‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 3)Chapitre 64 sur 133 · IMPRESSIONS ACOUSTIQUES · texte numérisé non relu

IMPRESSIONS ACOUSTIQUES

vements d'ensemble, et qui nous portent à nous mouvoir en cidence dans les exercices chorégraphiques, etc.

a. Nous ne faisons que rappeler que : cette série de mouvements que les doigts du musicien exécutent avec une précision et une agilité si surprenantes, sont tous régis par une incitation initiale, irradiée de la région gélatineuse acoustique vers les noyaux d'origine des racines antérieures motrices, qui tiennent sous leur dépendance l'innervation des muscles des extrémités digitales (pi. y, YI, XII et XIII ; pi. II et III) ; que dans les premiers temps, ces mouvements» qui ont besoin pour être corrects, d'être si fréquemment répétés, finissent, comme tous ceux que nous accomplissons par habitude, par s'accomplir d^une manière complètement automatique, et à notre insu en quelque sorte, etc.

Il est en effet bien curieux de se représenter par la pensée, la mise en action simultanée des différents appareils spinaux diastaltiques, dont nous avons jusqu'ici étudié le mode de fonctionnement isolé, et de se figurer idéalement la merveilleuse multiplicité de réactions excito-motrices encliatnées, qui se passent dans un département isolé du système nerveux spinal, chez une personne qui, par exemple, louche du piano. N'cst-il pas, en effet, surprenant de voir les doigts de la main droite exécuter avec une égaUté sans égale, une suite de mouvements séparés, dans un très-court espace de temps, et cela d'une manière indépendante^ tandis que ceux de la main gauche, frappant d*une manière rhythmée, une série de notes groupées en accords, agissent d^une manière indépendante de leurs congénères, et produisent ainsi des effets qui s'ajoutent et se multiplient har* moiiieusement !

On se trouve naturellement amené de la sorte, à supposer qu'il doit exister un certain défaut d'unité d'action entre les stimulations acoustiques excito-motrices, bilatérales, qui suscitent la mise en action des fibres motrices qui sont leurs subordonnées : la main droite et la main gauche, produisant simultanément des mouvements opposés, il est rationnel en effet d'admettre que ces mouvements sont consécutifs a deux impressions excito-motrices acoustiques, dissemblables, et a la fols simultanées. Le musicien exécutant a donc besoin, pour arriver à ce résultat merveilleux, de s'exerççr apercevoir dans

nn temps limilé, deux impressions différentes, à les dédmt' bler^ et à faire que les réactions excito-motrices du côté droit, par exemple, s'effectuent avec une régularité en quelque sorte mécanique, sans que celles du côté gauche soient le moindre* ment influencées. Si Ton songe, en outre, que la personne dont les dix doigts travaillent ainsi isolément, et cependant d'une manière concordante, peut encore en même temps chanter et moduler des sons, on aura ainsi une haute idée des aptitudes nouvelles que l'habitude et l'exercice peuvent développer chez les individus, heureusement prédisposés d'ailleurs, dans la mise en activité de ces admirables appareils qui constituent le système nerveux central.

Il est bon cependant de faire observer, à propos de Vétade des différents systèmes de muscles qui servent au jeu des instruments de musique, que si les impressions acoustiques sont seules indispensables pour que leurs mouvements soient méthodiquement coordonnés, ces mômes impressions ne sont pas cependant les seuls agents excitateurs dont on doive ici tenir exclusivement compte. Une grande part doit être faite aux impressions de la sensibilité, soit tactile, soit musculaire, lesquelles sont en quelque sorte complémentaires des précédentes, et jouent, vis-à-vis des fibres antérieures motrices, un rôle tout à fait analogue à celui que nous avons vu appartenir aux impressions optiques, dans les productions des mouvements généraux d'ensemble (1).

b. Les impressions acoustiques excito-motrices ont, comme les impressions optiques homologues, une influence très-accentuée sur l'ensemble des mouvements généraux. Si leur intervention n'est pas incessante, comme celle des précédentes, elle n*en est pas moins bien réelle et bien accentuée, dans certaines circonstances. Ce sont elles, en effet, qui permettent aux membres de s'harmoniser en mesure, dans les exercices chorégraphiques, avec la musique qui les suscite, et d'accomplir ainsi des mouvements

(1) Cc9 impression» snccédanocs concoarcnt donc pArcillemcni d'ane mmiire active aux actes moteurs dont nous venons de parler ; de sorte que les noyaux d'origine des fibres motrices qui les provoquent^ sont^ comme ceux du nerf facial^ IribuUiircs de trois sources d'innervation difierentes, Tune venant de la périphérie des nerfs acoustiques excito-moteurs^ l'autre de celle des nerfs sensitifs, la troisième enfin de celle des nerfs optiques.

IMPRESSIONS GUSTATIVeS. 295

suceessÎTement rhyibmés, en un tr&s*GOurt espace de temps' donné. Ce sont elles qui sont un adjuvant si puissant pour régler d'une manière uniforme les pas des militaires en marche, et servir ainsi i marquer et à cadencer leur progression. Si les impressions optiques excito-molrices paraissent avoir but de donner aux mouvements généraux d'ensemble, âeh prestesse et de la pr^emon; les impressions acoustiques^ de leur côté, semblent plutôt destinées à imposer un rhythme à ces mêmes mouvements, et à cadencer leurs actes successifs.

§ 4. — IiiipreiMrtoB» swiUi<iTe« exelt««iBotriee0.

Les impressions produites parles corps sapides, à la surface des plexus périphériques, soit des nerfs glosso-pharyngiens, soit des nerfs linguaux, sont réparties (ainsi que toutes les impressions homologues) au milieu des réseaux de substance gélatineuse qui leur sont spécialement dévolus. Elles provoquent, comme leurs congénères, des réactions motrices purement automatiques, qui sont particulièrement en rapport avec le but do la fonction à laquelle elles sont annexées, et qui tendent à l'adaptation la plus parfaite possible de l'appareil sensoriel aux impressions spéciales qui lui sont propres.

I. Ces impressions gustatives excito-motrices, une fois importées avec les flbres du glosso-pharyngien au milieu des réseaux gélatineux de la région bulbaire, se réfléchissent tout d'abord vers les noyaux d'origine des nerfs moteurs du voisinage qui sont leurs satellites obligés (pi. VII, fig. 2 et 1, et pi. VI) ; ce sont, pour le cas actuel, les fibres des hypoglosses qui sont les premières suscitées. Elles se propagent encore dans un certain rayon, comme leurs homologues acoustiques et optiques, et provoquent pareillement la réaction des nerfs qui font mouvoir les muscles du pharynx, et ceux qui sont destinés à la mastication et à la déglutition. Elles tiennent ainsi sous leur dépendance immé« dîate cette série de mouvements si rapides et si complexes, que les muscles linguaux accomplissent dans les divers temps de la mastication et delà déglutition, avec une prestesse et une agilité isi remarquables. Ces mouvements automatiques acquis, qui s'accomplissent d'eux-mêmes et sans la parlicipalion de notre

206 IMPRESSIONS SBNS0RIBLLG8 IIIGONSCIBMTt.S.

rolonié, n*ont d'autre but, en définitive, que la meilleure adaptation des papilles gustatives, aux molécules sapides avec lesquelles elles se trouvent successivement en contact.

IL Ce sont encore les mêmes impressions gustatives exdtomotrices qui, étendant plus au loin la sphère de leur activité, traduisent la sensation nauséeuse irradiée de la muqueuse du voile du palais, en manifestations motrices automatiques, dont le but éloigné est d'amener le vomissement. Elles se généralisent en effet dans ces circonstances, de haut en bas de l'axe spinal, et suscitent d'une manière successive les noyaux d'origine des fibres motrices, qui mettent à leur tour en activité les muscles diaphragma tiques, abdominaux, thoraciques, et provoquent ainsi médiaiement cette série de réactions enchaînées qui constituent l'effort expulsif, et comme dernier phénomène, l'évacuation plus ou moins complète du contenu de Testomac.

Les impressions sensorielles excito-motrices, recueillies i la surface des expansions terminales des nerfs qui se distribuent aux organes génitaux dans les deux sexes, sont transportées, ainsi que Budge l'a démontré, à l'aide d'une certaine catégorie de fibrilles radiculaires postérieures, jusqu'au niveau de la région lombaire de la moelle épinière (centre génito-spinal) (1).

I. a. Concentrées, au niveau des points d'implantation des fibres Je ces racines postérieures, au milieu des réseaux de la substance gélatineuse de Taxe spinal, cette catégorie d'impressions sensorielles se trouve pareillement réfléchie du côté d'un certain nombre de racines antérieures, qui sont plus particulièrement sous leur dépendance directe (page 29). Les réactions motrices consécutives, qui s'opèrent ainsi en dehors de la participation volontaire, sont donc de nature réflexe ; leur but est d'adapter l'appareil sensoriel dont elles dépendent, au rôle qu'il doit remplir, et de le disposer de telle sorte, que le maximum d'effet sensoriel soit pareillement obtenu.

Ce sont elles qui, transmettant au centre génito-spinal l'état d*éréthisme des plexus génitaux périphériques, amènent chez

(1) irdUvff générùki de médecine, 1S5S, t. U, p. «10.

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rhommei par action en retour, Tapparition des phénomènes de réfection tout d'abord, et ensuite ceux de l'éjaculation (1). Ce sont elles, en effet, qui en se propageant aux divers noyaux d*origine des nerfs moteurs des muscles du périnée, provoquent la mise en activité de ces différents muscles ; qui font que ceux-ci accomplissent ati/oma/ijtiemen/ leur rôle, que le bulbo-caverneux en particulier, entrant immédiatement en action, se contracte d'une manière intermittente; et amène ainsi, par une propulsion saccadée d'ondées sanguines, au milieu des mailles érectiles du tissu du gland et des corps caverneux, la turgescence générale, et le complet épanouissement des appareils érectiles du pénis. Ce sont elles enfin qui font que le centre génitp-spinal. réagissant à son tour, opère, par Vintermédiaire des ganglions sympathiques, sur les parois contractiles des voies spermatiques, une sorte de décharge de Pinflux dont il est saturé, el produise le phénomène ultime de l'éjaculation du liquide sperma- ^ etc.

n. b. Les noyaux d'origine des racines motrices qui concourent à la production de l'érection, sont (aussi bien que ceux des autres racines antérieures annexés aux appareils sensoriels) susceptibles d'être mis en activité par d'autres sources d'incitation que celles qui leur sont habituelles. Ils sont par conséquent tributaires d'incitatioDS exdto-motrices multipliées.

Ainsi, les impressions collectées à la surface des plexus de la périphérie cutanée, celles qui émergent des expansions terminales de la pulpe des doigts, de la surface des lèvres, etc., les impressions visuelles consécutives à la présence d'objets erotiques, les incitations même, émanées des régions ou siège l'imagination, peuvent pareillement provoquer leurs réactions, et amener, par une sorte à^actitm substitutive^ la mise en activité des muscles qu'ils tiennent sous leur dépendance, comme si l'incitation excitomotrice qui provoque cette activité était irradiée des plexus péri-

(I) La fyt rapporté par Kobelt, et duqnel U résulte que la section dei nerft donan de U Terga ehei l'étaloa le plu ardent et le plus erotique semble^ de facto, le rendre |dui étranger à tout phénomène de Tirilité qu'après la castration, parait liien indiqner la direction centripète suivie par les impressions recueillies à la sur' ftioe d'expaasiMis terminales des nerb du gland (Kobelt, De t appareil du eent génitai, Strasbouf, 1851, p. 19).

IMPRESSIONS SBMflORIELLIt IMCMSGIENTES.

phériques mUurels^ comme si elle obéissait à uo iégiiivie appel.

c. Chez la femme, les réactions motrices de nature réflexe, par lesquelles cette catégorie d'impressions génitales se décèle, sont bien moins accusées extérieurement que chet Tbomme. filles déterminent seulement chez die, des eiiets secondaires dont les résultats sont la turgescence du tissu spongieux ditoridien, et celle du bulbe du vagin. Les contractions rhythmiques du Qonstricteur du vagin ont encore pour résultats, non-seulement de mettre en jeu les appareils érectiles des organes génitaux externes, mais enccùre d'associer & leur activité passagère le tissu propre des parois du vagin, et peul-étre même (ainsi que le suppose Kobelt) de susciter secondairement la coopération des trompes (1).

Le caractère le plus remarquable qui appartient à cette catégorie d'impressions sensorielles (caractère qu'elles partagent du reste avec les précédentes), c'est la facilité avec laquelle, chez la femme surtout, elles se disséminent et se propagent à distance, en suscitant la mise en activité successive d'un grand nombre do racines motrices. Elles deviennent ainsi les causes incitatrices d'une suite de réactions musculaires automatiques, qui, localisées d'abord dans les muscles du bassin, dont les mouvements alternatifs de projection ne sont, en définitive, que des mouvements d'accommodation fonctionnelle, se généralisent bientôt, grâce an développement, si accentué chez la femme (page SO) , des fibres des racines postérieures, et par suite des dépôts de substance gélatineuse qui leur sont afférents. De là ces spasmes laryngés, ces accès d'étouffements, ces convulsions générales et partielles, et tout cet enchaînement de réactions motrices dcsordoiiDées et inconscientes, a travers lesquelles l'orgasme vénérien se décèle, et dont la femme en proie à un accès d'hystérie^ présente, par exemple, si souvent la représentation factice*

§ 6. — Imprcsnioiis TlAeérales exetto-motrlees.

Un certain nombre d'impressions émanées des plexus périphériques étalés à la surface des appareils viscéraux, convoitent pa-

(1) Kobelt, ioc. cit. ^ . ^

IMPRBSSlOHft TI8GÉ1ALB8. SM

reiUement d'iina manière plus ou moins directei fers les régions ceDiralet du système nerveux, et deviennent ainsi la cause provo* eatrioe d'une série de phénomènes moteurs de nature réflexe.

I. a. Les impressions centripètes recueillies à la surface des expansions terminales des nerfs pulmonaires, sont conduites par une série de fibres, agglomérées au milieu des pneumogastriques, jus* qu*au niveau des riions spinales supérieures (pi. VI et Vil), o& dies se répartissent, en se transformant en incitations motrices réflexes, qui mettent en action, soit les nerfs élévateurs de la cage thoracique, soit les nerfs diaphragmatiques eux-mômes (page 28).

Elles constituent, par leur passage à travers la moelle, des réac> tiens motrices du même ordre que celles que nous avons examinées jusqu'ici : elles sont complètement inconscientes; elles sont coordonnées et régulières; elles sont limitées exactement, tout d'abordy au point de Taxe spinal primitivement intéressé, et sont susceptibles, comme toutes leurs homologues, d*ôtre provoquées par des influences parties d'une autre surface nerveuse périphérique.

C'est principalement aux expériences des physiologistes, et surtout à celles de Plourens et de Marshall- Hall, que Von doit la délimitation précise de la région spinale qui intenrient dans la mise en action des muscles inspirateurs.

On saitmaintenanty en effet, que sur un animal vivant, on peut impunément enlever tous les appareils de la masse encéphalique, et voir les mouvements inspiratoires persister; que Voit peut pareillement, à Taide d*unc section transversale sous-bulbaire, interrompre la continuité de l'axe spinal, et v(Hr les mouvements respiratoires persister comme auparavant ; et qu'en un mot la sphère d'activité excito-motrice des fibres centripètes du pneumogastrique, destinée à provoquer des réactions du côté des appareils moteurs du thorax, est limitée à une région bien circonscrite de Taxe spinal (i une rondelle de moelle qui n'a guère plus d*nn centimètre chez le lapin), et qui serait comprise entre une ligne qui couperait le bulbe immédiatement au-dessus des origines du pneumogastrique, et une autre qui couperait le bulbe à 6 ou 6 millimètres au-dessous (1) .

{Vf nonrens^ Recherchée expénmenitUês sur ie 9ysi^m& nerwttr, p. 213, J2* éé\i.

lot IMPRBSSIOHB aOISOBllUM mQOMSGIENTES.

Miffifaainient précisé, et qui lerait le cenire premier moteur des iMiiveinenls cardiaques (pi. VI et VII).

ni. Les phénomènes réactionnels dénature réflexe, déterminés par les incitations émanées de plexus périphériques appartenant aux voies digestives, sont encore plus obscurs à préciser, et manquent pour la plupart de résultats expérimentaux (page 29). Cependant, nous devons signaler, à ce sujet, les intéressantes expériences de Chauveau (1), qui ont eu principalement pour but de prouver que la contraction de la membrane musculaire de Fomo* phage était sous l'influence d'incitations réflexes, conduites par des fibres centripètes (faisant partie du pneumogastrique) jusque dans les régions centrales de l'axe spinal, et réfléchies de là sur les fibres motrices ou centrifuges du nerf œsophagien supérieur.

La galvanisation des fibres du pneumogastrique, lui a encore permis de constater que certains mouvements de contraction de Testomac devaient être rangés dans la même catégorie de phénotnènes nerveux, et qu'ils n'étaient que le résultat d'incitations excito-motrices transportées dans une direction centripète, par certaines fibres du pneumogastrique (2).

Ce sont là des phénomènes qui, par cela même que les éléments nerveux à l'aide desquels ils se manifestent se trouvent apparents, présentent un caractère de netteté remarquable; mais, à mesure que l'on descend dans l'élude des actions réflexes propres aux viscères abdominaux, la présence des fibres et des ganglions dn grand sympathique vient ajouter à toute cette série de réactions, cme complication nouvelle qui masque les résultats, et jette des troubles dans leur mode d'apparition.

Il est cependant encore vraisemblable que si les actions motrices qui se passent dans la plupart des viscères abdominaux sont influencées d'une manière notable par la présence des ganglions sympathiques interposés, cette influence propre des ganglions n'est pas la seule à laquelle doivent ôtrc attribués la plupart des phénomènes moteurs dont les plans musculaires de Fintestin, du rectum, des sphincters, sont le sié|;e, et que Taxe spinal doit inter-

(1) Chau>euu, Journnï de phjsiolo'jic de Brovn-Suquard, 1862, p. SIS.

(2) Id., ibid., p. 3Û6.

venir eneore là dan6 ane certaine mesure (4). Il eet, en elet, d'observation vulgaire, que les altérations centrales de la moelle lombaire se traduisent par des phénomènes d'incontinence du côté des réservoirs pelviens ; mais é l'heure qu*il est, la voie parcourue par cette série d'impressions viscérales centripètes, le point central oà elles se réfléchissent, et les conducteurs centrifuges à Taide desquels elles sont irradiées vers la périphérie, sont encore trop peu précisés, pour que nous tAchions de hasarder quelques conjectures vraisemblables (2).

§ 7. <— Kèle deû tmîmeemm% nptmmmx pMtérie^ni.

Les détails dans lesquels nous sommes entré (pages 60 et 6S), à propos du mode d'origine et des rapports généraux des fibres des faisceaux postérieurs avec la substance gélatineuse de Taxe spi« nal, nous ont porté à admettre, qu'ils étaient une émanation directe de cette même substance gélatineuse, qu'ils en représentaient les fibres efiérentes destinées à relier chacun de ses dépôts isolés aux régions centrales et supérieures du système nerveux, et qu'ils n'étaient en un mot que la prolongttion médiate des fibres propres des racines (pi. XII, fig. 7 et 8; pi. III, fig. 1 [6]).

Ces données anatomiques sont pleinement confirmées par les recherches de la physiologie expérimentale, et d'autre part, par l'étude anatomo-pathologique des lésions spinales, qui montrent que certaines dégénérescences des fibres des racines postérieures entraînent A leur suite celle des divers éléments nerveux avec lesquels elles se trouvent en connexion, c'est-â-dire celle de la sub-

{!) Beekerche$ phyriologlques mr les nerft tnoieurs de la ttessie^ par Jo«eph Gianniisi (Journal de physiologie de Brown-Scquard, 1863^ p. 23).

(2) Une expérience de Claude Bernard semble prouver Taction directe de la moelle épinière sur le mouvement des intestins : sur un jeune chien sacrifié par la section du bulbe, il constata : que la p^ahanisation du ^nçlion cenical supérieur, profoqBait dea mouTements dans i'intcitin grêle; que cette cxcitatioa était de nature réflexe, et qu'elle passait du ganprliou ù la moelle, ppur éire répercutée du côté des nerfs centripètes destinés aux intestins, couuuc on poutait s'en assurer, après avoir opéré la section du cordon sympathique allant du gan^^lion à la moelle, et en galvanisant le bout central. La galvanisation de ce cordon uer\eux produit ^ra lc# ■lènief efiets que celle du gttngUon Itû-niâme. {Cours de médecine du Collège de France : Leçons sur le système nerveux, 1. 1, p. 859. Paris, 18W-)

800 IMPRESSIONS SENSORIELLES INGONSaBNTES.

§ S. -~ r4ftM«ll«tt« 4e I* résliMi eenlmile «rlMe •»!■— eéréfcwtfe.

Nous avons insisté déjà (page 69) sur la situation, les rapports et la structure de cette région de substance grise spéciale, qui occupe les parties les plus centrales du système nerveux, et qui semble être, par ses connexions multiples et la continuité de ses éléments, Vaxe commun véritable sur lequel sont alignées toutes les fibres nerveuses. Il nous reste a l'envisager maintenant au point de vue de ses fonctions physiologiques :

I. Étudiée dans les phénomènes réactionnels qu'elle présente sous l'influence des agents d'irritation, elle paraît être complètement insensible. Magendie a pu impunément passer un stylet (chez un animal vivant) le long de la continuité du canal de Sylvius (là où elle est le plus abondamment répartie) (pi. IX et X), sans provoquer de signes de douleur; il a pu pareillement sectionner plusieurs groupes de fibres grises (les fibres convergentes optiques entre autres) au moment de leur implantation sur Taxe, sans amener de réactions douloureuses (1). Chauveau, de son côté, a, ainsi que Magendie, embroché à l'aide d'aiguilles, de part en part, toute répaisseur de la substance grise spinale sur de grands mammifères, et n'a jamais constaté aucune manifestation indiquant un état de souffrance de la part des animaux en expérience, etc.

Ces faits nous autorisent par conséquent à admettre, que si les cellules de la substance grise centrale sont aptes, comme tous les éléments nerveux, à recevoir à la fois des impressions centripètes, et à les répercuter sous forme de réactions motrices, les conditions de leur activité fonctionnelle ne sont pas les mêmes que celles des cellules gélatineuses, et qu'elles sont probablement excitables aussi, sous Tinfluence d^un ordre spécial d'incitations particulières.

gélatineuse y attenante, et des faisceaux postérieurs^ la perte de la notion précise du but et de la portée de leurs mouTements, semblent plaider en fefoar de Topiak» que nous venons d'émettre. Ces faits portent à considérer les fibres des faisceaux postérieurs comme les régulateurs des mouf ements d'ensemble, et comme destiaécs à nottf donner, d'une manière rapide et instantanée, la notion do la mite en activité successife de tel ou tel arc spinal excito-moteur. (1) Magendie, Système nerveux, t. II, p. 116, et 1. 1, p. 266 et 248.

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