DE LÉTAT DE SOMMEIL DU CERVELET. AA
diatement la pleine possession de ses facultés intellccluelles, et qu'il faut un certain temps avant que toutes les régions du cerveau soient mises en activité; on sait pareillement que c'est précisément à ce moment de la journée que les conceptions ont le plus de facilité a s'agglomérer; que les idées plus vives et plus fraîches s'enchatnent avec plus d'entrain; et qu'en un mot les opérations de l'entendement s'effectuent avec d'autant plus d'aisance et de prestesse, que les appareils à Taide desquels elles s'exécutent ont accumulé plus de ressources, et se sont mieux réparés pendant leur période de collapsus.
§ l**. — Be Véimt «e MBunell «■ cervelet.
Nous avons considéré jusqu'ici l'état de sommeil comme n'étant que la période d'inactivité réparatrice delà cellule cérébrale. Cette appréciation ne doit pas s'arrêter au cerveau proprement dit, nous devons aller plus loin, et nous demander si tous les autres départements du système nerveux qui fonctionnent parallèlement avec le cerveau durant toute la période de son activité diurne (tels que le cervelet et les différents segments de l'axe spinal), tombent pareillement dans une période de collapsus analogue; si, en^uh mot, le cervelet et la moelle épinière, en totalité ou en partie, veillent et dorment aussi.
Quoique ces questions échappent aux expériences positives, nous croyons cependant qu'on peut, d'une manière indirecte, éliminer quelques-unes des nombreuses inconnues qu'elles comportent.
Relativement au cervelet tout d'abord, il nous parait parfaitement acquis aujourd'hui, que c'est lui et l'influx auquel il donne naissance, qui sont particulièrement en cause dans la production de ces mouvements incohérents et bizarres que Ton réunit sous la dénomination de mouvements choréiformes (1). Or l'expérience nous apprend que ces troubles spéciaux qui pour nous ne sont que des perturbations passagères de l'innervation cérébelleuse, cessent presque constamment pendant la période où le cerveau
(1) Voy. plus loin le chapitre relatif aux troubles de rinncrvation cércbellcuse périphérique et aui phénomènes choréiformes.
A&d hE l'état de sommeil des centres neeveus^.
est dans un élat complet de collapsus; nous sommes donc spontanément conduit à penser que si la manifestation anormale disparaît, c'est que le foyer d'incitation d'où elle dérive est éteinl, et que si les mouvements choréiformes cessent pendant le sommeil, c'est que le cervelet qui les provoque dort aussi; et qu'il se répare pendant ce temps, en accumulant en lui-même des réserves d'innervation excito-motrice destinées à la consommation diurne.
Cette question du sommeil du cervelet nous semble donc devoir être résolue dans le sens affirmatif.
§ 2. — »e rétat Ile mmbmN de rase
Quant à la question de savoir si les différents segments de l'axe spinal sont susceptibles isolément de tomber dans cet élit de collapsm spécial qui constitue le sommeil pour le cerveto, nous sommes encore ici, faute d'expériences directes, réduit i de simples conjectures.
Il parait en effet acceptable que les impressions inconscientes, optiques, acoustiques, sensitives* cessant d'être recueillies par les expansions nerveuses périphériques, et d'être en même temps réparties au milieu des réseaux de cellules spinales, amènent pour celles-ci une sorte d'état d'inactivité relative ou de sommeil partiel, pendant lequel chacune d'elles retombant sous fempire des lois de la vie végétative, répare ses pertes et se pourvoit de matériaux nouveaux.
Mais celte période de collapsus qui envahit ainsi certaines régions spinales qui ont cessé d'être ébranlées par les incitations extérieures, est-elle généralisée à toute la masse? Y a-t*il certains départements privilégiés de l'axe spinal qui n'y sont pas astreints, et qui semblent être dans un perpétuel état de veille? Cette supposition est-elle applicable en parliculier à certains points de la région bulbaire?
Nous avons en effet indiqué déjà que c'était dans ces départements supérieurs de l'axe spinal que se trouvaient les centres de réflexion qui tenaieut sous leur dépenJance les mouvements inspiratoires et les mouvements cardiaques; nous savons, d'un autre côté, que ces mouvements sont de la catégorie des actions