‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 3)Chapitre 51 sur 133 · DÉVELOPPEMENT ET ANATOMIE COMPARÉE · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT ET ANATOMIE COMPARÉE

!• Moelle épinière. — « Pendant toute la durée du premier mois de la vie intra-utérine, et au commencement du second, suivant Tiedemann (1), la moelle épinière a la forme d\m canal membraneux qui contient un fluide limpide et transparent : vers la fin du second mois, ce fluide est converti en une masse molle et pultacée semblable, dit-il, à du blanc d'œuf. Peu à peu, vers le quatrième mois, elle arrive à représenter un cylindre creux dont les parois se recourbent d'avant en arrière. La cavité de ce cylindre olfre à ce moment l'aspect d'un canal longitudinal dont

(1) Tiedemann^ iii}a^omti?cft< cerveau, 1823, p. 125.

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la quatrième ventricule n*est qu*un élargissement. Ce canal se oomUe insensiblement par Tapposition successive de molécules nouvelles, qui se fait aux dépens des membranes, et par l'organisation progressive du blastème primitif en fibres et cellules (pi . XL, fig. 36). »

Chez les espèces animales que nous avons examinées jusqu'ici à ce point de vue, nous avons été frappé de constater (ce que Sœmmering avait du reste déjà noté) le volume relativement considérable de la moelle épinière, et les proportions atténuées de la portion réellement cérébrale du système nerveux : les mammifères supérieurs, les oiseaux, les poissons, ont en effet un axe spinal dont les dimensions sont toutes très-accentuées dans tous les sens, et des lobes cérébraux relativement atrophiés.

Nous renvoyons aux ouvrages d'anatomie descriptive pour l'étude des détails purement apparents de la conflguration, des* rapports et des dimensions de l'axe spinal ; ce que nous pouvons seulement dire au sujet de sa structure, c'est que : nous avons rencontré jusqu'ici les mêmes éléments histologiques dans les différentes classes d'animaux, et que ces éléments spéciaux nous ont paru occuper topographiquementles mêmes régions que dans la moelle humaine (pi. XL, fig. 1, 2, 3).

T Les tubercules quadrijumeaux qui ne sont, ainsi que nous l'avons indiqué (pages 67 et 69), qu'une dépendance supérieure de Taxe spinal, présentent, dans leur mode de développement, des phases analogues à celles que parcourent les régions inférieures de cet axe spinal lui-même, c Ainsi, d'après Tiedemann (i), ils ne sont au début, chez l'embryon de deux mois, que deux lamelles situées tout a fait a découvert, et qui se recourbent de bas en haut et de dehors en dedans ; appliquées alors sur la ligne médiane par leurs bords, on peut facilement les écarter l'une de l'autre, et les rejeter aussi de côté. Au commencement du troisième mois, leur forme est celle d'un ovale allongé, ils sont lisses et convexes, ne se soudent qu'à la fin du troisième mois, et forment ainsi une espèce de pont, au-dessus de l'aqueduc de Sylvius. Ils sont creux, et circonscrivent alors un véritable ventricule cérébral.

(1) Tiedeminn, /oc. aï., p. 185.

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Ce n'est que plus tard que le sillon transversal de séparation apparaît et que les lobes cérébraux s* avancent peu à peu en arrière pour les recouvrir. »

Chez les mammifères , dont nous avons étudié les régions diverses de Tencéphale, nous avons constaté (comme les auteurs d^anatomie comparée qui se sont occupés de ces questions) nonseulement Texistence constante des tubercules quadrijumeaux, mais encore les rapports de solidarité intimes qu'ils affectent avec les fibres optiques; si bien que lorsque celles-ci sont trèsabondantes, la substance grise des tubercules quadrijumeaux est accumulée en forte proportion (pi. XXXIX, fig. 1 et 2), et qu*au contraire, lorsqu'elles viennent à diminuer de nombre, d'une manière très-accentuée (comme cela se voit dans Tencéphale de la taupe) (pi. XXXIX, Gg. 8 et 13), les tubercules quadrijumeaux apparaissent à l'état rudimentaire.

Chez les oiseaux, les reptiles et les poissons, la question n'est pas aussi facile à trancher*, aussi n'est-il pas étonnant qu'il y ait encore tant de dissentiments parmi les naturalistes , au sujet de la détermination anatomique de ces deux renflements spéciaux, en continuité avec les fibres optiques que l'on voit en avant du cervelet, et qui apparaissent de chaque côté de l'encéphale^ sous Taspeclde deux masses mamelonnées et blanchâtres (pi. XXXIX, fig. 19 [3]; pi. XL, fig. 5 [3], fig. 12 [4]). Sur ce point délicat, nos recherches nous ont conduit aux résultats suivants :

Sur des encéphales d'oiseaux, il est assez aisé de pratiquer une série de coupes verticales et horizontales, de les comparer entre elles, et de constater alors que :

Si les fibres optiques s'épanouissent au milieu des amas de substance grise interposés sur leur passage (pi. XXXIX, fig. 19 [2] et fig. 29 et 30) en formant des cornets emboîtés, comme cela se voit chez l'homme, au moment oii elles plongent au sein de la masse môme des corps genouillés (pi. XV, tig. 8 et A); d'une autre part, elles rencontrent sur les régions latérales de l'axe, des dépôts (pi. XXXIX, fig. 24 et 25 [2, 2']) de substance nerveuse, qui ne sont autres que de véritables accumulations géminées de substances gélatineuses, et, par suite, les véritables représentations locales des tubercules quadrijumeaux ; et que ces mômes dépôts gélatineux offrent un système de fibres

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eominîssurantes en forme de pont, ou de commissure postérieure, comme chez Thomme (pi. XXXVII, fig. 1 [6]).

On voit donc que les fibres optiques chez les oiseaux sont en connexion successive avec une série de dépôts de substance grise, de même nature que ceux qu'elles rencontrent dans Tencéphale des mammifères; qu'ainsi : les premiers amas avec lesquels elles sont en rapports, à la parlie inrérieure de ces mêmes lobes, dits optiques^ ne sont autres que des amas de substance grise; analogues à ceux des corps genouillés, et par suite les véritables cellules ganglionnaires propres à ces mêmes fibres ; et les seconds (2 et 2'), la substance grise de leurs tubercules quadrijumeaux; et que les fibres enroulées en spirale^ intermédiaires à chacun de ces deux dépôts différents, représentent cette série de fibres efTérentes, qui vont chez rhomme de la masse même des corps genouillés à celle des tubercules quadrijumeaux, et qui sont les analogues (pour ces régions supérieures de l'axe spinal) des fibres propres des racines postérieures pour les régions inférieures (pi. XV, fig. 3, et pi. X, fig. 3 [10, KT]). Ces lobes dits optiques, à signification jusqu'ici non précisée, doivent être par conséquent envisagés comme des appareils nerveux multiples et complexes; comme l'ensemble de la substance grise des corps genouillés et des tubercules quadrijumeaux» disposés de chaque côté sous forme de lames recourbées sur elles-mêmes, et confondues sur la ligne médiane. Ils rappellent ainsi, d'une manière permanente, chez ces espèces animales adultes, les périodes transitoires du développement de ces mêmes régions chez Phomme (pi. XL, fig. 29 et 30).

Ce que nous venons de dire s'applique du même coup a l'encéphale des reptiles (pi. XL, fig. 5, 6, 7, 8) et à celui des poissons : seulement, à mesure que l'on descend dans Tétude comparative de ces diverses classes d'animaux, et que l'on se trouve, par contre, et parallèlement» reporté a des périodes moins avancées du développement de l'encéphale humain, les lamelles incurvées en coque, dont nous venons de parler (qui, après tout, ne sont que des appareils en rapport avec les fibres du système spinal qui, dans ces classes de vertébrés inférieurs, ont une prépondérance si marquée sur ceux du système cérébral proprement dit), prennent par cela même des proportions colossales; non-seulement alors elles embrassent, comme chez les oiseaux, les noyaux de substance

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