‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 3)Chapitre 66 sur 133 · FONCTIONS DE LA RÉGION CENTRALE GRISE. SU · texte numérisé non relu

FONCTIONS DE LA RÉGION CENTRALE GRISE. SU

les mêmes caractères ; pourquoi les néphrites sont si souvent, et les'orchites, quelquefois doubles; pourquoi, en un mot, les appareils similaires, au point de vue du fonctionnement physiologique, sont si fréquement associés dans leurs manifestations morbides.

V. C'est en s'appuyant sur l'étude des rapports de solidarité intime qui relient l'innervation vaso-motrice périphérique à celle des régions centrales, que l'on pourrait établir une théorie rationnelle de la médication révulsive.

On sait, en effet, qu'il est possible en déterminant, par des applications irritantes a la surface de la peau, des foyers d'irritation passagère, de retentir jusque sur les régions centrales (par action centripète) d'où partent les nerfs vaso-moteurs du point irrité; et que ces mêmes régions, réagissant par une sorte d'action en retour, amènent, soit par une influence paralysante exercée sur les parois des capillaires, soit par une exagération dans leur contractilité, des hypérémies locales, précisément dans le point circonscrit d'où l'appel leur a été fait.

U arrive donc ceci : que l'on peut, à l'aide d'une incitation arbitraire portée sur un point quelconque du tégument cutané, produire hcaiement^ par action réflexe, des afflux rapides d'une masse notable de sang, qui débarrassent d'autant les voies capillaires d'un organe voisin engorgé ; et du même coup, à l'aide de ces irritations locales méthodiquement instituées, attirant à elles des fluxions consécutives, éteindre en quelque sorte, dans le centre nerveux lui-même (par l'arrivée d'une irritation artificielle plus vive) l'intensité des appels à la fluxion, irradiés incessamment de l'organe malade; on dérive ainsi au profit de l'action médi- Catrice une certaine quantité d'influx vaso-moteur des sources d^inneryation centrales.

VI. II est encore une série de phénomènes dynamiques des plus intéressants, auxquels les fibres grises de la région sympathique paraissent devoir prêter leur concours.

On sait, en eflet, qu'il existe certains poisons qui, en raison de Vinstantanéitéde leurs réactions, ne permettent guère de songer à leur transport au sein des centres nerveux par les voies habituelles delà circulation. En voyant, en effet, un chien, par exemple, sous

la conjonclive duquel on vient d*insliller quelques gouttes d'acide cyanhydrique, tomber presque immédiatement sidéré, on est porté immédiatement à rattacher cette mort soudaine à une înQuence perturbatrice vive et rapide, exercée par la substance toxique, agissant directement sur les expansions terminales des nerfs sensîtifs, et à n*y voir qu^un ébranlement périphérique d'abord, et répercuté immédiatement vers les régiotis centrales, avec une soudaineté qui rappelle celle des phénomènes électriques (1).

Quelle est la part que les fibres grises des nerfs spinaux prennent isolément à la production de ce phénomène? C'est assurément là une de ces questions qu'il nous paraît téméraire de vouloir trancher d'une manière absolue, et qui nous paraît attendre encore de nouvelles recherches ; quMI nous suffise de rappeler : qu'il est des circonstances dans lesquelles les régions centrales du système nerveux subissent directement la répercussion des perturbations fonctionnelles périphériques. Quand la lésion d'un nerf périphérique, par exemple, amène en peu de temps Texplosion de phénomènes tétaniques, n'y a-t-il pas là quelque chose de comparable, au point de vue de l'appareil symptomatique,avec le mode d'action de certains poisons, de la strychnine , entre autres? Est-ce que dans ces deux cas, une perturbation profonde dans la sphère de l'activité nerveuse à la périphérie^ n'amène pas un retentissement immédiat et direct sur les sphères de factivité centrale? Dans ces circonstances, la contusion d'un tronc nerveux suivie de phénomènes tétaniques n'équivaut-elle pas, en quelque sorte, à l'action de l'agent toxique importé directement au sein du centre nerveux lui-même?

(1) U est vraisemblable que la soudaineté des phénomènes observés doit étrt imputée, dans ces cas, aux conditions locales mêmes de Texpérience. En agissait en effet sur b conjonctive, on trouve directement les expansions terminales des nerls de la cinquième paire qui sont en quelque sorte à nu; et d'une autre part, l'action de l'agent toxique doit être d'autant plus rapide, qu'au moment où elle est importée dans le centre nerveux lui-même, avec les libres grises de la cinquième paire, eUe rencontre, au niveau des points d'amortissement de ces mêmes flbrei» des amas de substance grise, qui sont les foyers principaux de rinnenration des grands appareils les plus indispensables à la vie (pi. IX, fig. 1, et pi. VIII et VII).

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