DES CENTRES DE LA COUCHE OPTIQUE
de bas en haut et de dehors en dedans. Elles rencontrent la direction des fibres convergentes supérieures sous des incidences variées (pi. XIII, fig. 1 [6, 6^]) et forment alors avec elles un lacis réticulé (constituant une espèce de coque délimitante externe) à réseaux continus, dont la surface convexe regarde en dehors, (pi. XXX (11, ir], et pi. XVII, fig. 1 [6]), et dont la concavité embrasse la substance grise même du centre moyen.
Quant aux fibres efférentes du centre moyen (pi. XXX et pi. XIII, fig. 1), elles sont représentées par toute cette série de fibres convergentes supérieures qui, puisant leurs origines a la périphérie, dans les circonvolutions des régions antérieure et externe, vont toutes s'amortir, sous Tapparence de fibrilles juxtaposées et concentriques, dans Tamas de substance grise isolé qui constitue ce centre moyen.
Ce centre, par suite des connexions intimes que ses fibres aflérentes ont avec les divers dépôts de substance grise, qui sont euxmêmes en rapport avec la transmission des impressions visuelles, se trouve par cela même désigné comme étant le principal point de convergence, dans lequel les impressions visuelles venues de la périphérie vont successivement se déverser (voy. pi. I, fig. 1, et pi. II).
&• Centre médian (pl. II [22]; pi. I, fig. 1). — Le centre médian, situé en arrière du précédent, ne fait pas saillie comme ses homologues à la surface de la couche optique. 11 est au contraire profondément situé, et comme enfoncé dans l'angle rentrant qu'interceptent entre elles la ligne antéro-postérieure représentée par la paroi interne du troisième ventricule, et une ligne dirigée perpendiculairement à la première, et joignant la région de la commissure postérieure à celles des corps genouillés (pl. XXXII [12,12']).
Ce centre, qui occupe la région la plus centrale de la couche optique, et qui par suite est le centre même de la masse du cerveau (pl. XXVIII, fig. 2 [Q]), se présente sous l'aspect d'une petite masse de substance blanchâtre, sphéroldale, pisiforme, intermédiaire, comme volume, au centre moyen qui est en avant et au centre postérieur situé plus en arrière. Ilavoisine les régions postérieure et inférieure de la substance grise du troisième ventricule, et se trouve contigu i celle de l'olive supérieure, au-dessus
205 SYSTEMS DfiS riBlIBS COHVERGEHTM SUPÉRIfimiES.
de laquelle il est situé (pi. XXIII, flg. 2 [10, 12]). Il oeeupe pareillement une situation antérieure à celle des tubercules qua* drijumeaux (pi. XXXII [12]).
Les fibres afférentes qui sont propres au centre médian se divisent en deux groupes.
Le premier (pi. III, flg. 1 [21]; pi. I, fig. 1 [64]) apparaît sous l'aspect de fascicules blanchâtres, dirigés de bas en haut, d'arrière en avant (pU XII, fig. 3 [8 et A]), et épanouis en filaments divergents au sein de sa masse. Ces fascicules, dont on ne peut suivre pendant un long parcours la continuité avec les régions sous* jacentes, paraissent faire partie de cette série de fascicules triangulaires, à base supérieure, qui sont régulièrement stratifiés au niveau de la région du quatrième ventricule (pi. XII, âg. 2 [16, 15', 16, 16']) et qui résultent de l'agglomération successive des fibres spinales ascendantes, après leur entrecroisement au niveau de la région bulbaire. Or, comme les fibres des faisceaux latéraux s'entrecroisent régulièrement en cette région, pour se reconstituer ultérieurement en fascicules juxtaposées (pi. III, fig. 1), il est fort probable que ces petits faisceaux de fibres étalés en éventail qui vont se distribuer dans le centre médian, et dont on ne voit ici que Tépanouissement supérieur, ont leur racine dans les» régions inférieures de Taxe et représentent la continuité probable, et le mode de terminaison des faisceaux latéraux (pi II, [21]).
Le second groupe de fibres nerveuses qui va se distribuer dans le centre médian, est précisément une portion des fibres de la commissure portérieure, qui représente, comme nous l'avons indiqué déjà, les fibres les plus supérieures du ruban de Reil (pi. II [2A]; pi. III, fig. 1 [20]). Ces fibres, après avoir obliquement traversé de bas en haut et de dehors en dedans la substance grisé des tubercules quadrijumeaux, et s'être entrecroisées sur la ligné médiane (pi. XXXII [14]), se dirigent directement en avant et en dehors (pi. II, fig. i [20, 21], et pi. XXXI [18]), et s'éparpillent dans les régions de la couche optique, où se trouve le centre mé« dian» pour lequel elles constituent un contingent supplémentaire d'éléments nerveux.
Au moment où ces deux groupes d'éléments nerveux pénètrent dans la substance grise du centre qui leur est propre, ils rencon-* trente suivant une direction oblique ascendante, la série des fibres
DKS CENTRES DE LA COtCHE OPTIQUE. 207
conrei^entes supérieures, dirigée de haut en bas et de dehors en dedans. Ils croisent ces flbres obliques dans leur parcours, et forment avec elles un lacis plexiforme (pi. XII, fig. 3 [8] , et pi. XXIII, fig. 2 [10]) (analogue à celui qui existe pour les centres moyens et postérieurs) et qui enveloppe, commeune coque réticulée, la masse même de la substance grise du centre médian.
La signification physiologique du centre médian ne nous parait pas aussi nettement accusée que celle des autres centres précédents, par suite des incertitudes qui planent encore sur le lieu de provenance de ses fibres afférentes. Toutefois, en s'appuyant sur la comparaison des détails relatifs aux centres précédents, en se rappelant :
Que ces mêmes centres sont groupes dans la couche optique, dans un ordre successif, et dans les mêmes rapports qn*aiTectent entre elles leurs fibres afférentes à la périphérie (pi. I, fig. 1); que les fibres olfactives qui sont les plus antérieures sont réparties dans le centre qui occupe la situation la plus antérieure par rapport à ses congénères; que les flbres optiques qui viennent immédiatement après (pi. Il [M et i2], ont leur point central de réception, dans un centre qui vient immédiatement après le précédent [en 20] ; que les fibres acoustiques qui sont les dernières venues dans le groupement général des fibres convergentes inférieures sur Taxe commun, paraissent être par cela même en connexion avec les régions les plus postérieures du noyau récepteur commun, on se trouvera naturellement amené à induire :
Que les flbres sensorielles qui, au niveau du quatrième ventricule, sont placées en avant des fibres acoustiques, doivent avoir dans la couche optique un centre de réception doué d'une situation d^anlériorité identique; que ces fibres sensorielles sont probablement les prolongemenUi supérieurs des faisceaux latéraux entrecroisés au niveau de la région bulbaire (pK II), et que, par suite, les impressions sensitives conscientes (impressions tactiles, impressions dolorifères) pourraient bien être particulièrement répaflies dans cette région de la couche optique qui renferme le centre médian (1).
(1) Coinme nous avons déjà dit que les fibres du ruban de Rcil représentaient, A«ns les régions supérieures de Taxe^ les fibres des faisceaux latéraux des régions inféru^res, et comme; d'une autre part, le centre médian parait recevoir comme
208 SYSTÈME DBS FIBRES GOMVERGEMTES SUPÉRIEURES.
La série des fibres efférentes propre au centre médian est représentée par une multitude de fibrilles excessivement fines (pi. XXXII) irradiées en toutes les directions, et qui paraissent mettre ce centre en relation avec Tensemble général de toutes les circonvolutions. Sa situation centrale, par rapport à la couche optique et au cerveau, autorise par conséquent à supposer qu*il doit être en connexion avec toutes les régions de la périphérie corticale, el qu*il est appelé à disséminer dans toutes les directions les impressions sensorielles spéciales qui lui sont apportées par son double système de conducteurs afférents.
A* Centre poslérieur (1). — L*amas de substance grise qui constitue le centre postérieur est situé en arrière et en dedans du précédent. Il se présente sous la forme d*une saillie mamelonnée à la surface interne et postérieure de la couche optique. Il a des rapports de contiguïté avec la substance grise des tubercules quadrijumeaux supérieurs, vers lesquels il s'avance d'une manière plus ou moins accentuée. La substance grise qui le constitue, est en général de consistance bien moindre que celle du centre précédent ; le plexus réticulé qui le limite en dehors est en général assez lâche; ses éléments histologiques sont relativement trèsrares. Son volume est excessivement variable suivantles individus (pi. XXX [13, 13']; pi. XII, fig. 2 [3]).
Les fibres aflërentes qui vont se distribuer au sein des centres postérieurs sont assez difficiles a spécifier au point de vue de leur provenance. Elles paraissent provenir, pour la plupart, de cette catégorie de fibres entrecroisées qui constituent une portion de la commissure postérieure. Nous avons indiqué déjà précédemment les rapports de continuité probable qu'aflectent ces fibres
conducteurs alTérents^ des fibres venues de ces deux ori^nes^ on est natureUement amené a penser : que de l'indépendance de ces deux séries de conducteurs nerveux doit résulter pareillement une indépendance marquée dans leur mode d'action (pi. III, fig. 1 [20 et 21]). Faut-il voir dans cette indépendance des deux fascicules alTérents qui se perdent au sein de la substance grise du centre médian^ la raison de U Con8er\ation de la sensibilité dans les régions supérieures du tronc (à la face), lorsque cette sensibilité est abolie dans les membres de tout un côté du corps? C'est une question que nous ne faisons que poser actuellement^ laissant à la physiologie expérimentale et à la clinique le soin de la résoudre.
(1) La saillie de cette région de la couche optique en est figurée sur les plancha d'Arnold et désignée aous \è dmi de nucleus intemus.
BES CENTnvS DE LA COUCHE OPTIQUE. 209
avec eelles dn ruban de Reil (page 81). II n'est pas rare de rencontrer, soit sur des coupes verticales, soit sur des coupes horizontales (pi. XII, fig. 2 ; pi. III, flg. 1 [18], une certaine portion de fibrilles appartenant à la commissure postérieure, irradiées sous forme de filaments blanchâtres incurvés sur eux-mêmes» au sein de la masse même des centres postérieurs. Il nous parait donc vraisemblable de supposer que cet amas de substance grise qoi se trouve localisé dans les régions les plus postérieures delà couche optique, est précisément en rapport avec cette catégorie spéciale de fibres convergentes, qui occupe, dans le groupement général des fibres spéciales sur Taxe, la situation la plus postérieure, c'est-à-dire avec les fibres acoustiques (1).
La série des fibres efférentes propres au centre postérieur de la couche optique, est très-remarquable, en ce sens, qu'elles se distribuent à la fois dans les régions postérieures et dans les régions antérieures de la périphérie corticale, lesquelles se trouvent ainsi tributaires d'un même foyer d*irradiation sensorielle.
Les fibres du premier groupe sont représentées par cette agglomération fasciculéede fibres convergentes (pi. XXX [6, &]) qui, émanées des circonvolutions postérieures du cerveau, se groupent r^ulièrement entre elles, pour aller se perdre dans les régions postérieures de la couche optique, et ultérieurement dans la substance grise du centre postérieur correspondant.
Les fibres du deuxième groupe sont représentées par une série de fibres curvilignes (pi. XXXI [5, 6']) à direction antéro-postérieore, qui, tirant leurs origines du sein de la substance grise des circonvolutions antérieures, vont directement se perdre dans la substance grise du centre postérieur correspondant (p. 181).
(1) Qutnt à la question de sûToir si les centres acoustiques de la couche optique KçoiTent une catégorie particulière de fibres nerveuses, émergées de la substance gélatinense acoustique (pi. VIII, fig. 2 [6] ), et représentant les fibres des faisceuz yostérieun (pour les racines postérieures spinales) et les fibres efférentes de la nbitance gélatineuse des tubercules quadrgumeaux (pi. III, fig. 1 [25]) (pour les nànet des nerfs optiques), je n'ai^ jusqu'à présent^ rien rencontré d'assez significaUC pour pouvoir en parler avec cerUtude.
LlYi. 14
tlO STSTÊMB DES riBRES CONVERGEATES SUPÉRIEURES.
§ 2. — méstoB de milNitMiee «rtae eentrale toplMMUit les paroto du troisième Tentrieale (i).
Nous avons déjà parlé (page A7), à propos de la constilulion des éléments propres de Taxe spinal, de Tagglomération de celte substance grise qui, localisée au pourtour de la cavité du canal central de la moelle, remontait avec ces mêmes cavités spinales» dont elle est satellite, jusque dans les régions supérieures du système nerveux, pour s^allonger tout le long des parois des cavités intra-encéphaliques (pi. 1, fig. 1').
Nous avons dit pareillement que cette région particulière de substance grise paraissait résulter de Tapport successif des fibres grises spinales ; qu'elle présentait, de distance en distance, des intumescences locales, des ti^er cinereum, en rapport avecrabon*dance de ces mêmes fibres; qu'elle pouvait être considérée comme la représentation exacte d'un axe commun, sur lequel toutes les fibres nerveuses du système convergent inférieur venaient successivement apporter leur contingent; et qu^elle jouait le même rôle, vis-à-vis d'une portion notable des fibres du système convergent supérieur, lesquelles allaient pareillement s'y implanter. Nous Tavons jusqu'ici successivement envisagée, dans son mode de constitution, dans ses rapports avec les diverses catégories de fibres nerveuses qui sont ses tributaires, et dans sa structure histologique ; il nous reste à l'examiner maintenant dans cette portion limitée de son parcours, où confondue tfvec la masse même des centres delà couche optique : elle sert à la fois de centre de réception pour les fibres du système convergent inférieur, et pour les fibres du système convergent supérieur.
La réffion de substance grise centrale se présente à ce moment sous l'aspect de deux processus antéro-postérieurs de substance grisâtre (pi. XXXI [16, 16']; pi. XXXII [10, 10]; pi. XXXIH [11, 11']) doublant les [mrois du troisième ventricule, et étendus de bas en haut et d'arrière enavant, depuis Torifice supérieur de Faqueduc de Sylvius jusqu'au niveau du passage des fibres de la
(1) Figurée sur les planches d'Arnold {Tahulœ anatomicœ, fasciculus 1) et dc»iniée »ou8 le nom de suMantia cinerea (tabula U; fig. 8 [95]).
RÉGION Vm SOBSTAMCt GRI88 CENTRALE DtJ 8* VENTRICULE. 211
eomminare antérieure. La masse de substance qui la constitue est, proportionnellement, plus abondamment répartie dans les portions inférieures de son parcours (là où elle est en connexion avec les fibres spinales ascendantes) que dans les régions supérieures des couches optiques, sur lesquelles elle s'étale en dimi* nuant insensiblement d'épaisseur (pi. XII, fig. 2 et 8; pi. XIII, fig. i et 2).
Elle est formée, dans sa portion moyenne et interne, par une substance amorphe d'une consistance médiocre, très-abondante (relativement aux éléments anatomiques qu'elle renferme), et susceptible de prendre, sous l'influence d'une solution étendue d'acide chromique, cette coloration verdâtre, tout à fait caractéristique, qui la rapproche ainsi complètement, au point de vue de sa nature chimique, de la substance grise homologue qui existe dans les régions inférieures et centrales de l'axe spinal.
Lesélémentshistologiques que Ton y rencontre, sont, en général, volumineux dans certains points de ses régions inférieures ; ils sont de petite dimension dans la plupart des autres régions. Ce sont de petites cellules à coloration jaunâtre, souvent triangulaires, d'autres fois ovoïdes, pourvues d'un noyau quelquefois volumineux, et présentant toutes une série de prolongements excessivement fins, subdivisés bientôt en filaments multipliés, qui forment avec ceux des cellules ambiantes un lacis plexiforme non interrompu, avec lequel ces fibres nerveuses ont probablement des rapports immédiats de continuité (pi. XVII, fig. 5).
lies fibres afférentes, à la région centrale de substance grise intra-encéphalique, sont représentées par toute cette série de fibrilles ascendantes, dirigées obliquement en haut et en avant, et que l'on trouve juxtaposées en fascicules divergents, au niveau de la région du quatrième ventricule (pi. XII, fig. 2 et 3). Ces fibrilles, entrecroisées au niveau de la région bulbaire, forment, par leui juxtaposition régulière, uncf agglomération de conducteurs nerveux, méthodiquement stratifiés les uns au-dessus des autres, et destinés a s^amortir, soit dans les centres, soit dans la substance grise centrale de la couche optique. Nous avons déjà parlé de ceux qui paraissent affectés aux centres médians ou aux centres postérieurs ; quant à ceux qui vont s'amortir au sein de la substance grise de la région centrale^ ils se présentent sous
212 SYSTÈMB DES FIBRES CONVERGENTES^ SUPtlIIBimBS.
l'aspect de fllamenls grisâtres excessivement Gns, dirigés obliquement en avant et en haut, et dissociés insensiblement en bouquets divergents, à mesure qu'ils se rapprochent de leurs points d'immersion (pi. XIII, fig. 1 [9, 10]; pi. XVII, fig. 1 [11, 15]; pL XII, fig. 3 [8] et 2 [10, 16] ). Ces filaments, une fois éparpillés, après s'être amincis considérablement, se mettent en connexion avec des groupes de cellules nerveuses isolés, constituant alors de petits centres gris (pl.XIII, fig. 1 [9, 9] ; pi. XVII, fig. 1 [12, 12^]), et trouvent ainsi, dans ces régions centrales du système nerveux, des localisations distinctes et indépendantes, comme les divers plexus originels d'où elles dérivent a la périphérie.
La série des fibres efférentes de la substance grise centrale de la couche optique a été déjà passée en revue, a propos de la description des fibres du système convergent supérieur (page 187).
Il nous suffira de rappeler : que ces fibres sont des conducteurs directs interposés entre les cellules des circonvolutions cérébrales et celles de la régimi centrale; qu'elles sont, parmi les fibres convergentes qui traversent de dehors en dedans l'épaisseur de la couche optique, celles qui ont la situation la plus inférieure (pi. XVII, fig. 1 et pi. XIII, fig. 1);
Qu'elles abordent la région grise centrale^ suivent une direction transversalement oblique, de haut en bas et de dehors en dedans, contrairement àrensemble des fibres afTérentes, qui s'y distribuent suivant une direction verticalement ascendante et inclinée en haut et en avant (pi. XII; pi. III, fig. 2) ;
Que c'est, par conséquent, au milieu des réseaux de cellules qui la constituent, qu'une portion notable des fibres des systèmes convergents, supérieur et inférieur, doivent entrer en rapports réciproques.
La substance grise centrale du troisième ventricule contient dans sa masse une série de petits amas isolés de cellules nerveuses, qui forment, par leur agglomération, autant de petits centres gris, à action indépendante.
Ces petits centres sont jusqu'ici au nombre de trois, bien nettement déterminés : deux sont géminés et symétriquement placés de chaque côté de la ligne médiane ; un seul est coalescent chez Tadulle, et placé sur la ligne médiane, c*est le conarium.
TUBBIIGOLES MÀMILLAIRES. SIS
1* La première paire de centres gris que Ton rencontre d'arant en arriére, sont les tubercules mamillaires (pi. XXXIV [1&, ik'] : ces petits amas de substance grise, qui sont bien une véritable intumescence bilatérale de la région centrale gnse avec laquelle ils se continuent d'une manière insensible, ont pour fibres afférentes (établissant leurs rapports avec la périphérie sensorielle) les fibrilles du fascicule de Vicq d'Azyr du centre olfactif, les* quelles rattachent ce centre a la substance grise de la région cen* traie (pi. XXI, 6g. 7) (voy. page 192).
Les fibres efférentes des centres mamillaires sont les fibres des piliers de la voûte, lesquelles les relient ainsi à la substance grise de la circonvolution de Thippocampe. Ces fibres des piliers sont, pour cette circonvolution, les analogues des autres fibrilles grises convergentes, qui, plongeant à travers toute l'épaisseur de la couche optique, vont se distribuer particulièrement dans ces mêmes ré* gions delà substance grise centrale^ d^où émergent les fibres des piliers (voy. page 186).
2^ En arrière des petits amas de substance grise qui constituent les tubercules mamillaires, se trouvent deux petites intumescences bilatérales de la substance grise de la région centrale^ qui se présentent (avec un moindre volume) sous l'aspect de deux petites accumulations grisâtres bien nettement isolées (pi. XIII, fig. 1 [»,Ô']];pl.XVII,fig.l[12,12']).
Ces petits centres^ qui sont situés de chaque côté de la ligne médiane, et qui occupent les régions les plus inférieures de la substance grise du. troisième ventricule, là où cette substance grise est le plus abondamment répartie, ont à peu près le volume d'une d^une grosse lôte d'épingle; ils ont pour fibres afférentes cetle série d'éléments fibrillaires à provenance indéterminée, qui, à partir de la région bulbaire où ils se sont entrecroisés, remontent au niveau de la paroi antérieure du quatrième ventricule, pour s'implanter dans les régions centrales (pi. XU, fig. 2 et 3).
Quant aux fibres efférentes qui émergent de ces petits centres gris, elles paraissent appartenir a cette série de conducteurs nerveux convergents qui rayonnent vers les diverses régions de la périphérie cérébrale.
Faut-il considérer ces deux petits amas isolés de'substance grise comme les points de convergence centraux de fibrilles convergentes
Sft4 STSTàME DE$ FURfiS COHYERGWTSê SUPÉRIEURES.
émaoées de divers plexus delà vie végéUtive? Faut*il voir en eux le point d'amortissement central de cette catégorie spéciale de fibres centripètes, dont Schiff a signalé expérimentalement la présence jusque dans la substance grise de la couche optique, et qui sont les agents de l'innervation vaso-motrice des principaux viscères? Ce sont autant de questions que nous ne faisons que poser actuellement, et dont il faut laisser les solutions aux recherches ultérieures de la physiologie expérimentale.
S"" Le conarium est un amas de substance grise appartenant i la région grise centrale du troisième ventricule dont il peut être C(Hisidéré comme une intumescence hors rang, et dont il partage la même composition histologique élémentaire.
Bilobé primitivement chez l'embryon humain (pi. XL, fig. 3A), d*une manière transitoire, et chez certaines espèces animales, d'une manière permanente (1) (pi. XXXIX, fig. 13 et 16), l'amas de substance grise qui constitue leconariuniy présente avec le centre antérieur les mêmes connexions que celles qui unissent celui-ci aux tubercules mamillaires : aussi peut*il être assimilé à de véritables intumescences mamillaires postérieures, devenues coalescentes sur la ligne médiane. De même que les tubercules mamillaires, le conarium^ en efiet, est relié au centre antérieur, par une série de fibres blanches a direction antéro-postérieure, que nous avons décrites (page 202) (pi. XXI, fig. 7 ; pi. XXIX et XXX), et qui sont pour lui ce que les fibres du fascicule de Vicq d'Azyr sont pour ces tubercules mamillaires eux-mêmes.
Le volume de ce petit système de Gbres est proportionnel au dévelop|)ement du centre antérieur dont elles sont solidaires : chez le bœuf, le cheval, dont les centres antérieurs offrent de
(1) c A la fin du troisième mois^ dit M. Serres^ à l'extrémité de chacun des pédoft* culcs du conarium^ on aperçoit un très-petit noyau de substance grise. Ces deux • noyaux se réunissent au commencement du quatrième mois de l'embryon humain. » De la jonction de ces deux petits noyaux résulte la glande pinéale qui^ de cette > manière^ est primitivement double^ comme chez certains reptiles » . (Serres, Anatùmiedu cerveau, t. 1, 1827. p. 158.) Chci certains animaux, le conarttim représentt cette disposition embryonnaire à l'état permanent. C'est ainsi que chez le chien^ le rat, le lapin, la subtance grise qui représente le conarium est géminée. Ce sont deux petits amas de substance nerveuse bilatéraux, isolés et indépendants, recexant ^ans leur masse une portion des fibrilles des pédoncules antérieurs^ en arrière dMqudlti Ils font sitaét (pi. XXXIX, fig. 2, 16 et 17).
CONARIUMr 216
grandes dimensions relatives, cette catégorie de fibres est beaucoup pins nettement accentuée que chez l*homme. Ce sont là, i proprement parler, des fibres afférentes propres à la substance grise du conarium.
Quant aux fibres efférentes, elles sont ici pareillement représentées par cette série de fibrilles blanches superposées aux précédentes, avec lesquelles elles constituent un cordon dirigé dans le sens antéro-postérieur, bifide à son extrémité antérieure, et décrit sous le nom de pédoncules antérieurs du conarium. Ces fibres (pi. XXIX [9]), émanées du sein de la substance grise du conarium, se dirigent d'abord, d^irrière en avant, accolées aux parois internes du troisième ventricule ; elles se recourbent bientôt sur elles-mêmes, de bas en haut, et vont, en se juxtaposant aux fibrilles agglomérées des piliers, grossir le contingent d'éléments convergents qui appartiennent à la substance grise de Thippocampe (pi. XXI, fig. 7 [19]) (voy. page 193).
C^est ainsi que nous sommes amené à dire : que la substance grise de la circonvolution de l'hippocampe, celle des tubercules mamillaires, celle du conarium tl au centre antérieur, forment, avec les piliers de la voûte, qui sont les véritables appareils counectifs de chacun de ces divers départements de substance grise, un seul et même système, dont toutes les pièces sont réciproquement solidaires. Lorsque la circonvolution de l'hippocampe acquiert des proportions considérables, comme chez certaines espèces animales, les appareils centraux avec lesquels elle est en connexion s'amplifient en proportion. Chez le bœuf, le cheval, le chien et la plupart des rongeurs, ces relations sont manifestes d'une manière évidente : il y a même, chez les mammifères, un rapport de proportion entre les dimensions des appareils ganglionnaires olfactifs et les régions centrales du système nerveux dans lesquels les fibres ganglio-cérébrales qui en émanent, viennent se disséminer (pi. XXXIX, fig. 4, 5, 8, 13, Ji, 15);
Que la situation (excentrique par rapport à la masse commune des autres circonvolutions) que nous avons déjà signalée à propos de l'hippocampe, se trouve pareillement représentée dans les régions centrales avec lesquelles elle est en connexion. Les centres auxquels elle est reliée se trouvent frappés d'un pareil cachet
d*excenCncité^ ils sont tous, i)lus ou moins hors rang. La substance grise des tubercules mamillaires fait saillie à la région cérébrale inférieure, celle du conarium est presque complètement détachée de la couche optique ; celle même du centre antérieur forme un amas proéminent, au-dessus du niveau commun des régions internes et antérieures de la couche optique; il est tellement situé en dehors de la masse commune des autres centres, qu'il ne se trouve rattaché à la région centrale grise qu'à l'aide d^un fascicule supplémentaire de flbrilles nerveuses (Faisceau de Vicq d'Azyr) qui n'existe que pour lui seul (pi. XXI, fig. 7).
La substance grise du conarium contient dans sa masse une série de petits amas cristallins, disposés en forme de grumeaux, et qui sont très-variables au point de vue de la fréquence et du volume (pi. XII, fig. A). Ces petites agglomérations sont de coloration jaunâtre; elles sont, soit isolées, soit agglomérées les unes entre elles, et présentent quelquefois un aspect muriforme (pi. XII, fig. 5). EHessont presque toujours adhérentes aux parois des nombreux capillaires qui se distribuent dans la substance grise du conarium. La soude étendue et l'éther m'ont paru sans action sur elles. L'acide azotique les attaque avec effervescence, et après que son action s'est épuisée, on constate qu'elles sont constituées par une trame organique (pi. XII, fig. 6) infiltrée de substance calcaire, que cette trame organique est disposée sous forme de fibrilles concentriques, qu'elle est en général attenante aux parois des capillaires, dont elle peut, à la longue, se trouver détachée ; qu'elle représente une sorte de production efilorescenle des éléments du tissu conjonctif des parois des capillaires cérébraux ; qu'à ce point de vue elle ofTre les plus grandes analogies avec les productions de même nature qui pullulent au niveau des régions de la convexité des lobes cérébraux, et qui ne sont, pour la plupart du temps, que les premiers rudiments des corpuscules de Pacchioni en voie d'évolution.