FONCTIONS DE LK SUBSTANCE GRISB DBS CORPS STRIÉS
Le cervelet est Tappareil générateur d'une force nerveuse m fftneris^ incessamment produite par les éléments morphologiques de la substance corticale, et incessamment déversée, à Taide de ses fibres efférentes, vers les régions exclusivement motrices de l'axe spinal. L'influx qu'il dispense physiologiquement de chaque côté du corps, d'une manière égale, le long de la continuité des fibres^ spinales antérieures, est un élément indispensable à la production des manifestations locomotrices ; il intervient d^une façon incontestable dans révolution des phénomènes de la motricité volontaire; sa participation eflective aux actes moteurs de la vie organique, quoique moins facilement démontrable, parait toutefois excessivement probable.
Il peut donc être considéré comme une source d'innervation constante, et, provisoirement^ comme l'appareil dispensateur universel de cette force nerveuse spéciale {sthénique) qui se dépense en quelque point que ce soit de C économie^ chaque fois qu'un effet moteur volontaire ou involontaire est produit (1).
§ i*'. — FoneitoBtf tf« Ia Mibstane« «rtoe «mi eorp« striés.
Si Ton se reporte aux détails histologiques que nous avons donnés au sujet des éléments constitutifs de la substance grise
(1) Voyez planche 1^ figure 5, destinée à montrer que les lésions du cenrelet^ suivant qu'elles portent sur les lobes ou sur les pédoncules^ peuvent être successi- Tement suivies d'effets directs ou croises.
Ces conclusions sont^ sauf quelques variantes^ celles de Rolande. En voici le résumé : Rolande admet dans le cervelet la sécrétion d'un fluide, et l'existence des filets nerveux, conducteurs de ce fluide destiné à irriter la fibre musculaire pour en déterminer la contraction (page 398). Je me persuadai^ dit-il, d'après la ressemblance de quelques appareils de la torpille avec le cervelet des oiseaux, que cett£ partie de l'encéphale était un véritable électromoteur dans lequel se sécrétait un fluide analogue au fluide galvanique destiné à provoquer la contraction des muscles (page 395).
U ajoute encore (page 417) cette phrase non moins significative qui est la confirmation de la critique que nous venons de faire du rôle du cervelet dans la coordinaUoa des mouvements : « que le cervelet influe sur leur intensité et non sur leur Tégolarité. i> (Archives de médecine, 1823^ t. 11, p. 272 et suiv.)
Comparez encore nos conclusions avec celles du travail de Wagner {Journal de physiologie de Brown-Séquard^ loc. cit,) et avec celles d'Ollivier et Leven (Journal de physiologie de Brown-Séquard, 1861, p. Ail).
482 RÉGIONS MOTRICES DU SYSTÈMG MBRYIUI.
précédemment, c'est-à-dire avec Vabsence complète de fibres sensitives au milieu.de sa masse.
* Les connexions intimes que nous avons signalées entre les fibres spinales antérieures et les expansions cérébelleuses périphériques, nous dispensent d'entrer dans de longs développements sur les usages auxquels cette catégorie de fibres nerveuses antérieures est plus particulièrement dévolue (pi. A, 6g. 6).
Nous sommes donc naturellement amené à les envisager comme étant les voies naturelles de la transmission des incitations descendanles qui partent du corps strié, et les agents directs de leur répartition dans les différentes régions de l'axe spinal : il suffit, en effet, d'intéresser ces fibres dans leur continuité, pour interrompre immédiatement le cours de Tinflux excitateur volontaire qu^elles eiportent (1)» et provoquer la paralysie des segments spioaniLSOUs-jaoents. Les rapports intimes qu'elles affectent, d'une autre part, avec les régions supérieures de Taxe spinal dans lesquelles se dissémine l'innervation cérébelleuse, rendent compte encore des propriétés nouvelles d'excitabilité qu'elles empruntent à ces mêmes régions.
Il arrive donc que ces fibres spinales antérieures soutirent aux éléments histologiques variés avec lesquels elles sont en rapport des incitations excito-motrices de nature différente; qu'elles servent simultanément de voies de propagation naturelle, d'une part, à \ influx de la volition qui est essentiellement passager et fugace, et d'une autre part, à Tinnervation cérébelleuse qui représente au contraire une source d'incitations motrices à courant continu, et qui s'accumule incessamment d'une façon latente le long de leur continuité, de telle sorte qu'elles en sont pour ainsi dire continuellement chargées. On sait en effet que si l'on vient à les irriter, ou bien a les intéresser dans leur continuité au moment où elles traversent longitudinalement la région de la protubérance, elles réagissent en déterminant dans les différents départements du système musculaire des phénomènes convulsifs passagers ou persistants (convulsions toniques ou cloniques).
(1) Voyez plus loin le chapitre relatif aux lésions des faisceaux spinaux aniérieiin.
CELLULES MOTRICES DES RÉGIONS ANTÉRIEURES DE l'aXE SPINAL. A33 § 3. — Bes eeltalMi notriees defi récloiM aatérieares de l'axe «ipiiuii.
Les régions antérieures de Taxe spinal sont occupées, ainsi que nous l'avons précédemment établi (page 85 et suiv.), par une série d'agglomérations de grosses cellules qui, groupées entre elles d^une manière indépendante au niveau des points d^implantalion des fibres radiculaires antérieures, constituent en quelque sorte autant de petits Toyers locaux d'incitation motrice à direction centrifuge (pi. XIX, fig. 1 et 2). Les intéressantes expériences de Chauveau ont donné une démonstration péremptoire de ces assertions (1).
Ces cellules motrices des régions antérieures dont nous avons déjà signalé les principales particularités dynamiques, se trouvent reliées aux réseaux ambiants de substance gélatineuse à l'aide de leurs prolongements postérieurs (pi. XXXVU» fig.,7), et, par leur intermédiaire, à toutes ces régions postérieures de Tue spinal (colonnettes de la substance gélatineuse) a travers lesquelles se disséminent les impressions centripètes inconscientes. Elles sont donc, en raison de leurs connexions multiples, strictement rattachées à la sphère de la vie automatique, et destinées a recevoir le contre-coup des incitations de provenance variée, qui viennent ébranler le substratum organique servant de support commun aux réactions excilo-motrices. iNous avons vu, en effet, qu'il y avait tel ou tel groupe de cellules motrices antérieures qui recevait indifféremment son stimulus incitaleur de trois ou quatre foyers d'innervation différents, pouvant agir soit d'une manière alternative, soit d'une manière simultanée (voy. page 290 et suiv.).
Les connexions que ces cellules affectent avec les fibrilles terminales des faisceaux antérieurs, et médiatement ainsi avec In sub-
(1) n résulte, en effet, des recherches de Chauveaa poursuivies sur des mammifères dont la moelle était mise à nu à l'aide de sections transversales, que des irritations localisées au niveau des points d'émergence des fihrcs des nerfs Taeiaux et des hypoglosses (pi. VIIl, %. 1 [8, 8'J, et pi. VU, (ig. 4 [7, 7']) (là où se trouve l'agglomération des grosses cellules motrices qui leur donne naissance), déterminent une série de contractions exclusivement circonscrites dans les systèmes musculaires que cette catégorie de fibres nerveuses tient particulièrement sous sa dépendance, etc. (Chauveau^ Rechercfies sur les origines des nerfs moteurs crâniens^ in Journal de physioiogie de Brown-Séquard, 1863, p. 181.)