‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 3)Chapitre 43 sur 133 · DB LA SUBSTAKCE GR18E DU CORPS STBIÉ · texte numérisé non relu

DB LA SUBSTAKCE GR18E DU CORPS STBIÉ

La substance grise du corps strié est reçue comme un dépôt surnuméraire au milieu des fibres de chaque hémisphère céré^

DB LA 8UB8TÀlfGB GRISB DU CORPS STRIÉ. 217

bral, dans une espèce de loge, qui n'est autre chose qu'un eafiace laissé libre, par la dissociation des fibres cérébrales commissurantes et convergentes, au moment oix elles se séparent brusquement, pour obéir isolément à leurs centres d^allraction réciproques (pi. XXVII, fig. 1; pi. IV, fig. 1).

Accumulée sous forme d'un gros noyau ovoïde, au niveau des régions antérieures des couches optiques, la substance grise du corps strié reçoit précisément en ce point la série des fibres spinales antérieures, emboîtées sousformede cornets concentriques. Elle se prolonge encore vers la région externe das couches optiques et s'avance jusqu^au nivea^ de leur renflement postérieur (pi. XXX, XXXI, XXXII), si bien que Ton peut dire que toutes les fibres convergentes dans leur ensemble (au moment où elles abordent & la couche optique) ont toutes contracté avec la substance grise du corps strié des rapports plus ou moins étendus (pi. XXX).

Les fibres convergentes antérieures qui la traversent en avant (précisément dans la région oii elle est le plus abondamment répartie), la divisent en segments inégaux (pi. XXV, XXVI, XXVU) . Le segment externe et inférieur est le plus volumineux, c'est dans sa masse que les fibres spinales viennent principalement se répartir; le segment supérieur et inlerne reçoit, sous forme de lignes onduleuses, la terminaison des fibres spinales qui semblent particulièrement trouver dans cette région du corps strié le terme de leur long parcours. La substance grise de chacun de ces deux segments communique librement de part et d'autre, a travers les vides interceptés entre les divers fascicules convergents antérieurs, au moment où ils se superposent régulièrement les uns au-dessus des autres (pi. XXIV, XXV, XXVI).

Les régions supérieures et internes de la substance grise du corps strié sont libres et tapissées par la membrane ventriculaire ; les régions externes et antérieures sont limitées par une série de fibres curvilignes formant un plan continu, et appartenant soit au système des fibres convergentes, soit à celui des fibres commissurantes (comparez avec les planches XXXI, XXXII, XXXIII). Les régions inférieures, criblées de pertuis vasculaires très-mullipliés, se voient à nu, à la base du cerveau (pi. XXXIV, XV et XVI) ; elles sont connues sous la dénomination d'espace perforé de Vicq d'Azyr.

S18 SYSTÈME DES FIBRES CONVERGBRTES SUPftRIBURES.

La coloration de la substance grise du corps strié est d'un rouge plus sombre que celle de la substance corticale, ce qui est dû à rénorme proportion de capillaires qui s'y distribuent : sa mollesses est des plus remarquable: elle se rapproche de celle des circonvolutions cérébrales, et se dislingue, d'une manière tranchée, de celle de la couche optique, qui est relativement ferme et dense. Ces particularités anatomiques rendent un compte satisfaisant de la fréquence extrême des lésions» soit aiguës, soit chroniques, du corps strié, et de la rareté relative de celle des couches optiques.

Les cellules que Ton rencontre dans la substance grise du corps strié sont les unes très-petites, les autres très-volumineuses.

Celles-ci sont en général ovoïdes, de coloration jaunâtre, pourvues d'un noyau volumineux ; elles ont des prolongements multiples et mesurent en moyenne de 0",03 à 0",06 en diamètre (pi. XIX, fig. A); ce qui les dislingue particulièrement, ce sont les petites cellules, quelquefois franchement pigmentées, qui sont accolées à leurs prolongements et souvent mèn!e à leurs parois, (pi. XIX, fig. 8 [8]). Ces peliles cellules, qui sont apparentes le long de la continuité des fibres en connexion avec les grosses cellules, et qui se greffent ainsi sur leur propre surface, m'ont paru devoir ôtre considérées dans certains cas (ainsi que nous l'avons déjà indiqué page i 54) comme le mode de terminaison ultime des fibrilles des pédoncules cérébelleux, accolées aux fibres spinales antérieures, et comme les agents de la dissémination périphérique de l'innervation cérébelleuse.

Les petites cellules de la substance grise du corps strié semblent être plutôt des éléments hislologiques étrangers à cette substance elle-même, que de véritables cellules, faisant foncièrement partie de sa constitution fondamentale. Elles sont, en effet, importées avec les fibres spinales antérieures, an moment où celles-ci se dissocient et s'écartent les unes des autres, à mesure qu'elles se mettent en contact avec la substance grise ambiante. On les voit, en effet (accumulées au milieu des interstices de ces mêmes fibrilles, sous l'aspect de pelites nodosités ou de saillies moniliformes), constituer une multitude infinie de petits éléments isolés, qui se séparent peu à peu du fascicule commun avec lequel elles sont venues, et

Page 1