‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 3)Chapitre 70 sur 133 · FONCTIONS DE LA SUBSTANCE GRISE CORTICALE · texte numérisé non relu

FONCTIONS DE LA SUBSTANCE GRISE CORTICALE

Si l'on se rapporte aux détails que nous avons précédemment donnés sur la structure de la substance grise des circonvolutions

FOHCnOm DB LA SUBSTàNCB 6R1SB CORTICALE. 861

cérébrales (pi. XX), on doit se souvenir que nous avons particulièrement insisté : sur la variabilité de forme des cellules que Ton y rencontrait; sur les prolongements multiples de ces mêmes cellules anastomosées avec ceux des cellules du voisinage; sur la formation d'un véritable lacis plexiforme, partout continu, depuis les régions les plus antérieures jusqu'aux régions les plus postérieures du cerveau; sur les rapports des fibres nerveuses avec les cellules elles-mêmes; et enfin sur les connexions intimes de tous ces divers éléments entre eux, etc. (voy. pages 161 et suiv.).

Il nous reste maintenant à déduire les conséquences physiologiques qui nous paraissent découler naturellement d'une telle disposition organique.

Il nous semble tout d'abord parfaitement légitime d'appliquer les données acquises à l'interprétation de faits qui ne nous sont encore qu'imparfaitement connus. Or, l'observation nous ayant appris, que dans la con texture de l'axe spinal, il y a des petites cellules qui sont en rapport avec des phénomènes sensilifs (cellules excito-motrices) ; et des grosses cellules incontestablement associées à des effets purement moteurs ; que les grosses cellules ne sont suscitées a agir que par un effet de choc en retour^ irradié d'une source d'innervation plus ou moins éloignée, et jamais en vertu de leur autonomie directe; nous nous croyons, en faisant l'application de ces faits à l'étude des phénomènes purement cérébraux, justement autorisé à conclure : que s'il entre des petites et des grosses cellules dans la structure de la substance grise corticale (l'analogie de forme extérieure des éléments histologiques impliquant l'analogie des fonctions qu'ils accomplissent)*

Que vraisemblablement : la zone la plus superficielle, occupée parles petites cellules corticales (pi. XX, fig. â [2]), est précisément la région destinée à la réception des impressions purement sensorielles; et que^ par contre, celle qui est constituée par les cellules d'un volume plus considérable (id. [A]), est la région particulière d'où partent les manifestations de la motricité cérébrale;

Que ces régions étant solidairement associées entre elles, à l'aide d'un réseau non interrompu de filaments plexiformes, se trouvent pareillement reliées^ dans la série infinie de leurs mani-

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fcstations fonctionnelles; et qu^ainsi, il convient de voir dans Tensemble des réactions motrices qui parlent du cerveau (de même que dans celles qui émanent de Taxe spinal lui-même), un phénomène de répercussion plus ou moins médiat, d*une impression sensitive ou sensorielle antérieure ; et de considérer dans l'un et dans Tautre cas, Pacte moteur en lui-même comme étant toujours un phénomène subordonné, et l'impression sensitive ou sensorielle au contraire, comme jouant de part et d'autre le rôle d'agent provocateur de manifestations motrices.

Cette manière de considérer le mode de fonctionnement des éléments de la substance corticale, qui ne repose après tout que sur une série de déductions anatomiques, nous permet de fournir quelques données précises, applicables aux divers actes qui constituent les opérations de Tentendement.

Elle nous fait voir, en effet, que si c'est bien au milieu des réseaux de la substance corticale que les impressions sensorielles, irradiées des centres de la couche optique, sont nettement perçues; c'est bien là qu'elles prennent une forme distincte, se déposent a l'état de souvenirs j et se transforment en idées; que c'est de la pareillement qu'elles parlent pour se traduire au dehors, a l'aide, de manifestations sensibles eXapparentes^ lesquelles ne sont autres que les réactions voulues et réfléchies d'une impression sensorielle antérieure; et qu'en un mot, les régions de substance corticale affectées à l'élaboration des impressions sensorielles, et aux phénomènes de la perception, sont représentées par les réseaux des cellules les plus superficielles; tandis que celles qui semblent plus parliculièrement dévolues à servir de substrcUum aux manifefitations de la motricité volontaire, sont localisées dans les ranféea les plus profondes des cellules corticales (1).

Cette distinction que nous venons d'établir, parmi les phénomènes cérébraux, entre ceux qui sont particulièrement liés à l'arrivée et à la perception des impressions sensorielles, et ceux qui sont en rapport avec les phénomènes de la motricité proprement

(1) Si les actes purement intellectuels paraissent avoir dans la disposition des éléments anatomiques de la substance corticale^ des conditions spéciales à l*iidc desquelles ils peuvent se manirester^ les actes de la sphère passionnelle et affectif e.

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