A8& RÉGIONS MOTRICES DU SYSTÈME NERVEUX
stance grise du corps strié d'où émergent les incitations de la volition, les rattachent pareillement aux manifestations de Faclivité cérébrale et de l'activité cérébelleuse (1). Le stimulus de la volition n'est donc qu'une des nombreuses conditions qui provoquent leurs réactions fonctionnelles.
Nous connaissons actuellement les différentes pièces isolées dont se composent les appareils nerveux qui sont mis en activité dans la production des phénomènes de la motricité volontaire. Nous avons successivement envisagé à part : 1"* le rôle des fibres corlico-striées ; 2"* celui de la substance du corps strié ; S"* celui des faisceaux spinaux antérieurs; b!" enfin celui des cellules antérieures motrices. Il nous reste à faire une espèce de synthèse, et à étudier les divers phénomènes afférents aux manifestations motrices, dans leurs modes de succession.
Le fait initial qui est au début de tout acte moteur volontaire, n*est autre qu'un fait d'ordre psychique, lequel est toujours luim^mey ainsi que nous l'avons indiqué (page 380), consécutif à une impression sensorielle antérieure, soit présente soit passée. Le stimulus de la volition, émergeant directement des zones motrices de la périphérie corticale, est donc directement transmis au milieu des réseaux de cellules du corps strié (pi. I, fig. S) ; c'est là que s'opère sa première étape. Sorti de la sphère de l'activité psychique, ce stimulus qui n'est, à cette première phase d'évolution, qu'un simple ébranlement des cellules cérébrales, entre
(1) Il cst^ en effets intéressant de noter que si les flbrillcs des faisceanx intérieurs transmettent dans une direcUon descendante aux diverses ceUules motrices spinales l'influx intermittent de la volition, elles leur apportent en même tcmps^ cl cela d'une manière continue, l'innervation cérébelleuse dont elles sont incessamment chargées (pi. IV, tig. 5).
Quelle part c«i influx cérébcUcux, qui Q$i pour elles une force d'emprunt^ prend-il à leurs manifestations réactionnelles ? S'éteint- il au milieu de leur masse ? se combine-t-ii avac leur innervation propre, et reparait-il ensuite sous une forme nouvelle pour jouer concurremment un râle actif dans la provocation de Tactivité des divers systèmes muKuLaires périphériques 2
Ce sont là encore autant de problèmes insoluble? aujourd'hui^ dont nous n«ns bornons à signaler les données principales aux invfsti^aiiops uUérieuros de la phvsirtU»fic expérimentale.
bfi L*fiNCHAiNBIIfiMT DES ACTIONS MOtRlCES. AS 6
donc déjà en conflit plus intime avec les premiers éléments ner* veux qui vont dès lors lui faire subir ses premières transformations. Transmis ainsi aux grosses cellules du corps strié il les ébranle, subit leur influence métabolique, et reparaît transformé, pour se propager le long de la continuité des faisceaux antérieurs dans une direction descendante, et gagner ainsi les cellules motrices de Taxe spinal.
Ici, un nouvel élément vient se surajouter, c^est Vintervenlion de l'innervation cérébelleuse périphérique (pi. IV, fig. 6). Cette innervation spéciale, que les fibres spinales antérieures soutirent incessamment des réseaux de la substance grise du corps strié, du locusniger^ de la protubérance, est donc une force d'emprunt qui vient se surajouter et sa répartir, d'une façon occulte, le long de la continuité des voies parcourues par le stimultAS de la volition (1).
C'est cette force surnuméraire sthénique qui se dépense dans la plupart de nos manifestations motrices, et qui donne à nos mouvements la durée et la continuité^ l'influx de la volition n'étant, en quelque sorte, qu'une stimulation éphémère et fugitive au début.
Conduit par les fibres des faisceaux spinaux antérieurs, le $tù mulus de la volition, doublé de l'influx cérébelleux, se répartit d'une manière variée suivant la distribution particulière des fibres qui le transmettent : il s'amortit dans les cellules motrices de l'axe spinal situées du côté opposé à celui d'où il émane dans le cerveau. Celles-ci, qui reçoivent simultanément et l'influx de la volition d*une manière passagère, et l'influx cérébelleux d'i^ne manière continue, opèrent immédiatement leur décharge du côté des nerfs moteurs qui en sont, en quelque sorte, les conducteurs centrifuges, et ceux-ci à leur tour provoquent la mise en activité des appareils musculaires auxquels ils se distribuent.
(1) U te passe ici quelque chose d'analogue à ce que Ton voit dans les rapports d'un aerf moteur avec le muscle dont il provoque la contraction. La puissance de con* traction du muscle^ proportionnelle au nombre des fibres^ existe en réserve en lai ; rinflux nerveux moteur ne fait que susciter cette force latente. Ici^ la force nerveuse émanée du cervelet se trouve accumulée le long de la continuité des faisceaux anjtérieurs; elle y c?t ^ quelque sorte toujours condensée à Tétat statique. L'mGitation volontaire qui en est complètement indépendante» ne ùdt qpie profoqner w décharfre et la faire passer à Tétat dynamique.