‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 3)Chapitre 94 sur 133 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE SPÉCIALE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE SPÉCIALE

LOIS DE SOLISAMTi DIS BIFTÉIEIITS DÉPÔTS DE SUBSTANCE GUSE ENTEE EDX.

Nous avons signalé précédemment les rapports intimes de la fibre nerveuse primitive avec les deux cellules combinées qui limitent ses extrémités (pi. IV, fig. 4); nous avons indiqué que ces divers éléments nerveux ainsi groupés constituaient une série de petits systèmes indépendants, dont les pièces étaient réciproquement solidaires; qu'ils représentaient en quelque sorte sous une forme simple Ytinùé nerveuse^ et qu'en somme l'ensemble de la substance blancbe et de la substance grise des centres nerveux eux-mêmes n'était autre chose que le résultat de la juxtaposition d'un nombre immense dé petites unités nerveuses systématisées, groupées en fascicules, puis en faisceaux de volume successivement amplifié, etc.

Il nous reste à prouver, maintenant, à l'aide des faits d'anatomie pathologique, que telle est bien la loi de solidarité des divers éléments nerveux les uns par rapport aux autres, et que les dégénérescences prolopathiques qui portent, par exemple, sur la cellule qui est à l'extrémité d'une fibre nerveuse, retentissent passivement^ et par une sorte de contre-coup, sur la continuité de la fibre d'abord, etmédiatement sur la cellule associée; qu'en un mot, enfin, la constatation des lésions secondaires est en quelque sorte le critérium le plus fidèle de la réalité des assertions que nous avons précédemment émises, à propos de la description du mode de groupement des éléments nerveux entre eux.

Les faits d'ordre physiologique ont déjà d'ailleurs donné {^ain de cause a notre manière de voir ; les recherches de Turck de Waller (l), reprises par Cl. Bernard (2), confirmées par Gubler (3), ont fait voir que certains dépôts de substance grise ont la pro-

(4) Comptes rendus de la Société de biologie ^ 485C, p. (J.

(2) Leçom sur le système nerveux, t. I. p. 236 et suiv.

(3) Archives de médecine, 1859, t. II.

4M AIfiTO¥IB PATHOLOGlQUfi SPÉCIAUX.

priété de servir en quelque sorte de centres nutritifs pour les fibres qui en émergent; qqe, p^r exemple, lorsque les ganglions spinaux sont lésés, le groupe des fibres eiîérentes ganglio-spinales qui en proviennent (pi. 1, fig. 1 [25, 26, 27, etc.]), est seul intéressé ; que la lésion de la substance grise des cornes antérieures a seule, au contraire, le privilège de maintenir Tintégrilé des fibres radiculaires correspondantes, etc., etc. (pi. XI, fig. 3, et pi. XIX, fig. 1 et 2),

C'est ep généralisant le^ résultats fournis par ce mode fécond d'investigation que nous sommes arrivé à dire que les connexions des divers systèmes d'éléments nerveux entre eqx sont telles, qH'clles s'influencent médiatement dans leurs perturbations nutritives, et qu'étant donnée une lésion circonscrite dans un département quelconque de la substance grise, on pourra toujours en induire quelle sera la marche envahissante du jDrocesst^^ régressif, et quelç sieroi^t les pointa consonnants qui seront ultérieurement intéressés.

On comprend, du reste, la portée pronostique que la connaissance approfondie du mode de propagation de ces diverses dégénérescences peut avoir dans l'appréciation de l'évolution des phénomènes morbides; comment, étaut admis, par exemple, que les dégéuéiN^scences de la substance corticale ne sont, la plupart du ternies, que des lésions passives, consécutives à la désorganisation des régions centrales de la masse encéphalique, celles-ci, lorsqu'elles pourront être reconnues, influenceront plus ou moins sur le pronostic des éventualités ultérieures, au point de vue de la précocité plus ou mçins rapide de Tapi^arition des symptômes d© la démence, etc.

Nous allons passer en revue les principales formes de dégénérescences secondaires que les divers systèmes d'éléments aerveux peuvent isolément présenter. Nous commencerons donc, comme précédemment, par étudier :

I. Les diverses dégénérescences qui sont propres aux éléments du système convergent inférieur.

II. Nous aborderons ensuite les détails qui intéressent les appareils de l'innervation cérébelleuse.

III. Nous terminerons par l'exposé des principales lésions secon-

ATROPHIES SBGONDAiafiS h1i& FAISCEAUX PQ»TÉH1EURS. M7

daires, dont les éléments du système oonrergenl supérieur peuvent fournir des exemptes.

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§ 1*'. — A<r«pliie« 0eeoAcUilre(i des regloMi ^—iéwUmw» éù ras*

Si Ton se reporte aux détails d*ariatomie descriptive que nous avons signalés à propos du mode de constitution des fibres blanches fasciculées postérieures, aux rapports que nous leur avons assignés d'une part avec les cellules gélatineuses, et d'autre part avec les fibres des racines correspondantes, on verra qfue nous a?dfes été amené à dire que ces mêmes fibres des faisceaux postérieurs n^étaient que la prolongation médiate des fibres des racines postérieures.

Si dans un autre ordre d'idées on rapproche ces données des faits physiologiques qui y sont afférents, on peut encore s'assurer que notre manière de voir trouve dans leur témoignage une série de preuves à Tappui, puisqu'ils nous montrent que la substance grise des cornes postérieures étant la seule région excitable de la moelle épinière, les faisceaux postérieurs qui en sont une éirianation directe, sont les seules fibres spinales douées exclusivement de la propriété excito-motrîce (voy. pi. III, fig. 1 [6], et p. 803 et suiv.).

L II ressort donc de la concordance absolue de ces renseignements, puisés à deux sources d'information différentes, une preuve manifeste en faveur d'une solidarité intime entre la substance grise des cornes postérieures, et la substance blanche des faisceaux qui en émergent. Or, comme les fibres des racines postérieures d'un autre côté, et les cellules gélatineuses, sont dans les mêmes rapports, il en résulte que ces mêmes fibres radiculaires postérieures, les cellules gélatineuses et les fibres des faisceaux postérieurs, complètent à eux trois une véritable trilogie et une chaîne continue, dont les anneaux sont rendus si intimement solidaires, que si l'un d'eux vient à être interrompu dans son intégrité, les autres subissent fatalement le contre-coup de cette désorganisation locale. C*est, du moins, ce qui ressort de la comparaison

A88 ànatomie pathologique spéciale.

d*un certain nombre de faits d'anatomie pathologique relatifs i Tataxie locomotrice : il est en effet curieux de constater que dans tous les cas de ce genre où jusqu'à présent on a signalé la dégénérescence atrophique des fibres fasciculées postérieures de la moelle, les racines postérieures correspondantes étaient simultanément intéressées. Ainsi, sur dix-liuit observations que nous avons étudiées à ce point de vue, seize fois les fibres des racines et celles des faisceaux postérieurs furent trouvées simultanément dégénérées.

Ce sont donc là des faits anatomiques que Ton peut considérer comme presque constants, et dont les exemples deviendront d'autant plus multipliés que Ton apportera plus de soin dans le mode de leur constatation. Nous pouvons donc en conclure légitimement la solidarité médiate des fibres des racines et des faisceaux postérieurs.

. JL Un fait non moins curieux frappe encore dans Tétude cornim^ lias dégénérescences des régions fasciculées postérieures de ]|||P)dk épinière chez les individus atteints d'ataxie locomotrice; . tfedt b marche envahissante du processus morbide, qui semble s'ATiDcer toujours dans une direction centripète, des régions périphériques vers les régions centrales.

C'est ainsi que les fibres des racines postérieures, toutes choses égales d'ailleurs, nous ont paru presque constamment être individuellement plus profondément intéressées que celles des fibres postérieures correspondantes; et que celles-ci nous ont semblé ne subir que secondairement le contre-coup de l'influence atrophiante irradiée des régions périphériques. En examinant en effet successivement les différents groupes de racines postérieures au moment de leur implantation sur Taxe, ou peut se rendre aisément compte du mode de propagation de la dégénérescence : si l'on constate, en effet, qu'au niveau des régions inférieures de la moelle la dégénérescence des racines et celle des faisceaux postérieurs sont arrivées le plus souvent au même degré, la concordance cesse dans les segments supérieurs; et il n^est pas rare de rencontrer en effet, au niveau de la région dorsale, des fibrilles déjà grisâtres (parmi les fascicules de fibres radiculaires postérieures), tandis que celles des faisceaux posté-

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