTIQUE
répartition analogue, \e centre qui leur appartient est précisément en arrière du centre précédent (pi. I, fig. 1 [5â, 62]; pi. Il [42, 20J). Les fibres convergentes acoustiques qui sont les dernières venues, et qui occupent, par rapport à la totalité des fibres convergentes inférieures, la situation la plus postérieure, se trouvent, pareillement à leur point de terminaison centrale, dévolues a un centre qui est situé dans la région la plus postérieure de la couche opUque (pi. II [i\ 17], et pi. XIII, fig. 3 [1, 7], pi. VIII, fig. 2 et â). EnGn les fibres de la sensibilité consciente, qui au milieu de Tagglomération générale des fibres spinales ascendantes (au niveau du quatrième ventricule), occupent, par rapport aux fibres acoustiques précédentes, une situation d'antériorité très-marquée (pi. II [15]), se trouvent dans les centres où elles s'amortissent, réparties dans un département de la couche optique, qui représente une localisation corrélative; le centre médian dans lequel elles paraissent se perdre, est placé en effet en avant du centre postérieur, et en arrière du centre moyen (pi. Il [22, 24]; pi. XII, fig. 2 et 3 [3]).
Ces centres y dans chaque couche optique, nous ont paru être jusqu'ici au nombre de quatre bien nettement circonscrits; ils sont en général superficiellement situés, et forment par leur saillie, les principales protubérances que Ton observe à la surface de la couche optique (pi. XXIX). Au point de vue des rapports généraux qu'ils affectent les uns aux autres, on pourrait les désigner sous le nom de : 1° centres antérieurs (pi. XXIX [H]) ; 2° centres moyens (pi . XXX [11] ) ; 3° centres médians (pi . XXXII [1 2] ) ; et 4^ centres posténeurs (pi. XXX [13]); et au point de vue de la spécificité des fibres venues de la périphérie sensorielle qui viennent s'y distribuer : centres olfactif s^ centres optiques ^ centres sensitifs^ centres acoustiques.
Leur volume, qui est susceptible de présenter quelques variations, oscille entre celui d'un gros pois et celui d'une petite noisette : c'est le centre moyen, ou optique, qui présente les plus fortes dimensions, et le centre médian les moindres (XXX).
La coloration qui leur est propre est en général rougeâtrc et uniforme, dans des cerveaux sains ; ce n'est que dans les cas pathologiques, que l'on constate dans leur masse des décolorations partielles et des taches grisâtres. La coloration du centre médian
200 SYSTÈME DES FIBRES CONVERGENTES SUPÉRlEtRES.
est cependant en général moins accentuée que celles des trois autres.
La structure de chacun de ces amas de substance grise est à peu près identique; ils sont constitués, outre une forte proportion de substance amorphe d*unc ténacité variable, par une grande proportion de cellules nerveuses dont les caraclcres généraux se rapprochent assez bien de ceux des cellules ganglionnaires.
Ces cellules, qui, à l'état frais, mesurent environ 0'"",02 à 0"",03, sont à un ou à deux prolongements (pi. XVII, fig. 3). Elles sont en général de forme ovoïde et de coloration jaunâtre; elles sont souvent chargées (en proportion variable) de granulations pigmentaires; leur noyau est en général petit, et pourvu d*un nucléole peu apparent. Quant à leurs prolongements, ils sont assez difficiles à distinguer; dans un certain nombre de cas, on n^en aperçoit qu*un seul, d*une manière assez nette, les autres sont, ou bien rompus, ou bien d'une ténuité excessive. Il est probable que la même disposition que nous avons signalée à propos des rapports réciproques des fibres nerveuses aflerentes avec les cellules des amas ganglionnaires, se retrouve ici ; et que si chacune de ces cellules, se trouve en connexion directe par un de ses prolongements avec une fibre nerveuse, elle se trouve, d'une autre part (à Paide du chevelu radiculaire qui émerge de ses parois), en relation avec les prolongements homologues des cellules efférentes ambiantes, avec lesquelles elles forment un lacis continu d'éléments nerveux enchevêtrés (pi. XVII, fig. 4).
Quant aux rapports généraux que cxts centres affectent avec les fibres nerveuses afférentes, nous avons déjà signalé, à propos de la description du système convergent inférieur en général, et des libres directes ganglio-cérébrales, ce que chaque groupe, isolé do fibrilles nerveuses, offrait de spécial dans sa répartition centrale (pi. II, et pi. I, fig. \) (p. 77 et suiv.). Nous avons pareillement décrit les rapports généraux des fibres convergentes supérieures au moment oii, après leur pénétration dans la couche optique, elles se distribuent en inégale proportion dans chacun de ces mêmes centres (pi. IV, fig. 3) (p. 185). Il nous reste à rappeler que chacun d'eux en particulier affecte des connexions intimes avec les traînées longitudinales aniéro-postérieures de substance grise qui tapissent les parois internes du troisième ven-
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tricule (pL I, fig. 1 [5, b']); que cette substance grise leur sert de irait d*union et de bandelette connective commune (16, 1 Vf pi. XXXI et XXXII); qu'ils se continuent insensiblement dans leur région interne avec cette substance grise ; et que c*est grâce à elle, que les fibrilles des racines grises internes des nerfs optiques et olfactifs, se trouvent conjugues à celles qui émanent des racines externes des mêmes troncs nerveux (1) (pi. I, fig. 1).
Centre antérieur ou centre olfactif (^). — Le centre antérieur se présente sous l'aspect d'une légère intumescence bien nettement isolée, et faisant saillie au niveau de la région la plus antérieure de chaque couche optique (pi. I, II, XIII, fig. 1; pi. XVII, fig. 1 [1 , l'J ; pi. XXIV, fig. 1 ; pi . XXIX [H] ; pi . XXX). Sa forme est ovoïde, son grand diamètre est dirigé obliquement de haut en bas et de dehors en dedans : il a à peu près le volume d'un gros pois. Il est bordé en dehors par la série des fibres convergentes supérieures (pi. II, fig. 1, et pi. XXXI) qui passent en dehors de lui et le circonscrivent par une série do courbes régulières, sans cependant contracter de rapports directs avec sa substance.
Ce centre est en relation directement avec les fibres du ténia semi-circulaire, qui (après avoir décrit le trajet que nous avons déjà signalé page 77 [pi. XXVIII, fig. 2]) viennent en définitive se perdre, en s'éparpillant dans son intérieur (pi. XVII, fig. 1 [2, 2^). Ces fibres jouent, vis-à-vis de la substance grise de ce centre^ le rdle de conducteurs afférents. Quant aux conducteurs efférents, ce sont les fibrilles convergentes émanées de l'hippocampe qui
(1) Les fibrei 9 en efTct, du ténia qui sont les prolongements médiats des fibres de U racine olfacti?e externe^ se distribuent dans le centre antérieur; or la substance grise de ce centre est précisément (pi. XXVIII^ flg. 2, et pi. XXI^ fig. 7) en rcla* tîon^ aa-dessous de la cloison, avec rintumescence centrale propre à la racine interne de l'olfactif; le circuit est ainsi complet. De môme pour les fibres optiques : les fibrilles blanches (pi. XV, fig. 3 [9] ) qui rampent a la surface de la couche optique KMit aussi des prolongements médiats des fibres de la racine externe du nerf optique : elles s*éparpillent dans le centre moyen, et lu se trouvent en connexion avec les fibrilles émanées du tuber cinereum qui représentent médiatemcnt les irradiations centrales de la racine grise interne. Le circuit, entre les deux racines, se trouve pareillement ainsi complété (comparez avec pi. I, fig. 1 [6, 60, 61, 62]).
(2) Cette saillie de la couche optique a été signalée sur les planches d'Arnold lensle nom de nucleus anterior supcrior (tabula IV, fig. 5, 1838; : Vieussens l'appelle corpus album subrohmdum (Lyon^ MDCLXXXV^ p. 59).
202 SYSTÈME PES FIEBES CONVERGENTES SUPtRlEURES.
peuvent être considérées comme tels; et encore ces rapports ne sont-ils établis que d'une manière tout a fait indirecte. Ils ont lieu médiatement à l'aide d*un fascicule surnurnéraire ainsi disposé :
En étudiant les principales particularités que présente ce centre antérieur, on s'aperçoit qu'il est en connexion directe avec deux accunuilations de substance grise spéciale, éloignées les unes des autres, celle des tubercules mamillaires et celle du conarium \ et que les rapports s'établissent (entre ces deux départements de substance nerveuse) à Taide de deux systèmes de processus Qbrillaires dirigés, l'un verticalement en bas et en dedans, l'autre, horizontalement d'avant en arrière, dans une direction antéro* postérieure (pi. XXI, fig. 7 [19]).
Le premier de ces deux systèmes de fibres nerveuses (pi. XXIV, fig. 1 [14]; pi. XXI, fig. 7 [18]), parfaitement décrit et figuré dans Touvrage de Vicq d'Azyr, se présente tout d'abord sous l'apparence d'un fascicule verticalement dirigé de haut en bas, résultant de la juxtaposition d'une série de fibrilles primitivement épanouies au sein de la substance grise du centre antérieur, et progressivement groupées les unes à côté des autres. Ce fascicule unique se dirige directement en bas et en dedans, s'infléchit lé* gèrement sur lui-môme, et va se distribuer, en s'éparpiliant en fibrilles divergentes dans les régions les plus internes (pi. XXIII [21, 21'] et pi. XXXIV [14, 14']) de la substance grise des tubercules mamillaires, précisément dans le voisinage du point où les fibres terminales convergentes de rhippocampe (les piliers) se sont pareillement disséminées. Il y a donc au sein de la substance grise des tubercules mamillaires des rapports intimes, ou plutôt une véritable combinaison réciproque entre les expansions centrales des fibres nerveuses venues de la circonvolution de Thippocampe et les extrémités radiculaires du fascicule de Vicq d'Azyr, qui est en quelque sorte le véritable trait d'union entre la substance grise du centre antérieur et celle des tubercules mamillaires.
2° Le second système de fibres conncctives du centre antérieur présente des analogies nombreuses avec le précédent : ces fibres naissent des régions les plus internes do la substance même du centre antérieur (pi. XXIX [9, i']; pi. XXX [17]), sous l'aspect de filaments épars tout d'abord, et bientôt agglomérés en fascicules
DIS CBNTaSg PB LÀ COUGAB OPTIQUE. tOS
blaDchitres ; ils s'appliquent sur les parois internes des couches optiques, et se dirigent parallèlement aux fibres dissociées des piliers, au-dessous desquelles ils sont situés. A mesure qu'ils s'avancent vers les régions postérieures du troisième ventricule« ils s'accolent aux fibres précédentes, et partagent (en se perdant soit directement, soit après s* être entrecroisés) leur distribution terminale au sein de la substance grise du conarium.
La substance grise du conarium est donc, dans les régions postérieures du cerveau (vis-à-vis des fascicules émanés du centre anlérieur), dans les mêmes rapports que la substance grise des tubercules mamillaires se trouve vis-à-vis des fibrilles terminales du faisceau de Vicq d^Âzyr. Dans Tun et l'autre cas, les fibres de ces deux systèmes de fascicules nerveux s'amortissent dans des dépôts de substance grise situés exceniriquement (en dehors de la masse commune des régions centrales) ; aussi, peut-on considérer à ce point de vue la substance griiie du conarium comme représentant dans sa masse, deux tubercules mamillaires postérieurs^ fusionnnés sur la ligne médiane.
Ainsi donc, nous voyons, d'après ces détails : que si le centre antérieur de la couche optique ne présente pas, ainsi que les homologues , des rapports directs avec Tcnsemble des fibres convergentes supérieures, ses rapports avec la périphérie corti* cale pour être indirects, n^en existent pas moins; que dans les régions centrales où ses fibres connectives viennent se mettre en relation (la substance grise des tubercules mamillaires et celle du conarium), celles-ci y rencontrent précisément une série de fibrilles terminales émanées de l'hippocampe (pi. XXI, fig. 7) ; qu'il se trouve principalement en connexion avec l'hippocampe, c^ est-àdire avec une portion isolée de la substance grise de la périphérie cérébrale; que l'hippocampe est ainsi, par conséquent, relié à un foyer isolé d^irradiations sensorielles spécifiques, les impressions olfactives.
n résulte de ce simple rapport : que l'on est naturellement porté à admettre Texislence de départements isolés de la substance grise de la périphérie cérébrale, qui sont plus particulièrement destinés à Télaboration de tel ou tel ordre d'impressions sensorieUes.
SOil STSTÈME DES FIBRES CONVERGENTES SUPÉRIEURES.
Centre moyen ou centre optique (1). — Gontigu au précédent, derrière lequel il est placé, le centre moyen se présente sous l'apparence d^une petite intumescence de substance grise, faisant saillie à la surface de la région moyenne et interne de la couche optique, au niveau de la commissure grise (pi. XXX [11, 11']; pi. XXIX; pi. XVII, fig. 1 [6]; pi. XII, Bg. 2 [3]). Cet amas de substance grise, qui est souvent d'une coloration rougeàtre trèsaccentuée, estle plus volumineux des centres delà couche optique.
Les fibres afférentes avec lesquelles il est en connexion viennent de deux sources :
Un premier groupe, qui est facile à voir sur des pièces fraîches, et dont nous avons déji parlé à propos des fibres optiques gangliocérébrales (page 78), se dessine sous Taspcct de filaments blanchâtres à direction curviligne, étendus de la substance ganglionnaire des corps genouillés à ce centre moyen de la couche optique (pi. XV. fig. 3 [9], et pi. XXIX [15]). Ces filaments, dont les plus externes sont contigus aux fibres homologues du ténia (pi. XXIX [12]), s'étalent en éventail, et pénètrent aussi au sein de la substance grise du centre moyen avec laquelle ils se combinent.
Les fibres du deuxième groupe sont beaucoup plus difficiles à suivre dans toute la continuité de leur trajet (pi. III, fig. 1 \}b!]). Elles émergent de la substance grise de tubercules quadrijumeaux (voy. page 67), se dessinent souvent sur des pièces fraîches, sous l'apparence de fibrilles étalées en éventail (pi. XXX [14J) irradiées de la région antérieure des tubercules quadrijumeaux supérieurs, et se portent directement en avant au niveau des parois internes du troisième ventricule. Sur des pièces préparées (pi. XI, fig. 1 [10, 10^) on peut; suivre un certain nombre d'entre elles au moment où elles se relèvent du sein de la substance grise d'où elles tirent leur origine, pour se porter directement en avant vers la région moyenne de la couche optique, où l'on peut encore les retrouver.
Ces divers groupes de fibres nerveuses afl'érentes à la substance grise du centre moyen, y abordent suivant une direction oblique
(1) La saillie de cette région de la couche optique a été figurée sur les planches d'Arnold Tabulœ anatomicasy fasciculus I, icônes ccrcbri et medullce spinalis. Turici, 1838) ; il la désigne sons le nom de nwkus internus (tabula IV, fig. 5).