TR0PH1B8 SBCONDAIRBS DES FAISCEAUX POSTÉRIEURS. A
rieurs correspondants sont pourvues encore de leurs colorations habituelles.
III. Mais alors, dira-t-on, si \eproce$stis morbide semble s'avancer des régions périphériques du système nerveux vers les régions centrales, faut-il admettre que les fibres des troncs nerveux soient atteintes dès le début, et que la dégénérescence frappant tout d'abord les expansions terminales des fibres excito-motrices, ne retentisse qu'à la longue dans les centres ?
Sur ce point de pathogénie, je n*hésite pas à penser que si, dans rétat actuel de la science, la dissection* des régions périphériques du système nerveux est encore hérissée d'inextricables diflScultés, des procédés plus précis d'investigation, des examens plus détaillés, permettront de constater probablement de visu le mode d'envahissement centripète que subissent les conducteurs nerveux, et qu'il sera peut-être ultérieurement possible de constater ainsi l'altération des fibres nerveuses purement excitO<*. motrices, en précisant anatomiquement le mode de propagatioil r de la dégénérescence spinale; l'examen seul des symptômes Îdi4 * niques indique déjà, du reste, qu'elle s'avance des régions péiriK.*^ phériques du système nerveux vers les régions centrales (1)V ~ ^'
Ces inductions paraissent en apparence contredites par les
(i) Dans un cas de ce genre nous avons constaté en effet, outre un aplatissement avec atrophie et coloration jaunâtre des fibres du nerf sciatique^ une dégénérescence spéciale des ganglions spinaux, et l'atrophie de leurs fibres efférentes (Mémoire de Bourdon, Sur Vataxie locomotrice, in Archives de médecine^ 1861, 1. 1).
Ce Cîut d*anatomie pathologique, qui confirme si bien les ingénieuses recherches de Waller sur le pouvoir trophique des ganglions spinaux par rapport aux fibres des racines postérieures, est parfaitement concordant avec un détail d'anatomie tératologiquc mis en lumière dans un rcpcnt travail de Chauveau.
Ayant eu l'occasion de disséquer un monstre parasitaire, qui paraissait exclusivement formé d'un train postérieur, Chauveau constata que les troncs nerveux sciatiques n'existaient que d'un côté; et que, de ce côté, leur intégrité coïncidait avec la présence de véritables ganglions spinaux, conglomérés en une seule masse latérale. Fait bien remarquable, qui démontre d'une façon significative l'influence trophique exercée par les cellules ganglionnaires spinales sur la nutrition des cordons nerveux périphériques.
Chauveau, Remarques physiologiques à C occasion dun monstre double parasitaire hétéradelphe^ etc. {Journal de physiologie de Brovrn-Séquard, Paris, 1863, p. 346 et 361).
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fecberehes de Vulpian et de Cbareot, qui, dans un cas d'alrophie des faisceaux postérieurs où ils ont étudié l'état des ganglions spinaux et de certains nerfs périphériques (1), n'ont pas rencontré les mêmes altérations anatomiques qui nous avaient précédemment frappé. Néanmoins, nous ne saurions, d'après ce seul exemple, renoncer à l'interprétation des faits que nous avons constatés nous-mdme, et abandonner la cx)nception générale que nous nous sommes faite du mode de propagation des lésions propres de l'ataxie locomotrice ; voici du reste les motifs qui nous font persister dans notre manière de voir :
i*" Les expansions nerveuses périphériques, examinées et trou* vées intactes par ces observateurs, appartenaient à des nerfs sensiiifs cutanés. Ce fait ne prouve donc rien contre notre opinion, car, pour résoudre négativement le problème que nous soulevons, il faudrait que l'on ait pu constater, dans les régions périphériques du système nerveux, l'état d'intégrité complète des fibres pure- OMOt excito^motrices, qui seules prennent la plus grande part i \^ eODsUtution des éléments anatomiques de l'axe spinal. Tant qu'on ne sera pas parvenu à faire le diagnostic anatomique de ce$ deax grandes divisions de conducteurs nerveux, et que l'on n'aura pas constaté de visu la dégénérescence des fibres convergentes exclusivement réflexes^ il sera toujours permis de faire à ce sujet de prudentes réserves.
2« D'une autre part, la structure des ganglions spinaux n'était peut-être pas aussi respectée dans ce cas que les auteurs de l'observation sont portés à l'admettre. Il est, en effet, consigné dans le récit nécroscopique (2), que la coloration des ganglions était un peu brunâtre, et que les cellules nerveuses élaient recouvertes d'une grande quantité de pigment (S). Sans vouloir appliquer directement à ces faits les résultats de nos recherches personnelles, il ressort pour nous de ce dernier détail, que ces cléments nerveux surchargés de granulations pigmentaires (quoique n'ayant pas perdu leurs connexions habituelles avec les autres éléfuenb ambiants) n'en n'étaient pas moins en dehors des conditions
(i) Compi€9 rendut de la Société de biologie^ Paris, 1863, p. I«S et suit. (t) loc. àit.y p. ia.
(3) Id., p. 171.
ATROPHIES ayBCQK»AIRB« IM&9 niSCEAlUI BMTÉRIEURS. Afti
phy&iQlogiques, et probablement même, arrivés aux premièraa périodes du travail régressif (1).
Évidemment on est porté à admettre que la multiplicité exees* sive des éléments granulo-graisseux signalés à la surface ou dan^ rîntérieur des cellules nerveuses, indique un temps d* arrêt dans leurs fonctions nutritives, et, par suite, un ralentissement dans les manifestations de leur activité dynamique.
3° Parce que, dans un certain nombre de cas def ce genre, où Ton a pu suivre la continuité d'une certaine catégorie de fibres nerveuses, depuis les régions périphériques jusqu'aux régions centrales (les fibres optiques par ei^emple), on les a trouvées altérées, d*abord dans leurs expansions terminales, et ensuite dans une portion de leur parcours. Dans ces exemples, la marche du processus morbide, se faisant ep quelque sorte à décou« vert, était franchement centripète.
Duchenne (de Boulogne) et Hip. Bourdon ont en effet constaté, i l'aide de lophthalmoscope, chez tous les ataxiques atteints d'amblyopie et d'amaurose, Tatrophie de la papille du nerf optique (2), et, d'une autre part, en empruntant a Tobservatioa précédente un argument en faveur de la thèse que nous soutenons actuellement, nous y trouvons la preuve que certaines fibres sensorielles centripètes (les fibres optique^ excito-motrioes peutêtre) peuvent se trouver isolément atteintes à l'exclusion de leurs congénères. Les auteurs de l'observation rapportent en efiet (3) que, chez le sujet dont ils ont fait Tautopsie, « les parties centrales du nerf optique étaient constituées par des fibres saines, et la couche externe par une substance ayant de grandes analogies avec celle qui constituait les faisceau]^ postérieurs... ». Quoi donc d'illogique à admettre que le même processus puisse se
(1) n suffît en effet, pour se convaincre de l'importance sémiologiquc que possède la surcharge de granulations graisseuses pour les cléments histologiques, d'examiner ceux-ci comparativement, dans le cerveau d'un adulte et dans celui d'uo neiUard dont les facultés mentales sont en voie de décroissance : dans le premier cas, les ceUulcs sont claires^ transparentes, semblables à des gouttcletes huileuses; dans le second, elles sont inégales à leur surface et recouvertes de granulations pigmentaires qui masquent le contour du noyau.
(2) Mémoire de Bourdon, Archives de médecine^ 1862j t. I, p. 396.
(3) Vulpian et Charcot, /oc. cti., p. 172.